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Couv_94-miniatureLa revue Nexus, dans son numéro de septembre 2014, a consacré un dossier à la protection de l’enfance réalisé par Laurence Beneux, une journaliste connue notamment pour avoir co-écrit « Le livre de la honte » au sujet des réseaux pédocriminels.

Le grand n’importe quoi de la protection de l’enfance ?

Le titre du dossier est d’ailleurs de bon augure : « Protection de l’enfance, le grand n’importe quoi ! ».

Sauf peut-être que ce grand n’importe quoi est organisé et possède sa propre finalité : celle de justifier le développement des prérogatives de travailleurs sociaux.

En effet, la loi de 2007  a  permis la multiplication de mesures en dehors du champ strictement défini de la maltraitance des enfants.

Ceci a des conséquences catastrophiques sur la famille ainsi que  sur la véritable maltraitance, laquelle ne se distingue plus des cas d’ «enfants susceptibles d’être en danger ». Par contre les retombées de cette loi sont tout à fait favorables quant au développement des missions des travailleurs sociaux.

Le service public contre le public et au service de ses fonctionnaires et amis, voila donc pour resituer le contexte de ce grand n’importe quoi.

Un paradoxe trompeur

Le constat de Laurence Beneux est bien le même que le nôtre : « Des enfants aimés par leurs parents subissent des placements forcés en foyer ou en famille d’accueil, pendant que d’autres meurent sous les coups pour n’avoir pas été extraits de leur famille … »

Ce constat nous l’avions fait aussi avec « Innocence en danger » en suite de notre mobilisation dans l’affaire Marina.

Pour certains il était paradoxal de parler de placements abusifs alors que des enfants mourraient des mains de géniteurs.

Mais il fallait creuser davantage pour mettre en  évidence la logique de l’ASE, laquelle pourra placer  l’enfant d’une famille « surprotectrice » et se contenter d’une AEMO pour effectuer un suivi à long terme de parents lourdement maltraitants. Plus le suivi dure et mobilise de personnels, plus les budgets et les postes s’allongent. Ce n’est d’ailleurs pas un mystère que d’apprendre que les enfants martyrs l’étaient dans des familles déjà suivies par l’ASE.

Laurence Brunet, pour le CEDIF Bretagne, avait d’ailleurs dénoncé ces travailleurs sociaux qui prenaient le thé avec des parents, pendant que leur fille se faisait violer.

On comprend donc que, contrairement à ce qui est écrit dans le dossier (fin de la page 52), ce n’est pas faute de places, de budgets ou au nom d’une difficulté politique à reconnaître la maltraitance que les enfants maltraités ne sont pas retirés de leur famille.  Si tels sont bien les arguments de l’ASE, le CEDIF, première association consacrée à la défense de l’institution familiale dit et démontre exactement le contraire.

On ne peut d’ailleurs qu’être interloqués des demandes de crédits supplémentaires réclamés par les travailleurs sociaux dès qu’un enfant suivi décède, Indécence ?

Le dossier nuance d’ailleurs plus loin cette vision en reprenant l’enquête de la Cour des Comptes qui avait bien mis en évidence la volonté des conseils généraux d’optimiser le taux d’occupation des structures d’accueil, qu’il s’agisse des foyers ou des assistants familiaux.

En effet, faute d’optimiser, il faut payer des personnels inoccupés.

Mais on peut faire confiance à ces personnels pour générer leurs propres emplois, c’est avec zèle qu’ils participeront à augmenter les placements au travers de rapports sociaux qui les justifieront.

Ils se diront ensuite débordés et obtiendront des créations de postes.

Il suffira de recruter davantage et de créer des structures supplémentaires pour que d’un coup le taux de placement se mette à augmenter. « On a les moyens de placer alors on place », disait une responsable locale de l’ASE sur le ton de la confidence.

Le cercle vicieux de la logique du placement peut ainsi se comprendre.

La parole est à l’ASE du Val de Marne

Pour l’ASE, Michèle Créoff, en responsabilité au conseil général du Val de Marne, s’exprime. Celle-ci reprend le discours corporatiste habituel du manque de moyens : « nous manquons de places de foyers, d’assistantes maternelles, d’argent ». Elle est dans un total déni quant aux  placements abusifs : « pas plus d’un à deux pour cent ! … l’erreur est humaine ! … nous essayons de rendre des rapports objectifs».  Au contraire, elle considère qu’il ne faut pas hésiter à placer davantage, ce qu’elle appelle lutter contre « le refus d’accueillir les enfants ! ».

Une conception qui découle de sa volonté de rompre avec une « politique familialiste », jargon post-marxiste destiné à faire passer le message à banaliser les placements définitifs.

Post-marxiste car derrière ce terme se cache toute la conception de la famille comme instance d’aliénation et de reproduction sociale.

Pour un exemple qu’elle pense consensuel, Michèle Créoff se lâche : « Il y a un débat autour de la parentalité des handicapés psychiques ou des handicapés mentaux. Le critère doit toujours être l’état de l’enfant. Dans ce dernier cas, s’il n’apprend pas à parler, s’il n’apprend pas à lire, peut-être que le placement le lui permettra … »

Des propos terrifiants alors que le conseil général du Val de Marne place pour obésité avec des résultats catastrophiques. Quant aux handicapés psychiques, ce ne sont quelquefois que de simples dépressifs et la mode est au « bipolaire », voila donc une catégorie très large identifiée par les travailleurs sociaux pour les besoins de placement.

On pensait aussi naïvement que tous les enfants pouvaient apprendre à lire et écrire à l’école.

Pour Michèle Créoff, il faudrait placer ces enfants « d’handicapés psychiques ou mentaux ». Madame est trop bonne, sous l’Allemagne nazie ils étaient euthanasiés, en Suède ils étaient stérilisés, en URSS placés dans des camps.

Les expertises de Madame Michu

Une association de défense des usagers de l’administration évoque la question du répertoire ADELI sur lequel les assistants de service social, notamment, doivent s’inscrire pour pouvoir exercer.

Nous connaissons bien ce dossier au CEDIF pour y avoir travaillé. Nos chiffres sont différents, mais effectivement il apparaît que des rapports sociaux ont été rédigés par des agents non répertoriés et n’ayant donc pas qualité pour les réaliser.

Des rapports qui tiennent d’ailleurs souvent plus des commérages de Madame Michu (fautes d’orthographes en prime) que d’enquêtes sociales sérieuses.

Quant aux professionnels qui disent que cela n’est pas grave d’ignorer cette obligation légale, ajoutons que ces professionnels ne sont pas seulement des travailleurs sociaux, des magistrats adoptent le même discours !

Cette dérive favorise bien le mélange des genres : des travailleurs sociaux inscrits ou non au répertoire ADELI truffent leurs rapports socio-éducatifs de phrases relevant de l’exerce illégal de la médecine.

Pire des jugements les reprennent. Ainsi, nous avons un juge des enfants qui ose utiliser une formule telle que : « cette attitude interroge sur son état psychologique et sa capacité à se démarquer de son époux ». Voila donc un magistrat qui réalise sa propre pré-expertise et qui invite un expert d’un CMP à évoquer une malléabilité psychologique. Ce qu’il ne manquera pas de faire d’ailleurs !

Le cas de la fausse experte du tribunal de Périgueux est ensuite évoqué, mais n’hésitons pas à dire son nom : Régine Labeur. Nous avions d’ailleurs suivi cette affaire au moment des faits alors qu’une maman privée de sa fille, Madame Sylvie Bossu, s’était portée partie civile.

Une étrange conception du contradictoire

Il importait aussi de souligner la particularité de la procédure devant le juge des enfants. Et ce fut fait : les associations de défense des familles relèvent effectivement la grande difficulté à défendre des victimes face à des placements abusifs.

Alors que dans n’importe quelle autre procédure, la partie contre laquelle des griefs sont émis se voit remettre les pièces et conclusions de l’adversaire, la copie des rapports sociaux n’est pas remise aux familles. Au mieux ce rapport n’est consultable qu’une heure au greffe avant l’audience, sachant que l’ASE en rajoutera au dernier moment.

AINSI LA FAMILLE EST ACCUSÉE SANS SAVOIR DE QUOI ON L’ACCUSE.

Cette situation découle d’une conception tout à fait particulière de la justice des enfants que nous continuons à dénoncer depuis la création du CEDIF.

Enfin, la représentante de l’association de défense des usagers de l’administration est bien dans son rôle lorsqu’elle dénonce le coût des placements pour les contribuables. En moyenne de 150 euros par jour et par enfant dans un foyer, il peut aller jusqu’à 500 euros pour certaines MECS (Maisons d’enfants à caractère social), nous préparons d’ailleurs un dossier à ce sujet.

La filière du business social de l’enfance

Si les arguments à charge de l’ASE sont convaincants, les points abordés pouvaient cependant être plus exhaustifs, car il faut bien comprendre comment des familles entrent dans le collimateur de l’ASE.

Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas toujours l’ASE qui s’intéresse aux familles. Une propagande se développe invitant les parents à se tourner vers les structures des conseils généraux, le piège tendu est terrible, nous l’avons aussi décrypté. Une fois pris dans les mailles de l’aide, du conseil, de la  confidence, les familles se retrouvent sans le savoir dans un réseau piloté par l’ASE qui traite des « difficultés et mise en danger » jusqu’au placement et à sa perpétuation.

Par exemple « L’Enfance Catalane », une association satellite de l’ASE parmi tant d’autres, rencontre des parents au travers des dispositifs d’aide à la parentalité, à la scolarité, d’accompagnement social personnalisé, de médiation familiale. Mais elle réalise aussi des mesures de suivi des familles à domicile, des enquêtes sociales pour le département et les services de justice, elle gère des points de rencontre. Sans parler des collaborations croisées qu’elle établit avec d’autres structures.

L’ensemble de la filière dite protection de l’enfance est donc l’objet d’une véritable concentration verticale, avec une extension vers l’ensemble de la prise en charge sociale. Ceci est évidemment permis par la loi de 2007 et génère des conflits d’intérêts gravissimes alimentant ce qu’il faut bien qualifier de business social des placements.

Bien sûr il reste encore les expertises, mais sont elles si indépendantes quand des jugements prennent la forme de pré-diagnostic et que les experts travaillent pour des centres médico-psychologiques habitués à travailler avec les services du conseil général ?

Famille, un gros mot ?.

Pour Nexus, un représentant d’experts psychiatres aborde les nouvelles mauvaises raisons de placer des enfants. Parmi celles-ci le fumeux concept d’aliénation parentale.

Comment des travailleurs sociaux, des magistrats peuvent-ils mettre en avant ce « syndrome » ?

Mais tout simplement parce qu’il existe un lobbying en ce sens et que tout ce petit monde a assisté à des conférences sur le sujet.

Comme quoi le « n’importe quoi » ne tient à pas grand-chose, une conférence, un cocktail, un gueuleton, tant que l’excuse de placer est trouvée entre gens de bonne compagnie ….

Le psychiatre-expert bien connu aborde aussi la dénonciation du « familialisme », décidément il aurait convenu de rappeler le rôle de la famille comme première des institutions et de s’en tenir au principe de subsidiarité pour prétendre vouloir s’occuper de l’enfance maltraitée. Hors de cela les délires anti-familialistes sont plus redoutables encore que le pseudo syndrome d’aliénation parentale et ne conduisent qu’à banaliser la rupture assumée du lien familial. Rappelons que même en cas de défaillance des parents il existe souvent une famille capable d’accéder au statut de tiers de confiance et donc d’élever l’enfant, le code de l’action sociale et des familles prévoit d’ailleurs cette possibilité afin d’éviter un placement, mais ce dispositif est largement ignoré.

Mille affaires par an mal jugées par une seule personne !

Un ancien juge des enfants s’exprime ensuite, dans l’anonymat. Pourtant le début de l’entretien ne l’expose pas trop vis-à-vis de ses collègues. Il se plaint du manque de moyens de la justice, litanie habituelle …

C’est plus loin que le magistrat se lâche et assène quelques implacables vérités. Il reconnaît en effet des fautes de jugement, il ose même parler de l’ampleur des dégâts que font ces juges sous la pression de leurs convictions  : « Mille par an … ! Le nombre approximatif de dossiers qu’il gère. » 

Comment s’étonner alors de tous ces placements abusifs ?

Tour du monde de la maltraitance institutionnelle

La situation en Europe est évoquée avec le cas emblématique des internements administratifs Suisse, sur ce point le CEDIF est en relation avec les associations suisses et notamment avec Ursula Müller-Biondi évoquée dans le reportage et qui a eu l’amabilité de nous accorder plusieurs entretiens..

Nous avions aussi précisé la mesure radicale et nécessaire de liquidation du service de protection de l’enfance par Madame la gouverneur de l’Arizona.

La voix des victimes

Une maman témoigne de son calvaire face à l’ASE. L’enlèvement des enfants est scandaleux, déchirant, brutal et tout à fait injustifié, mais il relève d’un mode opératoire que nous connaissons bien. De tels témoignages nous pouvons effectivement en fournir en quantité et mettre en évidence les attitudes de travailleurs sociaux, des attitudes qui défient l’entendement pour ceux qui n’ont jamais eu affaire à eux.

Qui peut encore parler de simples dysfonctionnements ?

Une association locale de protection des familles est présentée.

Celle-ci précise sur son site  « … la majorité des travailleurs sociaux … oeuvrent pour protéger les enfants … Ce site ne concerne que les dysfonctionnements … ».

Une telle présentation passe à côté de l’analyse de la véritable nature de l’ASE.

C’est, en effet, ne rien comprendre au fonctionnement de la protection de l’enfance dans ce pays que de prétendre que les cas qui nous sont soumis relèvent de dysfonctionnements.

L’ensemble du dossier de Nexus donne d’ailleurs des arguments pour dire que la maltraitance institutionnelle dont se rend coupable l’ASE est un système.

Comment parler de dysfonctionnements alors qu’à la tête de l’ASE 94, le « familialisme » est mis en cause et que la pratique des placements, devant s’inscrire sur le long terme, est considérée comme allant de soi et ce au nom de l’intérêt de l’enfant ?!.

Comment parler de dysfonctionnements alors que des filières de placement sont mises en place donc sciemment construites au niveau des départements ? Que la pratique veut que bien des travailleurs sociaux se défoulent dans des rapports construits sur la base de convictions, interprétations voire de faux en écriture publique ?

On ne peut plus parler là de dysfonctionnements mais d’un système reposant sur des conceptions idéologiques et clientélistes profondément hostiles à l’institution familiale.

Lorsque l’on a compris cela, alors on peut comprendre la façon dont fonctionne l’ASE, la façon dont pensent et réagissent la majorité des travailleurs sociaux, lesquels sont formés dans ce moule.

Nous lançons un  appel à la nécessaire moralisation 

Si l’on s’accorde à considérer que la moitié des placements pourraient être évités, un pourcentage d’ailleurs tout à fait crédible, alors on doit en tirer des conséquences et ne réserver les foyers et familles d’accueil que pour des enfants réellement maltraités.

On ne s’étonnera pas que toute une profession soit dans le déni (à l’exception de quelques justes qui se sont exprimés dans nos colonnes) car il faudrait alors supprimer un emploi sur deux, fermer des établissements de l’ASE, mettre au chômage des travailleurs sociaux dans les associations et récupérer 4 milliards d’euros.

C’est cela, rien de moins que nous exigeons au CEDIF outre des poursuites contre un certains nombres de travailleurs sociaux responsables de ruptures familiales dans le cadre du business de l’enfance. D’autres associations nous suivront-elles dans cette voie ou préfèreront-elles prendre un café avec l’inutile « défenseur des enfants » ?

 Profession : travailleur social

Je suis une travailleuse sociale et je souhaite faire part de mon expérience au CEDIF, à travers mon récit vous pourrez vous rendre compte que la situation qui est faite aux familles est bien celle que vous décrivez, voire pire encore.

Je voulais aider les plus faibles

J’ai débuté ma carrière dans le social en 1989 en tant qu’aide médico-psychologique (AMP), ce profil de formation autorise essentiellement des interventions auprès d’un public handicapé. Selon le handicap la formation nous instruit sur les méthodes d’accompagnement, la finalité visant le bien être et le respect de la personne. J’ai toujours agit normalement avec les autres, à savoir : aider les plus faibles. C’est naturellement que je me suis dirigée vers les métiers du social.

Ma première expérience dans le handicap me permet à ce jour de différencier l’accompagnement des personnes : le handicap subit moins d’abus que l’ASE.

La maltraitance existe dans le handicap mais elle est reconnue et des actions sont mises en place pour corriger les fautes professionnelles. Dès le début de ma carrière je me suis opposée à toutes formes de maltraitances, j’ai commis des erreurs dues à la fatigue, un manque de savoir et de connaissances des pathologies de type psychiatrique qui nous placent dans des situations complexes et qui font peur. Cependant, je me suis toujours « dénoncée », si je puis dire et excusée auprès des personnes et leurs parents en mentionnant qu’ils avaient le droit de porter plainte si mes arguments leurs semblaient futiles.

Ceux qui aiment leur métier et ceux qui s’aiment tout simplement

 Ainsi de 1989 à 2002 je travaille avec un public handicapé, je change d’établissement, j’y retrouve les mêmes difficultés, des collègues qui aiment leur métier et d’autres qui s’aiment tout simplement. Les équipes sont formées d’AMP, moniteurs éducateurs et éducateurs spécialisés. L’AMP étant considéré comme inférieur aux autres.

Cette infériorité ne me dérangeait pas, j’ai toujours aimé être au plus près des personnes que j’accompagne, je me suis formée durant ces années de pratique : écrits professionnels, équithérapie, prévenir l’épuisement en relation d’aide, j’ai beaucoup lu et toujours cherché à comprendre les comportements des personnes, surtout pour convaincre les têtes bien pensantes que chacun a les mêmes droits et qu’il est important de ne pas faire à l’autre ce que nous n’aimerions pas qu’il nous fasse.

J’ai eu peu de contact avec les assistantes sociales à cette époque, elles s’occupent de l’administratif et des prestations, cependant il est vrai que n’étant pas sur le terrain, elles sont pour ainsi dire attachées à la Direction et de fait se donnent sans doute une importance de supériorité, certaines supervisent les admissions mais rien de comparable avec l’ASE.

Pour résumer le monde du handicap bénéficie plus étroitement des lois qui les protègent, rien n’est idéal mais ils sont reconnus et défendus, les Directions sanctionnent la maltraitance.

Du handicap à l’ASE : plongée dans la quatrième dimension du travail social
Dame ASE

DAME ASE COMME TU AS DE GRANDES DENTS

Ce que nous recevons comme information par les médias est malheureusement vrai, bon nombres de travailleurs sociaux sont maltraitants, cela ne vient pas du contenu de la formation, cela vient du paradoxe entre ce contenu et l’impossibilité de mettre à l’œuvre ces savoirs sur le terrain car les stagiaires se confrontent aux anciens qui n’ont pas envie de changer leurs « bonnes » habitudes.…….

Ainsi pour se faire une place il faut être solide et ne pas contrarier le référent de stage, en général…..

En 2002, j’obtiens un poste au conseil général, ASE. Je suis monitrice éducatrice, j’accompagne des adolescents placés. OUPS !!!!!!!

Très vite je suis en désaccord avec la responsable et l’équipe, les ados sont violents en permanence, ce n’est pas normal. Je m’intéresse de près à leur parcours, je demande à changer le règlement qui n’est pas adapté, j’encourage les nouveaux collègues et stagiaires à mener ce travail avec moi, je participe à des formations, je retransmets ces savoirs en réunion, je suis vigilante aux réactions mal traitantes. Rarement un ado s’est montré violent gratuitement, c’est toujours «  à cause de » et c’est sur ces causes que nous devons travailler.

L’enfant appartient à l’institution dans laquelle il est placé

Là, je côtoie les AS, elle sont référentes des ados, tout transite par la MDS (Maison des Solidarités), nous sommes tenus de les informer de tout, les écrits réalisés pour les audiences arrivent sur leur bureau, rien n’est vraiment modifié, elles se calquent sur ceux des établissements et les écrits ne sont pas souvent positifs.

En établissement, les parents sont inexistants, ils signent des documents qui sont censés les protéger et protéger leurs enfants.

Une fois placé, l’enfant appartient à l’institution qui en même temps veut s’en débarrasser quand il perturbe la pause café (excusez-moi les collègues mais ce sont des années de constats !!!).

Il doit se plier au règlement, sa vie est bouleversée. Non seulement il est retiré de sa famille, certes pour des raisons qui peuvent quelquefois se justifier, mais en plus, il est contraint de suivre le mouvement du groupe et la collectivité.

Son monde change radicalement, il perd tous ses repères.

PS : qu’un lecteur du métier me prouve le contraire…

La susceptibilité de l’assistante sociale

Le rôle des assistantes sociales (AS) diffère de celui de l’éducateur, la formation également, l’AS a gardé une position haute (lecture intéressante sur leur position dans un article nommé « regard sur cinquante ans de travail social : J.TREMETIN, lien social n°824, janvier 2007), nous devons souvent aller dans son sens, cependant elle a la responsabilité d’environ 50 dossiers et il n’est pas difficile, selon la situation de lui faire entendre notre point de vue.

Le plus difficile est de ne pas mentionner qu’à un moment donné elle n’a pas fait correctement son travail, même avec la plus grande délicatesse, l’AS le prendra très mal.

Personnellement je ne travaillerai jamais en Maison des solidarités, il est impossible d’aider dignement des personnes en difficultés quand des quotas de dossiers priment sur la qualité des actions, IMPOSSIBLE…

Le foyer, un « no parent land »

En établissement, pas de place pour les parents, ils sont dépossédés de tout,   c’est « all inclusive », certains apprécient que leurs enfants soient logés, nourris, blanchis et éduqués, ils ne comprennent pas en général pourquoi le placement perdure alors qu’ils ont tout pour être heureux !!!!

Les enfants se rebellent, la plupart refusent le placement. Ils ne l’acceptent que si l’échéance est respectée et qu’un retour est programmé.

Durant ce temps, la famille rencontre l’AS qui doit induire un changement chez les parents afin que les enfants rentrent dans de bonnes conditions. Mais elles n’ont pas le temps et les éducateurs n’ont pas mission à sortir de l’établissement pour mener un travail parents/enfants.

C’est ainsi que perdure le placement, l’enfant ne comprend plus et devient de plus en plus soumis ou agressif, personne ne comprend pourquoi « ils ne sont pas sages », bon sang, ils ont tout pour être heureux : séparés de leur mauvais parents, rythme de vie du style cinq fruits et légumes par jour, lever, repas, coucher, tout est contrôlé pour leur bien être, pas trop de bonbons, pas de coca ou peu, des activités, des chambres impeccables qu’ils doivent absolument nettoyer et ne plus y entrer pour ne pas les salir, des vêtements choisis par les éducateurs, du pratique et c’est l’argent de l’État entendent-ils parfois !

L’enfant crie, mais personne ne l’entend

Ah le côté matériel de la situation occupe beaucoup, c’est  l’essentiel : la  raison du placement. La venue des troubles du comportement est peu élaborée, ainsi les enfants restent avec leur souffrance initiale, les parents n’ont pas compris pourquoi leurs enfants sont placés et pourquoi ils ne sont pas non plus « sages » dans l’établissement. L’enfant tente de crier sa souffrance, de dire ce qu’il subit : humiliations, rejet, insultes, coups mais personne ne l’entend.

« On se dit par exemple qu’il mérite d’être aidé, que c’est justement de votre aide dont il a besoin et qu’il se montrera à coup sûr profondément reconnaissant, attaché, soumis en réponse au moindre secours, c’est avec de telles imaginations qu’on dispose des nécessiteux comme d’une propriété, de même que c’est par ce désir de posséder qu’on se montre bienfaisant et secourable », Paul Fustier, parole de Nietzche, p 47.

J’ai toujours « bondit » sur ces pratiques, j’ai dénoncé mais là encore pas de réelle prise de conscience par la hiérarchie, je suis identifiée comme trop gentille, « tu ne peux pas sauver tout le monde, il faut prendre de la distance, tu t’impliques trop, tu ne fais pas confiance à tes collègues », j’ai même entendu de ma hiérarchie «  je m’inquiète pour toi, tu as des visions », cette même personne s’est acharnée sur un enfant qui est maintenant placé en Belgique…

Trop impliquée donc mutée

De fait, je suis mutée au service jeune majeur, hors de l’établissement. Je n’ai qu’un collègue, bien ancré dans ses pratiques « ancestrales », bien évidemment je provoque le changement, difficile les premiers temps, le binôme fonctionne ensuite très bien.

Nous travaillons sur la problématique initiale qui pour aucun d’entre eux n’a pas été élaborée, ces jeunes traînent leur fardeau de placement depuis des années. Ils parlent de leur souffrance en institution, en famille d’accueil, chez eux, tous souhaitent comprendre leur parcours. Les AS, toujours débordées nous laissent carte blanche, le projet est bien ficelé et difficilement rejetable, plus question de menacer les jeunes majeurs d’être virés si ils ne sont pas sages…

De 2007 à 2011, les jeunes majeurs trouvent en majorité un emploi, comme quoi c’est possible. Mais pas sans mal car Dame chef cherche des failles, enfin dit-elle, ils ont trop de liberté, trop de moyens, vous êtes trop gentils……

Comme je l’envoie balader, elle use d’autres stratégies et me déplace dans un service où je vais intervenir dans les familles. Le service jeune majeur est bousillé !!! à la demande de Dame chef, perverse narcissique qui n’a pu me faire obéir. Le pouvoir entre de telles mains est une horreur.

Les pires, les plus insensibles, feront carrière

Pour moi toujours le même refrain, trop de gentillesse, pas de recul…

Bien évidemment je ne traverse pas ces années sans peine, quelques états dépressifs, du pain béni pour les pervers.

Mais je remonte toujours en selle, je fais de la formation, je m’aperçois que les étudiants sont saints en arrivant, au retour de stage, ils sont choqués des pratiques, je les informe des recours, ils sont reçus par le centre de formation et l’établissement et menacés gentiment de ne pas avoir une bonne note, ben oui ils sont aussi trop gentils !!!

D’autres sont insensibles, ceux là auront leur diplôme, ben oui eux ils ont déjà pris la bonne distance. Les autres aussi mais ils sont déjà abîmés en début de carrière.

J’ai fait de la formation 4 années, j’ai changé ma stratégie et j’ai armé les étudiants à déjouer les pièges, j’en parle car je démissionne des centres avec les quels je travaille, non pas que ce n’est pas intéressant mais j’ai besoin de temps pour mener d’autres missions.

Dans les familles

Continuons…. Je suis actuellement intervenante à domicile, mon rêve : enfin agir là ou le problème se pose. En lien direct avec les AS, je découvre ce qui est fait dans les familles avant le placement ou pour un retour accompagné en famille. Belle perspective, coût fortement réduit, assez de temps pour mener à bien ma mission.

De nombreuses mesures d’accompagnement sont proposées aux familles, administratives ou judiciaires, je me rends compte que les familles sont mécontentes de ces prestations et ça, depuis le début, soit en 2011. Elles se plaignent du peu d’interventions, une à deux fois par mois, et de la façon dont les professionnels s’adressent à elles.

La mienne est simple et naturelle, pas de jugement, du respect, une confiance et le travail s’enclenche. Forte de mon expérience je dépanne les collègues qui ont trop de mesures, j’ai déjà calculé le temps qu’elles pouvaient accorder aux familles, il se résume à 20 minutes par mois, certes mais pas utile d’être désagréable et de placer les enfants parce que les parents vous harcèlent de coups de téléphone.

Ils veulent transformer les parents

Ces parents, extraordinaires, souvent, car à leur place je serai devenue dingue, sont toutefois prêts à renouer des liens avec le social, ils se remettent en cause, évoluent, comprennent leurs faiblesses et leur influence sur leurs enfants, ça marche en général. Sauf que certains professionnels se sentent investis d’une mission : celle de rendre ces parents comme ils voudraient qu’ils soient, dès lors leur attitude dérange les parents, ils me réclament et là : entretien avec la hiérarchie, trop de si trop de là…

« Un professionnel en renonçant exceptionnellement à l’asymétrie du lien se dévoile dans sa simple humanité ; il se montre un Homme ordinaire qui renonce à être plus ou à être supérieur, ou à être en position dominante, Fustier p104. » 

Mes rapports sont corrigés 

Je m’enlise, je fais tout simplement mon travail, les familles savent que je ne suis que de passage, ma hiérarchie pense que «  je m’appelle Rémi et je suis sans famille », que je fais alliance avec les parents contre l’ASE, c’est désespérant de travailler avec des personnes aussi peu instruites dans leur domaine.

Mes rapports sont corrigés, il ne reflètent plus la réalité, les parents sont accusés à tort, les enfants sont retirés sans préavis parfois, c’est l’horreur.

Nous avons étudiés les besoins fondamentaux de l’enfant, la séparation est un traumatisme, d’autant qu’ils ne sont pas souvent aimés ailleurs, ben oui on peut pas, la distance.

C’est le travail social sous l’emprise de la purification : «  une purification qui insiste sur le service rendu en tant que tel, sur son caractère objectif (j’ajoute : les prix de journées), si l’on peut dire éliminer les impuretés de l’affect que produit le lien au profit d’une asepsie du service sans débordements. », Fustier p 65. 

Conseil général ou cancer généralisé ?

Je ne suis pas étonnée des chiffres de placement qui n’ont pas lieu d’être, un parent dit du conseil général que c’est le cancer généralisé, je suis d’accord.

Merde nous sommes formés pour aider, pour maintenir la famille debout, pourquoi, dans quel but retirer des enfants ou ne pas les rendre ?

L’argent, les postes, c’est comme cela que ça fonctionne et pourtant si les établissements laissent la place aux interventions à domicile, ça coûte environ 60 euros par jour et par enfant au lieu de centaines d’euros.

Sans lieux de placements, les chefs ou collègues qui ont le placement facile se trouveraient ennuyés et laisseraient les enfants chez eux avec des intervenants à domicile.

Mais il faut des structures d’accueil car il existe des parents qui n’ont pas la capacité d’assumer leurs responsabilités et qui ne sont pas prêts de l’acquérir.

Je serai d’ailleurs curieuse de savoir quels parents peuvent devenir les enfants placés qui ont parfois subi pire que chez eux, facile de dire qu’ils reproduisent, il reproduisent quoi, la maltraitance de leurs parents ou celle des institutions ?

Attention je ne dis pas que nous ne servons à rien, nous les travailleurs sociaux, la misère sera toujours présente, la planète des bisounours n’existe pas !

Seulement si vous en avez marre de payer de impôts pour les cas sociaux faîtes votre job correctement, n’ayez pas peur du chômage, malheureusement, on n’y sera jamais au chômage, ben non ça voudrait dire que nous aurions trouvé la planète des bisounours.

Allez quoi, réagissez si vous vivez la même chose que moi en tant que travailleurs sociaux. Faisons comme les parents, l’union fait la force, pensez à vos enfants et dîtes comment vous réagiriez si c’était vos enfants que l’on traitait comme cela. 

Alors est ce que j’aime mon métier ? OUI, c’est le plus beau du monde, je croise des regards qui valent de l’or, oui j’aime les gens, oui j’ai de la compassion pour le genre humain, non je ne suis pas fataliste, tout le monde a droit à l’erreur et n’oubliez pas chers collègues, vous ne faîtes pas de bénévolat, vous avez un contrat de travail qui stipule vos obligations, vous êtes rémunérés pour aider pas pour détruire, pensez vous qu’il existe, le jugement dernier ?

PS : si vous bondissez à la lecture de mes propos, questionnez vous, il n’y a que deux choix possibles :

Me rejoindre pour ne plus vivre ces injustices quotidiennes

Vous identifier comme bourreau d’enfants.

Une autre peut-être : si j’ai faux, prouvez le contraire, pas d’éternels refrains sur la difficulté de notre emploi, des horreurs que l’on voient…. ça on le sait, on a choisi ce métier et il n’y a pas de travailleurs sociaux chez Harry Potter !

Les juges des enfants à l’écoute des assistantes sociales

Passons au JE : très honnêtement, je n’ai jamais eu de peine à obtenir une main levée, à condition que mes rapports ne soient pas modifiés par ma hiérarchie en accord avec l’ASE.

Par contre si je révèle des anomalies, je ne peux rien faire, je suis parfois évincée de l’audience, la majorité l’emporte.

Je ne peux contacter directement le juge, les AS oui, il serait important que les éducateurs qui suivent de près la mesure soient entendus avec les parents et ou l’enfant avant l’audience.

Tous les juges pour enfants que j’ai côtoyé s’appuient sur les rapports, pourquoi ils ne suivraient pas ce que préconisent les professionnels ? A la lecture de certains rapports, le placement en urgence est sa seule alternative.

C’est le système qui doit changer, il serait à mon sens plus judicieux que le JE s’appuie sur une audience avec les parents et les enfants et qu’il ordonne aux travailleurs sociaux des directives de changement avec un calendrier signé par les parents et les professionnels pour vérifier le temps passé en famille.

tampon CEDIFLe développement du CEDIF implique la création et l’essor de structures locales dont l’objet est de regrouper des bénévoles, des parents, des familles par départements.

Comme vous le savez notre objet est la défense de l’institution familiale et de l’enfance, ce qui nous a amené à dénoncer de trop nombreuses mesures mises en place par la mal-nommée « Aide Sociale à l’Enfance ».

Les associations locales du CEDIF pourront agir sur le terrain en fonction des réalités particulières de chaque département.

C’est en effet département par département que nous pourrons mettre en évidence de mêmes maltraitances institutionnelles réalisées par de mêmes structures et de mêmes travailleurs sociaux. Voila pourquoi l’organisation de nos forces ne peut se concevoir que localement.

Nous pouvons ainsi attirer l’attention sur des situations faites aux familles dans un but de dénonciation et de propositions afin de faire avancer la cause de l’enfance et la préservation des liens familiaux. Au-delà il s’agit aussi de moraliser la profession de travailleurs sociaux en exigeant que toute atteinte aux droits des familles soient sanctionnées.

Nous lançons particulièrement cet appel pour les départements 11, 66 et 18.

Vous pouvez nous contacter à : pregentil@yahoo.fr

anger1CEDIF : Bonjour Mme S. Vous nous avez contacté pour nous parler de vos déboires avec les services ASE de votre département.

Mme S : En effet, je vous ai écrit sur mon expérience professionnelle avec l’ASE en tant que famille d’accueil. J’ai été salariée du Département de 2005 à septembre 2013 (soit 8 ans). De plus J’ai dans le même temps été formée en 2010 au diplôme d’état d’assistante familiale et je l’ai obtenu.
En 2013, j’ai été licenciée de mon travail de famille d’accueil par le département.

CEDIF : Que s’est-il passé ? Pouvez-vous préciser les motifs de votre licenciement par l’Aide Sociale à l’Enfance ?

Mme S : Oui, voici les motifs officiels :

- Je ne présente pas les conditions d’accueil propres à garantir la sécurité, la santé et l’épanouissement des enfants : mon logement serait trop petit. Pourtant je suis propriétaire de mon logement depuis 15 ans et j’y ai toujours accueilli dans les même conditions sans que cela ne pose problème.
– Je ne communique pas suffisamment avec le service. En fait c’est tout le contraire : je les ai trop sollicité justement).
– Je ne suis pas en capacité à prendre en compte les besoins particuliers de chaque enfant.
– Je n’ai pas respecté le secret professionnel.
– Je tutoie les parents.

En réalité j’ai été licenciée suite à un litige avec le médecin de PMI et ma responsable de service. J’avais demandé une majoration de salaire comme mon statut le permettait. J’avais fait cette demande par ce que je m’occupait depuis deux ans d’une petite fille handicapée que personne du service ne suivait, même pas le médecin de PMI. La petite était arrivée à 18 mois à mon domicile et en deux ans jamais le médecin de la PMI ne l’avait reçue.

Ce médecin et ma responsable ont exigé ma démission, j’ai refusé. Un rapport diffamatoire a été rédigé à mon encontre et mon agrément m’a été retiré.

J’étais syndiquée et j’avais le soutien du médiateur interne au département. Personne n’a rien pu faire afin que l’on ne me retire pas mon agrément.
Malgré les recours gracieux, j’ai dû saisir le tribunal et prendre un avocat.

CEDIF : Parlez-nous de votre travail en tant que famille d’accueil.

Mme S : Pendant ma fonction j’ai accueilli des enfants venant de tous horizons avec des histoires bien particulières. Malheureusement, je me suis vite aperçu que les services l’ASE avaient des discours et des méthodes de travail qui laissent dans le questionnement..

CEDIF : Que vous demande-t-on par rapport aux parents ?

Mme S : On nous demande de maintenir des distances avec les parents, ce qui est parfois difficile, car nous sommes souvent amenés à accompagner les enfants au domicile des parents, ou bien on se donne RV dans des gares ou sur des parkings de centres commerciaux.
Ces accompagnements ont souvent lieu, les week-end, nous sommes seules face à des parents qui sont parfois agressifs car ils sont contre ce « système ».
Pour ma part j’ai toujours essayé d’avoir une bonne relation avec les parents, afin d’éviter des situations conflictuelles ou d’agressions physiques et verbales.

CEDIF : l’Aide Sociale à l’Enfance l’acceptait-elle ?

Mme S : Si vous avez le malheur de dire que ça se passe bien avec les parents, que vous avez bien échangé, discuté un petit moment et que tout va bien….on vous dira que vous êtes trop proche d’eux et vous accusera de « copiner » avec eux. Pourtant, il est normal, qu’avec le temps une relation et des liens se créent. MAIS c’est interdit, il ne faut pas.

J’ai toujours travaillé de façon à ce que l’enfant soit restitué aux parents d’origine.
Mais l’ASE ne l’entend pas de cette oreille. Ils souhaitent souvent que le placement dure.. Quitte  à retirer l’enfant de la famille d’accueil et à le placer ailleurs.

CEDIF : Etiez-vous soutenue et même « évaluée », « contrôlée » par le service social dont vous dépendiez ?

Mme S : Il y a une absence totale ou rare d’accompagnement. Il en va de même pour les enfants que nous accueillons. Aucun enfant que j’ai accueilli à mon domicile n’a jamais été suivi par le service de PMI dont je dépendais.
De temps en temps, une éducatrice prend des nouvelles par téléphone, si elle a le temps elle rendra visite au domicile, ce qui est plutôt rare. Car souvent ils sont en formation, en RTT, en réunion ou en arrêt maladie. À vous de vous débrouillez seule.
Les familles d’accueil sont maltraitées, on n’est pas entendu, ni soutenu en tant que professionnels.

Lorsque j’étais en formation du DEAF (formation de 18 mois et qui est obligatoire suite à la loi de 2007) il fallait que l’ASE trouve un mode de garde (garderie ou relais chez une collègue) pour l’enfant qui était placé à mon domicile, afin que je puisse aller en cours.

Une éducatrice qui me dénigrait s’est permis de me dire que j’étais payé pour garder l’enfant et non pour jouer les étudiantes.

CEDIF : Comment viviez-vous ce manque de suivi ?

Mme S : Beaucoup de mes collègues sont parties en dépression, ou ont démissionné. Elles sont aussi en procédure judiciaire contre le département, car ces dernières années les conditions de travail se sont dégradées. D’avoir une grande gueule dans ce métier peut porter préjudice et on vous met une fois de plus Hors Service.

CEDIF : Quel est votre sentiment vis à vis des services de protection de l’enfance ?

Mme S : Les responsables tiennent des discours contradictoires, vous disent de travailler d’une façon puis ensuite de travailler autrement. Un coup blanc, un coup noir. J’ai rencontré des professionnels (ils sont rares) qui aimaient leur métier et faisaient les choses comme il faut mais surtout de façon juste. Les bons professionnels finissent par demander des mutations de services car ils sont dégoûtés.

Les familles d’accueil doivent travailler les yeux baissés (soumission) et toujours aller dans le des responsables. Et si vous avez le malheur de rompre cette loi du silence, on vous met Hors Service.
Les familles d’accueil travaillent la peur au ventre..
L’ASE fait de l’abus de pouvoir. Tous les coups sont permis.
Il y a un manque d’humanité, et de gros dysfonctionnements, et ce sont les familles d’accueil et les enfants qui ramassent.

CEDIF : Merci Mme S de votre témoignage. Nous vous souhaitons de réussir votre reconversion et d’obtenir gain de cause auprès du tribunal.

Mme S : J’ai reçu la réponse du Conseil général, on me refuse l’agrément d’assistante maternelle.
Pourtant, le contact s’était bien établi avec l’organisme qui avait donné un avis favorable à ma demande d’assistante maternelle.
Mais lors de notre dernier entretien, la responsable de l’organisme en question m’a avoué à demi-mot qu’elle avait subi des pressions de la part de la hiérarchie. Elle m’a confié que c’était la 1ère fois qu’elle se retrouvait à gérer une demande aussi compliquée, au vu de mes antécédents de retrait d’agrément de famille d’accueil.
Pour moi cette personne, a été très professionnelle, elle voulait absolument me rencontrer, pour m’aviser de son rapport, mais malheureusement m’avait prévenu qu’il n’y aurait pas une suite favorable, compte-tenu des barrières qui me sont mises . Mais je continue à me battre.

Monsieur ou/et Madame XXXX
ADRESSE

Téléphone :
Adresse mail :

Monsieur (Madame) YYYYYY
Défenseur(e) des Droits 
Adresse

Le……………………..

Objet : Demande de rendez-vous

Monsieur (ou Madame) Le Défenseur des Droits,

J’ai (ou Nous si au nom des deux parents) l’honneur de solliciter votre attention sur le cas de mon enfant, ZZZZZZ, actuellement placé par les services de l’Aide Sociale à l’Enfance de…………. depuis le …………………..

Je suis détenteur de l’autorité parentale sur mon enfant, pourtant :

EXEMPLES DE DYSFONCTIONNEMENTS non exhaustifs de l’ASE à citer en fonction de votre situation :

  •  Je n’ai pu voir mon enfant (mon petit-enfant pour les grands-parents) que …. heures, …. jours en….. . Mes droits de visite ne sont donc pas honorés.
  •  Je n’ai pas été informé ni consulté du moindre Projet pour l’Enfant concernant mon fils, ma fille, alors que ce projet est obligatoire.
  • Je ne peux pas avoir accès au carnet de santé de mon enfant et je ne suis pas informé de son état de santé.
  • Mon enfant s’est plaint de …………………………… sans être entendu.
  • Les courriers et communications de mon enfant sont interceptés (notamment communication avec son avocat)
  • Je n’ai pas accès à ses carnets scolaires, notes, cahiers et mes souhaits d’orientation, de soutien ne sont pas pris en compte.
  • L’Aide Sociale à l’Enfance émet à mon encontre des rapports calomnieux, mensongers contre lesquels je ne puis me défendre puisque ces rapports sont systématiquement donnés à la Juge Des Enfants, la veille du jugement,. Mon droit au contradictoire n’est donc pas respecté.
  • Les services de l’Aide Sociale à l’Enfance m’accusent sans aucune preuve de : ……………………. sans toutefois ouvrir une enquête qui permettrait de confirmer ou d’infirmer ces graves accusations.
  • Les services de l’Aide Sociale à l’Enfance restent sourds à mes demandes de rencontre pour que je puisse faire valoir mon point de vue.
  • Etc …

Je tiens à votre disposition les documents qui prouvent ce que j’avance.

Je souhaite vous rencontrer pour expliquer plus avant la situation de mon fils (fille) YYYY dans l’intérêt de celui (celle)-ci et je vous remercie de me fixer un rendez-vous.

Veuillez agréer, Monsieur (Madame) le (la) Défenseur(e) des Droits, mes respectueuses salutations.

Votre prénom, nom et signature

Noëlle se propose de centraliser vos demandes : une fois que vous aurez envoyé votre lettre, vous pouvez lui destiner une copie à :  delvarre.noelle@yahoo.fr  06 42 41 52 68

bundes Une pétition pour l’enfant

Une pétition circule actuellement sur le net depuis plus d’un an (http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2011N18354) et dénonce un « désintérêt supérieur de l’enfant » par nos institutions.

Nous ne disons rien d’autre au CEDIF lorsque nous constatons les attaques de travailleurs sociaux contre les familles avec les effets dévastateurs de telles attaques devant la justice résultant en mesures de harcèlement contre des parents, en des placements condamnant l’avenir de nos enfants.

Il nous est alors venu à l’idée que nous pourrions soutenir une telle pétition, mais il ne faut pas s’arrêter au titre. En continuant notre lecture nous réalisons que les pétitionnaires en appellent à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant avec la notion « d’intérêt supérieur de l’enfant ».

Oups non, une pétition pour des moyens financiers supplémentaires

Mais une lecture transversale nous fait tomber sur une formule pour le moins gênante :

« La loi de 2007 a amorcé une déjudiciarisation de la Protection de l’Enfance, conférant au Président du Conseil Général des missions jusque-là réservées à l’État, par le biais de la Protection Judiciaire de la Jeunesse ; cela sans moyen financier supplémentaire. »

Et là nous avons la nette impression d’avoir lu un gros mot : « MOYEN FINANCIER SUPPLÉMENTAIRE ».

Puis plus loin :

« Ainsi, ces cinq dernières années, le nombre de placements d’enfants effectués par notre service dans le cadre de notre mission a été multiplié par quatre. »

Nos signaux d’alarmes s’affichent :  quatre fois plus de placements en cinq ans !

On parlait déjà il y a cinq ans de placements abusifs et l’augmentation des placements n’a en rien enrayé les cas de réelles maltraitances.

Une instrumentalisation de l’intérêt de l’enfant au nom de l’intérêt des placeurs 

De qui peut donc émaner une telle pétition dont la première revendication est l’obtention de moyens financiers à la charge des contribuables sous couvert de l’intérêt de l’enfant ?!!

La réponse figure dans le texte : l’association Olga Spitzer à travers un de ses services qualifié de « Pôle Investigation » à Evry chargé des mesures d’IOE (Investigation et Orientation Éducative).

L’objet de cette pétition utilise donc le paravent de l’intérêt supérieur de l’enfant pour que cette association bénéficie de moyens supplémentaires.

Voila qui tient de la manipulation habituelle des sévices sociaux, mais puisque nous sommes désormais habitué au décryptage des sophismes usités par lesdits sévices, observons un peu l’articulation de celui-ci.

Décryptage
D’abord présentation de l’association Olga Spitzer comme une véritable institution reconnue par la justice pour son expertise.

Ce service de l’association Olga Spitzer à la recherche de gogos signataires en dehors de son cercle de travailleurs sociaux précise bien son caractère d’utilité publique (à vérifier à ce qu’il paraît)  et mentionne  être chargé de ses missions par les juges des enfants du TGI d’Évry qui attendraient d’elle un « éclairage pluridisciplinaire (social, éducatif, psychologique voire psychiatrique) sur le fonctionnement de la famille ».

Prétendre être les porte-paroles de la profession et des magistrats de l’enfance pour dénoncer le remplacement de l’IOE par la MJIE (Mesure Judiciaire d’Investigation Éducative).

On imagine le succès populaire d’une pétition qui exprimerait le rejet de la MJIE pour le retour à l’IOE avec les manifestations qui vont avec et les calicots rouges et les slogans du type : « MJIE non non non, IOE oui oui oui».

Les services d’Olga Spitzer s’empressent donc de préciser :

« Bien évidemment, ce n’est pas le changement de dénomination qui nous pose problème, mais la diminution des moyens humains et financiers qui sanctionne ce changement et qui va obligatoirement avoir des conséquences dramatiques sur la qualité de notre prestation auprès des familles, et prioritairement des enfants. »

Moins de personnels et de budget = dégradation de qualité de prestation auprès des familles

Qui peut encore croire de telles balivernes quand on sait de quelle façon les enquêtes sociales peuvent être menées. Comme le disait une responsable des services de l’ASE à une parente, ce sont les moyens importants dégagés par notre département au service de l’ASE qui nous permettent d’avoir un taux de placement supérieur à celui des autres départements.

L’évidence est que la question n’est pas celle des moyens financiers mais celle des pratiques. Des pratiques très largement condamnables menées dans la plus parfaite impunité. Nous ne comptons plus au CEDIF le nombre de procédures pour faux que des parents entendent lancer et qui n’aboutiront pas car les travailleurs sociaux, lorsqu’ils sont acculés, peuvent encore prétendre s’être trompés de bonne foi pour tenir les propos qui se révèlent calomnieux.

Les moyens sont devenus un argument justifiant des investigations complètement partiales. Les travailleurs sociaux pourront toujours prétendre ne pas avoir eu les moyens de faire une enquête sérieuse.

Autrement dit, l’argument du manque de moyens permet de gagner à tous les coups et de justifier des mesures abusives. Une fois l’argument entendu, les moyens financiers supplémentaires permettront de mettre en place davantage de mesures.

Le reste de l’argument relève de petits comptes de bureaucrates tout à fait indécents qui laissent supposer des pratiques en évolution, en effet puisque désormais seul le premier enfant placé d’une fratrie permet de bénéficier d’une tarification pleine, alors que les autres sont comptés pour moitié, doit-on s’attendre à une baisse de placement de toute une fratrie ?

Vous n’avez rien compris à ce calcul ? C’est normal, la comptabilité des placements et des mesures est parfaitement indigeste.

On va détruire des emplois !

Des travailleurs sociaux au chômage, on va sortir les mouchoirs, mais rappelons nous que cette pétition date d’avant les présidentielles et vise à obtenir des gages du prochain gouvernement :

« Mais déjà, certains services se sont vu notifier leur fermeture ou leur cession, réduisant au chômage des professionnels … »

Quand même c’est si beau un service qui ferme !

Les familles ne vont plus respecter les travailleurs sociaux !

« Notre service fait le constat que bon nombre de situations auraient pu être prises en charge beaucoup plus tôt par les services judiciaires, certains parents collaborant en surface aux mesures d’accompagnement éducatif proposées. Or la symbolique de l’autorité judiciaire a un effet auprès des parents qui se retrouvent, de façon provisoire ou pérenne, en situation de défaillance parentale. »

En clair, les services d’Olga Spitzer craignent que la baisse des mesures judiciaires au bénéfice de mesures administratives conduise les parents à ne pas reconnaître leur « défaillance parentale » et donc à ne « collaborer (qu’en surface » aux mesures décidées, alors qu’en réalité selon l’expression consacrée par les sévices sociaux, ces parents seraient dans le DÉNI. Décidément en affaiblissant la mesure judiciaire, les parents ne vont plus se sentir, se montrer arrogant, ils oseraient même saisir le CEDIF ou parler de leur affaire sur Internet. Où va-t-on ??

La note idéologique pour conclure

hollandeLa pétition datant de quelques mois avant l’élection d’un certain Hollande, l’appel au rassemblement autour des valeurs du collectif (isme) est lancé.

L’enfant n’est conçu à travers cette pétition que comme un être en danger dans sa famille et a contrario en sécurité auprès des travailleurs sociaux, qu’ils exercent auprès des établissements scolaires, des PMI, dans antichambres du placement. L’enfant laissé à l’éducation familiale est présenté comme sacrifié, jouet de déterminismes culturels à dissoudre, comment expliquer sinon cette conclusion ?

Une société qui sacrifie ses enfants sur l’autel des économies budgétaires se réserve des lendemains qui déchantent. Quels adultes en devenir, déstructurés, inaptes à la collectivité et au respect du bien commun sommes-nous en train de façonner ?

Comment une profession dont certains membres ont abîmé l’avenir de nos enfants peuvent-ils oser tenir de tels propos ! La honte ne leur monte-t-elle pas au joue, quelle sorte d’êtres humains peut considérer comme une évolution normale de la société la multiplication par quatre des placements en cinq ans ?

N’est-ce pas là le véritable sacrifice de nos enfants ? Quant aux adultes déstructurés, quel avenir pour les enfants placés ? Nous savons qu’un grand nombre sont devenus clochards, ne serait-ce donc pas l’ASE et les associations satellites qui déstructurent les adultes en devenir ?

Enfin la dernière partie de la conclusion assène le projet sociétal bien à gauche et antilibéral pour qui n’aurait pas encore compris la logique collectiviste de tout le propos précédent :

« Jamais n’avons-nous eu le sentiment si prégnant d’être confrontés à des discours politiques en tel décalage avec la réalité des situations et des besoins, à l’aune d’une société dont l’urgence semble être celle de devoir gérer les enfants et de rassurer les marchés. »

Ce crachas sur la société de marché et sur la « gestion » des  enfants est un crachas sur une société qui n’existe pas dans ce pays mais que les services de l’association Olga Spitzer entendent combattre comme repoussoir.

Un véritable société de marché serait une société dans laquelle ceux qui n’ont rien à proposer pour satisfaire les besoins de la population disparaissent. Eh oui qui paierait pour des services qui ne profitent qu’à ceux qui les dispensent ?

Qui paierait 8 milliards d’euros par an pour les services de la protection de l’enfance qui abime des gosses dans des placements ou qui les laisse aux mains d’un ou de parents tortionnaires ? Quant à gérer des enfants sans passer par les travailleurs sociaux, cela s’appelle tout simplement éduquer et c’est là la première prérogative des familles, nous nous battrons pour que cela le reste.

La famille Wentzinger telle qu'elle doit être à nouveau réunie

La famille Wentzinger telle qu’elle doit être à nouveau réunie

Beaucoup de parents se demandent comment une famille peut se retrouver aux prises avec les « services sociaux de la protection de l’enfance », à travers les différentes affaires dont nous nous faisons l’écho nous démontrons que placements et maltraitance n’ont pas nécessairement un rapport. Cependant le placement en tant que tel lorsque rien n’est à reprocher aux parents est une maltraitance sur enfant.

Nous donnons aujourd’hui la parole à un papa et à une maman séparés de leurs cinq enfants tous placés dans des familles différentes, vous comprendrez mieux en les lisant comment la moindre faiblesse peut être exploitée pour détruire votre famille.

Bonjour Monsieur et Madame Wentzinger, pouvez-vous nous parler de votre famille avant qu’elle ne soit dispersée par la volonté des services de la protection de l’enfance (ASE) ?

Monsieur et Madame Wentzinger : Nous avons vécu dans la joie de fonder une famille toujours plus grande et très unie. Nos cinq tous petits vivaient dans l’harmonie sans violence physique et verbale entre eux, ni envers les autres enfants. La tendresse, l’écoute, la patience, le dialogue et l’échange, entre parents et enfants, et entre parents, nous ont toujours permis de satisfaire les souhaits et besoins de nos petits trésors. L’ASE nous le dit sans l’écrire, dès que vos enfants sont ensemble, ils se retrouvent unis, malgré une séparation forcée entre tous les frères et sœurs dès le début du placement.

Considérez-vous que l’ASE a profité de moments de vulnérabilité au sein de votre couple pour vous manipuler et vous tromper ?

Madame Wentzinger : J’ai vécue une situation professionnelle très difficile en tant que professeur, sans en aborder ici les détails, cette situation m’a conduite à un épuisement physique et nerveux extrême et même à une bouffée délirante. Alors que je sombrais, les services sociaux de la protection de l’enfance, via la PMI ont voulu se présenter comme un refuge : ils m’ont accueilli et poussé à porter des accusations contre mon mari. Des accusations non fondées selon la juriste de l’association d’aide aux victimes d’infraction pénale et la policière, mais suffisamment bonnes à prendre pour l’ASE.

Vos enfants étaient-ils suivis médicalement et des attestations ont-elles pu être établies ?

Monsieur Wentzinger : Tous nos enfants alors âgés de 1 à 6 ans jusqu’au jour du départ de ma femme du domicile, bénéficiaient d’un suivi pédiatrique mensuel. Les certificats médicaux ne laissaient pas apparaître le moindre problème contrairement à l’ASE et au juge qui évoquent  de graves troubles psychomoteurs à tous nos enfants dès leur arrivée à la PMI.

Monsieur et Madame Wentzinger : Nos enfants ont alors subi des suivis lourds et abusifs jusqu’à provoquer un décrochage scolaire. Ainsi notre fille aînée a perdu la faculté de lire après être placée. Le fait de voir d’autres enfants présentant des troubles manifestes du comportement l’a beaucoup perturbée. Nous avions alors demandé des soutiens scolaires, mais ils ont été refusés par l’ASE et le juge.

Mais alors, en dehors d’accusations tenues dans un état second et depuis infirmées, sous quels prétextes vos enfants ont-ils été placés ? 

Madame Wentzinger : Deux mois après mon arrivée au centre d’hébergement, des agents de l’ASE m’ont dicté une lettre infâme. C’est sur cette base que nos petits ont été placés, il a été jugé qu’ils vivaient dans un climat de violence conjugale et qu’ils souffraient de troubles psychomoteurs. Ces éléments ont été retenus sans être corroborés et sans le moindre certificat médical à l’appui. 

Monsieur Wentzinger : Le jour de l’audience j’ai été hospitalisé pour choc émotionnel, le juge n’a pas trouvé bon de me convoquer à nouveau pour m’entendre.

Madame Wentzinger : Trois mois plus tard et cinq mois après mon départ du domicile, alors que mon état de santé était encore fragile, nos cinq enfants sont placés dans cinq familles d’accueil toutes très éloignées les unes des autres et de notre domicile.

Vous avez déposé plainte contre l’ASE pour dénonciation calomnieuse, que leur reprochez-vous dans le cadre de la procédure mise en place et comment votre plainte a-t-elle été accueillie ?

Monsieur Wentzinger : Six mois après la première audience, et alors que le conflit parental est savamment entretenu par l’ASE et l’avocat de la maman, un fax arrive au tribunal le jour même de la deuxième audience. Ce fax, rédigé la veille par l’ASE, évoque de graves violences physiques subies par ma fille aînée et me désigne comme auteur de ces violences. Ce serait ma fille qui m’aurait accusé mais le juge refuse son audition. Les trois représentants de l’ASE, le représentant de l’ADESA, l’avocat de mes enfants, celui de mon épouse, le juge m’accableront alors.

Monsieur et Madame Wentzinger : Nous  avons demandé  une enquête sur les accusations ignominieuses, une seule sera diligentée sur un de nos enfants, tout en étant bâclée. Faute d’être accusés ou disculpés, l’ASE et les juges peuvent maintenir une suspicion … de maltraitance.  

Parmi vos enfants dispersés, placés, vous attirez notre attention sur la situation particulière qui est faite à R. Que vit-il actuellement et pourquoi ne pouvez-vous pas le rencontrer ?

Monsieur et Madame Wentzinger : Notre petit garçon nous réclame depuis 2 ans sans nous avoir revus !

Il veut bénéficier des mêmes droits que son frère et ses sœurs. Selon le témoignage de l’assistante familiale, après nos visites, notre petit garçon avait soi-disant des troubles de comportement. Mais le médecin qui a rédigé le rapport pédopsychiatrique pour le juge est un simple généraliste qui n’a jamais voulu nous recevoir et qui nous impute les troubles de comportement de notre fils.

Pourquoi la fratrie est-elle aussi séparée ?

Monsieur et Madame Wentzinger : Pour envoyer nos enfants dans cinq familles différentes, il a suffi que l’ASE prétende à un manque de places pour réunir les frères et sœurs par deux ou trois. Mais rien ne peut justifier un tel éloignement entre toutes les familles d’accueil et notre domicile. Une telle mesure est d’ailleurs dénoncée par la CEDH, nous l’avons dit à la cour d’appel, dans l’indifférence des magistrats …

Que craigniez-vous très concrètement pour vos enfants ?

Monsieur et Madame Wentzinger : Manifestement, il y a la volonté de casser tout lien familial (entre parents et enfants) et fraternel (entre frères et sœurs). Cette situation est très perturbante psycho-affectivement, et encore plus pour notre fils R, dont les échanges avec son frère et ses sœurs sont limités aux vacances scolaires et pour 1h30.

Nous pensons que la volonté de l’ASE est de faire à nouveau expertiser R après un acharnement traumatisant. Autrement dit, nous pensons que la suspension de visite va demeurer.

Dans quel but pensez-vous qu’ils veulent briser votre famille ?

Monsieur et Madame Wentzinger : Une telle volonté de rupture du lien même entre frères et sœurs pourrait bien préparer à une adoption séparée.

Tout est fait pour que le lien familial se dissolve : l’ASE a réduit nos visites à une seule par semaine pour 1h30, au lieu de 2 visites partageant nos enfants en groupes (1 fois par mois, 2 visites remplacées par une seule, à notre demande afin de réunir tous nos petits).

À l’heure actuelle, nous avons 1h30 pour tous nos enfants et le mercredi matin à 9h30 avec un trajet de 1h00 pour les enfants les plus petits. Les deux visites par semaine et par groupe étaient déjà totalement insuffisantes pour répondre aux besoins de nos trésors.

Vous êtes soutenus dans votre combat pour votre famille par Monsieur Duvalle qui s’est beaucoup engagé pour vous et qui a lancé votre comité de soutien. Pouvez-vous nous parler de lui ?

Monsieur et Madame Wentzinger : Monsieur Duvalle, policier à la retraite, inspecteur divisionnaire, a connu un acharnement coupable à son égard parce qu’il avait déplu en prenant la défense de petits épiciers victimes de faux inventaires.

Il a subi de faux rapports jusqu’à se faire interner illégalement.

Au regard des pièces du dossier, de notre appartement familial et des photographies et vidéo avant et après le placement, Monsieur Duvalle a constaté notre bonne foi et veut continuer à s’engager pour défendre une famille dont la mort par ordonnance a été programmé par les services de l’Etat..

Nous ne sommes pas adeptes du fatalisme et il est possible de se mobiliser pour cette famille qui a mis en place son comité de soutien. Le CEDIF en tant que tel souscrit d’ailleurs à ce comité de soutien (http://sospapamaman.wordpress.com/) et vous engage à vous mobiliser pour que la famille Wentzinger soit à nouveau réunie.