La main tendue des « sociaux » est rarement désintéressée, pour cette jeune mère l’épreuve sera terrible. Elle a souhaité livrer son témoignage au CEDIF afin d’alerter sur ce qu’il lui est arrivé dans un  foyer maternel, mettant en évidence les méthodes utilisées avec la complicité de médecins. hospitaliers 

Sans la solidarité de toute la famille, l’intelligence et la préconstitution de preuves face aux sociaux, sans le recours à un expert courageux et indépendant, la maman et son fils étaient perdus ! Ce témoignage c’est donc aussi une leçon qui passe en revue la bonne façon de réagir face aux sociaux pour s’en sortir et contre-attaquer.

Une main tendue

Nous sommes en 2011, j’ai 18 ans, je suis en classe de première et je viens de découvrir que je suis enceinte. L’assistante sociale chargée de mon dossier à la maternité parle à mes parents et à moi-même d’un contrat accueil volontaire avec un centre maternel. Je pourrais alors bénéficier d’un appartement autonome, d’un soutien psychologique pour accueillir cette grossesse inattendue, d’une aide scolaire pour passer mon bac et d’une crèche pour la garde de mon bébé.

Mes parents et moi acceptons cette aide, sans méfiance.

Je suis admise en terminale, je passe le bac de français. Je n’ai aucun souci avec les éducateurs qui trouvent que tout va très bien entre moi et mon fils que j’adore.

Début 2012, je renouvelle mon contrat d’accueil pour 6 mois supplémentaires.

Le foyer maternité d’où l’on s’enfuit 

Bientôt un an au centre, la fin de l’année scolaire et le bac.  Mais mon fils est de plus  en plus souvent malade à la crèche où sévissent en permanence des épidémies de gastro-entérite. Les jeunes mères doivent suivre leurs cours, alors la crèche admet les enfants même  malades malgré le règlement. Il n’y a pas d’infirmerie pour les isoler alors ils se contaminent les uns et les autres.

Les relations deviennent plus tendues entre le foyer et mes parents. Ils font remarquer aux gestionnaires du foyer qu’il n’est pas normal que mon fils soit malade chaque fois qu’il rentre de la crèche, ils soupçonnent un manque d’hygiène.  Mes parents songent aussi que je pourrais revenir à la maison puisque le foyer ne m’apporte en réalité aucune aide matérielle,  je dois tout assumer dans mon appartement en plus de mes cours. C’est ma famille qui m’aide.

Un jour, des filles de l’internat me préviennent  de me méfier des éducateurs, elles m’avertissent qu’il y a beaucoup d’histoires bizarres de mères qui quittent le foyer avec leur enfant brusquement et sans avertir. 

barreaLe cauchemar se précise

Avril 2012, je m’organise entre les cours, mon fils malade, la vie seule en appartement et les révisions du bac. La directrice de la crèche me convoque  avec mon éducatrice, elle veut renforcer le planning de crèche en proposant 3 nuits en plus pour mon fils. Je m’y oppose.

La directrice me répond alors :   On dirait que tu te sers comme excuse que ton fils est malade pour le garder le plus souvent avec toi, tu as peur de quoi  « un placement » ? Je ne sais même pas à l’époque ce que c’est…

Moi : Un placement ? Pourquoi vous dites ça ? Non c’est juste que quand il guérit et qu’après je le remets à la crèche et il retombe malade, de plus les enfants malades ne sont normalement pas acceptés en crèche.

La directrice : Si, pour toi on peut l’accepter maintenant, de toute façon, tous les enfants sont malades donc un de plus …

Je persiste dans mon refus. J’annonce que j’ai effectué une demande de logement HLM, ce qui révèle mon souhait de départ. Je viens de les prévenir, je n’aurais pas dû.

La toile d’araignée se tisse

Mon fils a 9 mois, il est dans la période où les enfants supportent mal la séparation d’avec leur maman  et il résiste tant qu’il peut au sommeil pour rester avec moi…Je dois le coucher malgré lui quand il est épuisé et  parfois le laisser pleurer avant qu’il ne s’endorme. Un jour après la sieste, je découvre que dans son agitation, il a tourné dans son lit et  s’est cogné la tête aux barreaux du fond. Il a deux rangées parallèles de petits bleus de chaque côté du front. Inquiète je le signale à mon éducatrice qui me rassure jugeant les bleus  anodins. Elle m’encourage à le déposer à la crèche le lendemain comme d’habitude.

Mais le lendemain après avoir expliqué comment il s’est fait ça, une nounou arrivée en remplacement appelle SOS médecins en urgence, sans prendre l’avis de mon éducatrice. Ils décident d’hospitaliser mon fils alors qu’il va très bien, que les bleus ont plus de 24 h et sont à peine visibles. Ils me menacent de la police si je ne l’emmène pas à l’hôpital, soi-disant pour faire un scanner !

Les mamans du foyer sont repérées

Au CHU, les choses se passent mal. Je suis traitée avec beaucoup d’agressivité et de mépris parce que je suis une maman du Foyer. Les médecins  refusent de faire une radio ou, un scanner. Une infirmière rate le prélèvement sanguin et fait perdre beaucoup de sang à mon bébé déjà stressé de toute cette agitation. Ils me le gardent 48 h de plus pour refaire le bilan raté.

Un prétexte, puisque le pédiatre rédige une information préoccupante et me convoque à la « Cellule enfants en danger » en juin, en pleine période des épreuves du bac.

Pourtant mon fils ne présente aucun signe de maltraitance, son bilan est bon, tout prouve que les bleus proviennent des barreaux du lit. Nous sortons de là épuisés, traumatisés  physiquement et psychologiquement.

Je continue de préparer mon départ du foyer en cherchant une nourrice.

Ils ne nous laisseront jamais partir !

Mon fils ne va presque plus à la crèche et je suis la plupart du temps chez mes parents.

Cela n’est pas apprécié.

Je laisse tout de même pour une dernière fois mon fils à la crèche le 22 mai 2012, je le dépose à 9 h du matin, il est prévu qu’il y reste jusqu’au lendemain matin. Á 18 h, la crèche  m’annonce le passage de SOS Médecins car mon fils a une otite, et « une trace de morsure ». L’enfant est transféré au CHU.

19 h 30 : Arrivée à l’hôpital, le personnel m’interdit d’entrer en salle d’examen, je me repère aux cris de mon fils, j’entre dans la salle  et constate qu’il n’a pas de fièvre mais un hématome en forme de morsure à la limite de la couche. On ne voit que la trace d’une seule mâchoire. La morsure est encore rouge et la peau irritée autour.

L’interne nous annonce que mon fils va être hospitalisé « pour son otite ». Ma mère qui m’a rejointe s’y oppose calmement, car une otite n’est pas un motif d’hospitalisation.  Elle ajoute qu’une morsure de crèche n’est pas non plus un motif.  Le médecin de garde  entre en disant :  » nous pensons qu’il s’agit d’une morsure d’adulte » et nous indique qu’il nous est impossible de quitter l’hôpital avec l’enfant.

C’est tellement invraisemblable, la morsure est minuscule, rouge vif,  et découverte après 7 h de crèche…Nous pensons tout de suite à réunir des preuves et  nous commençons à prendre des photos en gros plan de la morsure.

À ce moment, le CHU ne prend aucune photo, n’effectue aucune mesure,  ne fait pas de prélèvement  ADN sur la trace.

Ils veulent me prendre mon fils

C’est seulement le lendemain que  je suis informée que le motif réel d’hospitalisation de mon fils est  la morsure. On me dit que le procureur de la République va être saisi, que le placement de l’enfant est demandé  et qu’il va y avoir une enquête.

Enfin… première mesure de la trace de la morsure. Mesure très rapide par le chef pédiatre assisté de l’interne de la veille au soir, il exige que je sois seule avec lui dans la pièce. N’ayant pas vu correctement la façon dont il mesurait, je lui redemande de recommencer sous mes yeux. Il devient nerveux, rougit, ses mains tremblent : il mesure la morsure en diagonale au niveau des extrémités qui sont asymétriques, avec un mètre de chantier et annonce : « 3,5cm, c’est une morsure d’adulte »…Je lui fais remarquer  qu’il ne mesure pas au bon endroit, il me répond que la mesure sera la même, en diagonale à l’extrémité de la morsure ou dans l’espace inter canines et part énervé. …

Depuis la veille au soir, nous avons fait des recherches : il faut respecter des protocoles scientifiques internationaux très précis pour l’expertise des traces de morsures. En particulier, la taille d’une morsure se mesure entre les canines. A partir de 3 cm, c‘est une morsure humaine avec une probabilité de morsure adulte. Moins de 3 cm : morsure d’enfant. Des photos doivent être prises pendant les mesures. La trace doit être abondamment et précisément photographiée et comparée avec un moulage de la mâchoire des suspects.

AUCUNE DE CES REGLES NE SERA RESPECTEE,  NI PAR LES MEDECINS DU CHU NI PAR L EXPERT MEDECIN LEGISTE NOMME PAR LE PROCUREUR qui conclut également le lendemain à une morsure d’adulte sans avoir respecté la moindre règle d’expertise.

Nous ne réclamons rien, de crainte qu’une expertise menée selon les règles ne soit falsifiée, tant il est évident que TOUT EST DÉCIDÉ À L’AVANCE.

Je tente de porter plainte contre la crèche mais  je suis éconduite deux fois. Finalement comme le CHU a saisi le procureur, la brigade des mineurs me reçoit ainsi que mon compagnon  dans le cadre d’une audition.

Votre enfant appartient désormais à l’ASE !

Le 24 mai, les pédiatres m’avertissent que le procureur a délivré une ordonnance de placement de l’enfant qui est confié au CHU dans un premier temps, puis il sera placé en famille d’accueil ou en institution. Les visites de la mère sont restreintes à des visites de jour médiatisées.

On me dit « l’enfant n’est plus votre enfant, c’est l’enfant de l’ASE ! »

L’ordonnance de placement ne m’est pas notifiée. Elle ne m’est même pas lue ou montrée.

Comme il n’y a pas de personnel disponible, je suis autorisée à rester seule avec mon enfant, mais je fais l’objet d’une surveillance constante. Je suis rapidement mise en isolement dans une chambre seule de crainte que je ne communique avec les autres parents.

Mon enfant hurle de tristesse chaque soir quand je pars. Alors qu’il est revenu à une parfaite santé, il reste enfermé dans une chambre pendant 11 jours. A 11 mois il a subi : un examen du fond de l’œil, une échographie complète de tous les organes, 13 clichés (et sans doute plus) de radiographie du crâne et du squelette (attaché sur une planche pendant 45 minutes), une scintigraphie osseuse avec injection de produit radioactif après pose d’un cathéter (ligoté 1h 30 sur une planche de métal).

Son père à été expulsé de l’hôpital, sa grand-mère également, ainsi que son grand-père. Tous sont interdits de visite auprès de l’enfant, alors que l’ordonnance ne restreint que les visites de la mère… 

Je suis presque chaque jour convoquée à des interrogatoires par la pédiatre en présence d’internes, de psy divers… jusqu’à 6 personnes en face de moi ! La pédiatre déclare  organiser ces réunions pour m’évaluer et voir si je ne mens pas aux questions qu’on me pose.  De guerre lasse, je déclare que je refuse de parler avec elle d’autre chose que de la santé de mon fils et que si elle veut aborder un autre sujet, je viendrai avec mon avocat. Elle me répond « pourquoi avez-vous un avocat ? De toute façon les avocats sont interdits à l’hôpital »

Exemple de dialogue au dernier rendez-vous :

Pédiatres (très énervées): « Tous les examens sont normaux,  vous en pensez quoi ? « 

Moi : « Je ne suis pas étonnée qu’ils soient normaux je ne maltraite pas mon enfant, si ils n’étaient pas normaux j’irai porter plainte contre la crèche… »

Pédiatres (de plus en plus énervées)   » Vous n’êtes pas étonnée ? Comment ça ? Expliquez-moi votre raisonnement… »

Moi : «  Je n’ai plus rien à vous dire je ne maltraite pas mon enfant, son père ne le maltraite pas, ma famille ne le maltraite pas. Passez-lui un scanner tant qu’on y est »

C’est fini, ils me l’ont placé en famille d’accueil  !

Vendredi 2 juin 2012, dixième jour d’hospitalisation, il est 14 h, je suis en rendez-vous avec la pédiatre et la psychiatre pour attendre au téléphone l’appel de la responsable de l’ASE.

La psychiatre :  » ce temps de séparation avec votre enfant vous permettra de réfléchir aux choses que vous avez faites ou pas, à l’entourage peut- être dangereux de votre enfant »

Moi : « Attendez vous faite des suppositions sur ma famille et mon conjoint ? Vous êtes une psychiatre, vos suppositions sont inacceptables ! »

La responsable de l’ASE  m’annonce le placement de mon fils en famille d’accueil dans un lieu tenu secret dans l’attente de l’audience devant le juge des enfants.

Je m’effondre en pleurs, la pédiatre et psychiatre sont gênées et me font passer vite dans le couloir en me demandant d être discrète, sans doute pour ne pas affoler les autres parents. J’ai regretté ensuite de ne pas avoir hurlé à tue-tête qu’elles me volaient mon enfant !

Le placement durera 11 jours. Durant ces 11 jours, je ne verrai mon fils qu’une heure, quelques jours avant l’audience dans le cadre d’une visite médiatisée.

La responsable de l’ASE me téléphonera une fois, pour me donner des nouvelles mensongères de mon fils, prétendant que l’enfant s’amusait très bien dans sa famille d’accueil !

La nourrice me tiendra un discours exactement contraire lors de la restitution de l’enfant : il a beaucoup pleuré, fait des cauchemars toutes les nuits.

En face du juge des enfants

12 juin 2012, c’est ma première audience devant la juge des enfants.

Je me défends toute seule face à la juge, à la responsable de l’ASE, au directeur du foyer maternité. Je sens les services sociaux agressifs, ils avancent mensonges sur mensonges sur ma famille et moi afin que le placement soit prolongé. Mon éducatrice n’a plus de couleurs, elle est grise…mais n’a rien à dire !

J’apprends avec stupéfaction que les bleus d’avril dus aux barreaux du lit, sont devenus pour la police « des traces de doigts » !

J’en sais suffisamment maintenant sur ce genre d’affaires pour savoir que si je ne sort pas mon fils de leurs griffes tout de suite, ils ne me le rendront peut-être jamais.

Mon avocate ne dit rien, les deux autres avocates contactées avant l’audience ne m’ont plus données de nouvelles. Elle gagne uniquement ses substantiels honoraires en remettant à la juge une liasse de témoignages de moralité que mes parents ont recueillis auprès de notre famille et de nos amis pendant les dix jours précédents. Elle ne fait rien de plus !

Au grand dépit de l’ASE, la juge met son jugement en délibéré jusqu’à l’après-midi pour étudier le dossier remis par mon avocate et décide de restituer l’enfant dès le lendemain, le 13 juin ! Quel bonheur !

Quelques jours plus tard, je reçois un avis de classement par le procureur de la plainte pénale du CHU contre X pour faits de maltraitance.

Puis ensuite, l’ordonnance de la JDE. C’est une horreur, Mais j’ai mon enfant !  Toutes les accusations de l’ASE et du CHU sont reprises sans recul. Il n’est fait aucune mention des témoignages produits, de mes arguments. Je suis sauvée essentiellement par le rapport très honnête (oui, ça existe !)  de l’éducatrice présente à la visite médiatisée qui souligne la qualité de ma relation avec mon fils.

L’épée de Damoclès

L’enfant reste avec moi tant que je respecte les mesures :

Suivi AEMO, MJIE, CMP, obligation d’un suivi psychiatrique  personnel (ça c’est illégal !).

Obligation « d’accomplir les démarches » pour réintégration d’un centre maternel.

Ils ne me lâchent pas, me conservent un passif et peuvent reprendre mon fils à tout moment, je dois donc faire preuve de duplicité.

Je  saurai suivre les instructions à la lettre, jouer sur les mots et « accomplir les démarches » … sans y aller !  C’est une assignation à résidence alors que je suis majeure !

Interdiction pour mon compagnon de rencontrer mon enfant.

Avec de telles charges, je sais que je ne pourrai reprendre mes études.

Au moins je vais neutraliser la PMI, je mets donc en place un suivi mensuel pour mon fils avec notre médecin de famille.

Dernière audience devant la juge 

Mon suivi AEMO et la MJIE se passent bien, avec une expertise psychologique très positive, et des avis pour l’arrêt de toutes les mesures, en accord avec la psychiatre du CMP, la psychologue du foyer Croix Rouge, à qui j’ai tout raconté et annoncé que je ne viendrai jamais !

Nous avons la chance d’avoir affaire à des professionnelles compétentes et honnêtes.

Je réside chez mes parents et la qualité de l’environnement social dont elles sont sans doute peu familières,  les a sûrement  incitées à la prudence dans leurs conclusions, ne sachant pas où elles mettraient les pieds si elles persévéraient dans les errements du CHU…

Elles  rendent des rapports en ma faveur et en celle de ma famille et laissent planer quelques suspicions sur le foyer pour jeunes mères.

Juin 2013 : la juge me propose par courrier la fin des mesures et le classement du dossier, sans tenir audience.

Je refuse et demande une audience, car je veux que ma nouvelle avocate qui me soutient (enfin) depuis un an produise les deux expertises scientifiques dont je n’ai parlé à personne jusque là.

Les expertises ont été faites à ma demande par un spécialiste en identification criminelle et concluent en toute certitude que cette trace morsure ne peut en aucun cas  correspondre à ma dentition ou à celle de mon compagnon et qu’elle n’est pas celle d’un adulte mais d’un enfant de 2 ans ou 3 ans.  L’expertise et les autres productions de mon avocate font sensation…Mon avocate annonce que nous irons au pénal !

Comment je m’en suis sortie

Je suis allée consulter moi-même mon dossier au greffe avant chaque audience, et j’ai noté le maximum de choses.

Dès que j’ai récupéré mon fils, j’ai demandé communication de l’intégralité des dossiers médicaux du CHU, celui de ma grossesse, puis des deux hospitalisations de mon fils.

J’ai demandé l’ORIGINAL sous format dématérialisé des photos prises par le CHU (hématomes au front et morsure).

J’ai également demandé le dossier médical de mon fils à SOS Médecins.

Avec ma mère et mon avocate, nous avons  littéralement « épluché » ligne à ligne ces documents, ce qui nous a permis de retracer exactement la chronologie des faits, de découvrir de nombreux mensonges du corps médical, de la crèche, des contradictions d’un document à l’autre.

Ce travail nous a permis de préparer à l’avance des documents destinés à contredire auprès de l’enquêtrice les différents mensonges de l’ASE, du foyer maternel ou du CHU.

Ainsi, avec ma famille, nous avons méticuleusement contredit auprès de l’enquêtrice, pièces à l’appui et calmement, tous les mensonges du foyer et du CHU.

Mon avocate a demandé le dossier du procureur et l’a aussi passé au peigne fin. La comparaison de ce dossier judiciaire et du dossier médical a mis en évidence les falsifications des éléments transmis par les médecins au procureur puis au juge des enfants pour obtenir le placement, Et aussi les mensonges du personnel de la crèche du foyer.  

Je ne peux pas en dire plus maintenant, car ce sont des éléments que j’utiliserai dans le cadre de notre plainte avec constitution de partie civile.

Pendant les mesures, nous avons vérifié la légalité de chaque point de l’ordonnance, pour connaître ma marge de manœuvre.

J’ai confirmé tous mes rendez-vous par courrier recommandé, pour garder des preuves de ma « coopération » aux mesures.

 Avec ma famille, nous avons préparé soigneusement chaque rendez-vous, puis noté après ce qui s’était dit. Nous nous sommes gardés de toute critique, de toute agressivité, chaque mot a été pesé…

Enfin, le plus important, dès le début à l’hôpital, nous nous sommes méfiées, nous avons cherché à recueillir des preuves en faisant des photos, de la trace de morsure, du dossier médical dans la chambre et des vidéos pour attester du comportement de l’enfant.

Nous avons fait des recherches sur les aspects médicaux, juridiques et préparé pour nous et les avocats toute une masse de documentation sur les points soulevés. Ceci nous a permis lors de l’enquête d’avancer des arguments solides : ex des bleus sur le front d’un enfant qui se déplace à 4 pattes, NE DOIVENT PAS ETRE CONSIDÉRÉES COMME UN SIGNE DE MALTRAITANCE en l’absence de tout autre hématome ou signe clinique…

Enfin, nous sommes entrés en contacts avec des experts auprès des Cour d’Appel  en odontologie, spécialistes de l’identification criminelle (extérieurs à notre région par précaution). Choqués par l’affaire, mais pas surpris…Deux ont accepté de travailler avec nous.

L’un a pu réaliser dans le cadre d’une société privée, des expertises de haut niveau à partir de nos photos (faites avec un téléphone portable et très bonnes) et celles du CHU (prises avec un énorme appareil professionnel et qui ne valent rien !) des moulages dentaires que nous avons faits. L’autre se met en réserve pour réaliser une contre-expertise, dans le cas où elle serait demandée dans le cadre de la plainte avec constitution de partie civile que je prépare.

Mes plus sincères remerciements au CEDIF  en espérant que cela puisse aider d ‘autre famille et leur donner de l’espoir.

grandparentsMadame, Monsieur

Par votre élection vous avez accepté de défendre les droits et les libertés de vos concitoyens que vous représentez au parlement. Depuis plusieurs années vous êtes informés des abus de pouvoir des services de la protection de l’enfance qui entraînent une privation des droits et des libertés de plus de 70 000 enfants et du même fait les adultes qui les entourent. (Parents, grands-parents et autres membres de la famille élargie.) Nous revenons vers vous à l’occasion de cette rentrée parlementaire pour vous rappeler de cette situation ne cesse de perdurer.

La réponse de madame Christiane TAUBIRA, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, à la question numéro 29558 de M. François Brottes, (Député Socialiste, républicain et citoyen – Isère), affiche une tolérance à l’usage de l’abus de pouvoir des services de la protection de l’enfance, entraînant une privation des droits et des libertés :

« Lorsque le mineur à l’égard duquel les grands-parents sollicitent un droit de visite est placé par le juge des enfants, il appartient au service auprès duquel l’enfant est confié de demander l’accord des parents qui, au titre de leurs prérogatives liées à l’exercice de l’autorité parentale, détiennent le droit de surveiller les relations entretenues par leurs enfants. En cas d’accord des parents, il appartient au service auquel les enfants sont confiés, au titre des actes usuels de la vie courante dont il a la responsabiité, de mettre en oeuvre les modalités pratiques de ces rencontres enfants/grand-parents. (…) En cas d’opposition du service gardien au droit de visite des grands-parents au regard de l’intérêt de l’enfant, et ce malgré l’accord des parents, le juge des enfants est également compétent pour statuer sur la difficulté. (…) Un service intervenant dans un cadre administratif, ne peut interdire des relations entre l’enfant et un tiers qui sont autorisées par les parents, sauf à justifier d’une situation de danger qui pourrait entrainer la saisine d’un juge des enfants. » 

Le service de la protection de l’enfant a, selon Madame La garde des Sceaux et Ministre de la justice, le droit de se substituer au pouvoir du Juge des enfants et peut, sans décision de ce juge, s’opposer au droit de visite des enfants avec les grands-parents même si les parents sont d’accord pour ces rencontres. Ce qui nécessite, selon cette réponse, une saisine du juge des enfants pour régler cette difficulté.

C’est une tolérance à l’abus de pouvoir de la protection de l’enfance et c’est inacceptable.

Le juge des enfants est le garant de la défense des droits de l’enfant et il est de sa compétence de refuser éventuellement les droits de visite des adultes qui entourent les enfants. Ce ne doit pas être un droit pour les services de la protection de l’enfance.

  • Nous vous demandons d’intervenir auprès du Ministère de la Justice pour un rappel auprès des services de la protection de l’enfance des droits de chaque citoyen et surtout en ce qui concerne les droits et les libertés des enfants et de leur famille, afin que les services de la protection agissent dans un strict respect de la loi, et à défaut de voir les agents en infraction s’exposer à des sanctions administratives voire pénales.

  • Il faut noter que le temps pour donner cette réponse est extrêmement long. (Question publiée au JO le: 18/06/2013 page : 6324 et Réponse publiée au JO le : 27/05/2014 page : 4358, soit presque un an) On peut supposer que les interventions des élus sur l’attitude des services de la protection de l’enfance pour privation des droits et des libertés ont moins d’importance pour madame TAUBIRA, ministre de la Justice, que le mariage pour tous.

Cette réponse, parue au J.O, apporte au service de la protection de l’enfance un encouragement pour continuer à bafouer les droits et les libertés des enfants et de leur famille.

Le 2 janvier 2014 le Républicain Lorrain confirme ce que nous dénonçons depuis plusieurs années. Dans l’intérêt supérieur de l’enfant il recommandé de redéfinir la place des grands-parents dans la famille. (Une Modification de l’article 371-4 selon les termes d’avant 2000).

Nous vous rappelons que les modifications successives, de cet article contribuent à entretenir le non respect du droit relationnel de l’enfant.

Nous soulevons régulièrement le montant des économies que pourrait apporter un placement en famille selon les règles de la loi 375-3 du code civil. (70 000 x 6 000 euros mois et par enfant.) A noter que cette somme pourrait être utilisée pour créer des emplois pour soutenir les familles en difficulté, l’intérêt de l’enfant serait mieux préservé dans un cadre familial avec une réelle reconnaissance du droit parental.

En ce mois de rentrée parlementaire, des médias informent le grand public sur les graves dysfonctionnements de la protection de l’enfance, par un livre, dans le magazine NEXUS et par un documentaire le mardi 16 septembre 2014 sur France 5 à une heure de grande écoute.

Les élections, présidentielle et législative, approchent. Nous ne sommes pas des révolutionnaires ni des casseurs. Nous respectons nos lois, mais, il ne faudra pas s’étonner si les membres et sympathisants du regroupement des grands-parents en colère motivent leur entourage et connaissances pour un vote sanction envers les élus qui restent passifs face à un gouvernement qui tolère l’abus de pouvoir des services de la protection de l’enfance.

Pour le groupement des Grands-Parents en Colère (GPEC)

Avec nos respectueuses salutations

Mme Delvarre Noëlle

hellLe témoignage de Virginie N ne peut laisser personne indifférent, au-delà d’un récit de vie, c’est aussi une réflexion sur la condition des enfants placés qu’elle nous livre. Mieux qu’une conférence, qu’un symposium de l’ONED au milieu d’associations collaboratrices, ce sont des paroles de vérité sur ce que nous appelons au CEDIF la barbarie des sociaux.

Les dix mots les plus terrifiants sont : « Bonjour, je travaille pour l’Etat et je viens vous aider » (Ronald Reagan)

J’ai fait l’erreur de frapper à la porte de l’ASE en juillet1997.

Je pensais naïvement pouvoir être aidée, sans avoir auparavant jamais eu connaissance du social. Je sortais de la dépression grâce à cette « annonciation » qui redonnait un but à ma vie. Mais, face à des conflits familiaux, au désaveu de paternité du géniteur, j’’avais juste besoin de m’éloigner, de construire des projets viables pour ce bébé que j’attendais. Je demandais à être aidée dans cette évolution nouvelle pour repartir sereinement sur des bases SAINES.

Je vais parler en toute confiance à une inconnue qui n’est pas mon amie. Je vais livrer à cette assistante sociale ma vie, mon histoire, je me confie, j’en dis trop, j’expose mes vulnérabilités, mes mots ne tombent pas dans l’oreille d’une sourde. Quelle erreur !

Comme je m’en rendrai compte plus tard, cette clique est à l’affût de la moindre vulnérabilité et vous juge selon ses propres valeurs. Lorsque vous êtes fragilisé, déstabilisé, les persécutions peuvent s’enchaîner : contradictions, infantilisation, intimidation, menaces, condescendance, « médiocrisation », dévalorisation, culpabilisation, ils mélangent toutes les stratégies…. que ce soit envers les parents ou les enfants, sur lesquels c’est plus facile, cela s’imprègne à vie !

Le foyer maternel c’est l’enfer !

L’ASE m’ouvrira ainsi la porte d’un foyer maternel, je ne m’attendais pas à ce que j’allais trouver. Je ne veux pas rester dans un tel lieu, j’y suis d’ailleurs mal vue, cataloguée, on dit que je suis « sale » car je ne veux pas m’exposer dans leurs douches communes. Le foyer maternel c’est l’enfer, l’assistante sociale vient me rencontrer. Je lui parle encore en confiance, sortez-moi d’ici !

Un mois,  après je sors, je ne savais pas encore qu’un rapport social catastrophique était en cours et alimenté par le géniteur de mon enfant.

Ce rapport je vais le découvrir plus tard, on m’y impute tous les échecs possibles, des pensées et propos incohérents, un manque de questionnement, il est anormal que je n’exprime pas de craintes pour la grossesse et l’accouchement, pour le développement du bébé. On me reproche en même temps une idéalisation de l’enfant et son rejet. Je suis taxée d’une suspicion d’alcoolisme dont j’ai compris la source : lors d’une visite, une bouteille de bière entamée est posée sur le bureau, on me demande si j’en bois, je réponds qu’il m’arrive d’en boire un verre quand le père vient me rendre visite… Il sera écrit que l’on trouve ma chambre jonchée de bouteilles de bière vides !!! Ce qui sera confirmé par mon précédent compagnon, il n’en était pas à son coup d’essai car il avait pareillement calomnié son ex-épouse.

Je ris tout le temps, écrivent-ils, je dois être un peu folle ?  Je parle aussi  au bébé dans mon ventre, ce qui ne semble pas normal. Le logement  (une chambre meublée, et alors ? propre en tout cas, on a vu pire pour accueillir un bébé !) est inadapté à l’accueil d’un bébé, le trousseau, complet dès janvier, avec de la layette tricotée, est « insuffisant »….etc…. Bref, une future mère « à côté de la plaque », immature, négligente,  …

L’enfant du conseil général

À la fin de ma grossesse, je retourne vivre dans ma famille, toutes les tensions étant éteintes autour de ce petit garçon.

La naissance d’Alexis a lieu en février 1998, elle s’est déroulée merveilleusement, les rapports de la maternité sont excellents, j’apprendrai plus tard, qu’ils avaient eu ordre de le prendre de suite et de ne pas me le laisser, ce qu’ils n’ont pas eu le cœur de commettre, ils se sont fait réprimander d’ailleurs.

Quinze jours plus tard, je reçois un compte-rendu d’audience. Une audience qui concerne mon enfant et moi-même, pourtant je n’en ai pas été avertie, je n’ai donc été ni convoquée ni entendue !

Je tombe des nues : la garde de mon bébé a été attribuée à ma mère en tant que tiers digne de confiance. Le placement avait été demandé mais refusé, avec suivi éducatif… L’enfant ne m’appartient pas, je n’ai eu que le droit de le mettre au monde. On me fait savoir verbalement que mon enfant est « un enfant du conseil »,  il n’a pas de nom, pas d’identité…

Inquisition sociale à domicile

Le conflit familial revient d’un seul coup, il sera largement amplifié par l’éducatrice qui débarque chez nous en terrain conquis. Nous sommes livrées à une inquisition totale et sans possibilité de refus,  nos vies privées n’ont plus de secret pour l’inquisitrice sociale. Ma mère, ma grand-mère (77 ans), ma tante,  chacune est interrogée séparément comme lors d’une garde-à-vue.

« Vous avez divorcé, vous aviez des problèmes avec votre époux, lesquels … »

« Vous êtes restée célibataire, c’est un choix ? Vous aviez des problèmes avec les hommes ? «

L’éducatrice se nourrit de toutes les failles qu’elle croit déceler, comme un vautour sur les dépouilles qui lui servent de repas. Pour l’État social normalisateur, chaque intervention fait vivre ses employés charognards sur les tares fantasmées d’un peuple sous tutelle, qui paie ses bourreaux.

Chaque reproche fait aux membres de ma famille m’attire l’animosité de ma mère, de ma grand-mère, de ma tante. L’enquête sociale touche aussi mes deux soeurs et ma cousine, ce qui  sème un désordre complet dans la famille. Les propos échangés sont habilement reformulés, les conflits engendrés savamment alimentés et commentés. L’inquisitrice provoque ce qui justifiera a posteriori son intervention : elle met le feu à ma famille !

Je ne veux pas me résoudre à la perte de mon fils, j’écris au juge des enfants pour me plaindre de la façon dont j’ai été dépossédée de ma chair. En réponse, il me convoque à une audience, laquelle donnera lieu à une ordonnance d’expertise psychiatrique.

Calomnies à outrance

L’expertise relève de la parodie pure et simple. Elle se déroule en une demi-heure pendant laquelle mes (rares) propos sont interrompus, reformulés, mélangés. Des questions très pointues et pernicieuses me sont posées sans pudeur ni ordre, en quinconce, j’en ressors brisée, en larmes. Cet expert rendra un rapport totalement aberrant, me qualifiant de hautement pathologique, immature, fragile, bourrée de carences affectives, en recherche de relation fusionnelle…

Ne pouvant attaquer ma prise en charge du bébé, ni ma moralité, ni prouver mon « alcoolisme », les sociaux se jettent sur mon psychisme comme des chiens sur un bel os. Mes projets, mon amour pour mon enfant sont retournés contre moi comme pathogènes dans la relation mère-fils.

À l’issue des six mois infernaux, qui avaient commencé de manière paradisiaque…. mon bébé échappe aussi à ma mère sous prétexte des conflits familiaux réanimés par les sociaux. Je suis disqualifiée en ma qualité de mère car mon trop grand investissement serait de nature à nuire gravement au développement psychoaffectif d’Alexis. J’apprends aussi que je suis désormais  maniaque de la propreté, cela me va mieux que la calomnie de malpropreté dans le précédent rapport. Mais me voici aussi atteinte de TOCS, rigide…

À ce moment là j’ignorais tout de leur fonctionnement, je n’ai pas osé réagir, je ne savais pas comment. Je ne pouvais pas non plus compter sur les avocats qui m’ont défendue très mollement. J’ignorais la partie cachée des rapports et les investigations extérieures.

Mais il n’en faudra pas plus pour que mon bébé ne reste pas dans ma famille. En septembre il est placé.

Ils veulent me faire placer mon propre fils !

La rupture familiale est alors totale. J’en souffre énormément et je replonge dans la dépression. Je fais une nouvelle rencontre avec un personnage qui n’aurait jamais dû croiser mon chemin. Les violences de cet homme vont s’abattre sur moi après que je sois enceinte de lui.

Mon fils évolue une famille d’accueil, je peux lui rendre visite 3 heures par semaine, mais ils ne m’ont pas accordé de passer notre premier Noël ensemble.

En avril 1999, le placement d’Alexis est reconduit comme il le sera successivement les deux années suivantes. Mon fils Hugo naît en août 1999, le mois suivant ils me contraignent à une assistance éducative qui va durer.

Ils veulent aussi Hugo,  ils vont faire feu de tout bois alors que ma relation se dégrade de plus en plus avec le géniteur violent. Celui-ci alimentera leurs rapports calomnieux et en retour sera considéré comme le parent vertueux, les sociaux me le feront d’ailleurs savoir à travers un de leurs courriers truffé de fautes.

Ma famille se manifeste à nouveau, se rapproche, c’est grâce à eux que je tente de reprendre ma vie en main, je me sépare alors de mon conjoint. Tout s’arrange et cela ne fait pas l’affaire de l’assistante sociale qui va directement à l’essentiel : elle me propose de réclamer moi-même une ordonnance provisoire de placement ! Je refuse, elle tentera sa chance à plusieurs autres reprises, me laissant deviner que de toute façon son rapport lui permettra d’obtenir ce qu’elle veut.

Je ne vais pas bien, elle cherche à m’en persuader.

Ainsi, lors d’une visite « surprise » de l’inquisitrice sociale, elle me surprend descendant l’escalier. Ce jour-là pas maquillée et vêtue d’un jean’s et de tennis, elle me regarde avec une grimace apitoyée… »oh la la, Virginie, que tu as l’air fatiguée, ça ne va pas du tout hein ?« … J’allais très bien, enfin tranquille, séparée d’un mauvais conjoint,  pouvant disposer de l’argent pour mes enfants et commencer à acheter des bricoles pour le logement. Voilà ce que c’est quand on ne se maquille pas pour aller aux courses !

Cela continuera par la suite, chaque travailleur social reprenant la même méthode, à chaque rapport s’ajouteront de nouvelles calomnies…. Mon compagnon me cogne et je me défends ?  Me voici violente.   Je n’ai pas terminé volontairement mes cursus universitaires? On dira que j’ai « échoué ». Comment échouer lorsqu’on ne se présente pas à un diplôme ? On qualifiera mon parcours personnel de « chaotique ». Le reste est à l’avenant avec des termes creux comme « situation complexe ; compliquée, difficile à évaluer, carences ».

Qu’ont-ils fait de mon fils ?

Enfin, quatre ans après les premières mesures de harcèlement social, mon fils Alexis revient. Le  placement est levé et une intervention éducative à domicile (IEAD) est mise en place pour 6 mois. La mesure se passe bien, pourtant dans quel état ils me le remettent !

Alexis me rejette. Il a passé les premières années de sa vie loin de moi et il semble m’en vouloir. Son comportement à l’école pose problème : il se met en danger, est agressif avec les autres. Qu’ont-ils fait de mon fils ? Puis c’est l’assistante maternelle qui s’impose, envahit la vie d’Alexis. Je me sens complètement impuissante.

Cette assistante maternelle est une calamité et pas moyen de m’en débarrasser. Il passe du temps là bas devant des consoles de jeux violents. Il casse tout et n’a pas à admettre la moindre frustration.

Extrêmement médisante, l’assistante maternelle m’attaque sur tous les front en présence de mon fils, devant les mamans de l’école qui me connaissent et sont outrées, devant ma mère également.

Alexis se fait payer tout ce que je lui refuse, non par manque de moyen mais par conviction. Il n’est pas forcément là quand je me présente, l’assistante maternelle me le ramène alors à la maison à des heures indues après l’avoir gavé de frites ou de chips sous le prétexte fallacieux que je « ne faisais pas à manger ». Elle me fera aussi passer pour une indigente à l’école, en m’y apportant des sacs de vêtements usagés ou hors d’usage, créant un esclandre lorsque j’accoucherai de ma fille en prétendant que je faisais vivre Alexis dans des brimades permanentes.  et que je donnais naissance à « un petit malheureux de plus« ….

J’avais pensé me débarrasserais d’elle en déménageant, mais elle parvint à obtenir mes coordonnées et continua ainsi à contacter Alexis en lui envoyant de l’argent, elle lui a même payé un forfait téléphonique, ce que j’ai découvert longtemps après et que je n’approuvais pas. Pour moi les biens s’acquièrent par le mérite, ils ne sont pas gratuits et les enfants doivent aussi l’apprendre.

Les séquelles d’un placement

En 2003 je suis enceinte pour la troisième fois, le papa est un homme adorable, malheureusement dévasté par son histoire personnelle. Il préfèrera me quitter.

Me voila de nouveau seule dans ma maternité. Ma fille Fabiola naît en décembre 2003 dans un contexte de difficultés de plus en plus ingérables avec Alexis. Je me confie à une psychiatre en CMP, celle-ci réagit en se moquant ouvertement de moi, sans réagir à mon alerte.

Je suis prise en tenaille entre ma défiance à l’égard des services sociaux et ma détresse face à mon fils que je suis incapable de canaliser à cause pour partie de la contre-éducation qu’il a reçu d’abord par deux placements en foyer et par cette assistante maternelle. Je sollicite donc le directeur de l’unité territoriale de prévention et d’action sociale. Il me tape sur l’épaule en me disant que j’ai toutes les compétences pour éduquer mes enfants, qu’une intervention des services serait une perte de temps, etc…. Plus tard j’ai droit à l’intervention d’une AS, qui se contente de constater les dégâts.

Alexis a 8 ans désormais, il est devenu dangereux pour son petit-frère et sa petite-sœur. Que faire ? J’écris au juge des enfants pour lui détailler mes craintes en spécifiant bien que je n’ai aucune difficulté avec mes autres enfants. Nous sommes en octobre 2006 et je me suis piégée à nouveau, une investigation orientation éducative (IOE) est décidée, mais pour mes trois enfants !  La mesure conclue à de mauvais rapports avec mes enfants … Détails ?   AUCUN !

Pendant ce temps Alexis est en proie à des crises de violence inouïes pour un enfant de son âge, il doit être hospitalisé plusieurs fois, sans qu’aucune trace n’apparaisse. On m’accusera ensuite de l’avoir maltraité, je serai mise en garde à vue, puis relaxée en correctionnelle, mais mes enfants sont tous placés en urgence.

La contre-éducation des éducateurs

Quelle satisfaction haineuse les comble, quand ils mettent une famille à feu et à sang, quand ils voient un tout petit enfant pleurer les larmes de son coeur, quelle faille personnelle comblent-ils, quels manques, ou au contraire, pourquoi l’éducation  ( la même que le mienne, moi qui ne l’ai pas contestée) qu’ils ont reçue leur pèse-t-elle autant ????

Je n’ai pas droit au moindre égard, les sociaux tiennent à mon sujet des propos dégradants, menaçants même et en présence de mes enfants. D’ailleurs, au foyer, un travail de sape total est mené sur mes deux garçons, je serais snob, abusive, les enfants sont abreuvés d’infamies me concernant.

Quant à moi il s’agit de me déstabiliser, leur attitude est tantôt apitoyée, tantôt condescendante, infantilisante à mon égard, leurs contradictions sont nombreuses pour brouiller mon esprit et me faire adhérer à leurs affirmations et méthodes.

Pourtant je continuais à intervenir dans la vie de mes enfants, Dieu sait que je ne m’en suis pas privée, et à leur grande colère.

Le foyer n’est pas un lieu où l’on s’occupe correctement des enfants. Mon fils Hugo est resté des semaines avec des verrues plein les pieds et les mains. Je l’ai emmené moi-même chez le dermatologue (ce qui m’a été vertement reproché), qui les a traitées et prescrit une préparation magistrale qui ne lui a jamais été appliquée. Il ne portait qu’une seule tenue  par semaine, les vêtements étaient mélangés, passés à l’eau de Javel, jamais repassés.

En février 2009, le jour de mon mariage, j’ai dû préparer les vêtements d’Hugo, il m’attendait en pull à même la peau, sans chemise ni maillot de corps pourtant apportés la veille, neufs, lavés et repassés.

On m’avait dit que je ne reconnaîtrais plus Hugo au bout de quelques temps… Je crois que c’est la seule vérité que j’ai entendue en dix sept ans ! En effet, à peine deux mois plus tard, il avait été mis en contact avec les gamins les plus difficiles, il a commencé à dire des mots obscènes, s’est coiffé d’une crête. Mon fils qui adhérait sans problème au modèle d’éducation que je lui avais inculqué a été conditionné en deux mois à leurs délires éducatifs gauchistes. Leur méthode ? On mélange les enfants quel que soit le sexe, l’âge, les antécédents, on dénigre les parents et leurs méthodes éducatives si elles existent.

Pour anecdote Hugo face à une liste de jouets dans laquelle on lui demandait de faire un choix, répond : « Mais c’est le Père Noël qui choisit ! » L’éducateur lui répond « Nan, c’est des conneries, le Père Noël il existe pas, c’est les parents qui font croire ça aux enfants, ce sont eux qui achètent les cadeaux. »

On livre les enfants à eux-mêmes, les soins médicaux sont négligés, l’hygiène est calamiteuse, la promiscuité ne pose pas de problème. Les éducateurs peuvent aussi se « défouler » sur les enfants, ceux qui sont éduqués sont confrontés aux problèmes des autres, ils se rendent comptes que les attitudes débridées ne sont pas sanctionnées, ainsi le modèle est vite pris. L’enfant va naturellement là où les contraintes sont moindres.

Les petits se retrouvent donc sans repères, et on leur fait valoir que tout est facile, possible, exigible, sans fournir le moindre effort, on leur fait entendre qu’ils ont des droits supérieurs à ceux de leurs parents, le droit à l' »indépendance », à l’intimité, à la vie privée, d’être décisionnaires…. Voilà les cas sociaux de demain en fabrication, et vous parents, vous n’avez plus qu’à constater puisque la moindre de vos interventions est « sanctionnée, et pleurer sur vos gentils petits démons en culottes courtes !

Les foyers éducatifs sont un repère de planques de stupéfiants, boissons alcoolisées et de fruits de vols…. c’est là que mon fils a fumé ses premiers joints….

Un exemple de leur manière de nier l’individu ? C’est tout bête, j’apportais des friandises à mes fils, systématiquement ils devaient les partager. Je n’ai rien contre le fait d’offrir des bricoles aux autres enfants, je n’ai pas attendu les éducateurs pour le faire. Mais le principe de prendre d’autorité m’a mise en colère, le don c’est spontané, ici il s’agissait de casser le fait qu’un enfant ait reçu quelque chose de son parent, il se le voyait confisqué sans autre explication que « l’égalité sociale », la « solidarité » ! Ou plus exactement ce qui en tient lieu dans des esprits malades qui se permettent d’éduquer à leur façon.

Heureusement Fabiola a été relativement protégée, je n’avais pas à me plaindre de la famille d’accueil dans laquelle elle fut placée.

Encore un an, en novembre 2009 les enfants reviennent à la maison. Hugo a pris de très mauvais pli en foyer et Alexis ne s’est pas calmé, il va sur ses 12 ans et a commis des délits : vols, violences, drogue plus tard. Il est de nouveau placé en octobre 2012 et la menace plane sur mes autres enfants.

Ils n’auront pas ma fille !

Fabiola est dans l’angoisse que tout cela recommence, elle en a fait pipi au lit jusqu’à l’été dernier. Elle se rassure petit à petit, malgré son manque de confiance, elle a des amies, elle est gaie la majeure partie du temps, plus participative. Fabiola est une petite fille de dix ans, qui aime tout le monde, ne comprend pas la méchanceté, avec un petit monde à elle, il lui reste un peu de  naïveté : elle croit encore au Père Noël. Pour le reste, elle réagit très bien aux principes éducatifs, et s’intéresse à tout. Elle souffre d’accès de tristesse et d’angoisse de séparation vis-à-vis de moi, elle est donc assez possessive à mon égard.

Je pensais aller mieux moi aussi, même si je suis impuissante désormais à aider Alexis, cassé dès sa tendre enfance par l’ASE. Je déménage pour un logement plus convenable, j’entame une formation professionnelle. Quand tout va mieux l’assistante sociale    (éducatrice) n’est pas loin pour tout saper. Elle est revenue dernièrement avec des paroles mielleuses sur mon évolution : « vous vous sentez bien, j’en suis heureuse, mais remettez vous en cause dans vos principes éducatifs, ils sont caducs , abusifs, … »

Si j’avais pu appliquer mes principes éducatifs, contredits en permanence et en présence de mes enfants, nous n’en serions pas là. Mes principes éducatifs sont traditionnels, ils sont aussi ceux que j’ai reçus, et alors ? On ne m’a jamais donné l’opportunité de les faire respecter puisque mon autorité même était remise en cause par une profession qui a fait de mon fils aîné un délinquant récidiviste sans le moindre repère. Quelle leçon éducative ces gens sont-ils capables de nous donner ?

Au total j’ai donc passé dix-sept années entre les tribunaux, les bureaux de l’ASE, les commissariats, les geôles, moi qui n’avais jamais vu d’assistante sociale, qui n’avais jamais eu besoin de quoi que ce soit, qui n’ai jamais enfreint les lois. Dix-sept ans de nos vies gâchées, sans épanouissement professionnel ou personnel, dans la peur permanente, la honte et l’opprobre.

L’arrachement au milieu familial  est un crime contre l’humanité à part entière et la cause d’une douleur abominable. La stigmatisation du rôle parental, les accusations toutes aussi confuses les unes que les autres, nous relèguent au rang d’incapables notoires et de bourreaux. Tandis que l’on donne par accident une gifle à un enfant, d’autres enfants meurent, martyrisés quotidiennement, par des « parents » auxquels on trouve des excuses, et qui sont condamnés mollement. Nous, les parents intentionnés et attentionnés, sommes condamnés d’office, et à perpétuité !

Mes deux fils n’ont pas la notion de famille, ni de valeurs familiales, ni d’individualité d’ailleurs, tous les rêves que j’ai pu faire quant à leur éducation et tout ce que je voulais partager avec eux, ont été anéantis dans l’œuf ! On a « lavé » leur cerveau, je suis démunie de tout les concernant. Ce sont deux adolescents qui n’ont jamais été des enfants, et ont refusé tous les privilèges de l’enfance, parce qu’on leur a fait croire que l’enfance n’existe pas et que les parents n’ont aucun droit !

Mais ils n’auront pas ma fille. Même si ils essaient encore. Le dernier entretien avec l’éducatrice a donné lieu à des récriminations acérées à mon égard, cette dame voulait envoyer Fabiola en évaluation pour huit semaines en gîte, en me précisant bien que mon refus pouvait donner lieu à une ordonnance d’office du juge… Je suis donc contrainte: de voir un psychologue, de la mettre en centre de vacances bien qu’elle refuse, de lui couper les cheveux, de lui trouver une activité à  l’extérieur.

Comment peuvent-ils être assez cruels et haineux, pour croire qu’un petit enfant arraché de force à sa mère, puisse l’endurer sans conséquences lourdes et à long terme, et m’accuser, moi, de ne pas savoir la « réparer » en seulement quatre ans, alors que les pressions permanentes et menaçantes continuent, déstabilisent la famille, alors que les interventions en situation de danger sont incohérentes ? Pour eux il faudrait qu’un enfant ait des réactions d’adulte face aux difficultés qu’ils induisent eux-mêmes volontairement….

Toute personne qui de bonne foi, a la naïveté de pousser un jour la porte d’un service social, pour quelque raison que ce soit, perd définitivement les clés de son destin, et livre malgré elle sa famille, ses enfants, et leurs futurs enfants, à une vie sans existence !

Couv_94-miniatureLa revue Nexus, dans son numéro de septembre 2014, a consacré un dossier à la protection de l’enfance réalisé par Laurence Beneux, une journaliste connue notamment pour avoir co-écrit « Le livre de la honte » au sujet des réseaux pédocriminels.

Le grand n’importe quoi de la protection de l’enfance ?

Le titre du dossier est d’ailleurs de bon augure : « Protection de l’enfance, le grand n’importe quoi ! ».

Sauf peut-être que ce grand n’importe quoi est organisé et possède sa propre finalité : celle de justifier le développement des prérogatives de travailleurs sociaux.

En effet, la loi de 2007  a  permis la multiplication de mesures en dehors du champ strictement défini de la maltraitance des enfants.

Ceci a des conséquences catastrophiques sur la famille ainsi que  sur la véritable maltraitance, laquelle ne se distingue plus des cas d’ «enfants susceptibles d’être en danger ». Par contre les retombées de cette loi sont tout à fait favorables quant au développement des missions des travailleurs sociaux.

Le service public contre le public et au service de ses fonctionnaires et amis, voila donc pour resituer le contexte de ce grand n’importe quoi.

Un paradoxe trompeur

Le constat de Laurence Beneux est bien le même que le nôtre : « Des enfants aimés par leurs parents subissent des placements forcés en foyer ou en famille d’accueil, pendant que d’autres meurent sous les coups pour n’avoir pas été extraits de leur famille … »

Ce constat nous l’avions fait aussi avec « Innocence en danger » en suite de notre mobilisation dans l’affaire Marina.

Pour certains il était paradoxal de parler de placements abusifs alors que des enfants mourraient des mains de géniteurs.

Mais il fallait creuser davantage pour mettre en  évidence la logique de l’ASE, laquelle pourra placer  l’enfant d’une famille « surprotectrice » et se contenter d’une AEMO pour effectuer un suivi à long terme de parents lourdement maltraitants. Plus le suivi dure et mobilise de personnels, plus les budgets et les postes s’allongent. Ce n’est d’ailleurs pas un mystère que d’apprendre que les enfants martyrs l’étaient dans des familles déjà suivies par l’ASE.

Laurence Brunet, pour le CEDIF Bretagne, avait d’ailleurs dénoncé ces travailleurs sociaux qui prenaient le thé avec des parents, pendant que leur fille se faisait violer.

On comprend donc que, contrairement à ce qui est écrit dans le dossier (fin de la page 52), ce n’est pas faute de places, de budgets ou au nom d’une difficulté politique à reconnaître la maltraitance que les enfants maltraités ne sont pas retirés de leur famille.  Si tels sont bien les arguments de l’ASE, le CEDIF, première association consacrée à la défense de l’institution familiale dit et démontre exactement le contraire.

On ne peut d’ailleurs qu’être interloqués des demandes de crédits supplémentaires réclamés par les travailleurs sociaux dès qu’un enfant suivi décède, Indécence ?

Le dossier nuance d’ailleurs plus loin cette vision en reprenant l’enquête de la Cour des Comptes qui avait bien mis en évidence la volonté des conseils généraux d’optimiser le taux d’occupation des structures d’accueil, qu’il s’agisse des foyers ou des assistants familiaux.

En effet, faute d’optimiser, il faut payer des personnels inoccupés.

Mais on peut faire confiance à ces personnels pour générer leurs propres emplois, c’est avec zèle qu’ils participeront à augmenter les placements au travers de rapports sociaux qui les justifieront.

Ils se diront ensuite débordés et obtiendront des créations de postes.

Il suffira de recruter davantage et de créer des structures supplémentaires pour que d’un coup le taux de placement se mette à augmenter. « On a les moyens de placer alors on place », disait une responsable locale de l’ASE sur le ton de la confidence.

Le cercle vicieux de la logique du placement peut ainsi se comprendre.

La parole est à l’ASE du Val de Marne

Pour l’ASE, Michèle Créoff, en responsabilité au conseil général du Val de Marne, s’exprime. Celle-ci reprend le discours corporatiste habituel du manque de moyens : « nous manquons de places de foyers, d’assistantes maternelles, d’argent ». Elle est dans un total déni quant aux  placements abusifs : « pas plus d’un à deux pour cent ! … l’erreur est humaine ! … nous essayons de rendre des rapports objectifs».  Au contraire, elle considère qu’il ne faut pas hésiter à placer davantage, ce qu’elle appelle lutter contre « le refus d’accueillir les enfants ! ».

Une conception qui découle de sa volonté de rompre avec une « politique familialiste », jargon post-marxiste destiné à faire passer le message à banaliser les placements définitifs.

Post-marxiste car derrière ce terme se cache toute la conception de la famille comme instance d’aliénation et de reproduction sociale.

Pour un exemple qu’elle pense consensuel, Michèle Créoff se lâche : « Il y a un débat autour de la parentalité des handicapés psychiques ou des handicapés mentaux. Le critère doit toujours être l’état de l’enfant. Dans ce dernier cas, s’il n’apprend pas à parler, s’il n’apprend pas à lire, peut-être que le placement le lui permettra … »

Des propos terrifiants alors que le conseil général du Val de Marne place pour obésité avec des résultats catastrophiques. Quant aux handicapés psychiques, ce ne sont quelquefois que de simples dépressifs et la mode est au « bipolaire », voila donc une catégorie très large identifiée par les travailleurs sociaux pour les besoins de placement.

On pensait aussi naïvement que tous les enfants pouvaient apprendre à lire et écrire à l’école.

Pour Michèle Créoff, il faudrait placer ces enfants « d’handicapés psychiques ou mentaux ». Madame est trop bonne, sous l’Allemagne nazie ils étaient euthanasiés, en Suède ils étaient stérilisés, en URSS placés dans des camps.

Les expertises de Madame Michu

Une association de défense des usagers de l’administration évoque la question du répertoire ADELI sur lequel les assistants de service social, notamment, doivent s’inscrire pour pouvoir exercer.

Nous connaissons bien ce dossier au CEDIF pour y avoir travaillé. Nos chiffres sont différents, mais effectivement il apparaît que des rapports sociaux ont été rédigés par des agents non répertoriés et n’ayant donc pas qualité pour les réaliser.

Des rapports qui tiennent d’ailleurs souvent plus des commérages de Madame Michu (fautes d’orthographes en prime) que d’enquêtes sociales sérieuses.

Quant aux professionnels qui disent que cela n’est pas grave d’ignorer cette obligation légale, ajoutons que ces professionnels ne sont pas seulement des travailleurs sociaux, des magistrats adoptent le même discours !

Cette dérive favorise bien le mélange des genres : des travailleurs sociaux inscrits ou non au répertoire ADELI truffent leurs rapports socio-éducatifs de phrases relevant de l’exerce illégal de la médecine.

Pire des jugements les reprennent. Ainsi, nous avons un juge des enfants qui ose utiliser une formule telle que : « cette attitude interroge sur son état psychologique et sa capacité à se démarquer de son époux ». Voila donc un magistrat qui réalise sa propre pré-expertise et qui invite un expert d’un CMP à évoquer une malléabilité psychologique. Ce qu’il ne manquera pas de faire d’ailleurs !

Le cas de la fausse experte du tribunal de Périgueux est ensuite évoqué, mais n’hésitons pas à dire son nom : Régine Labeur. Nous avions d’ailleurs suivi cette affaire au moment des faits alors qu’une maman privée de sa fille, Madame Sylvie Bossu, s’était portée partie civile.

Une étrange conception du contradictoire

Il importait aussi de souligner la particularité de la procédure devant le juge des enfants. Et ce fut fait : les associations de défense des familles relèvent effectivement la grande difficulté à défendre des victimes face à des placements abusifs.

Alors que dans n’importe quelle autre procédure, la partie contre laquelle des griefs sont émis se voit remettre les pièces et conclusions de l’adversaire, la copie des rapports sociaux n’est pas remise aux familles. Au mieux ce rapport n’est consultable qu’une heure au greffe avant l’audience, sachant que l’ASE en rajoutera au dernier moment.

AINSI LA FAMILLE EST ACCUSÉE SANS SAVOIR DE QUOI ON L’ACCUSE.

Cette situation découle d’une conception tout à fait particulière de la justice des enfants que nous continuons à dénoncer depuis la création du CEDIF.

Enfin, la représentante de l’association de défense des usagers de l’administration est bien dans son rôle lorsqu’elle dénonce le coût des placements pour les contribuables. En moyenne de 150 euros par jour et par enfant dans un foyer, il peut aller jusqu’à 500 euros pour certaines MECS (Maisons d’enfants à caractère social), nous préparons d’ailleurs un dossier à ce sujet.

La filière du business social de l’enfance

Si les arguments à charge de l’ASE sont convaincants, les points abordés pouvaient cependant être plus exhaustifs, car il faut bien comprendre comment des familles entrent dans le collimateur de l’ASE.

Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas toujours l’ASE qui s’intéresse aux familles. Une propagande se développe invitant les parents à se tourner vers les structures des conseils généraux, le piège tendu est terrible, nous l’avons aussi décrypté. Une fois pris dans les mailles de l’aide, du conseil, de la  confidence, les familles se retrouvent sans le savoir dans un réseau piloté par l’ASE qui traite des « difficultés et mise en danger » jusqu’au placement et à sa perpétuation.

Par exemple « L’Enfance Catalane », une association satellite de l’ASE parmi tant d’autres, rencontre des parents au travers des dispositifs d’aide à la parentalité, à la scolarité, d’accompagnement social personnalisé, de médiation familiale. Mais elle réalise aussi des mesures de suivi des familles à domicile, des enquêtes sociales pour le département et les services de justice, elle gère des points de rencontre. Sans parler des collaborations croisées qu’elle établit avec d’autres structures.

L’ensemble de la filière dite protection de l’enfance est donc l’objet d’une véritable concentration verticale, avec une extension vers l’ensemble de la prise en charge sociale. Ceci est évidemment permis par la loi de 2007 et génère des conflits d’intérêts gravissimes alimentant ce qu’il faut bien qualifier de business social des placements.

Bien sûr il reste encore les expertises, mais sont elles si indépendantes quand des jugements prennent la forme de pré-diagnostic et que les experts travaillent pour des centres médico-psychologiques habitués à travailler avec les services du conseil général ?

Famille, un gros mot ?.

Pour Nexus, un représentant d’experts psychiatres aborde les nouvelles mauvaises raisons de placer des enfants. Parmi celles-ci le fumeux concept d’aliénation parentale.

Comment des travailleurs sociaux, des magistrats peuvent-ils mettre en avant ce « syndrome » ?

Mais tout simplement parce qu’il existe un lobbying en ce sens et que tout ce petit monde a assisté à des conférences sur le sujet.

Comme quoi le « n’importe quoi » ne tient à pas grand-chose, une conférence, un cocktail, un gueuleton, tant que l’excuse de placer est trouvée entre gens de bonne compagnie ….

Le psychiatre-expert bien connu aborde aussi la dénonciation du « familialisme », décidément il aurait convenu de rappeler le rôle de la famille comme première des institutions et de s’en tenir au principe de subsidiarité pour prétendre vouloir s’occuper de l’enfance maltraitée. Hors de cela les délires anti-familialistes sont plus redoutables encore que le pseudo syndrome d’aliénation parentale et ne conduisent qu’à banaliser la rupture assumée du lien familial. Rappelons que même en cas de défaillance des parents il existe souvent une famille capable d’accéder au statut de tiers de confiance et donc d’élever l’enfant, le code de l’action sociale et des familles prévoit d’ailleurs cette possibilité afin d’éviter un placement, mais ce dispositif est largement ignoré.

Mille affaires par an mal jugées par une seule personne !

Un ancien juge des enfants s’exprime ensuite, dans l’anonymat. Pourtant le début de l’entretien ne l’expose pas trop vis-à-vis de ses collègues. Il se plaint du manque de moyens de la justice, litanie habituelle …

C’est plus loin que le magistrat se lâche et assène quelques implacables vérités. Il reconnaît en effet des fautes de jugement, il ose même parler de l’ampleur des dégâts que font ces juges sous la pression de leurs convictions  : « Mille par an … ! Le nombre approximatif de dossiers qu’il gère. » 

Comment s’étonner alors de tous ces placements abusifs ?

Tour du monde de la maltraitance institutionnelle

La situation en Europe est évoquée avec le cas emblématique des internements administratifs Suisse, sur ce point le CEDIF est en relation avec les associations suisses et notamment avec Ursula Müller-Biondi évoquée dans le reportage et qui a eu l’amabilité de nous accorder plusieurs entretiens..

Nous avions aussi précisé la mesure radicale et nécessaire de liquidation du service de protection de l’enfance par Madame la gouverneur de l’Arizona.

La voix des victimes

Une maman témoigne de son calvaire face à l’ASE. L’enlèvement des enfants est scandaleux, déchirant, brutal et tout à fait injustifié, mais il relève d’un mode opératoire que nous connaissons bien. De tels témoignages nous pouvons effectivement en fournir en quantité et mettre en évidence les attitudes de travailleurs sociaux, des attitudes qui défient l’entendement pour ceux qui n’ont jamais eu affaire à eux.

Qui peut encore parler de simples dysfonctionnements ?

Une association locale de protection des familles est présentée.

Celle-ci précise sur son site  « … la majorité des travailleurs sociaux … oeuvrent pour protéger les enfants … Ce site ne concerne que les dysfonctionnements … ».

Une telle présentation passe à côté de l’analyse de la véritable nature de l’ASE.

C’est, en effet, ne rien comprendre au fonctionnement de la protection de l’enfance dans ce pays que de prétendre que les cas qui nous sont soumis relèvent de dysfonctionnements.

L’ensemble du dossier de Nexus donne d’ailleurs des arguments pour dire que la maltraitance institutionnelle dont se rend coupable l’ASE est un système.

Comment parler de dysfonctionnements alors qu’à la tête de l’ASE 94, le « familialisme » est mis en cause et que la pratique des placements, devant s’inscrire sur le long terme, est considérée comme allant de soi et ce au nom de l’intérêt de l’enfant ?!.

Comment parler de dysfonctionnements alors que des filières de placement sont mises en place donc sciemment construites au niveau des départements ? Que la pratique veut que bien des travailleurs sociaux se défoulent dans des rapports construits sur la base de convictions, interprétations voire de faux en écriture publique ?

On ne peut plus parler là de dysfonctionnements mais d’un système reposant sur des conceptions idéologiques et clientélistes profondément hostiles à l’institution familiale.

Lorsque l’on a compris cela, alors on peut comprendre la façon dont fonctionne l’ASE, la façon dont pensent et réagissent la majorité des travailleurs sociaux, lesquels sont formés dans ce moule.

Nous lançons un  appel à la nécessaire moralisation 

Si l’on s’accorde à considérer que la moitié des placements pourraient être évités, un pourcentage d’ailleurs tout à fait crédible, alors on doit en tirer des conséquences et ne réserver les foyers et familles d’accueil que pour des enfants réellement maltraités.

On ne s’étonnera pas que toute une profession soit dans le déni (à l’exception de quelques justes qui se sont exprimés dans nos colonnes) car il faudrait alors supprimer un emploi sur deux, fermer des établissements de l’ASE, mettre au chômage des travailleurs sociaux dans les associations et récupérer 4 milliards d’euros.

C’est cela, rien de moins que nous exigeons au CEDIF outre des poursuites contre un certains nombres de travailleurs sociaux responsables de ruptures familiales dans le cadre du business de l’enfance. D’autres associations nous suivront-elles dans cette voie ou préfèreront-elles prendre un café avec l’inutile « défenseur des enfants » ?

 Profession : travailleur social

Je suis une travailleuse sociale et je souhaite faire part de mon expérience au CEDIF, à travers mon récit vous pourrez vous rendre compte que la situation qui est faite aux familles est bien celle que vous décrivez, voire pire encore.

Je voulais aider les plus faibles

J’ai débuté ma carrière dans le social en 1989 en tant qu’aide médico-psychologique (AMP), ce profil de formation autorise essentiellement des interventions auprès d’un public handicapé. Selon le handicap la formation nous instruit sur les méthodes d’accompagnement, la finalité visant le bien être et le respect de la personne. J’ai toujours agit normalement avec les autres, à savoir : aider les plus faibles. C’est naturellement que je me suis dirigée vers les métiers du social.

Ma première expérience dans le handicap me permet à ce jour de différencier l’accompagnement des personnes : le handicap subit moins d’abus que l’ASE.

La maltraitance existe dans le handicap mais elle est reconnue et des actions sont mises en place pour corriger les fautes professionnelles. Dès le début de ma carrière je me suis opposée à toutes formes de maltraitances, j’ai commis des erreurs dues à la fatigue, un manque de savoir et de connaissances des pathologies de type psychiatrique qui nous placent dans des situations complexes et qui font peur. Cependant, je me suis toujours « dénoncée », si je puis dire et excusée auprès des personnes et leurs parents en mentionnant qu’ils avaient le droit de porter plainte si mes arguments leurs semblaient futiles.

Ceux qui aiment leur métier et ceux qui s’aiment tout simplement

 Ainsi de 1989 à 2002 je travaille avec un public handicapé, je change d’établissement, j’y retrouve les mêmes difficultés, des collègues qui aiment leur métier et d’autres qui s’aiment tout simplement. Les équipes sont formées d’AMP, moniteurs éducateurs et éducateurs spécialisés. L’AMP étant considéré comme inférieur aux autres.

Cette infériorité ne me dérangeait pas, j’ai toujours aimé être au plus près des personnes que j’accompagne, je me suis formée durant ces années de pratique : écrits professionnels, équithérapie, prévenir l’épuisement en relation d’aide, j’ai beaucoup lu et toujours cherché à comprendre les comportements des personnes, surtout pour convaincre les têtes bien pensantes que chacun a les mêmes droits et qu’il est important de ne pas faire à l’autre ce que nous n’aimerions pas qu’il nous fasse.

J’ai eu peu de contact avec les assistantes sociales à cette époque, elles s’occupent de l’administratif et des prestations, cependant il est vrai que n’étant pas sur le terrain, elles sont pour ainsi dire attachées à la Direction et de fait se donnent sans doute une importance de supériorité, certaines supervisent les admissions mais rien de comparable avec l’ASE.

Pour résumer le monde du handicap bénéficie plus étroitement des lois qui les protègent, rien n’est idéal mais ils sont reconnus et défendus, les Directions sanctionnent la maltraitance.

Du handicap à l’ASE : plongée dans la quatrième dimension du travail social
Dame ASE

DAME ASE COMME TU AS DE GRANDES DENTS

Ce que nous recevons comme information par les médias est malheureusement vrai, bon nombres de travailleurs sociaux sont maltraitants, cela ne vient pas du contenu de la formation, cela vient du paradoxe entre ce contenu et l’impossibilité de mettre à l’œuvre ces savoirs sur le terrain car les stagiaires se confrontent aux anciens qui n’ont pas envie de changer leurs « bonnes » habitudes.…….

Ainsi pour se faire une place il faut être solide et ne pas contrarier le référent de stage, en général…..

En 2002, j’obtiens un poste au conseil général, ASE. Je suis monitrice éducatrice, j’accompagne des adolescents placés. OUPS !!!!!!!

Très vite je suis en désaccord avec la responsable et l’équipe, les ados sont violents en permanence, ce n’est pas normal. Je m’intéresse de près à leur parcours, je demande à changer le règlement qui n’est pas adapté, j’encourage les nouveaux collègues et stagiaires à mener ce travail avec moi, je participe à des formations, je retransmets ces savoirs en réunion, je suis vigilante aux réactions mal traitantes. Rarement un ado s’est montré violent gratuitement, c’est toujours «  à cause de » et c’est sur ces causes que nous devons travailler.

L’enfant appartient à l’institution dans laquelle il est placé

Là, je côtoie les AS, elle sont référentes des ados, tout transite par la MDS (Maison des Solidarités), nous sommes tenus de les informer de tout, les écrits réalisés pour les audiences arrivent sur leur bureau, rien n’est vraiment modifié, elles se calquent sur ceux des établissements et les écrits ne sont pas souvent positifs.

En établissement, les parents sont inexistants, ils signent des documents qui sont censés les protéger et protéger leurs enfants.

Une fois placé, l’enfant appartient à l’institution qui en même temps veut s’en débarrasser quand il perturbe la pause café (excusez-moi les collègues mais ce sont des années de constats !!!).

Il doit se plier au règlement, sa vie est bouleversée. Non seulement il est retiré de sa famille, certes pour des raisons qui peuvent quelquefois se justifier, mais en plus, il est contraint de suivre le mouvement du groupe et la collectivité.

Son monde change radicalement, il perd tous ses repères.

PS : qu’un lecteur du métier me prouve le contraire…

La susceptibilité de l’assistante sociale

Le rôle des assistantes sociales (AS) diffère de celui de l’éducateur, la formation également, l’AS a gardé une position haute (lecture intéressante sur leur position dans un article nommé « regard sur cinquante ans de travail social : J.TREMETIN, lien social n°824, janvier 2007), nous devons souvent aller dans son sens, cependant elle a la responsabilité d’environ 50 dossiers et il n’est pas difficile, selon la situation de lui faire entendre notre point de vue.

Le plus difficile est de ne pas mentionner qu’à un moment donné elle n’a pas fait correctement son travail, même avec la plus grande délicatesse, l’AS le prendra très mal.

Personnellement je ne travaillerai jamais en Maison des solidarités, il est impossible d’aider dignement des personnes en difficultés quand des quotas de dossiers priment sur la qualité des actions, IMPOSSIBLE…

Le foyer, un « no parent land »

En établissement, pas de place pour les parents, ils sont dépossédés de tout,   c’est « all inclusive », certains apprécient que leurs enfants soient logés, nourris, blanchis et éduqués, ils ne comprennent pas en général pourquoi le placement perdure alors qu’ils ont tout pour être heureux !!!!

Les enfants se rebellent, la plupart refusent le placement. Ils ne l’acceptent que si l’échéance est respectée et qu’un retour est programmé.

Durant ce temps, la famille rencontre l’AS qui doit induire un changement chez les parents afin que les enfants rentrent dans de bonnes conditions. Mais elles n’ont pas le temps et les éducateurs n’ont pas mission à sortir de l’établissement pour mener un travail parents/enfants.

C’est ainsi que perdure le placement, l’enfant ne comprend plus et devient de plus en plus soumis ou agressif, personne ne comprend pourquoi « ils ne sont pas sages », bon sang, ils ont tout pour être heureux : séparés de leur mauvais parents, rythme de vie du style cinq fruits et légumes par jour, lever, repas, coucher, tout est contrôlé pour leur bien être, pas trop de bonbons, pas de coca ou peu, des activités, des chambres impeccables qu’ils doivent absolument nettoyer et ne plus y entrer pour ne pas les salir, des vêtements choisis par les éducateurs, du pratique et c’est l’argent de l’État entendent-ils parfois !

L’enfant crie, mais personne ne l’entend

Ah le côté matériel de la situation occupe beaucoup, c’est  l’essentiel : la  raison du placement. La venue des troubles du comportement est peu élaborée, ainsi les enfants restent avec leur souffrance initiale, les parents n’ont pas compris pourquoi leurs enfants sont placés et pourquoi ils ne sont pas non plus « sages » dans l’établissement. L’enfant tente de crier sa souffrance, de dire ce qu’il subit : humiliations, rejet, insultes, coups mais personne ne l’entend.

« On se dit par exemple qu’il mérite d’être aidé, que c’est justement de votre aide dont il a besoin et qu’il se montrera à coup sûr profondément reconnaissant, attaché, soumis en réponse au moindre secours, c’est avec de telles imaginations qu’on dispose des nécessiteux comme d’une propriété, de même que c’est par ce désir de posséder qu’on se montre bienfaisant et secourable », Paul Fustier, parole de Nietzche, p 47.

J’ai toujours « bondit » sur ces pratiques, j’ai dénoncé mais là encore pas de réelle prise de conscience par la hiérarchie, je suis identifiée comme trop gentille, « tu ne peux pas sauver tout le monde, il faut prendre de la distance, tu t’impliques trop, tu ne fais pas confiance à tes collègues », j’ai même entendu de ma hiérarchie «  je m’inquiète pour toi, tu as des visions », cette même personne s’est acharnée sur un enfant qui est maintenant placé en Belgique…

Trop impliquée donc mutée

De fait, je suis mutée au service jeune majeur, hors de l’établissement. Je n’ai qu’un collègue, bien ancré dans ses pratiques « ancestrales », bien évidemment je provoque le changement, difficile les premiers temps, le binôme fonctionne ensuite très bien.

Nous travaillons sur la problématique initiale qui pour aucun d’entre eux n’a pas été élaborée, ces jeunes traînent leur fardeau de placement depuis des années. Ils parlent de leur souffrance en institution, en famille d’accueil, chez eux, tous souhaitent comprendre leur parcours. Les AS, toujours débordées nous laissent carte blanche, le projet est bien ficelé et difficilement rejetable, plus question de menacer les jeunes majeurs d’être virés si ils ne sont pas sages…

De 2007 à 2011, les jeunes majeurs trouvent en majorité un emploi, comme quoi c’est possible. Mais pas sans mal car Dame chef cherche des failles, enfin dit-elle, ils ont trop de liberté, trop de moyens, vous êtes trop gentils……

Comme je l’envoie balader, elle use d’autres stratégies et me déplace dans un service où je vais intervenir dans les familles. Le service jeune majeur est bousillé !!! à la demande de Dame chef, perverse narcissique qui n’a pu me faire obéir. Le pouvoir entre de telles mains est une horreur.

Les pires, les plus insensibles, feront carrière

Pour moi toujours le même refrain, trop de gentillesse, pas de recul…

Bien évidemment je ne traverse pas ces années sans peine, quelques états dépressifs, du pain béni pour les pervers.

Mais je remonte toujours en selle, je fais de la formation, je m’aperçois que les étudiants sont saints en arrivant, au retour de stage, ils sont choqués des pratiques, je les informe des recours, ils sont reçus par le centre de formation et l’établissement et menacés gentiment de ne pas avoir une bonne note, ben oui ils sont aussi trop gentils !!!

D’autres sont insensibles, ceux là auront leur diplôme, ben oui eux ils ont déjà pris la bonne distance. Les autres aussi mais ils sont déjà abîmés en début de carrière.

J’ai fait de la formation 4 années, j’ai changé ma stratégie et j’ai armé les étudiants à déjouer les pièges, j’en parle car je démissionne des centres avec les quels je travaille, non pas que ce n’est pas intéressant mais j’ai besoin de temps pour mener d’autres missions.

Dans les familles

Continuons…. Je suis actuellement intervenante à domicile, mon rêve : enfin agir là ou le problème se pose. En lien direct avec les AS, je découvre ce qui est fait dans les familles avant le placement ou pour un retour accompagné en famille. Belle perspective, coût fortement réduit, assez de temps pour mener à bien ma mission.

De nombreuses mesures d’accompagnement sont proposées aux familles, administratives ou judiciaires, je me rends compte que les familles sont mécontentes de ces prestations et ça, depuis le début, soit en 2011. Elles se plaignent du peu d’interventions, une à deux fois par mois, et de la façon dont les professionnels s’adressent à elles.

La mienne est simple et naturelle, pas de jugement, du respect, une confiance et le travail s’enclenche. Forte de mon expérience je dépanne les collègues qui ont trop de mesures, j’ai déjà calculé le temps qu’elles pouvaient accorder aux familles, il se résume à 20 minutes par mois, certes mais pas utile d’être désagréable et de placer les enfants parce que les parents vous harcèlent de coups de téléphone.

Ils veulent transformer les parents

Ces parents, extraordinaires, souvent, car à leur place je serai devenue dingue, sont toutefois prêts à renouer des liens avec le social, ils se remettent en cause, évoluent, comprennent leurs faiblesses et leur influence sur leurs enfants, ça marche en général. Sauf que certains professionnels se sentent investis d’une mission : celle de rendre ces parents comme ils voudraient qu’ils soient, dès lors leur attitude dérange les parents, ils me réclament et là : entretien avec la hiérarchie, trop de si trop de là…

« Un professionnel en renonçant exceptionnellement à l’asymétrie du lien se dévoile dans sa simple humanité ; il se montre un Homme ordinaire qui renonce à être plus ou à être supérieur, ou à être en position dominante, Fustier p104. » 

Mes rapports sont corrigés 

Je m’enlise, je fais tout simplement mon travail, les familles savent que je ne suis que de passage, ma hiérarchie pense que «  je m’appelle Rémi et je suis sans famille », que je fais alliance avec les parents contre l’ASE, c’est désespérant de travailler avec des personnes aussi peu instruites dans leur domaine.

Mes rapports sont corrigés, il ne reflètent plus la réalité, les parents sont accusés à tort, les enfants sont retirés sans préavis parfois, c’est l’horreur.

Nous avons étudiés les besoins fondamentaux de l’enfant, la séparation est un traumatisme, d’autant qu’ils ne sont pas souvent aimés ailleurs, ben oui on peut pas, la distance.

C’est le travail social sous l’emprise de la purification : «  une purification qui insiste sur le service rendu en tant que tel, sur son caractère objectif (j’ajoute : les prix de journées), si l’on peut dire éliminer les impuretés de l’affect que produit le lien au profit d’une asepsie du service sans débordements. », Fustier p 65. 

Conseil général ou cancer généralisé ?

Je ne suis pas étonnée des chiffres de placement qui n’ont pas lieu d’être, un parent dit du conseil général que c’est le cancer généralisé, je suis d’accord.

Merde nous sommes formés pour aider, pour maintenir la famille debout, pourquoi, dans quel but retirer des enfants ou ne pas les rendre ?

L’argent, les postes, c’est comme cela que ça fonctionne et pourtant si les établissements laissent la place aux interventions à domicile, ça coûte environ 60 euros par jour et par enfant au lieu de centaines d’euros.

Sans lieux de placements, les chefs ou collègues qui ont le placement facile se trouveraient ennuyés et laisseraient les enfants chez eux avec des intervenants à domicile.

Mais il faut des structures d’accueil car il existe des parents qui n’ont pas la capacité d’assumer leurs responsabilités et qui ne sont pas prêts de l’acquérir.

Je serai d’ailleurs curieuse de savoir quels parents peuvent devenir les enfants placés qui ont parfois subi pire que chez eux, facile de dire qu’ils reproduisent, il reproduisent quoi, la maltraitance de leurs parents ou celle des institutions ?

Attention je ne dis pas que nous ne servons à rien, nous les travailleurs sociaux, la misère sera toujours présente, la planète des bisounours n’existe pas !

Seulement si vous en avez marre de payer de impôts pour les cas sociaux faîtes votre job correctement, n’ayez pas peur du chômage, malheureusement, on n’y sera jamais au chômage, ben non ça voudrait dire que nous aurions trouvé la planète des bisounours.

Allez quoi, réagissez si vous vivez la même chose que moi en tant que travailleurs sociaux. Faisons comme les parents, l’union fait la force, pensez à vos enfants et dîtes comment vous réagiriez si c’était vos enfants que l’on traitait comme cela. 

Alors est ce que j’aime mon métier ? OUI, c’est le plus beau du monde, je croise des regards qui valent de l’or, oui j’aime les gens, oui j’ai de la compassion pour le genre humain, non je ne suis pas fataliste, tout le monde a droit à l’erreur et n’oubliez pas chers collègues, vous ne faîtes pas de bénévolat, vous avez un contrat de travail qui stipule vos obligations, vous êtes rémunérés pour aider pas pour détruire, pensez vous qu’il existe, le jugement dernier ?

PS : si vous bondissez à la lecture de mes propos, questionnez vous, il n’y a que deux choix possibles :

Me rejoindre pour ne plus vivre ces injustices quotidiennes

Vous identifier comme bourreau d’enfants.

Une autre peut-être : si j’ai faux, prouvez le contraire, pas d’éternels refrains sur la difficulté de notre emploi, des horreurs que l’on voient…. ça on le sait, on a choisi ce métier et il n’y a pas de travailleurs sociaux chez Harry Potter !

Les juges des enfants à l’écoute des assistantes sociales

Passons au JE : très honnêtement, je n’ai jamais eu de peine à obtenir une main levée, à condition que mes rapports ne soient pas modifiés par ma hiérarchie en accord avec l’ASE.

Par contre si je révèle des anomalies, je ne peux rien faire, je suis parfois évincée de l’audience, la majorité l’emporte.

Je ne peux contacter directement le juge, les AS oui, il serait important que les éducateurs qui suivent de près la mesure soient entendus avec les parents et ou l’enfant avant l’audience.

Tous les juges pour enfants que j’ai côtoyé s’appuient sur les rapports, pourquoi ils ne suivraient pas ce que préconisent les professionnels ? A la lecture de certains rapports, le placement en urgence est sa seule alternative.

C’est le système qui doit changer, il serait à mon sens plus judicieux que le JE s’appuie sur une audience avec les parents et les enfants et qu’il ordonne aux travailleurs sociaux des directives de changement avec un calendrier signé par les parents et les professionnels pour vérifier le temps passé en famille.

tampon CEDIFLe développement du CEDIF implique la création et l’essor de structures locales dont l’objet est de regrouper des bénévoles, des parents, des familles par départements.

Comme vous le savez notre objet est la défense de l’institution familiale et de l’enfance, ce qui nous a amené à dénoncer de trop nombreuses mesures mises en place par la mal-nommée « Aide Sociale à l’Enfance ».

Les associations locales du CEDIF pourront agir sur le terrain en fonction des réalités particulières de chaque département.

C’est en effet département par département que nous pourrons mettre en évidence de mêmes maltraitances institutionnelles réalisées par de mêmes structures et de mêmes travailleurs sociaux. Voila pourquoi l’organisation de nos forces ne peut se concevoir que localement.

Nous pouvons ainsi attirer l’attention sur des situations faites aux familles dans un but de dénonciation et de propositions afin de faire avancer la cause de l’enfance et la préservation des liens familiaux. Au-delà il s’agit aussi de moraliser la profession de travailleurs sociaux en exigeant que toute atteinte aux droits des familles soient sanctionnées.

Nous lançons particulièrement cet appel pour les départements 11, 66 et 18.

Vous pouvez nous contacter à : pregentil@yahoo.fr

Ce témoignage livré par des grands-parents démontre que lorsqu’une famille tombe, à tort ou à raison, dans les griffes de l’ASE, il lui est très difficile de s’en tirer. Même si la famille parvient à sortir de sa situation de précarité initiale.

Pour les services de l’ASE, pas de doute, un bon placement est un placement qui dure.

CEDIF : Bonjour Monsieur et Madame Taquet, vous avez souhaité vous faire entendre face à la situation de vos petits-enfants placés, comment tout cela est-il arrivé ?

M-Mme T : Tout est parti d’une situation de précarité dans laquelle vivait notre fils.

Il s’est installé en Haute Savoie avec sa compagne en 2006, ils ont rapidement connu des difficultés financières et se sont rapprochés géographiquement de nous. Nous ne connaissions pas alors l’ampleur de leur difficultés et nous avons essayé de les aider par nos conseils et financièrement autant qu’il était possible.

Malheureusement ce n’était pas suffisant, nous avons alors demandé de l’aide à une assistante sociale afin qu’ils puissent obtenir un appartement plus spacieux, qu’ils soient épaulés pour gérer leur intérieur, leurs comptes.

doigt dans l'engrenageCEDIF : Aïe, le doigt dans l’engrenage ….

M-Mme T : Oui, d’autant que la situation ne s’est pas arrangée. Après la naissance de notre petite-fille, la maman a subi une dépression post-natale. C’est vrai qu’à ce moment là le logement était sale, mal rangé surtout avec la venue d’un chiot qui a grandi très vite.

Notre fils et notre belle-fille avaient encore besoin de mûrir pour faire face à leurs nouvelles obligations parentales. Un deuxième enfant est arrivé en août 2009.

CEDIF : C’est à ce moment qu’un signalement a été émis ?

M-Mme T : Disons que l’état sanitaire du logement posait problème et notre petite-fille était souvent malade, le CHU de Grenoble prit l’initiative d’un signalement. La PMI demanda qu’un suivi puisse être réalisé dans leur centre plutôt qu’à domicile.

Puis la descente aux enfers commença. En fin 2009 une assistance éducative provisoire est mise en place, seulement quelques jours par semaine. Puis le provisoire dure et au début 2010, les droits de visite des parents se limitent à un week-end sur deux. Alors que notre belle-fille connaît sa troisième grossesse, il est décidé de placer les enfants à temps plein dans une famille d’accueil. Certes, les parents conservaient l’autorité parentale mais sans pouvoir l’exercer.

CEDIF : Les parents prennent-ils alors conscience de leur situation, les problèmes de tenue du ménage évoluent-ils ?

M-Mme T : Oui, ils arrivent à mieux se gérer et espèrent pouvoir au moins garder auprès d’eux notre petit-fils qui vient de naître en décembre 2010. Mais un impayé d’EDF va avoir des conséquences désastreuses, l’enfant leur est enlevé en octobre 2011 alors qu’aucun autre problème notable n’existait.

CEDIF : Les enfants se retrouvent donc tous dans la même famille d’accueil ?

M-Mme T : Non, en 2012 notre petite fille aînée est séparé de son frère pour un placement en famille relais. Nos trois petits-enfants se retrouvent dans trois familles d’accueil différentes.

CEDIF : Depuis 2009 pour les services sociaux la situation des parents est donc sans évolution ?

M-Mme T : Exactement, les rapports de l’ASE sont systématiquement à charge et donc tous les ans les placements sont renouvelés. C’est bien l’ASE qui a tous pouvoirs décisionnaires sur notre famille puisque la justice, dans notre cas,  va aller dans le sens de leurs préconisations.

Pourtant notre fils et sa compagne se sont mariés en juillet 2013, notre belle-fille a trouvé un emploi. Ils décident de déménager pour être mieux installés et là l’ASE de l’Isère leur reproche de s’être trop impliqués dans leur mariage, dans une nouvelle vie qui les fait progresser. Il est même dit qu’en annonçant aux enfants qu’ils déménageaient, notre fils et belle-fille leur avait causé une grave perturbation.

La punition tombe, l’ASE modifie les droits de visite, puis les suspend, la juge des enfants suit puisqu’en décembre 2013 les droits de visite sont restreints.

Ce qui est extraordinaire c’est qu’auparavant, l’ASE38 reprochait aux parents de ne pas appliquer leurs directives, de ne pas faire assez d’efforts pour entretenir leur intérieur et trouver un emploi stable. Maintenant que les parents travaillent et se sont responsabilisés,  ils leur reprochent d’évoluer vers de nouveaux horizons pour le bien être de toute leur petite famille.

CEDIF : C’est classique, l’objectif des travailleurs sociaux est de maintenir et développer les mesures pour ne pas perdre de postes ou de budget, ils ont des rapports tout prêts pour justifier leurs interventions.

Mais si il y a eu initialement défaillance des parents, il aurait été possible de vous désigner tiers de confiance, avez-vous aussi été exclus de la vie de vos petits-enfants ?

M-Mme T : Notre fille, la tante des enfants, avait demandé en 2012 le statut de tiers de confiance pour nos trois petits-enfants. Cela a déclenché une mesure d’investigation des services sociaux et, bizarrement, notre fille en perdra tout droit de visite sur l’année 2013 !

C’est donc bien toute la famille qui est mise de côté. Nos droits de visite ont été suspendus en 2014 pour nos deux petits-fils. L’ASE n’a pas digéré les efforts d’insertion de notre fils et de notre belle-fille, efforts couronnés de succès. Elle n’a pas supporté non plus la demande de notre fille dans l’intérêt des enfants.

CEDIF : C’est atterrant, on cherche donc à priver vos petits-enfants de leurs liens familiaux.

M-Mme T : Oui, tout notre travail de construction du lien affectif et de repères familiaux auprès de nos trois petits-enfants s’est retrouvé réduit à peau de chagrin. Tout cela sur la foi de rapports arrangés et mensongers des familles d’accueil et de l’ASE qui ne pensent qu’à leur tranquillité, à leur organisation, et à leurs quotas budgétaires, notre RDV du 20 février 2014 avec l’ASE38 n’a abouti à rien de concret pour nous.

Ils nous ont donc pris à nouveau en otage pour nous soumettre à leurs décisions.

CEDIF : Aujourd’hui où en êtes vous ?

M-Mme T : L’ASE demeure dans les faits seule à décider et peut annuler des visites de sa seule volonté : les parents ne peuvent voir leurs trois enfants qu’une heure tous les quinze jours. En tant que grands-parents nous avons subi la suspension des appels téléphoniques à nos petits-enfants.

Nous sommes ignorés, méprisés, notre petite-fille demande à venir passer des séjours en famille, mais ils ne l’écoutent pas !

Nous sommes passés par des états de solitude, de remises en questions, de culpabilité, de discriminations, d’incompréhensions … transformées en REVOLTÉS. Malgré la rencontre avec Mme Perillié et Monsieur Tixier, du Conseil Général de l’Isère, malgré le courrier sans suite adressé à Monsieur Vallini, malgré la réponse très vague et sans engagement de Monsieur Cottalorda, nouveau Président du Conseil Général de l’Isère, malgré l’annulation du RDV avec Monsieur Barbier, Député de l’Isère,

… nous continuons notre combat.

 CEDIF : Vous le continuez aussi au sein du CEDIF, merci d’avoir alerté nos lecteurs dont beaucoup reconnaîtront ce qu’ils vivent dans votre combat contre une administration déshumanisante.