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ImageIl faut bien le dire, le phénomène de pédocriminalité est endémique dans les structures liées à l’enfance. Un certain nombre de métiers suscitent de funestes vocations auprès de ce qu’il convient d’appeler le milieu des éducateurs.

On pense aux enseignants bien sûr, aux animateurs socio-culturels, à ceux qui viennent parler de sexualité à nos enfants dans nos écoles, mais le terrain de chasse favori des pédocriminels se trouve au sein des institutions de détention des enfants. Supposés maltraités, retirés à leur famille, ou encore handicapés, ces enfants n’ont pas la ressource de parler de leurs viols à ceux qui sont censés les défendre. Leurs parents ont été le plus souvent disqualifiés en matière éducative, et l’adulte en responsabilité est censé être leur protecteur. Le renard aime bien de ces poulaillers là et investit la place pour s’adonner à ses immondes pulsions.

Quelquefois il est prestement découvert, mais s’il est coincé après la cinquantaine, combien d’années de ravage a-t-il pu assumer sans jamais être pris ?  L’affaire de Hansjürg S, travailleur social et thérapeute dans un foyer du canton de Berne est emblématique d’une dérive que l’on présente comme simplement accidentelle. Mais enfin,  l’agent de se®vice public arrêté en février 2011 avait 54 ans et donc 29 ans de saloperies commises dans sa profession avec un immonde tableau de chasse de 122 victimes, majoritairement des enfants dont des autistes. Soit un viol tous les trimestres depuis 1982 donc 18 ont été photographiés ou filmés ! La prescription jouant, le monstre ne répond que de 33 de ses victimes.

Le canton de Berne a donc largement communiqué pour indiquer sa volonté de trouver une solution. C’est que Berne n’est pas Zürich, et il n’est plus question de dire que les se®vices sociaux y mettent des enfants dans des situations de danger.

Le projet d’une liste d’éducateurs dangereux est donc évoquée, il y en aurait donc d’autres ? L’exemple provient de la Conférence des Directeurs Cantonaux de l’Instruction Publique (CDIP) qui a porté sur les fonts baptismaux la liste noire des enseignants pédocriminels ayant perdu le droit d’enseigner. On comprend l’intérêt d’une telle liste sachant qu’il a pu arriver en France que des délinquants sexuels soient recrutés notamment pour s’occuper de camps de vacances (http://comitecedif.wordpress.com/2011/12/03/educateur-pedophile-une-carriere/). On peut se dire aussi qu’il vaut mieux ficher les pervers que les parents (http://comitecedif.wordpress.com/2011/12/13/fichage-des-familles-par-le-conseil-general-du-cher-2/).

Mais ce qui est surtout notable dans la démarche bernoise, c’est la prise de conscience de cette endémie pédocriminelle et l’urgence des mesures de prévention.

Deux principes d’action à titre préventif sont mis en place :

  • Filtrer le recrutement avec enquêtes de personnalité, un peu comme dans les ex-RG ;
  • Sensibiliser les jeunes pensionnaires au respect de leur corps : on ne laisse pas toucher son corps.

Pour autant, quelles ques soient les précautions à prendre, et qui méritent d’être prises, les lieux de détention d’enfants seront toujours une cible pour pédocriminels. Il faudrait donc penser à donner aux parents les moyens d’obtenir justice et d’exercer des recours contre l’Etat quand le placement conduit à des situations aussi extrêmes. Moraliser vous dit-on, et moraliser c’est désigner les coupables pour les écarter, pas les recycler.