Archives de la catégorie ‘Juges mis en examen’

renardeauDes suites des malveillances d’acteurs locaux, de l’indifférence des Services d’Actions Éducatifs (SAE) qui négligèrent leur mission et de la partialité d’une juge indifférente aux suppliques d’un enfant, Grégorry attentera à sa vie alors qu’il n’avait pas treize ans.

Avant son geste, il écrivit deux lettres dans un français impeccable qu’il remit personnellement au SAE et une seconde lettre au greffe de la juge des enfants. Dans ces deux lettres, il exprime son désespoir et l’injustice dont il est victime et il sollicite de l’aide.

Le SAE et la juge des enfants ignorent les lettres de Grégorry qui attentera à sa vie le sur-lendemain.

Fort heureusement, il sera sauvé in extremis et hospitalisé aux urgences.

Mais pour avoir mis en cause les services sociaux dans ses courriers, une ordonnance de placement est décidée en urgence : Grégorry est arraché à sa maman. Il est alors tenu au secret et tout contact avec sa mère lui est interdit, elle ne sera jamais informée des décisions qui seront prises pour son fils.

À aucun moment il n’acceptera le sort qui lui a été réservé, son refus il l’exprime en s’enfuyant à quatre reprise des hôpitaux où l’ASE a trouvé bon de le placer. 

On le menace de transfert en hôpital psychiatrique s’il continue à vouloir se faire entendre. Menace tout à fait crédible puisque la juge des enfants mentionnera dans son jugement que la psychiatrie parait indispensable !

Mais Gréggory ne s’avoue pas vaincu et croit pouvoir être entendu. Alors qu’il réclame un avocat par courrier de sa chambre d’hôpital, il en sera privé durant six mois. Avant que l’ASE ne se prête à un simulacre de défense en le confiant à un avocat qui œuvrera contre ses intérêts, refusant de dénoncer les carences des responsables mis en cause.

Sans pourtant n’avoir rien à se reprocher, Grégorry vit  enfermé entre quatre murs, sans suivi scolaire. Diabétique, il  est victime de  sévices psychologiques et sa santé  est gravement négligée.

Quant enfin il peut voir sa mère, ce n’est qu’une heure par mois, sous surveillance médiatisée d’une référente ASE. Ses rares conversations téléphoniques sont elles aussi médiatisées.  Son courrier est lu et remis à l’ASE.

Les lettres qu’il a remis à la juge des enfants, valent la peine d’être publiées et cela sans le moindre commentaire :.

Madame le juge, il y a longtemps on m’a fait lire le code de l’éducation, il y avait la loi L 131/2 et il y a la convention des droits des enfants qui ne sont pas appliqués, les lois ne sont pas respectées. Je n’ai rien fait de mal, je veux rentrer chez moi, j’ai dit la vérité pour rien et j’ai aussi le droit de faire l’école à la maison. Il y a la loi qui dit que j’y ai droit, j’ai toujours bien travaillé avant, toujours.

Aujourd’hui le SAE et l’ASE ils veulent m’obliger en disant des mensonges sur moi, et aussi je veux voir mon tonton et je veux juste rentrer chez moi. On me force aussi à porter le nom XXX, je veux m’appeler Grégorry. madame, je n’en peux plus c’est à cause de vous que j’ai essayé de me suicider, je suis malheureux, j’en ai marre et pourquoi vous ne m’avez pas confronté avec Monsieur XXX pour que je prouve que j’ai dit la vérité, pourquoi vous avez arrêté l’enquête pour mon père, il m’a violé et vous vous ne faites rien.  

Murée dans ses certitudes et son insensibilité, la juge ne répondra jamais à Grégorry. Il écrivit donc à nouveau et parviendra non sans mal à remettre sa lettre à la juge des enfants.  Ce courrier sera aussi envoyé à la magistrate par l’intermédiaire d’une députée consciencieuse. Voici la suite de cette correspondance à sens unique :

 Madame le juge, je vous ai écrit il y a longtemps vous ne m’avez pas répondu je croyais que vous étiez là pour écouter les enfants.

Lorsque je vous ai vu en février je n’ai pas pu m’exprimer, vous m’avez menacé de me mettre en famille d’accueil ; vous m’avez menacé pour mon école, vous voulez m’obliger à aller dans un club.

Je n’ai rien fait de mal, vous m’avez menacé alors que je n’ai rien fait de mal, depuis, je veux mourir car je ne pense qu’à ce que vous m’avez dit et c’est injuste.

J’ai fait de mal à personne, une nuit je me suis piqué plein d’insuline pour vous oublier et mourir, malheureusement à l’hôpital on m’a sauvé.

Ça ne sert à rien de vous voir, vous ne m’écoutez pas et je croyais que vous étiez capable de savoir que je n’avais pas menti. Je ne crois plus en la SAE ni en vous.

Si vous ne faites rien pour que l’on me laisse tranquille je n’aurai plus aucune raison de subsister, je veux oublier.

 PS : Je donne ma lettre à mon ami

Nul ne s’étonnera du persistant silence de la juge qui bien évidemment ne fera rien si ce n’est justifier ce qui ne saurait l’être…

TGIUn jugement du Tribunal de Grande Instance de Paris en date du 6 novembre 2013 (numéro de RG 12/09262) a attiré toute notre attention. Cette décision est importante car elle conduit à la condamnation de l’État suite à la demande d’un parent qui ne voyait plus régulièrement ses deux filles.

Le contexte de cette affaire est celui d’un divorce mouvementé avec accusations croisées des deux parents amenant à la mise en place d’une assistance éducative par un juge des enfants.

De son côté, le JAF attribue la résidence à la mère et un droit de visite médiatisé en espace rencontre auprès de l’association Tempo deux jours par mois pour le père pour une période de 6 mois.  À l’échéance fixée les droits de visite ne s’exercent plus et le père doit donc à chaque fois ressaisir le JAF.

Visiblement le principe même de ces visites est l’objet d’affrontements, le juge des enfants les annule une première fois, décision infirmée par la cour d’appel qui rappelle que les droits de visite et d’hébergement sont de la seule compétence des juges aux affaires familiales. Les visites se remettent en place avec retard. Plus tard l’association annule des visites programmées, l’éducatrice étant en congé parental. Le père en saisit le juge des enfants lequel prononce un renouvellement des mesures.

Peu satisfait, le père assigne devant le Tribunal de Grande Instance de Paris l’agent judiciaire de l’État.

L’assignation est faite par acte d’huissier avec demande de dommages et intérêts sur le fondement de l’article L. 141.1 du code de l’organisation judiciaire :
L’Etat est tenu de réparer le dommage causé par le fonctionnement défectueux du service de la justice. Sauf dispositions particulières, cette responsabilité n’est engagée que par une faute lourde ou par un déni de justice.

En l’espèce, le père demande :
« réparation du préjudice subi en raison d’une succession de dysfonctionnements du service public de la justice, caractérisés par l’incapacité des magistrats à assurer l’application effective de leurs décisions, ayant contribué à la détérioration de ses relations avec ses filles et l’ayant privé de toute chance de tisser des liens réguliers et solides avec elles. »

 Dans le détail il met en évidence quatre griefs particuliers sur lesquels le tribunal de grande instance va se prononcer.

 Le juge aux affaires familiales a-t-il manqué de diligence pour ne pas avoir pas fixé une date de renvoi permettant le renouvellement de ses droits de visite ?

 Le père dit oui, mais le TGI ne le suit pas puisqu’en matière civile le procès appartient aux parties, c’était donc bien au père de ressaisir le JAF à l’échéance de la mesure.

 Le juge aux affaires familiales a-t-il commis une faute lourde pour n’avoir permis que tardivement l’exécution de ses droits de visite, droits de visite qui n’ont d’ailleurs pas tous été honorés ?

 Sur ce point la réponse du père comme pour toutes les autres question est oui.

Le TGI considère qu’il n’appartenait pas au JAF de désigner une autre association puisque le père dans ses courriers semblait avoir compris l’intérêt d’une solution de continuité pour la reconstruction de la relation (comme quoi il faut bien faire attention à l’interprétation possible de nos écrits). De plus à l’époque le juge aux affaires familiales ne pouvait imposer la fixation des droits de visites à un point rencontre, autrement dit si le père n’a pas eu gain de cause sur ce grief, toute nouvelle demande suite à un jugement de JAF postérieur à 2013 permettrait aux parents d’avoir gain de cause face à un juge qui ne vérifierait pas la stricte application des droits de visite qu’il a imposé à un point de rencontre. Il conviendra donc d’indiquer les jours et heures de droit de visite et non de les laisser à l’appréciation d’un point de rencontre.

Le juge des enfants peut-il ne pas immédiatement remettre en place des droits de visite rétablis par un arrêt de cour d’appel ?

Sur ce point, le père rappelait que ce retard le privait du droit à l’exécution effective d’une décision de justice, droit protégé par l’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Le TGI abonde dans le sens du père en rappelant l’article 1074-1 du code de procédure civile qui précise : « Les mesures portant sur l’exercice de l’autorité parentale, la pension alimentaire, la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant et la contribution aux charges du mariage, ainsi que toutes les mesures prises en application de l’article 255 du code civil, sont exécutoires de droit à titre provisoire ».

En conséquence le juge des enfants est bien fautif quand il ne rétablit pas immédiatement les droits de visite.

 L’association Tempo est-elle fautive d’avoir tardé à mettre en place les droits de visite décidés par le juge aux affaires familiales, mais aussi pour avoir réduit la durée de ces droits de visite ?

 Oui bien entendu elle l’est et pour les mêmes motifs qu’au-dessus. Le TGI de Paris relève d’ailleurs qu’on ne peut considérer comme raisonnables des délais de 6 mois entre une décision de justice donnant des droits de visite et leur application effective. Les autres décisions de justice ayant donné lieu à de nouveaux délais de 3 mois, puis de 8 mois, soit presque un an et demi cumulés de non-visites.

L’excuse d’un congé parental de l’éducatrice n’étant évidemment pas acceptable pour supprimer des droits de visite.

Les délais imposés par le service éducatif 91 pour l’exécution de décisions du juge des enfants ne sont pas plus acceptables.

Sur ces points les juges ayant rendu leurs décisions sont aussi visé, il leur appartenant de remettre au pas les services sociaux chargés de l’application des mesures. Le TGI rappelle ici l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme relatif au respect de la vie familiale implique le droit d’un parent à prendre des mesures propres à le réunir à son enfant et impose donc aux pouvoirs publics l’obligation d’assurer ce droit ainsi que le rappelle la jurisprudence de la CEDH dans son arrêt Maumousseau et Washington contre la France en son paragraphe 83 

Le TGI dit donc que le juge des enfants et le juge aux affaires familiales sont fautifs pour avoir commis un déni de justice.

L’État est donc condamné à verser 9 500 euros au plaignant.-

Commentaire et analyse par le CEDIF

Un pédocriminel de plus

Les animateurs, travailleurs sociaux ou éducateurs pédocriminels sont tellement nombreux qu’il faudrait un site dédié intégralement à cet immonde fait social pour aborder la question.

Si nous traitons du cas de l’éducateur pédocriminel de Villeneuve Saint Georges (Val de Marne) c’est qu’en ce qui concerne cette affaire, collectivités locales et justice doivent de nouveau être placés face à leurs responsabilités.

 L’affaire Davy L, nom de l’éducateur pédocriminel employé par la municipalité de Villeneuve Saint Georges, constitue, en effet, un cas exemplaire et tellement commun de « dysfonctionnements » dirons nous pudiquement.

Les concours pervers de l’animateur

berthelotL’homme en question, âgé alors de 28 ans, avait été recruté en 2004 pour exercer notamment des fonctions de surveillant de cantine à l’école primaire Berthelot et d’animateur au centre de loisirs pour  enfants de 6 à 10 ans. Il s’intéressera de façon particulière aux garçonnets, jetant son dévolu sur les plus timides afin d’organiser avec eux ce qu’il qualifiait de jeux ou de concours se terminant très mal au fond d’un local technique de l’école, dans les toilettes ou les vestiaires de la piscine.

« Les enfants inventent beaucoup de choses »

 Les petites victimes ne restent pas muettes, ainsi une maman va signaler des pratiques d’attouchements en 2008 auprès de la directrice du centre de loisir, laquelle se serait contentée de dire que les enfants inventaient beaucoup de choses avant de promettre d’en parler à l’éducateur en question.

L’odieux manège continue et il faudra que deux ans se passent avant qu’un des enfants dans une crise de larmes ne révèle ce qu’il subissait depuis plus d’un an, tout en précisant qu’il n’était pas le seul à souffrir d’agressions sexuelles entre les mains de l’agent communal.

Le prédateur est donc arrêté en octobre 2010 et avoue sans difficultés ses tendances pédocriminelles. Il précise être passé à l’acte dès 1998, soit dès ses 22 ans, avec une douzaine d’agressions sexuelles à son actif sur des garçonnets. Il est rapidement mis en prison et en examen pour faits de viols sur mineur.

 Les responsabilités de la mairie communiste

 Mais pour les victimes et les parents le cauchemar ne s’arrête pas là.

La mère d’un des garçonnets violés va mettre en cause la sincérité de l’étonnement de la mairie face à un éducateur « très apprécié des parents et des enseignants », bien noté par sa hiérarchie.

La maman pointe ainsi que la mère du pervers exerce des fonctions à la mairie et s’interroge quant à la possibilité que la collectivité ait pu couvrir ces actes pédocriminels.

La défense de Davy L, assurée par maître Norbert Goutmann, parle d’un homme d’une immaturité absolue. Le pédocriminel met en avant ses problèmes d’alcoolisme connus de tous ses collègues mais aussi de la direction de la mairie.

Quant aux autres parents, ils rappellent qu’une pétition avait déjà circulé concernant certains éducateurs de la mairie dont Davy L, il s’agissait alors de dénoncer leur sévérité vis-à-vis des enfants. Tous ces éléments accablent la mairie communiste qui aurait peut-être eu de quoi y regarder de plus près …

D’autant que Maître Sandra Mary, avocate des parties civiles, ne manque pas de préciser à ceux qui l’ont oublié que « certains antécédents ont été passés sous silence », que l’on n’a pas cru la parole des enfants.

Les ratés de la justice

L’instruction commence et l’affaire s’étoffe dans le registre du scandale quand le juge d’instruction, qui semble sévir encore, ose requalifier les faits en simples attouchements sur mineur pour préconiser une remise dans la nature du pervers.

Le parquet de Créteil fait heureusement appel de cette décision, seulement voila les magistrats de la chambre de l’instruction oublient de délivrer un nouveau mandat de dépôt ce qui permet au violeur d’enfants de se retrouver libre au bout de 4 mois et donc de comparaître tout aussi libre à son procès 3 ans plus tard à huis clos devant le tribunal correctionnel de Créteil.

La peine finalement prononcée le mois dernier est légère : 18 mois ferme et autant avec sursis.

La mairie n’a pas été inquiétée, mais il ne tient qu’à vous de la sanctionner la semaine prochaine lors des municipales.

Une tendance lourde

L’éducation n’est plus une prérogative des parents, elle est devenu un outil de normalisation sociale aux mains de l’État. Ce projet de modeler les esprits est propre à tous les systèmes totalitaires dans lesquels l’enfant appartient à l’État avant d’être sous la protection de sa famille. En France les parents n’ont aucun droit de s’opposer par exemple à des idioties comme la « théorie du genre » ou aux discours encensant ¨l’impôt et l’intervention du vertueux service public forcément au service du « citoyen »

Quant à l’information la plus poussée sur la sexualité, pas possible d’y échapper même si on se demande bien ce que cela vient faire dans nos écoles…

Il appartient bien évidemment aux parents de rétablir des vérités auprès de leurs enfants et de se faire entendre auprès d’enseignants plus prompts à transmettre des idées que des connaissances.

Certains parents ont aussi fait le choix de l’école à la maison en rappelant que si l’instruction est obligatoire l’école ne l’est pas. Enfin pour l’instant …

Nul n’échappe à l’éducation d’État

En Allemagne le pas a été sauté depuis Adolf Hitler et ceux qui ne scolarisent pas leur enfants sont considérés comme de dangereux criminels. Ce principe n’a jamais été remis en cause depuis lors. Un principe édicté en 1937 en ces termes : “ nous nous sommes fixés la mission de former les jeunes dans leur tendre enfance à l’esprit de cette communauté socialiste, à un âge où l’homme n’est pas encore perverti.  Nous construisons l’avenir du Reich sur sa jeunesse. Notre troisième Reich n’abandonnera pas sa jeunesse, mais va se saisir de cette jeunesse pour lui donner son propre enseignement et sa propre éducation.” .

De dangereux criminels comme la famille Wunderlich n’adhèrent pas à un tel principe, ils entendent fournir leur enseignement et leur éducation à leurs enfants.

Le juge prône la force

Cette famille pour laquelle aucun mauvais traitement n’était à reprocher va voir un matin à 8 heures ses 4 enfants enlevés à leur propre domicile après que les forces de police aient sorti le bélier.

Cette intervention violente résulte de l’ordre du juge Koenig du tribunal de la famille de Darmstadt, sur la demande de travailleurs sociaux qui ont tenu à assister à l’agression…

Le caractère brutal de l’intervention était volontaire et le juge Koenig avait autorisé le recours à la force même contre les enfants puisque « aucune coopération ne peut être attendue ni des parents ni des enfants ». Précisons donc que le juge de la famille ne voyait donc pas d’inconvénient à ce que la violence d’État soit déployée contre des gosses âgés de 7 à 14 ans !

La famille Wunderlich, avec Michael Farris de la HSLDA

La famille Wunderlich, avec Michael Farris de la HSLDA

Dirk et Petra, les parents, se sont vus arracher hargneusement leurs enfants, les services d’intervention débarquant à 20, ont pris soin de rajouter au papa et à la maman qu’ils ne reverraient pas leurs enfants de si tôt.

Ce n’était pas le premier coup de semonce des sévices sociaux allemands contre cette famille. Déjà condamnée à de lourdes amendes, la famille Wuncherlich avait pensé pouvoir se réfugier en … France.

Mauvais choix, des travailleurs sociaux français accompagnés de policiers vinrent leur rendre une visite à l’improviste pour leur annoncer avoir été avertis par les autorités allemandes de ce que les enfants étaient en grand danger et qu’ils devaient le leur enlever !

L’avocat français des Wunderlich a permis d’obtenir le retour des enfants, échaudée la famille décida cependant de retourner en Allemagne, leurs passeports fut alors immédiatement saisis pour empêcher toute nouvelle « fuite ».

On peut compter sur le HSLDA 

HSLDAFace à cette exaction immonde la famille Wunderlich peut compter sur tout le soutien de la Home School Legal Defense Association (HSLDA), puissante association  de défense légale de l’école à la maison qui s’engage dans le monde pour défendre une prérogative inaliénable.

Michael Farris, fondateur de la HSLDA, met en évidence l’illégalité de l’agression étatique au regard de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et précise qu’il n’y a pas que la Constitution des États-Unis qui défende le droit des parents d’éduquer leurs enfants comme ils le décident. En effet, même si l’Allemagne n’a pas abrogé sa loi scélérate, elle est signataire de traités internationaux, dont la Convention de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales, qui permettent aux parents d’éduquer leurs enfants en dehors des écoles d’État.    .

L’affaire de la famille Wunderlich est semblable à l’affaire Romeike. Pour les mêmes raisons un juge de l’immigration américain a accordé l’asile à cette famille avant que l’administration Obama ne fasse appel dans le but de renvoyer les Romeike en Allemagne. La Cour Suprême des USA doit trancher.

L’ensemble des informations a été fourni par la HSLDA qui a décidé de faire la plus grande publicité sur cette affaire et qui a pu rencontrer la famille Wunderlich dans son combat. Voila qui prouve que face aux exactions des travailleurs sociaux une mobilisation internationale est un moyen de faire connaître la vérité sans se faire museler.

Au Québec, la HSLDA sauve une famille des griffes de la DPJ

La vérité assassinée

La vérité assassinée

Ce que révèle le "mur des cons" 

Nous nous sommes déjà exprimés au sujet de l’immonde « mur des cons » du Syndicat de la Magistrature.

Non pas pour dénoncer cette pratique en tant que telle car le débat à ce sujet n’est que diversion, non nous dénonçons ce que ce mur révèle des mentalités d’hommes et de femmes qui font profession de nous juger.

Nous l’avons fait en tant qu’association de défense des individus et des familles face aux exactions institutionnelles. Nous l’avons fait surtout parce que d’autres militants de la défense des victimes ont été épinglés sur ce mur des cons, ces militants ce sont des parents d’enfants massacrés qui ont demandé justice.

Mais nous n’allons pas redire ce que nous avons déjà eu l’occasion d’exprimer. Non, c’est la réaction du Syndicat de la Magistrature que nous souhaitons commenter, une réaction pire encore que celle que nous anticipions.

Le Syndicat de la Magistrature persiste et signe

Lorsque l’on fait une connerie et que l’on reconnaît bien qu’il s’agit d’une connerie, alors on fait amende honorable.

Bien sûr le terme connerie tient lieu d’euphémisme, car la "blague de potaches sur le retour " est bête et méchante et ne peut avoir été le fait que de magistrats bêtes et méchants. Mais seraient-ils plus bêtes que méchants, ces gens qui nous jugent auraient eu le mérite de nous avouer leur part d’ombre comme le premier Cahuzac venu.

Mais non, nous n’avons pas là affaire au chef des inspecteurs fiscaux qui fraude le fisc, mais à des juges qui pourraient nous coller au trou ou au poteau pour l’outrage de dire la vérité et de les révéler tels qu’ils sont.  

Cette réaction est tout simplement ahurissante et nous démontre qu’il y a bien quelque chose de pourri dans la République française. Dans la tradition d’une justice gauchisante les victimes deviennent les coupables et vice versa. Le Syndicat de la Magistrature assume donc et il faudra bien pour lui faire accroire que les parents des enfants massacrés sont des cons et doivent être ainsi présentés à tous les magistrats adhérents.

Effacer les consciences

Ce que le Syndicat de la Magistrature n’assume pas, par contre, c’est la transparence, la diffusion du message aux profanes.

Le crime devient la divulgation de ce qu’est fondamentalement le Syndicat de la Magistrature et la profanation de son temple, bureau concédé par le ministère et donc par les cons tribuables… Ce qu’ils appellent un lieu privé.

Procéduriers jusqu’au bout. De cette procédure qui remet les coupables en liberté pour un tampon manquant, le Syndicat de la Magistrature ordonne au public d’effacer de sa mémoire ce qu’il n’aurait pas dû voir.   Et comme il n’est pas possible d’effacer les mémoires et les consciences,  alors il faut se venger et faire un exemple pour que plus jamais nul n’ose informer le peuple sur son élite délibérante.

La chasse aux sorcières est lancée   

Pour cette base besogne, la CGT prend le relais et demande une enquête pour déterminer l’origine des images qui ont été diffusées d’abord sur un site « proche de la droite la plus dure » selon l’expression sans nuance de Françoise Martes, présidente du Syndicat de la Magistrature..

Celui par qui le scandale arrive n’est donc plus le Syndicat de la Magistrature qui commet l’affront aux victimes, mais celui qui ose révéler l’affront au grand public : un magistrat se serait honoré de faire connaître cette affaire, mais au grand soulagement de la profession, l’homme à abattre n’est pas des leurs, c’est un journaliste de France 3 dénommé Clément Weill Raynal.

Ceux qui nous jugent avec l’impartialité qu’on leur reconnaît vont donc trouver main forte chez ceux qui nous informent en toute objectivité. Celui qui dit le contraire sera évidemment condamné au pays des droits de l’homme.

Ainsi le syndicat de journalistes CGT et le SNJ (Syndicat National des Journalistes) de France 3 demandent la tête de leur confrère. Eh oui dans le petit monde des procès politiques, les syndicats ne défendent pas les salariés, non ils demandent qu’ils soient virés. Cette façon de faire est à vomir, mais la direction de la chaîne payée avec notre redevance n’est pas de cet avis puisqu’elle envisage des sanctions disciplinaires contre le journaliste qui a fait son travail d’information au lieu de respecter le mot d’ordre de Salvador Allende partagés par ses dénonciateurs : « Pour un journaliste de gauche, le devoir suprême est de servir non pas la vérité, mais la révolution »

Et quoi de plus révolutionnaire que de cracher à la gueule des victimes et de ceux qui ont encore le courage de dire la vérité ?

Signons tous la pétition de soutien au diseur de vérité 

Procès politique donc, car celui qui dit la vérité doit être exécuté. La colère noire de ceux qui devraient regarder le sol et battre leur coulpe s’exprime de toutes les façons, même la Garde des Sceaux, Christiane Taubira en prend pour son grade pour ne pas avoir fait dresser notre échafaud.

Face à ces méthodes détestables que d’aucuns qualifieraient de fascistes, il faut se mobiliser pour défendre Clément Weill-Raynal et signer la pétition :   http://www.causeur.fr/clement-weill-raynal-mur-cons,22357#

Une manifestation de soutien est prévue pour Clément Weill-Raynal alors qu’il doit être entendu par les instances disciplinaires. Manifestation donc ce 14 mai à partir de 12 heures devant le siège de France-Télévisions, 7 esplanade Henri-de-France, Paris XVe

En dépit de la mobilisation, Clément Weill Raynal a été sanctionné 

Le journaliste  Clément Weill-Raynal a dû subir un conseil disciplinaire de 4 heures pour que la direction de France 3 prononce le 12 juin 2013 une mise à pied de 7 jours.

Visiblement la chaîne poublique n’est pas à l’aise avec la diffusion du « mur des cons », une information qui n’était jugé pas très importante pour France 3.

Au sujet de la réaction de la CGT, Clément Weill Raynal est scandalisé et parle d’une collusion de la CGT avec un certain syndicat de  magistrats idéologiquement proche. Il précise bien que le syndicat de la magistrature est de gauche voire d’extrême gauche. Il dénonce encore la fait que le mur des cons affiche David Pujadas sans que les syndicats de journalistes ne s’en indignent :

L’insulte aux victimes

Nous n’avons jamais mâché nos mots au CEDIF pour dénoncer une idéologisation de certains magistrats insensibles à la douleur des victimes, hostiles aux familles et relayant les délires des travailleurs sociaux et de leurs syndicats.

Lorsque nous dénoncions et aidions des familles à se faire entendre auprès d’élus, nous recevions la fameuse lettre-type refusant de remettre droit ce qui avait été tordu au nom de l’indépendance de la magistrature.

Indépendance vraiment ? Comment des magistrats du Syndicat de la Magistrature, peuvent-ils alors dans le locaux de leur syndicats afficher des photos de personnalités qu’ils veulent tourner en ridicule et sur lesquels il convient de taper ou de balancer des fléchettes ?

Parmi ces personnalités Jean-Pierre Escarfail, le papa de Pascal, violée et massacrée par Guy Georges ! Jean-Pierre Escarfail, un père privé de sa fille qui a créé l’Association Pour la Protection Contre les Agressions et les Crimes Sexuels. Une autre de ces personnalités est Philippe Schmitt, le père d’Anne-Lorraine dont la fille a aussi été violée et massacrée par un monstre récidiviste et libéré.

Il est vrai que les causes que nous défendons ne plaisent pas au Syndicat de la Magistrature et c’est bien là notre mérite et notre gloire.

D’autres fortes individualités sont épinglées sur le "mur des cons" dont l’ancien vénérable du grand orient, Alain Bauer, sa photo peu avantageuse est légendée "Grippe porcine : alerte sanitaire". Très fin vraiment pour des faux frères …

Mur des cons ou mur de la haine ?

Si ce syndicat ose ainsi afficher sa haine sur son "mur des cons" comme ils disent, imaginez comment les 30 % de magistrats qui votent Syndicat de la Magistrature vont traiter des affaires dans lesquelles nous serions parties, avec indépendance croyez vous ?

Soyons sérieux, nous ne le croyons pas un seul instant, de même que nous ne sommes pas vraiment étonnés qu’ils puissent abaisser leur "grande dignité" à dresser leur mur des cons.

Le papa d’Anne Lorraine est du même avis, c’est pour cela qu’il portera plainte et qu’il affirme qu’il est n’est pas impossible que derrière les photos du mur des cons puisse se cacher un fichier sur "ces gens qui dérangent les magistrats".

Le masque est jeté et ce mythe de l’indépendance en prend un sacré coup.

L’Institut Pour la Justice a donc pris l’initiative de demander la dissolution du Syndicat de la Magistrature.

Certes il ne s’agit que de dissoudre un syndicat et pas de faire le nécessaire ménage dans la magistrature. Pour autant cette initiative doit être soutenue tant il convient de séparer certains magistrats de leur mauvais génie d’enfant et cela sans visite pas même médiatisée. C’est vraiment le moins que le puisse faire pour soigner toute cette haine qui prétend encore juger coupables et victimes.

Pétition pour la dissolution du Syndicat de la Magistrature

Un comité ad hoc s’est également mis en place pour demander par pétition la dissolution du Syndicat de la magistrature : http://www.net-petitions.com/petition-pour-la-dissolution-du-syndicat-de-la-magistrature/

Un son de cloche familier

L’affaire Bettencourt nous intéresse très moyennement et n’évoque pas grand chose aux familles meurtries par des accusations aberrantes sur rapports de travailleurs sociaux. Ce qui nous est par contre familier c’est le dialogue entre le juge et le président, comme un son de cloche d’une terrible violence institutionnelle que nous avons aussi pu subir.

Le face à face de ce 21 mars 2013 est terrible.

Apprenant sa mise en examen pour abus de faiblesse, Nicolas Sarkozy parle d’une «grande injustice ». Le juge le reprend et considère que ce propos est injurieux. Ce à quoi, l’ancien président répond : « Non, c’est une injustice et j’ai la liberté de dire et de penser ce que je veux », le juge veut alors mettre fin à l’audition par ces termes : « c’est une injure et maintenant c’est terminé ».

« Non, ce n’est pas terminé », le juge prend alors cette déclaration comme une « menace » et veut la faire inscrire par sa greffière.

On comprendra que ces deux là ne partiront pas en vacances ensemble, Maître Thierry Herzog s’interroge d’ailleurs sur l’impartialité du magistrat co-signataire d’une tribune qui, selon lui, mettait en cause la politique de Nicolas Sarkozy et dénonçait le « désengagement de l’État ».

Voila en tout cas de quoi acter une prophétie tenue au salon de l’agriculture.

Psychodrame

Une menace, Jean-Michel Gentil, le juge en question, en recevra d’ailleurs une la semaine suivante dans un courrier contenant des cartouches à blanc. Les menaces de mort émises par un soi-disant groupuscule des forces de l’ordre sembleraient pourtant ne pas s’adresser directement à sa personne : 

« Certes vous êtes physiquement bien protégé, nous ne sommes pas encore en mesure d’intervenir dans le Sud-Ouest. Qu’à cela ne tienne, l’un des vôtres va disparaître dans un secteur géographiquement plus proche et beaucoup moins risqué. Celui-là va payer de sa vie votre volonté discrétionnaire de déstabilisation du pays par votre assujettissement à la gauche totalitaire, soixante-huitarde » 

Voila qui inquiète en tout cas le juge et ses collègues du parquet de Bordeaux, suffisamment pour que l’anti-terrorisme soit illico saisi et déploie sa protection. Notons en passant que si l’anti-terrorisme devait protéger l’ensemble des personnalités et anonymes qui recevaient ce genre de gracieusetés, il embaucherait davantage que la mal-nommée « aide sociale à l’enfance », ce qui n’est pas peu dire.

On ne dit pas « casse toi pov juge » !

L’occasion est bonne d’enfoncer le clou de la politisation. Le bien à gauche syndicat de la magistrature (SM) en profite pour mettre en cause ceux qui s’en prennent au magistrat :

« la violence des propos de la ‘garde rapprochée’ de l’ancien président et l’œuvre de décrédibilisation de la justice à laquelle elle s’est livrée ne peuvent que susciter l’incompréhension des citoyens, la perte de confiance en l’institution judiciaire et, pour finir, l’insupportable déchaînement de haine envers les magistrats chargés de rendre la justice (…) chacun doit faire preuve de la plus grande responsabilité dans ses propos et dénonçons fermement cette intolérable escalade de violence. » 

Rajoutons pour faire bonne mesure que le même canal ayant adressé des menaces au sourcilleux magistrat en a également envoyé à des journalistes le 20 mars 2013 soit avant la mise en examen de Nicolas Sarkozy. Voila qui devrait donc rendre insignifiantes les mises en cause du syndicat de la magistrature.

Mais visiblement ce détail n’est pas un problème pour le club des autoproclamés défenseurs de la justice. Club dont fait partie intégrante le parti communiste, par la voix de son porte-parole :

« Quand certains responsables de premier plan de l’UMP s’autorisent des propos injurieux et outranciers visant le juge, quand la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy assume une mise en cause publique de l’impartialité de la justice, comment ne pas établir un lien entre cette escalade dans l’opération de déstabilisation du juge gentil et les menaces de mort visant les magistrats ? »

Appel à la répression

Quant à l’autre grand syndicat de magistrat, l’USM, sa secrétaire Virginie Duval vient, à sa façon, nous apporter la preuve du caractère criminel des critiques. Elle prétend en effet que le lien avec les menaces de mort est « direct, évident (…) Voilà ce qui arrive quand certaines personnalités politiques se croient autorisées à critiquer et insulter. »

Quoi vous n’êtes toujours pas convaincu ? Sachez alors que la secrétaire générale de l’USM a pu constater que : « Depuis vendredi, on n’arrête pas de recevoir des menaces, des insultes. On a eu 50.000 connexions sur notre page Facebook, plein de messages disant +justice pourrie+ (…) Ce type d’insultes se produit "régulièrement" quand des personnalités mettent en cause la justice de cette manière. »

Décidément on ne peut manquer de considérer l’opportunité de telles menaces pour faire accroire qu’il suffirait de critiquer un magistrat pour le mettre en danger de mort…

La dernière couche est rajoutée par la garde des sceaux, Christine Taubira, laquelle saisit le CSM, dont on a pu s’interroger sur l’utilité, afin qu’il puisse éventuellement gronder qui de droit en commentant "les conséquences (…) sur le bon fonctionnement de l’institution judiciaire et sur la sérénité de la justice" des propos des vilains qui critiquent le juge. Sans attendre la décision du CSM, Taubira a d’ailleurs fait la leçon en parlant de « propos inadmissibles dans un État de droit ».

L’union syndicale des magistrats (USM) lui fait écho en demandant au CSM « d’envisager des poursuites pénales contre de tels propos qui nuisent à l’ensemble des institutions d’un Etat de droit. »  

Drôle de conception de l’État de droit, nous y reviendrons.

Henri Guaino, l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy est directement visé par tout ce battage pour avoir dit que le juge Gentil avait déshonoré et sali la justice française. Il répond :

« Évidemment, les menaces de mort contre n’importe qui sont insupportables et totalement condamnables, mais je trouve que la position prise par le syndicat de la magistrature est effrayante (…) Je ne me sens à aucun moment responsable de ça ».

Molotov, une référence

Une effrayante position du syndicat de la magistrature, c’est bien le mot employé. Effrayante, autant qu’une conception liberticide de l’État de droit. On pense là à la citation de Molotov : « le rôle de la constitution soviétique n’est pas de protéger les citoyens contre l’État, mais de protéger l’État contre les citoyens ! » 

Nous verrons donc si le CSM partage cette conception en protégeant la justice des français plutôt qu’en la mettant au service du peuple.

La fin des Ponce Pilate ?

L’opération d’agit-prop lancée par une certaine magistrature orientée pourrait bien se retourner contre elle. Soyons clair, l’affaire Bettencourt est l’arbre qui cache la forain, elle n’intéresse plus grand monde. Ce à quoi nous assistons relève des suites d’un règlement de compte entre des magistrats et l’ancien président de la république qui avait mis en cause des juges du temps de sa présidence.

Ce à quoi nous assistons c’est aussi à une prise de responsabilités de certains politiques dont l’intégralité se complaisait dans une attitude digne de Ponce Pilate.

Rappelons cette fameuse lettre envoyée aux familles se plaignant des suites judiciaires d’exactions perpétrées par des travailleurs sociaux :

« Sensibles à la situation dont vous nous faites part (…) mais du fait de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice, nous sommes désolés de ne pouvoir intervenir dans votre affaire, mais nous vous conseillons de vous rapprochez d’un avocat …. »

Visiblement Nicolas Sarkozy n’a pas reçu la même réponse. Mieux certains parlementaires tels Laurent Wauquiez ne comprennent pas pourquoi dans une démocratie, il ne serait pas possible de critiquer les juges.

Voila en effet une conception plus juste de l’Etat de droit. Rappelons à Taubira et aux autres que l’État de droit suppose l’égalité de tous devant le droit et donc l’absence de privilèges, ceci suppose que nul n’est au-dessus des critiques qu’il soit cantonnier ou juge !

Que les députés de l’opposition aillent donc au-delà de positions de principe, sous peine d’être suspectés de ne défendre que les intérêts de l’ancien président. Ils ont ouverts une brèche et celle-ci ne doit pas se refermer. Qu’ils commencent donc par abroger la loi relative à l’outrage à magistrat et que l’on ouvre ensuite les livres noirs des exactions publiques.

L’éthique, rien que l’éthique, horizon indépassable du magistrat.

Cela sonne bien, ça claque efficacement. Et puis « horizon indépassable du magistrat » c’est du bon. Pierre n’aimait rien tant qu’écrire un cours ou un discours. Penché sur son clavier il ronronnait du plaisir de tourner idéalement une phrase, d’employer une vieille expression et de rajouter une formule latine. Il ne négligeait pas non plus les citations, placer Cicéron ou Sénèque lors d’une mercuriale avait de quoi vous classer un homme.

Mais quand il avait fini d’écrire, d’enseigner comme autrefois à l’ENM, ou encore de peaufiner un réquisitoire avec un substitut, il s’emmerdait ferme le Pierre.

Diriger le parquet de Guéret, du Puy, puis s’occuper de celui de Bayonne et donc des affaires de terrorisme de l’ETA ne l’enthousiasmait plus.

Il avait envie de sortir le chien dans la rue pour dépasser son horizon, histoire de prendre un peu l’air à l’écart de sa femme et de ses deux ados. Ce faisant, il éprouvait un furieux besoin de shooter dans des poubelles et de gueuler à tue-tête : « tous, je vous emmerde tous ».

Quelquefois sa promenade dans Bayonne l’emmenait plus loin que dans les rues du quartier. Plus besoin de prendre le chien pour se perdre dans un sex-shop ou dire « bonjour à une prostipute » selon son expression. Il aurait bien voulu par dérision qu’un des gars qu’il était amené à juger le croise dans un endroit pareil. Sûr que pour la déontologie et la réputation du ministère public il faudrait repasser. Pourtant qui l’aurait reconnu ? Pierre sans son accoutrement de procureur ce n’était plus personne.

Mais qu’importe, le Mister Hyde en lui avait un côté plaisant, un goût d’aventure dans un quotidien en pantoufle.

Et puis c’était assez marrant de faire la leçon à un client de prostituée ou à un fauteur de trouble, surtout quand on peut s’imaginer à leur place. L’éthique bordel, ou encore l’éthique du savoir-vivre en bordel. Tiens justement le Conseil de l’Europe organise la cinquième conférence des procureurs généraux d’Europe en Allemagne, on va pouvoir illustrer cette éthique toute particulière, se dit Pierre.

Ni une ni deux, le voilà sur place, à Celle en Basse-Saxe après un vol Lufthansa lors duquel son principal sujet de réflexion était la plastique comparée des hôtesses des différentes compagnies aériennes ; si celles d’Air France n’étaient pas fraîches, les Teutonnes dans leurs petites tenues l’émoustillaient bien. L’œil égrillard et les babines pendantes il se serait bien permis un attentat à la pudeur dans la cabine de repos des hôtesses.

Vous prendrez bien un Roederer en ma compagnie chère amie ?

Un petit sourire innocent de l’hôtesse et une coupe de champagne qu’il boira seul. Il aurait dû être plus explicite sur ses intentions. Pas si grave après tout il se rattrapera sur place.

Le projet mûri rapidement et, enfoncé dans un des fauteuils de la luxueuse salle de conférence face à un discoureur chiant qui baragouine en allemand, Pierre enlève son oreillette pour détailler sa voisine.  Solide germanique un peu sévère, début de cinquantaine, procureuse de je sais pas où. Cela pourrait faire l’affaire entre collègues, d’un geste malencontreusement opportun il la bouscule en se levant, prétextant un besoin pressant.

Entschuldigen Sie bitte, lâche-t-il alors qu’il avait répandu le contenu du sac de sa voisine au sol.

Au lieu de susciter un sourire propice à une invitation, la procureuse le laisse ramasser en le regardant d’un air agacé.

Pour le rapprochement c’est rappé se dit Pierre.

Il replace le rouge à lèvres, les tampons et préservatifs dans le sac de la dame tout en faisant glisser imperceptiblement la carte bancaire du porte-carte vers sa manche.

Puis se dirige vers la sortie et prend un taxi direction centre-ville.

Toi connaître pute dans la ville hein dit ? S’adresse-t-il au chauffeur.

Ach ja möglich, je connais un super bordel tu vas voir, je t’emmène.

Ok sehr nett, je vous invite aussi si vous voulez.

Nein, nein danke, je dois travailler et ma femme n’apprécierait pas.

Pierre se dit que Madame Hontang non plus n’apprécierait pas et que cela porte atteinte à une certaine éthique familiale. Mais il ne se voyait pas faire une conférence sur ce sujet dans un taxi avec un chauffeur à la limite du proxénétisme selon le droit français.

Il paya en liquide et laissa son entremetteur devant une boite aux néons criards du nom de « Die geile Hexe ».

Il ne comprenait pas exactement le nom du lupanar mais la terminaison en « exe » ne lui déplut pas. À l’intérieur l’ambiance était plus feutrée, ce n’était pas une boîte de nuit avec des coins intimes, mais une grande pièce pleine de rideaux aux couleurs criardes avec une moquette épaisse de 3 centimètres qui sentait encore le shampooing. Les filles attendaient le client et certaines redescendaient accompagnées des chambres à l’étage.

L’accueil était organisé par un gorille plus cordial que son apparence ne le laissait paraître.

Französe, français ? Nous avons des filles pour vous, qu’est-ce que vous aimez ?

Heuuuu …

Regardez, jolies bosniaques Samira et Leila, elles plaisent pour vous ?

Bof, Samira n’était pas trop mal mais ne respirait pas la franche gaieté. Pas étonnant d’ailleurs, ces femmes venues d’un pays ravagé par la guerre et la pauvreté auraient eu un meilleur destin si elles avaient eu la chance de naître ailleurs. Pierre n’avait pas envie de tirer parti de leur malheur, en plus Leila était tout en dents et sans grâce, elle lui rappelait en plus jeune une avocate qu’il ne supportait pas pour ses plaidoiries tout en piaillements outranciers.

Son regard se porta alors sur une fille qui venait de descendre. Elle avait du style, genre executive woman sans la moindre vulgarité apparente, on n’aurait pas cru une pute se dit Pierre, plutôt une escort-girl initiée à la cérémonie du thé.

Elle, c’est elle que je veux !

Attendez, attendez, vous n’avez pas tout vu. Le gorille lui présente alors les péripatéticiennes avec leurs spécialités et leur prénom. Pierre n’écoute déjà plus et semble avoir saisi le prénom de sa préférée.

Lupa, je veux Lupa.

Le gorille lui précise les tarifs, 300 euros mastercard de préférence et on paie d’avance.

Machinalement Mister Hyde tend la carte de sa consoeur et se voit indiquer la chambre 3.

À peine assis sur le bord du lit en slip-t-shirt après une douche rapide, la porte s’ouvre sur une vision qui s’avérerait être un remède radical au priapisme. Une petite bonne femme ou peut-être un travesti d’un peu plus d’un mètre cinquante se dirige vers lui. Les cheveux courts luisants, la poitrine plate, un rictus niais dans un visage aux rides prononcées, l’être asexué lui dit en français avec une voix doucereuse et un accent alémanique : « vous m’avez choisie, je suis Luna la pute. »

Le visage décomposé et le reste aussi Pierre corrigea immédiatement, ah non, non, non, non, non, non, non, non, moi j’ai choisi Lupa pas Luna !

Un silence pesant se fit, le magistrat du siège attrapait un pantalon pour l’enfiler. Luna rompa ou plutôt rompit le silence, on ne savait plus trop bien où on en était dans l’irréalisme de cette scène. Elle rompit donc le silence pour se mettre à gueuler, salaud, Arschloch tu vas en avoir pour tes 300 euros. Pierre était prêt à lui en donner davantage pour qu’elle quitte la chambre, mais elle lui proposa alors sa spécialité : le sexe sous hypnose. Cela ne pouvait certainement marcher que comme cela avec lui – ou elle – il ne savait pas trop.

L’hypnose d’accord, mais le sexe, à moins que l’on ne sente rien, lui réponda, enfin répondit-il, soudainement mal-luna ou luné. Il pensait plutôt au tour de magie : « je te fais rien et je disparais ».

Le temps de la réflexion de « Luna la pute », lui fut propice à une évasion.

À peine rhabillé, il s’échappa de la chambre 3 et hurla dans la salle commune qu’il voulait Lupa ou qu’on le rembourse.

Le gorille devin, devint même moins aimable et argua-arguit que le client avait bien demandé Luna die Hexe et non Lupa, qu’avec ses tours il en avait eu pour son argent.

Puis il se fit menaçant et suggéra au magistrat en civil de prendre la porte bien gentiment, ce qu’il fit et dépité reprit le premier avion pour la France.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais il n’en fut rien.

La procureuse allemande réalisa que sa carte avait disparu et porta plainte pour vol. Quant à « Die geile Hexe », l’établissement s’étonna d’avoir dans sa clientèle une haute magistrat teutonne. Pierre eut donc des ennuis, de gros ennuis, une information judiciaire fut ouverte par le parquet de Strasbourg et le garde des Sceaux demanda une suspension temporaire de fonction de 6 mois avant une révocation définitive.

La petite sortie ou plutôt l’arnaque du bordel allait faire les gros titres. Le Parisien s’était déjà emparé de l’affaire et des collègues pas tendres, les pires étant ceux qui lorgnaient sur son poste, ressortaient avec des mines de garnement un extrait d’une de ses interventions au sujet du code de déontologie qu’il avait écrit :

«Les principes directeurs de ce code ne concerneront pas les seuls comportements professionnels tant les conduites observées dans la vie privée ont une incidence sur l’image du ministère public

Les implications d’une telle déclaration dans le cas de Pierre porteraient atteinte à la dignité de la fonction, alors chuuuuuuuuuuuuuut.

Le site http://www.luciole.ch nous informe de l’affaire Luca. En creusant cette information nous découvrons à travers des sources en français et en italien, une histoire monstrueuse qui met en évidence d’importants dysfonctionnements de la justice du Valais (Suisse), mais aussi la façon de répondre à une telle « justice » par la mobilisation des justes.

Nous sommes à Veysonnaz, station enneigée du  canton du Valais. Là la famille Mongelli, d’origine italienne tient un restaurant du nom « La Tanière ».

Le 7 février 2002, le petit Luca Mongelli, 7 ans, et son petit-frère Marco, 4 ans échappent à la vigilence de leurs parents et descendent en bas de chez eux pour promener Rocky, leur berger allemand de 7 mois.

Quatre barbares croisent leur chemin. L’idée leur vient de s’en prendre au petit Luca : ils l’attrapent, lui baissent la culotte, le déshabillent, le jettent à terre, puis chacun lui assène des coups de bâton sur les fesses et ailleurs. Son petit-frère Marco se cache derrière un arbre. Il dessinera la scène bien plus tard. Le petit garçon est enlevé par les quatre barbares en question, mineurs eux aussi. Selon Luca, il est emmené dans une auberge  « Le mouton rouge » où on lui fait boire une drôle de mixture dans les toilettes. Ensuite il est ramené dans la neige, subit d’autres sévices, puis il est jeté dans un trou pour y être enterré sous la neige et la glace.

Luca, tétraplégique et aveugle sans que justice ne lui soit rendue

On retrouvera Luca le corps zébré et dévêtu, en état de mort cérébrale. Il restera dans le coma 3 mois et s’éveillera aveugle et tétraplégique. Il racontera ce qui lui est arrivé, récit filmé par les parents. Cependant pour la justice valaisienne l’enfant ne peut témoigner valablement. Il s’est trouvé effectivement un pédopsychiatre, Roderik Matthews, pour prétendre que les propos de l’enfant ne sont « pas exploitables pour la manifestation de la vérité ». On se demande bien pourquoi d’ailleurs et aucun argument d’autorité d’un pareil pédopsychiatre ne saurait nous convaincre.

C’est donc un véritable travail de gougnafier qui est mené par les autorités judiciaires du Valais.

La famille en a d’ailleurs conscience et communique. L’entourage est choqué et craint que la vérité soit cachée, quatre chefs d’entreprise du Valais ont décidé de faire la lumière.  Ces derniers décident alors, en mai 2002,  de financer une véritable enquête, laquelle sera réalisée par Fred Reichenbach, détective privé et ancien inspecteur de police. Un roman « Canines » sera tiré de son enquête sous la signature de Janus (http://canines-le-livre.blogspot.fr/). 

Un roman réaliste sur une contre-enquête

Pour soutenir la contre-enquête et alerter la population sur la question des abus sexuels sur enfants, se constitue le 27 octobre 2003 la fondation LUCA (LUtte Contre les Abus sexuels et la maltraitance envers les enfants) le détective Fred Reichenbach en prend la présidence.

La fondation se mobilise donc pour Luca mais se met également à la disposition d’autres victimes afin de réaliser des enquêtes, des contre-enquêtes (http://www.fondation-luca.org/presentation.php).

La contre-enquête, menée de main de maître, s’intéresse aux quatre agresseurs. Il s’agirait de jeunes de 9, 11, 14 et 16 ans, trois frères et leur cousin venus de Lausanne et de Sion, dont l’alibi est démoli par le détective. Il découvre aussi, selon des témoignages, qu’un médecin urgentiste a relevé la présence d’une substance verte entre les fesses de Luca. Mais que le même médecin, qui aurait eu une liaison avec la mère d’un des agresseurs, a fait disparaître toute trace de ce slime en lavant le corps. Une information qui ne se trouve donc pas dans les rapports officiels de l’instruction et qui est démentie par le médecin légiste.

Imperturbable, l’enquête officielle prend une toute autre voie et, malgré les révélations, continue sur sa lancée. Les 2 années  d’instruction se terminent par une farce : c’est Rocky, le berger allemand de 7 mois qui est le coupable, il aurait mordu son maître et l’aurait tiré sur le sol !!! Quant aux zébrures sur le corps elles ne sont plus que superficielles, il aurait été difficilement possible de pousser l’invraisemblance jusqu’à prétendre que le berger allemand se serait levé sur ses petites pattes antérieures pour donner des coups de bâtons sur le corps zébré de son maître !

Et pourtant, le médecin légiste Mangin dira que le chien était capable de se lever sur ses pattes arrières pour mordre un policier. Il ne dira pas comment le chien a fait pour le dégrafer et lui baisser la culotte. Qu’importe ! On trouvera même un juge d’instruction, Nicolas Dubuis, pour délivrer une ordonnance de classement et entériner les conclusions du pédopsychiatre qui écartait le témoignage de la victime.

L’émission « Zone d’ombre » de la Télévision Suisse Romande fera connaître en janvier 2009, le dessin de Marco représentant le calvaire de son frère. La pression de l’opinion forcera donc la justice cantonale a expertiser le dessin de Marco, expertise obtenue presque deux ans après l’émission. On est bien lent quand on ne veut rien faire !

Une pression supplémentaire vient d’Italie après le débat télévisé « La vie en direct » en présence du petit Luca devenu grand. Les autorités italiennes ont décidé de réagir contre la parodie d’enquête du juge d’instruction suisse.

Contraints et forcés les autorités judiciaires du canton ne peuvent plus enterrer. Jean-Pierre Gross, procureur général du Valais, organise donc une conférence de presse le 29 janvier 2012.

Cette conférence est l’occasion pour le parti politique UDC d’appeler à manifester pour Luca en présence de sa famille..

Face aux errements de la justice du Valais, l’UDC a décidé de jouer le rapport de force en proposant selon leur terme de « forcer le procureur à leur rendre justice ! ». Une pétition demande la réouverture de l’enquête.

Une tactique qui paie, puisque le procureur Gross libère du secret de l’instruction Nicolas Dubuis (juge d’instruction de l’affaire devenu entre-temps procureur, ça fait peur !) et Patrice Mangin, le médecin légiste mais aussi directeur du centre universitaire romand de médecine légale. Ainsi les trois hommes peuvent organiser la conférence de presse prévue face aux manifestants dont Oskar Freysinger (conseiller UDC du canton) et l’actrice Lolita Morena.

Comme ni Luca ni son frère ne sont invités à s’exprimer lors de cette conférence et que le père a reçu un recommandé du procureur général lui interdisant d’y participer, les manifestants organisent un autre point presse pour les enfants. Luca a pu dire qu’il ne comprenait pas pourquoi on continuait à ne pas le croire 10 ans après ce qu’il avait subi.

La conférence de presse, comme on pouvait s’en douter sur de telles prémices, ne donne lieu à aucun mea culpa de la justice valaisienne, le procureur général Gross défend le travail du magistrat Nicolas Dubuis, chargé de l’instruction « qui n’a commis aucune erreur grave et connaît le dossier sur le bout des doigts ». La famille, qui a quitté le pays et s’est installée à Bari, en Italie, n’a donc pas été entendue. Dégoûtée de la justice du Valais, elle réclame toujours la récusation de Dubuis et son dessaisissement. Celui-ci n’a, en effet, jamais dévié de sa version mettant en accusation le chien Rocky.

Pour Tina Mongelli, la maman, c’est clair « la justice ne veut pas trouver la vérité ». Elle sait de quoi elle parle puisque la justice n’a jamais voulu entendre son fils. Elle se pose désormais la bonne question dans cette affaire « Essaie-t-on de couvrir quelqu’un ou un système ? », à qui profite donc ce déni de justice sachant que des actes de pédophilie auraient été commis et restent niés également par ceux qui prétendent rendre la justice.

Interrogeons nous encore à partir de la très crédible contre-enquête : comment des gamins de 9 à 16 ans en viennent-ils à violer et à laisser pour mort un enfant de 7 ans ? Sachant que ces petites ordures viennent de la même famille, que se passe-t-il dans cette famille pour que leurs enfants agissent ainsi et pourquoi cette famille n’est-elle pas inquiétée ?

Mon précieux

Le procès du terroriste Carlos a eu lieu en décembre 2011 au Palais de justice sur l’île Saint Louis à Paris. Le coin est plutôt plus mal, classieux ou pas dégueu c’est selon, un brin rococo mais bon il y a de belles choses à y voir à l’occasion d’une promenade.

D’ailleurs quelques magistrats de sortie arpentaient encore le bitume aux abords du Palais il n’y a pas si longtemps. C’était, il me semble bien, pour manifester contre Sarkozy. Ils se plaignaient alors de leur stress, du manque de moyens pour la justice (http://comitecedif.wordpress.com/2011/04/19/cosettes-ou-thenardiers/)

 Pour la petite histoire on ne saura pas si le personne principal de notre récit avait manifesté, mais en tout cas, assesseur suppléant pour le procès Carlos, il n’avait d’yeux que pour la magnifique horloge Empire du bureau  du Président de la Cour d’assises. Belle pièce ma foi, plus agréable à regarder que la copine défraîchie du terroriste.

Eh c’est que la chose est classée au mobilier national et date du 19ème siècle, on parle de l’horloge bien évidemment.

Stressé et nécessiteux, le magistrat ne devait pas pour autant donner complètement tort au terroriste marxiste. Quelle idée effectivement de narguer un pauvre magistrat de 62 ans en fin de carrière avec le spectacle d’une si belle pendule qu’on ne lui offrira même pas lors de son pot de départ !!!

Justice sociale bien ordonnée commence toujours par soi-même.

En méditant cet aphorisme, notre magistrat attend la fin du procès pour la journée, certainement plus absorbé par son projet que par les interminables plaidoiries des avocats du diable.

Dès que les lieux sont évacués, ni vu ni connu, il embarque le précieux objet de ses désirs sous l’œil alerte de la caméra de vidéo-surveillance.

Il quitte le tribunal après avoir emballé la chose de 70 centimètres sur 30 dans un sac de toile et exhibe le fruit de sa luxueuse concupiscence à son épouse : « T’as vu comme elle est belle ! ».

Évidemment le forfait ne passe pas inaperçu : le lendemain à la première heure l’absence d’horloge saute aux yeux d’un fonctionnaire qui trouvait le temps long. Difficile effectivement de cacher à un fonctionnaire la disparition d’une horloge, objet absolument indérobable pendant les heures de service.

Le président de la Cour d’assises est immédiatement alerté du forfait, pensez-vous son bureau ne ressemblait plus à grand-chose sans son horloge. C’est dire que l’affaire est prise très au sérieux et la police est sommée d’enquêter sur le champ. Le coupable devrait être facilement démasqué avec toutes les caméras présentes dans le Palais, affirme le commandant de la place devant les magistrats indignés.

Notre sexagénaire en robe rouge manqua alors de se trouver mal d’autant que de retour en ses pénates sa charmante moitié risqua l’outrage en lui disant : "Mais Dominique t’es tellement con que t’as fait cela devant les caméras et sans précaution je suis sûre !"

Il semble bien que ce détail avait échappé à la sagacité du juge capable d’un coup d’œil de distinguer le coupable de l’innocent : "Putain j’ai merdé grave !"

Il retourne donc dès que possible au Palais avec son précieux larcin, espérant, la mort dans l’âme, le remettre à sa place. Mais ne pouvant plus accéder discrètement au bureau du président, l’esthète magistrat emprunteur retourne assumer sa charge d’assesseur suppléant.

Le moins que l’on puisse dire est que son esprit est ailleurs, l’exposé des crimes du terroriste l’émeut moins que la suite des évènements en ce qui le concerne.

Il profite d’une suspension de séance pour feindre d’avoir trouvé dans la salle des pas perdus  un sac de toile au contenu qui fait tic-tac.

Tel Gollum, la mort dans l’âme, il ramène son précieux (voir video) au poste de commandement militaire.

L’incident est clos ? Que non. Le Parquet de Paris lance une enquête pour vol et les bandes de video surveillance sont visionnées.

Et là que voit-on ?

Dans un rôle qui n’était pas que de composition, le digne magistrat une première fois  sortant avec la pendule sous le bras, puis une deuxième fois avec le même objet mais en sens contraire.

Face à l’évidence il avoue et sera privé de délibéré au procès du terroriste.

On lui épargne certes les bracelets, mais le procureur engage des poursuites à son encontre.

Dominique plaide coupable.

Il obtient sa mise à la retraite le 3 janvier et est condamné le 17 janvier 2012 à 6 mois de prison avec sursis et à 2 000 euros d’amende.

On ne lui a pas offert l’horloge pour son départ ni même un pot à ce qu’il parait.

On espère donc que le nouveau gouvernement augmentera les moyens de la justice ne serait-ce que pour payer des copies du mobilier national à ses retraités méritants.

L’émission "Complément d’Enquête" s’interroge sur le Conseil Supérieur de la Magistrature, l’instance disciplinaire des juges.

Le reportage est tout à fait édifiant, on ne manquera pas au passage de s’interroger sur les dégâts causés par un magistrat affligé de problèmes mentaux et d’écouter attentivement les propos de Laurent Lèguevaque, juge d’instruction démissionnaire.

Le reste vous appartient, vos commentaires sont donc les bienvenus.

Pour une véritable instance disciplinaire des magistrats

Récapitulatif

Nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer par deux fois sur l’injustice criante faite à Christian Iacono cela au nom du peuple français. Nous avons voulu considérer qu’à travers les épreuves de cet homme c’est le système judiciaire français tout entier qui refusait de remettre en cause ses dysfonctionnements.

Gabriel Iacono, son petit-fils était revenu sur ses accusations de pédophilie à l’égard de son grand-père, avec le recul son injonction, disons plutôt conseil pour ne pas avoir trop d’ennuis,  prend tout son sens : « Je me suis lavé des erreurs que j’ai pu commettre. C’est désormais à la justice de faire son travail et de reconnaître les siennes». 

Conseil qui ne sera pas vraiment suivi d’effet, la chose ayant été jugée sur le fond en première, seconde instance et sans erreur sur le droit.

La procédure vous dis-je !

Le respect du contradictoire, le double degré de juridiction, l’examen quant à l’application de la loi, voila qui doit assurer la justesse des décisions judiciaires. La procédure, toute la procédure, rien que la procédure au nom de la manifestation de la vérité. La rétractation de l’accusation après que justice soit dite ne devrait en rien entacher l’autorité de la chose jugée : l’homme est faillible, pas la procédure !

Kafka a pu ces mots dans le Procès et nous savons comment le livre se termine.

Heureusement me direz-vous, nous avons appris la bonne nouvelle ce jour même, 27 mars 2012, de la mise en liberté de Christian Iacono au 5 avril prochain, c’est qu’un déménagement cela se prépare …

L’arrêt d’appel libérant l’ancien maire de Vence ne vient que confirmer l’ordonnance du juge d’application des peines attaquée par le parquet. La justice ne reconnaît donc pas l’innocence de Christian Iacono et ne lui accorde qu’une liberté conditionnelle qui n’est qu’une façon d’exécuter sa peine.

Si pour nous l’innocence de Christian ne fait pas l’ombre d’un doute, la justice le considère toujours comme le violeur de son petit-fils et croire encore à la justice en ce pays c’est vouloir prouver qu’elle a tort.

Si cela nous est possible, il faudra bien l’aider à établir une telle preuve alors même que nul ne l’accuse désormais.

L’aider c’est mettre en évidence le complot dont cet élu a été la victime.

Au risque de nous répéter :

« Les manipulations dans cette affaire auraient dû inciter la justice à participer à l’élucidation de l’affaire dans l’affaire : qui a bien pu essayer d’abattre le maire de Vence en utilisant ce qui semble bien être un travail sur la mémoire par des techniques psycho-thérapeutiques ? En effet Gabriel Iacono n’a pas été violé par son grand-père, mais c’était bien ce qu’on a voulu lui faire croire, pourquoi ??? »

La réponse se trouve certainement dans la mémoire manipulée du petit-fils, elle met en lumière un phénomène provoqué par des psychothérapeutes criminels provoquant ce qu’il convient de nommer des faux souvenirs induits (http://www.psyvig.com/default_page.php?menu=35&page=1). La justice américaine a d’ailleurs récemment reconnu la responsabilité de praticiens dans des ruptures familiales comme dans l’affaire Johnson contre le Rogers Memorial Hospital  (http://www.psyfmfrance.fr/documents/verdict_wisconsin.pdf).

Ce phénomène ne doit pas être invoqué à tort et à travers pour nier de véritables atteintes sur la personne d’enfants, dont au pire des viols, cependant il est indéniable que des thérapeutes développent ce genre d’accusation pas nécessairement désintéressées comme justement dans le cas du maire de Vence.

Ainsi faire la part entre vrais et faux souvenirs implique une vigilance accrue concernant certaines pratiques thérapeutiques qui, loin de relever de l’anodine charlatanerie, sont de redoutables méthodes d’emprise permettant de toucher à l’inconscient du patient.

Les manipulateurs de la mémoire

La lettre mensuelle de l’UNADFI dans son numéro de mars 2012 mentionne d’ailleurs que la MIVILUDES prend très au sérieux les risques posés par certains thérapeutes :

La Miviludes travaille actuellement à la rédaction d’un guide destiné aux praticiens de la santé, pour les aider à identifier les pratiques douteuses et à agir « utilement en cas de doute ». (…) L’article évoque également « la prise en charge psychologique » par certains mouvements ou pseudo-thérapeutes qui finissent par convaincre les patients qu’ils ont refoulé des souvenirs d’abus sexuels. Ces faux souvenirs induits conduisent à de fausses accusations et à des ruptures familiales.
(…) Lors d’une interview, Hervé Machi, secrétaire général de la Miviludes, signale que le secteur de la santé représente 25 % de l’ensemble des signalements et que ce pourcentage est en augmentation constante. La Miviludes observe une multiplication du nombre de pseudo-thérapeutes « qui parviennent à mettre des malades sous emprise mentale».

On attend que la justice tienne compte des travaux réalisés par les professionnels de la lutte anti-secte et comprenne mieux ce que le petit-fils exprime. 

Et puisqu’il sera bien nécessaire d’illustrer ; lisez un peu ce que suit : http://www.info-sectes.ch/dialogue-par-les-couleurs.htm et vous comprendrez ce dont certains psychothérapeutes sont capables.

En France, la justice se rend encore, à ce qu’il paraît, au nom du peuple français, il faut donc savoir ce qui se commet en notre nom. 

Le 28 décembre 2011, j’avais déjà publié un article pour le CEDIF sur la terrible affaire Iacono. Je n’étais pas optimiste quant à la situation de Christian Iacono, ancien maire de Vence, pourtant lavé de toutes accusations de viol sur la personne de son petit-fils, par son petit-fils lui-même !

Les manipulations dans cette affaire auraient dû inciter la justice à participer à l’élucidation de l’affaire dans l’affaire : qui a bien pu essayer d’abattre le maire de Vence en utilisant ce qui semble bien être un travail sur la mémoire par des techniques psycho-thérapeutiques ? En effet Gabriel Iacono n’a pas été violé par son grand-père, mais c’était bien ce qu’on a voulu lui faire croire, pourquoi ???

La réponse reste en suspens et les arcanes de la justice semblent bien impénétrables aux profanes.

Alors que la vérité est enfin portée sur la place publique, la Cour de cassation confirme l’arrêt de Cour d’appel condamnant Christian Iacono. Sur ce point on peut ne pas s’étonner Outreau mesure puisque la Haute Juridiction n’est pas censée se prononcer sur le fond de l’affaire, mais seulement sur l’application du droit.

Il n’en reste pas moins scandaleux qu’un homme lavé de la suspicion de crime puisse être appelé à se constituer prisonnier pour retourner en prison.

Humainement comment peut-on supporter une telle situation ? Je me suis permis d’appeler Christian Iacono sans pour autant le connaître, mais pour lui faire part de mon soutien aussi dérisoire soit ce soutien. J’ai entendu un homme digne, faisant preuve d’un grand sang-froid, capable de bien analyser sa situation et disposé à répondre à la demande de la justice fondant ses espoirs dans la décision à venir de la commission de révision des condamnations pénales.

Aussi courte soit la durée anticipée du retour à la case prison, l’exécution de la décision de justice revenait à enfermer un innocent avant de reconnaître éventuellement son innocence. Mais nous savons dans ce pays que les révisions sont rarissimes.

Peut-on encore avoir confiance en nos institutions ? L’affaire Iacono devait servir de test. Mes convictions me portaient au doute surtout pour ce que je connais d’autres affaires particulièrement en justice familiale.

Mais on ne peut priver un homme d’espoir, surtout quand cet homme a servi ses concitoyens si longtemps en tant que premier magistrat de Vence donc représentant de nos institutions.

Y croire encore c’était bien le moins pour un homme dont certains ont voulu piétiner l’honneur. Ou la jeter aux chiens comme disait un certain Mitterrand, il se trouve toujours en effet des gens pour accabler l’innocence.

La trahison de trop, c’est celle de l’espoir.

Au nom du peuple français, dont je ne dois donc pas être partie prenante, Christian Iacono ne quittera pas encore la prison de Grasse. Mais c’est dans un tel contexte dramatique que des gestes de reconstruction s’accomplissent. Je veux parler de celui du petit-fils dont les paroles de vérité sont aussi et avant tout une réhabilitation, une rédemption même qui se poursuit par une grève de la faim en soutien à son grand-père.

Gabriel a dû se résoudre à une telle extrémité pour être entendu, ce qu’il a obtenu dans l’espoir de plaider en faveur d’une libération conditionnelle contre laquelle s’est prononcé  le parquet de Grasse.

Il ne reste donc qu’à attendre le 13 mars 2012, pour que la porte de la prison s’ouvre peut-être, sachant que dans le terme «libération conditionnelle » un des mots est de trop.

Xavier Collet

Pour soutenir http://affaireiacono.com/

 Retour en prison

Il s’agit d’une affaire terrible : le petit Gabriel Iacono, âgé de 9 ans, accuse son papy de l’avoir violé à répétition dans sa maison de Vence  (Alpes-Maritimes) quand il avait entre 5 et 8 ans.

Nous sommes en l’an 2000, des expertises médicales sont réalisées et évoquent des cicatrices corroborant des suspicions de sévices sexuels. Quant aux déclarations de l’enfant, elles sont crédibles et cohérentes selon les experts.

Le grand-père accusé est Christian Iacono, maire de Vence, il dément les accusations et évoque ses mauvaises relations avec son fils Philippe, père de Gabriel, le différend familial était certes profond et propice à des manipulations. Gabriel répond que son seul regret est que son grand-père n’avoue pas. En avril 2009 le couperet tombe, Christian Iacono est condamné à 9 années de prison par la Cour d’Assises d’Aix en Provence.

Il fait appel de ce jugement qui sera confirmé en février 2011, il se pourvoit alors en cassation.

Entre-temps, le 11 mai 2011, le petit-fils a 20 ans, il écrit dans Nice Matin pour révéler l’innocence de son grand-père après avoir envoyé un courrier au parquet de Grasse afin d’expliquer que son grand-père ne lui a jamais rien fait. Gabriel s’explique :  « J’y croyais vraiment. Et puis j’ai pris du recul et de la maturité. Dès la fin du second procès, j’ai commencé à me poser des questions. Cela a mis trois mois pour mûrir». Le jeune homme pense avoir vraiment été abusé et revoit fréquemment cette scène dans sa tête sans pouvoir identifier le violeur, il ajoute qu’une fois avoir mis le pied dans la machine judiciaire on a tendance à toujours répéter la même chose.

Gabriel lance , ce qui avec le recul apparaît comme un vrai défi : « Je me suis lavé des erreurs que j’ai pu commettre. C’est désormais à la justice de faire son travail et de reconnaître les siennes».

Le grand-père, âgé de 75 ans, peut alors retrouver la liberté. Mais une liberté sous contrôle judiciaire sans le droit de quitter Vence ni de rencontrer son petit-fils. Il attend donc le résultat de son pourvoi en cassation, mais comme la Cour d’Appel a bien jugé et appliqué le droit (à ce qu’il paraît), ce pourvoi est rejeté en novembre 2011.

Innocent Christian Iacono doit donc se constituer prisonnier le 9 janvier 2012 devant l’établissement pénitentiaire de Grasse. Que le petit-fils fasse part de cette déception vis-à-vis de la façon dont la justice réagit, qu’il dise la vérité ne compte donc pas : "Je m’aperçois en fin de compte que j’ai mis dix ans à mentir et il va falloir peut-être que je mette encore dix ans pour démentir »

Non, ce qui importe c’est que la justice ne se déjuge pas.

Ce sera donc à la commission de révision des condamnations pénales de dire si le grand-père est un pédocriminel quoi qu’en dise le petit-fils.

 C’est ainsi que fonctionne la justice en France et cela à moins à voir avec une question de moyens financiers qu’une question de moyens intellectuels.

Pour en savoir plus et se joindre au Comité de Soutien à Christian Iacono : http://affaireiacono.com/

Un pédophile meurtrier au sein de la protection de l’enfance

L’affaire Émile Louis, au-delà d’être l’affaire d’un tueur pédophile pervers, est avant tout une affaire qui met en accusation des institutions de la protection de l’enfance et révèle un véritable fiasco judiciaire. Ce point n’a peut-être pas suffisamment été mis en évidence et il convient donc de l’éclairer. 

Sa vie, Émile Louis la commence à la DDASS (ASE), abandonné à l’âge de un mois et placé dans une famille d’accueil.

Il se marie avec Simone Delagneau, « mère d’accueil » pour la DDASS. Il a déjà alors été mis en cause pour des affaires de mœurs sur des mineures, mais bénéficiera de leurs classements.

Les occasions de récidiver seront mises à profit, le pervers travaille pour les services de la protection de l’enfance de l’Yonne en tant que chauffeur de bus. Il a alors la quarantaine et c’est à ce moment qu’il commence à tuer, tout du moins selon les informations actuellement disponibles.

Sa première ou l’une des premières victimes est Jacqueline Weiss, placée chez lui et sa femme.

De 1977 à 1979, il massacrera après sévices de jeunes handicapées en familles d’accueil. Celles-là même qu’il conduit en semaine à l’Institut Médico-Éducatif d’Auxerre en qualité de chauffeur employé par l’Association pour l’aide aux adultes et jeunes handicapés (APAJH). Ces jeunes filles se feront connaître sous la dénomination des disparues de l’Yonne : Madeleine Dejust, Christine Marlot, Chantal Gras, Martine Renault, Françoise et Bernadette Lemoine, deux d’entre elles sont mineures et âgées de 16 ans lors de leur disparition, les autres sont à peine majeures et sous tutelle.

Nageant comme un  poisson dans l’eau de la protection de l’enfance, l’ogre s’installera avec sa maîtresse Gilberte Lemenorel, employée par le département comme famille d’accueil.

Il change de foyer mais pas de pratique puisqu’il violera et assassinera Sylviane Lesage-Durant, une mineure placée auprès de sa nouvelle femme.

Là, heureusement, les choses commencent à se gâter pour Émile Louis, le corps de Sylviane est retrouvé puis identifié en juillet 1981. C’est à cette époque que les langues se délient puisque trois jeunes filles placées par les services de la protection de l’enfance chez sa femme  témoignent de pratiques sadiques à caractère sexuel exercées sur elle par cet affreux bonhomme alors qu’elles avaient entre 10 et 14 ans. Une autre, Anne-Marie
racontera : « Quand j’avais 15 ans, il m’a violé dans sa cabane. J’ai pas pu en parler. J’étais une fille de l’Assistance publique et puis je me sentais sale. Les autres filles, quand je leur ai dit, elles ont répondu qu’il ne fallait pas que je fasse tant d’histoires parce qu’elles y étaient toutes passées. »

Le monstre de la DDASS avoue, puis se rétracte, là encore les faits sont appuyés par de solides preuves.

Émile Louis écopera donc d’un séjour à l’ombre pour attentats à la pudeur aggravé de 1983 à 1987, il bénéficiera cependant d’un non lieu pour le meurtre de Sylviane après une période de préventive.

L’impossible enquête de l’héroïque adjudant Jambert

Pourtant si il existe bien une personne qui a des lourdes suspicions étayées c’est l’adjudant de gendarmerie Christian Jambert. Il est sur l’affaire depuis 1981 et a bien l’intention de prouver les crimes commis.
Son enquête obstinée le conduira à ne négliger aucune piste dans la vie d’Émile Louis. Il fouille donc les archives de l’APAJH dans lesquelles il découvre qu’il n’y a pas que Martine Renault qui a disparu, en effet d’autres handicapées placées à l’Institut Médico-Associatif d’Auxerre ne portent que la mention « fugue » sur leur dossier ! Il vérifie que quatre d’entre elles habitaient le même village et connaissaient Émile Louis, des témoignages indiqueront que celui-ci adoptait aussi avec elles un comportement pour le moins suspect. L’adjudant Jambert remet donc un solide dossier d’enquêtes sur cette affaire dans l’affaire au parquet d’Auxerre en 1984, mais ce rapport ne suscite aucun intérêt et finit par se perdre dans un placard.

Après 16 années d’enquête, oui vous avez bien lu, 16 années ! Christian Jambert doit enfin être entendu par un juge d’instruction, mais il se suicide mystérieusement le 4 août 1997– très mystérieusement et d’une manière peu probable – deux semaines avant d’être auditionné.

L’ADHY au nom des famille et de la justice

Dans l’intervalle s’était constituée l’Association de Défense des Handicapées de l’Yonne (ADHY) à l’initiative de Pierre Monnoir et d’une ancienne cuisinière de l’Institut Médico-Éducatif d’Auxerre, Jeanne Beaufumé.

L’ADHY, ainsi que l’émission de télévision « Perdu de Vue » de Jacques Pradel prendront une part décisive dans la recherche de la vérité sur les victimes handicapées d’Émile Louis. Victimes dont on ne veut toujours rien savoir puisque le procureur Cazals d’Auxerre classe les plaintes des familles, lesquels sont contraintes de se porter partie civile et se heurtent ensuite à une ordonnance
de refus d’informer pour « faits trop anciens ». Le parcours d’obstacle imposé par les magistrats dans la poursuite de la justice est décidément dissuasif, d’autres auraient abandonné, mais les familles font appel de ce refus auprès de la cour d’Appel de Paris. Et là enfin l’affaire commence à être instruite. Nous sommes le 7 mai 1997, les crimes datent de presque 20 ans et Christian Jambert va se suicider de deux balles dont chacun aurait dû le tuer une fois !

Il faut féliciter à titre posthume l’héroïque Christian Jambert et l’ADHY pour ce travail mené au nom de la justice et constater que la véritable famille de ces petites handicapées était elle-même placée et ne savait même pas que leurs sœurs avaient « fugué » d’où la plainte très tardive déposée par la famille.

La coupable complaisance de la protection de l’enfance

Toute cette affaire agace les professionnels de la protection de l’enfance d’autant que les familles d’accueil n’ont pas réagi aux disparitions de leurs protégés, sauf en ce qui concerne la disparition de Martine Renault, 16 ans lors des faits.

Pour l’APAJH, laquelle gère 8 foyers pour handicapés dans l’Yonne, la situation pourrait aussi s’avérer délicate :  Nicole Charrier, au lieu de soutenir son chauffeur aurait dû porter plainte ou ne serait-ce que prévenir les autorités de façon officielle.

Mais la maison-mère de l’Institut Médico-Éducatif d’Auxerre a d’autres casseroles au fondement puisque Pierre Charrier, époux de Nicole sera condamné en 1992 à 6 ans de prison pour avoir été surpris en 1989 par une patrouille de police municipale en train de violer une pensionnaire de sa femme à l’arrière de sa voiture. L’APAJH ne trouvera alors rien de mieux à faire que de soutenir le mari violeur lors de son procès, quant à Nathalie, la victime handicapée, elle sera maintenue dans le foyer de Nicole Charrier !

Le scandale n’est pas mince, il faut souligner que l’APAJH a été créée par Pierre Charrier dans les années 70 et est dirigée par sa femme, Nicole Charrier. Cette association dédiée à la protection de l’enfance gère un budget de 80 millions de francs de l’époque et est le deuxième employeur de la ville d’Auxerre avec un effectif de 350 salariés. De là à penser qu’il n’aurait pas fallu trop embêter le couple Charrier il n’y a qu’un pas …

L’ADHY ne l’entendra cependant pas de cette oreille car l’affaire des disparues de l’Yonne n’est pas terminée.

L’association de défense des familles cherche donc des témoignages et elle en trouve, ainsi Bernadette Petitcollot, ancienne éducatrice de l’APAJH a beaucoup de choses à dire sur les comportements particuliers des responsables du foyer Guette-Soleil qui ont exercé à l’Institut Médico-Éducatif d’Auxerre. Elle désignera notamment Nicole Chartier qui aurait montrée « ses seins et ses fesses  à une enfant handicapée qui, effrayée, est partie en courant», elle évoque également les nombreuses allusions sexuelles de l’encadrement, le fait que les handicapés étaient sollicitées pour évoquer leurs relations intimes. Elle signalera aussi au procureur d’Auxerre en 1994 une fellation dont a été victime un des pensionnaires déficient mental et qui vaudra au plaignant le transfert dans un autre foyer avec retrait de sa plainte.

Il suffisait donc de parler … Suite à un rapport de l’IGAS le préfet de l’Yonne fera fermer les établissements de l’APAJH pour «des faits et des comportements d’une particulière gravité risquant de compromettre la santé et le bien-être physique des personnes qui y sont accueillies».

Les menaces d’Émile Louis

Pour en revenir à l’affaire Émile Louis, celui-ci toujours chauffeur de bus, est interpellé le 14 décembre 2000. Pensant échapper à toute peine par
la prescription des crimes commis depuis plus de 10 ans et évoquant ses protections haut placées, il ne s’inquiète pas trop.

Il finit cependant par avouer, reviendra sur ses aveux, pour expliquer ensuite avoir été possédé par le démon et entrer dans des délires ésotériques, il menace de livrer de mystérieux commanditaires si on ne le sort pas de là …

Il est condamné à perpétuité en novembre 2004 avec peine de sûreté de 18 ans, peine confirmée en appel en juin 2006, il purge aujourd’hui sa peine au pénitencier d’Ensisheim.

Émile Louis n’a rien dit sur ses réseaux, il existe pourtant d’autres affaires dans l’Auxerrois qui laissent supposer l’existence d’un groupe important de pédophiles sadiques en liaison avec la protection de l’enfance.  Il suffit d’ailleurs de creuser un peu sur l’affaire des torturées d’Appoigny.

La justice mise en examen ?

Le rapport de 24 pages de l’Inspection des Services Judiciaires (ISJ) sur l’affaire Émile Louis évoque une « succession de négligences », un « manque de rigueur », une « passivité surprenante du parquet d’Auxerre », les procureurs René Mayer puis Jacques Cazals ne sont pas épargnés, l’un pour avoir négligé l’enquête de l’adjudant Jambert, l’autre pour sa rapidité au classement.

Aujourd’hui fondamentalement tout a-t-il vraiment changé ?

La question mérite d’être posée, en effet des affaires Émile Louis il peut bien y en avoir eu d’autres dont on n’a jamais entendu parler. C’est en effet proprement miraculeux que cette affaire là ait pu sortir et elle ne le doit qu’à des personnalités fortes et obstinées par la justice comme Christian Jambert, l’équipe de l’ADHY et certainement aussi le courage de Jacques Pradel

Xavier Collet, à partir de nombreuses sources dont l’enquête de
Christophe Deloire et Anne-Cécile Sanchez pour le journal le Point du 22-29
décembre 2000.

 En France, la tendance dominante consiste à disculper DSK d’emblée, sous les couverts de présomption d’innocence, sauf que la femme de chambre, bien qu’elle soit considérée par sa direction, ne connaît pas ce genre de sollicitude. Ne parlons pas d’une  Christine Boutin qui de toute façon ne croît pas au 11 septembre, mais de tous ceux qui de Tapie à Dray en passant par une certaine fan qui parle de complot international ne professent pas un mot sur la femme de chambre.

Parce que en France les choses se sont inversées depuis longtemps : c’est la victime qui est en quelque sorte coupable, jusqu’à restaurer une pensée que l’on croyait révolue tant elle fut réactionnaire : cette femme l’a sûrement bien cherchée, trop jolie peut-être, jupe courte de son uniforme  Sofitel sans doute pour aguicher le client ; certaines jeunes femmes à NY sont d’ailleurs des actrices en attente parce qu’il n’est pas honteux aux USA de faire un "job"de ce genre le temps que la chance et/ou le talent vous sourit enfin. En France c’est ledit coupable qui est devenu l’axe essentiel du droit, pas du tout la victime considérée plutôt comme l’un des éléments du  "système" un stimulus sans plus en ce sens où par exemple DSK serait victime de la société hédoniste hyper-consommatrice qui pousse, dérègle ; la femme de chambre n’étant que l’étincelle qui met le feu : c’est donc DSK la victime CQFD, voilà la triste réalité d’une bonne part de la justice française et de son droit.

La chauffeuse de bus à Marseille qui avait connu l’incendie de son véhicule et la mort d’une jeune fille brûlée avait témoignée lors d’une de ses
dernières tentatives de suicide qu’elle avait appris que les accusés avaient eu le droit à tous les accompagnements alors qu’elle était restée seule avec ces images affreuses.

Voilà la réalité d’une certaine justice française, et aussi d’une certaine conception féodale du droit de cuissage dans laquelle une femme de chambre n’est rien d’autre qu’un morceau que l’on prend, même s’il ne veut pas…

Si DSK a droit à la présomption d’innocence, cette femme de chambre aussi, ce qui n’est visiblement pas le cas en France, et cela reflète bien l’état élevé dans lequel se trouve aujourd’hui la justice (alors que les Américains ne sont que puritains), la classe politique et médiatique dans son ensemble en France (y compris Bernard Debré qui confond libertinage et crime) ne peut que juger avec mépris cette méconnaissance yankee.

Lucien Samir Ouhlabib

Pour soutenir Nafissatou Diallo : http://www.mesopinions.com/Pour-la-defense-de-Nafissatou-Diallo–victime-presumee-de-DSK-petition-petitions-6de3872dce88aef92d813a3ac58cd535.html

Notre ami Lucien Samir Ouhlabib évoque d’autres réactions des politiques français :

Incroyable ! Mais en même temps très attendu : alors que les faits établis s’accumulent, et la victime "supposée" n’aurait pas arrêté de pleurer dit son frère), les socialistes remettent en cause le système judiciaire américain : en "défaillance" clame Badinter, "infernal" répond en écho Chevènement, "lynchage" surenchérit, Lang, tandis que Guigou se sent "heureuse" de ne pas avoir le même système "barbare" ajoute un Alain Gérard Slama sur RTL; bref, les commentateurs et les politiques aimeraient que la France devienne la Corée du Nord en matière de couverture médiatique, et que le système américain défende plutôt les supposés coupables que les supposés victimes puisque en définitive n’est-ce pas "la"société qui est la seule fautive ? Qui suscite en effet le crime sinon elle disent certains (depuis la fin du 19 ème siècle en réalité) ?  Les termes "victime", "coupable" étant de plus en plus interchangeables, comme moments systémiques. On voit pourtant bien en quoi ces affirmations, qui ont pignon sur rue en France, sont réfutés par les faits, en particulier celui-ci, où nul ne peut dire que la victime n’en était pas une en ce que son non serait un oui en puissance comme savent le manier les dialecticiens vulgaires, ces vieux réactionnaires en réalité.

Et tous ces gens aimeraient bien en effet que le système judiciaire américain marche aussi mal que le système judiciaire français : ils se battent pour une telle inégalité, celle où les coupables sont accompagnés, réhabilités, axe désormais essentiel du droit, tandis que les victimes sont laissées à leur condition, de fait, de dommages collatéraux entre les réductions de peine, les récidives, et les libérations sans conditions.

Cette affaire est en fait symptomatique à plus d’un titre de la faillite d’un système politico-médiatique et judiciaire français organisant le silence à défaut d’en dire la vérité.

Des précédents dans l’affaire DSK sur fond d’Omerta :

Pour aller encore plus loin dans ces précédents : http://www.trafic-justice.com/SITENE17/VEREUX/politiques/sexus.htm

Une affaire à méditer

Le juge Mario-Louis Craighero, 59 ans, vice-président du TGI de Reims, a du répondre de faux en écriture publique au préjudice de Jacques Tillier, président-directeur de la publication l’Union/L’Ardennais.

A priori rien de bien dramatique dans cette affaire, mais ce qui est important c’est la façon dont statuera le Conseil Supérieur de la Magistrature, le tribunal correctionnel de Troyes, l’attitude du futur ex-juge et la réaction des journalistes de l’Union/l’Ardennais, dont l’Est Eclair.

Je vous invite donc à méditer tout cela.

Mince, je m’ai trompé (sic – désolé de cette benoîterie)

Tout commence suite à une plainte en diffamation de la société Vranken-Pomery, bien connue pour ses champagnes, ainsi que de Paul-François Vranken contre l’auteur d’un article du journal l’Union/L’Ardennais et son président, Jacques Tillier. La plainte donnant lieu à une citation directe (assignation sans passer par une plainte au pénal devant le procureur), les plaignants doivent verser une consignation au tribunal (sorte de caution qu’ils perdront en cas de procédure abusive).

Faisons les comptes : il existe deux demandeurs (plaignants) contre deux défendeurs, mais, sans que les avocats des plaignants ne trouvent à y redire, le tribunal va fixer deux consignations alors qu’il en aurait fallu quatre (deux consignations pour le premier plaignants contre les deux défendeurs et deux consignations pour le second plaignant contre les deux défendeurs). Dans de telles conditions la procédure n’est pas régulière et le délai de prescription en matière de presse rendrait impossible de nouvelles poursuites.

J’espère que cela va pas se voir

Les avocats des plaignants, se réveillant le lendemain, réussissent alors à faire modifier le jugement en catimini : ce ne sont plus deux consignations qui apparaissent mais quatre pour un montant total équivalent, le juge fera lui-même la modification et demandera au greffier de revoir les notes d’audience au blanco.

 Un faux en écriture publique

L’avocat de la défense qui comptait sur le vice de procédure se rendra immédiatement compte de la modification du jugement écrit par rapport à celui rendu à l’oral. Pas de ça Lisette aurait-il pu s’écrier en déposant illico plainte pour faux en écritures publiques.

Très ennuyé, et cela tient de l’euphémisme, le juge Craighero aurait entrepris de proposer un arrangement à Jacques Tillier : calmer son avocat contre l’avantage de pouvoir disposer en sa personne d’un « élément modérateur du tribunal. »

Peu sensible à la volonté « d’arranger les choses », le patron de presse dénonce la manoeuvre. Il sera ultérieurement présenté par la défense du juge comme hostile au magistrat et ayant organisé un traquenard !

On peut toujours essayer, mais une telle défense expose le vulgaire justiciable à une expertise relevant une paranoïa.

Le CSM fait le ménage

L’Inspection Générale des Services Judiciaires prendra au sérieux cette accusation de faux en écriture publique. La directrice des services judiciaires, Madame Balbec a vu en de telles pratiques de la « partialité », un « défaut de loyauté et de prudence », un « défaut grave à son devoir de probité ». On pourrait aussi voir dans toute cette affaire un manque de compétence (une connerie) faussement solutionnée par un vilain bidouillage (une autre connerie).

Mais selon le juge Craighero et son avocat il n’y aurait pas « de faux car il n’y a pas d’intention frauduleuse ».

C’est vrai qu’avec cet argument un faux en écriture publique ne serait plus un faux tant que l’intention frauduleuse ne serait pas établie. Or la démonstration de l’intention frauduleuse relèverait de la très subtile et subjective appréciation d’un juge ! Rappelons au passage qu’une fraude est une action faite pour tromper, pour contourner les lois (http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/fraude/), la modification de la note d’audience permet donc des poursuites qui n’auraient pas eu lieu faute de cette modification, y-a-t-il donc là une intention frauduleuse, c’est-à-dire d’infléchir la loi ? Nul besoin d’avoir fait l’école supérieure de la magistrature pour répondre à cela.

Les arguments ne sont guère convaincants et ne convainquent guère : le juge se verra sanctionné par le Conseil Supérieur de la Magistrature d’une interdiction temporaire d’exercer ses fonctions au tribunal le 3 juin 2010, il sera ensuite mis à la retraite d’office, avec pension, le 20 janvier 2011. Il ne pourra donc plus jamais exercer ses fonctions de juge et sera libéré du souci de ses points de retraite.

On ne juge pas un juge !

Au-delà de la sanction disciplinaire, le désormais ex-juge répondra aussi devant le tribunal correctionnel de Troyes de faux en écritures publiques.

Là par contre, comme le titre l’Est Éclair, le tribunal botte en touche, puisque le 30 mars 2011 il se déclare incompétent, comme l’avait demandé Maître Nicolas, avocat de Mario-Louis Craighero. Le journal ajoute que « ne restera de l’audience du 23 février que l’impression d’un simulacre de procès ». Le 18 février 2011, soit avant que l’affaire ne soit jugée, Jacques Tillier déclarait : « on ne juge pas un juge ». Pour lui le verdict n’est donc pas une surprise.

Le journal l’Est Éclair appuie sa déclaration de considérations relatives à l’attitude de l’ex-juge dans un compte-rendu d’audience : « Simulacre d’abord à cause du comportement du prévenu, parti en colère (c’est-à-dire quittant le tribunal), à peine les débats ouverts, maugréant qu’il refusait de s’expliquer sur le fond de l’affaire. De mémoire de chroniqueuse judiciaire, manifester tant d’audace devant ses juges, c’était du jamais vu à Troyes. »

Pour autant je ne vois nulle part mention d’un outrage pour son comportement, la juge Marie-Lisette Sautron ne tirera d’ailleurs pas conséquences de cet incident d’audience.

L’avocat argumentera en faveur de son client un procès inéquitable puisque les anciens collèges de l’ex-juge ne manqueraient pas de l’allumer au cas où il ferait appel du jugement de correctionnelle. En effet la cour d’appel pour des jugements rendus à Troyes se situe à Reims, tribunal dont il est l’ancien vice-président.

Un argument assez particulier puisqu’il suppose la partialité de magistrats, un ancien magistrat pourrait donc invoquer un tel moyen et obtenir satisfaction ? On se demande donc bien pourquoi les avocats de simples justiciables hésitent à aller dans cette voie ?

Et le journal d’ironiser sur le réquisitoire du procureur qui se félicitait d’un exercice de transparence judiciaire :

« « On nous fait actuellement, notamment la presse, grief de corporatisme. Cette audience montre que l’institution judiciaire est capable de faire le ménage, en toute transparence. » En fait, ce sera pour une autre fois… »

Pour ma part je me dispense de tout commentaire, ajoutant cette formule habituelle selon laquelle le lecteur se fera son opinion ;-)

Xavier Collet

Pour plus de détails sur l’affaire :

http://www.lunion.presse.fr/article/marne/craighero-a-fui-ses-juges

http://www.lunion.presse.fr/node/791421

De mauvais sondages
Alors que la justice est censée protéger et réparer les torts, un sondage CSA du 05 février 2006 pour Le Parisien/Aujourd’hui en France révélait aussi que 65 % des français affirmaient avoir peur de la justice.
Quant à l’opinion que les Français en ont, un sondage TNS Sofres d’octobre 2009 pour France Info/ France 2/Le Parisien Aujourd’hui en France et Elephant&Cie, nous apprend que pour 59 % des Français la justice fonctionne assez mal ou très mal.

 Des casseroles plus ou moins médiatiques
On peut comprendre ce manque de confiance de par les nombreuses casseroles d’une certaine magistrature, en voici quelques-unes parmi tant d’autres :

 Voleurs
· TGI de Marseille dans les années 90, quelques magistrats « empruntent » les objets saisis et entreposés au greffe, mise à la retraite d’office d’un d’entre eux et mutation des autres indélicats.
· 2003, le premier substitut de Bobigny, Jean-Louis Voirain, incarcéré pour blanchiment d’argent.
· Une juge d’instruction du tribunal de Versailles est surprise en train de voler des dessous féminins dans une grande surface. La magistrate aurait pu échapper à toute poursuite à condition de régler le montant de la marchandise. Ce à quoi elle s’est refusée, sous prétexte qu’elle était juge d’instruction. Elle est aujourd’hui juge aux affaires familiales dans une autre juridiction de banlieue…

Escrocs sur les bords
· Pierre Pichoff, rétrogradé en 1997 par le Conseil Supérieur de la Magistrature. Devenu depuis vice-président du TGI de Béthune, il est mis en examen en janvier 2011 pour une nouvelle affaire de corruption passive, trafic d’influence, escroquerie.

 Déséquilibrés
· Octobre 2003, Philippe Zamour, magistrat du tribunal d’Angoulême mis en examen pour exhibition sexuelle et placé sous contrôle judiciaire après s’être masturbé au cours d’une audience. Il bénéficie d’un non-lieu pour raison médicale.
· 2003, Tribunal correctionnel de Lyon : un magistrat assesseur dans un état d’ébriété avancé urine dans une poubelle en pleine audience.

Pervers
· 2001, Francis Carle, juge au TGI de Grenoble, ancien juge des enfants, prenait des photographies de mineures torse-nu, mais aussi de femmes nues dans l’enceinte du tribunal.
· 2003, le substitut général près la cour d’appel de Versailles et membre du CSM, ainsi qu’ex président de l’USM, Michel Joudrel, mis en examen pour participation à un réseau d’échange d’images pédophiles sur internet
· Le Canard Enchaîné du 11 avril 2007, sous le titre "Enquête sous les robes des magistrats" raconte comment dans l’île de la Réunion le doyen des juges d’instructions, Francis Catalano, échangeait des faveurs judiciaires contre des faveurs en nature. Il avait monnayé les faveurs sexuelles de mères de jeunes détenus en échange de permis de visite. Le juge avait aussi eu une aventure avec la compagne d’une personne mise en examen par lui-même… compagne qui était partie civile dans un dossier qu’il instruisait
· Bernard Constantin, juge au TGI de Chambery, violeur de deux fillettes, mis à la retraite d’office et condamné à 10 mois de prison avec sursis. Pour les même faits l’abbé Bisset a pris 18 ans de prison ferme.
· Le Canard Enchaîné dans son numéro 4004 du 23 juillet 1997 évoque le JDE de Tours Philippe Chenet, qui pratiquait lui-même des fouilles à corps avec déshabillage partiel ou intégrale de mineurs dans les salles d’archive. À titre de sanction il devient vice président du TGI d’Arras et continue ses fonctions de directeur de colonie de vacances il y commettra deux agressions sexuelles sur mineurs qui finiront par le rattraper.

 Négligents
· Jean-Claude Bonnal, tueur multi-récidiviste, exécuteur de policiers, remis en liberté sur simple contrôle judiciaire en décembre 2000.
· Disparus de l’Yonne, victimes du tueur pervers Emile Louis et de vingt ans de classements sans suite par les procureurs successifs d’Auxerre.
· Anne Lorraine Schmitt et tant d’autres, victimes de pervers relâchés sans contrôle judiciaire.
· Février 2010, face à des libération intempestive de trafiquants, les syndicats de police dénoncent la décision de « Liberator », un magistrat de Créteil. Synergie officiers parle de «la politique nihiliste de quelques magistrats œuvrant contre tout ce qui représente l’Etat de droit». Le Snop renchérit : «La sécurité dans les départements franciliens ne peut être prise en otage par un exercice aléatoire de la justice
· Décembre 2010, un voyou qui a agressé à l’arme blanche un jeune homme à Bobigny, lui perforant les poumons, a été remis en liberté par un juge.

 Une justice à deux vitesses ?
Lorsque les magistrats sont sanctionnés par leurs pairs, ils sont très rarement révoqués. De 1988 à 2003, on comptabilise seulement 8 révocations (dont une en 2002 et une en 2003) et 9 mises à la retraite d’office.

La plupart du temps, les fautes commises sont sanctionnées par une mutation d’office, accompagnée ou non d’un abaissement d’échelon.
Entre 1988 et 2003, on a enregistré 37 déplacements d’office et 4 abaissements d’échelon.

Tant de pouvoirs et si peu de contrôles, on comprend la peur des Français …

Invité pour être interviewé sur la pédophilie dans l’émission Grandes Gueules de la RMC, le chanteur Hervé Vilard, qui a grandi dans un orphelinat, mentionne les attouchements sur des mineurs en précisant que même des juges pour enfants étaient auteurs de ces gestes et que les foyers étaient infestés de pédophiles.

L’actualité nous rappelle justement que dans un foyer de Bourges, un éducateur a été arrêté au début de l’année 2011 dans le cadre d’une enquête sur un réseau local lié à un violeur d’enfants. Les familles des enfants mis en ce foyer n’ont pas été consultées !

    Commentaires (4)

1. – Le 05/01/2011 à 23:44:15

Les juges pour enfants qui tripotent, les foyers des lieux sordides, tout cela il fallait oser le dire, bravo Hervé Vilard.


2. SOS Parents Abusés – Le 19/01/2011 à 23:45:22

Eh oui bienvenue dans le monde du silence ou tout est tabou, tout ça pour soit disant protéger nos enfants, système perverti et corrompu où les lois ne servent à rien et certainement pas pour protéger le simple citoyen.

Maltraitance institutionnelle ou parents bien traitant
Notre choix est fait.


3. Le PARTI des ENFANTS du MONDE – Le 06/03/2011 à 09:48:18

Les abuseurs de tout milieu mais surtout parmi les notables sont tôt ou tard rattrapés par la technologie notamment par Internet et les réseaux sociaux. Internet a permis l’explosion du marché de la pédophilie (achat/vente de films pouvant aller jusqu’à 20000 € le film ! cf. "Internet, le paradis des pédophilies" d’Homeyra Sellier) mais également la circulation des informations sur les pervers, les corrompus, y compris chez les magistrats : "Anonymat garanti pour (71) magistrats pédophiles" selon le Canard enchaîné; site "déni de justice wordpress", et encore il en manque…
Pour tenter de continuer à étouffer ces vilaines affaires, le corps tout entier n’hésite pas à se compromettre. Une sorte de complicité qui nie l’intérêt et le bien-être des enfants.
M. Dudragne


4. CEDIF – Le 20/03/2011 à 17:26:20

Merci de cette information.
Une de ces affaires de magistrat pédophile a été traitée par le magazine Le Point :

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-09-22/justice-la-chancellerie-demande-la-revocation-d-un-magistrat-accuse-de/920/0/379439

La Chancellerie a demandé mardi au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) la révocation de Christian Goy, ancien substitut du procureur de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), accusé d’avoir violé des mineures quand il exerçait comme avocat en Gironde, dans les années 1980-90.

"Ni l’ancienneté des faits, ni le fait qu’ils se soient produits avant son entrée dans la magistrature (en 2000) ne constituent un obstacle" à ce que Christian Goy soit jugé par ses pairs, a dit Dominique Lottin, directrice des services judiciaires, en demandant au nom du garde des Sceaux la sanction la plus sévère prévue par le CSM. Elle a fustigé le "comportement inadmissible", "incompatible" avec ses fonctions, de ce magistrat âgé aujourd’hui de 61 ans, absent lors de l’audience disciplinaire et qui n’avait pas sollicité d’avocat pour le représenter. La formation du CSM compétente pour juger les magistrats du parquet rendra son "avis" le 23 octobre à la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, à qui appartient la décision finale.

La série de faits reprochés à Christian Goy, qui lui ont valu sur le plan pénal un renvoi devant les assises de Bordeaux confirmé ce mois-ci par la Cour de cassation, remonte aux années 1987-1997, quand il exerçait comme avocat notamment à Gujan-Mestras, en Gironde. Il est soupçonné d’avoir contraint à lui pratiquer caresses et fellations les deux filles mineures d’une cliente pour laquelle il intervenait dans une procédure de divorce. Les faits se déroulaient généralement à son cabinet, où il leur demandait de faire le ménage, parfois en échange d’argent de poche.

En 2006, l’une des soeurs s’était décidée à porter plainte pour des viols subis en 1987-1988, alors qu’elle avait 13-14 ans, et l’enquête judiciaire ouverte à Bordeaux avait ensuite permis de découvrir trois autres victimes, dont deux nièces de Christian Goy, ayant subi des attouchements parfois dès 6 ans. "L’exigence de moralité et de dignité s’impose aux magistrats", même dans leur vie privée, a expliqué Dominique Lottin en allusion aux faits commis dans la sphère familiale. Lors de l’enquête, qui a aussi mis en évidence qu’il se livrait à des échanges de cassettes pédopornographiques, le magistrat – suspendu en 2006 – a reconnu son attirance pour les jeunes filles, indiqué avoir suivi une psychothérapie dans les années 1990 pour se soigner. Il a nié les viols. Christian Goy avait intégré la magistrature en 2000, d’abord comme juge d’application des peines au tribunal de grande instance de Thionville (Moselle) puis en 2002 comme substitut au parquet de Bayonne.

Une procédure vise des magistrats professionnels du tribunal d’Annecy.
Une information pour corruption a été ouverte début septembre par le parquet général de la cour d’Appel de Lyon, visant plusieurs magistrats professionnels d’Annecy (Haute-Savoie). Ils auraient notamment perçu des chèques d’administrateurs judiciaires.
L’homme par qui le scandale arrive : Fernand Vogne, un entrepreneur haut-savoyard, qui se bat depuis plusieurs années pour faire éclater l’affaire.(jt 12/13 France3 08/09/2008)

 
Commentaire (1)

1. Zeghoudi – Le 01/04/2011 à 10:26:35

Comme quoi tôt ou tard ils tombent ! Nul n’est au dessus de la loi ! Et ne jamais abondonner son combat meme face à des pressions et du chantage