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Le dialogue par les couleurs permet d’inculquer au patient des connaissances, des impressions, des souvenirs dont il n’a pas conscience et cela aussi solidement que par un apprentissage. Il s’agit donc là d’une véritable révolution dans la manipulation humaine puisque ce processus peut grâce au dialogue par les couleurs être déclenché par une autre personne et non par le patient lui-même.

Les adultes mais aussi et surtout les enfants sont particulièrement menacés dans leur intégrité par une telle « thérapie », il en existe d’ailleurs des victimes d’ores et déjà . Il convenait donc que le CEDIF puisse vous informer au nom de la défense de l’enfance et de la famille. 

Une thérapie a priori anodine

Le dialogue par les couleurs est en général présenté comme une simple thérapie par l’art. Cette présentation est tout à fait trompeuse même si certaines bases du dialogue par les couleurs relèvent de l’art-thérapie. Ainsi si le medium utilisé est de nature artistique, les sources et implications du dialogue par les couleurs sont tout à fait particulières comme nous allons le découvrir.

Cette « thérapie » utilise le plus souvent une toile sur laquelle patient et thérapeute peignent ensemble, étalant des couleurs et leur imprimant un mouvement en interagissant. Ils établissent alors un « dialogue non-verbal ». Là encore parler d’une simple thérapie par la peinture est un raccourci fallacieux.

On peut donc définir la dialogue par les couleurs comme une communication non-verbale inconsciente,  qui ouvre le patient à son thérapeute, au même titre que les gestes et les expressions trahissent l’orateur et délivrent un autre message selon la PNL. Cependant le dialogue par les couleurs va bien plus loin.

Un vernis scientifique « Jungien »
Jung, une caution pour de nombreuses dérives

Jung, une caution pour de nombreuses dérives

La psychologie des profondeurs de Carl Gustav Jung est revendiquée par les thérapeutes du dialogue par les couleurs.

Le travail sur les rêves par exemple est un élément important de cette thérapie, puisqu’il s’agit de déchiffrer l’inconscient du patient par l’analyse de ses rêves censés l’exprimer. Les patients sont donc invités à noter leurs rêves et à composer chez eux à partir de ceux-ci leurs tableaux que les thérapeutes interpréteront.

L’utilisation des contes de fée est aussi issue des théories psychanalytiques de Jung, elle est perfectionnée par la pratique thérapeutique du dialogue par les couleurs qui agit alors en complémentarité.

Mais un fond ésotérique assez complexe

Le dialogue par les couleurs a été créé et développé dans un cadre bien précis puisqu’il suppose des pré-requis en matière ésotérique. En effet, Bruno Huber, un des fondateur de l’école Arcane de Genève (émanation du Lucis – Lucifer – Trust), a développé les enseignements d’Alice Bailey et de Roberto Assagioli pour leur donner une application thérapeutique avec la dialogue par les couleurs.

A chaque signe astral sa couleur dominante

La roue des couleurs de Bruno Huber

D’ailleurs, pour Wolfhartd König, praticien reconnu dans cette discipline, une thérapie en dialogue par les couleurs passe toujours initialement par une consultation astrologique et psychologique. La prise de connaissance de soi doit en effet passer par le thème astral afin que les interprétations réalisées puissent être justes et que la conscience du patient puisse évoluer en fonction de ce qu’il apprend sur lui-même :

« Si nécessaire, je peux créer une série d’images dans lesquelles ma crise se reflète, et je peux m’améliorer grâce à cette pratique. Je peux me sentir comme les véritables artistes après leur création..

L’inconscient est toujours créateur, donc en principe tous les gens sont créatifs, seul diffère la façon dont s’établit la relation avec son propre inconscient.

Pour le thérapeute il s’agit d’aider un client en situation de crise, non seulement en lui fournissant une prestation astrologique mais aussi un accompagnement par le dialogue par les couleurs. »
(Source traduite de l’allemand : Wolfhard König – IFAP )

La roue des couleurs de Bruno Huber représentée ci-dessus permet d’établir une correspondance entre le thème astrologique et les couleurs. Chacun possèderait donc bien une couleur dominante comme il l’est dit dans la science des 7 rayons.

Il faut d’ailleurs préciser que le contenu de l’enseignement du dialogue par les couleurs est tellement spécifique qu’il ne peut être dispensé que par des personnes formées par Bruno Huber lui-même et qui maîtrisent par conséquent la psychosynthèse et la psychologie astrologique.

On comprend donc bien qu’on ne confondra pas le dialogue par les couleurs avec la chromothérapie ou une simple variante de l’art-thérapie.

La « science des 7 rayons » est le fond ésotérique du dialogue par les couleurs
La science des sept rayons

La science des sept rayons

Ces 7 rayons sont censés relier les hommes et sont la trace de la divinité en chacun d’entre nous selon l’enseignement luciférien de la théosophe Alice Bailey. Les rayons sont de couleurs différentes en fonction de leur propriété et chacune de ces couleurs possède une énergie et le pouvoir d’agir sur nos cellules. Chaque personne est plus particulièrement reliée à une couleur précise et il serait possible de connaître cette couleur en fonction du profil de chacun, d’en déduire la mission de chacun sur cette terre. L’enseignement par les couleurs devrait donc permettre à chacun de se réaliser et d’accéder à des dimensions supérieures.

Les profanes ne sont pas immédiatement informés du fond ésotérique, mais une référence est faite à travers la notion de couleurs dominantes et de chakras. Il s’agit là d’une bouillie vaguement médicale plus largement accessible au grand public, passant en revue les couleurs des sept chakras et les effets de leur stimulation sur la santé et le développement personnel.

Contenu théorique de la thérapie du dialogue par les couleurs

Pour un coût d’environ 1200 euros, l’IPEI (Institut für Persönlichkeitsentwicklung) propose une formation en 3 ans (403 heures de formation) couronnée par la délivrance d’un diplôme en thérapie par la peinture et dialogue par les couleurs. Le contenu de cet enseignement apparaît aussi sur facebook  il comprend les disciplines qui suivent :

-         théorie des  couleurs ;

-         symbolisme des couleurs et leurs effets sur les chakras ;

-         symbolisme de l’espace et des formes ;

-         la roue des couleurs selon Bruno Huber (les couleurs dans le thème astral) ;

-         la psychologie des couleurs, de la lumière ;

-         techniques de peinture ;

-         analyse et interprétation des images ;

-         interprétation de la signification des rêves ;

-         symbolisme des contes et des mythes ;

-         approche centrée sur la personne selon Carl Rogers ;

-         psychosynthèse

-         communication non-verbale ;

-         analyse transactionnelle ;

-         psychopathologie.

La formation  de l’IFAP est également diplômante en 3 ans, le nombre d’heures de formation en groupe est plus restreint avec 4 week-ends de formation par an :

-         symbolisme des couleurs ;

-         symbolisme de l’espace et des formes ;

-         interprétation de la signification des rêves ;

-         symbolisme des contes et des mythes ;

-         psychologie des profondeurs de CG Jung ,

-         les archétypes de Jung ;

-         astrologie ;

-         techniques de coaching.

Ces formations ont une contenu équivalent.

Mais les objectifs de ces formations peuvent être déclinées selon le public visé.

Ainsi les entreprises sont également touchées dans le cadre de formations proposées dans le but d’améliorer les compétences sociales, la gestion du stress, la communication des salariés.

Les différentes pratiques du dialogue par les couleurs

Le terme dialogue suppose un face à face entre le thérapeute et le patient.

C’est bien là le terme approprié puisque chacun peignant une partie de la toile répond à l’autre sous forme d’une communication non-verbale d’inconscient à inconscient avec interprétation du thérapeute.

Mais ce dialogue peut aussi être mené entre le mari et la femme, les parents et les enfants sous la supervision d’un thérapeute qui interprète ensuite leur relation.

Il peut également mobiliser un groupe.

De nombreux participants expriment leur inconscient par l’expression commune, une trentaine de tableaux sont alors réalisés dans chaque groupe.

Enfin le dialogue par les couleurs peut être réalisé seul.

Il s’agira ensuite pour le thérapeute, en fonction des injonctions qu’il a transmises, d’analyser des images peintes par un client plus particulièrement dans une période de crise durant laquelle l’inconscient est censé être particulièrement actif, la peinture est alors une catharsis. Cette thérapie exercée individuelle passe par une intensification du travail par le rêve, des contes seront également utilisés pour stimuler l’inconscient du patient, l’écriture sera aussi mobilisée pour exprimer l’inconscient. Le thérapeute pourra alors se servir de contes sur son patient pour l’orienter dans ses rêves, puis les lui faire noter. Les parties cruciales des rêves pourront donner lieu à la création d’une œuvre, à des écrits qu’il pourra ensuite interpréter et sur lesquels il pourra réagir. Le thérapeute peut aussi tout simplement inspirer un sujet au patient sur lequel il pourra dessiner ou écrire.

Les effets du dialogue par les couleurs

Les praticiens expliquent que le dialogue par les couleurs permet de développer les capacités et potentiels de chacun, de lever les blocages, les peurs et les mécanismes de contrôle en s’adressant directement à l’inconscient du patient. Ils insistent pour développer cette thérapie sur les pré-adolescents en la recommandant particulièrement pour les enfants à problèmes afin de stimuler leur créativité, leur confiance en soi et le développement de leur personnalité.

Il sera dit aussi que la connaissance des couleurs dominantes des patients permet à un initié de leur apporter la santé, la prospérité, l’audace et le bonheur.

Quelques praticiens précisent cependant le fond du dialogue par les couleurs, l’utilisation de la psychologie astrologique permet ainsi de :

-                      mieux se comprendre grâce à l’étude du caractère ;

-                      découvrir ses talents, sa créativité, sa forme d’intelligence afin de s’orienter ;

-                      résoudre ses conflits intérieur et soigner grâce à la médecine psychosomatique ;

-                      prodiguer un conseil relationnel par comparaison des horoscopes des partenaires.

Le dialogue par les couleurs apparaît bien comme une thérapie intégrée à même d’établir une communication totale avec le patient dans la mesure où il s’agit de permettre un dialogue entre l’inconscient du thérapeute et l’inconscient du patient. Il se complète donc de l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers permettant par empathie de faire s’exprimer le préconscient.

Enfin l’utilisation de la psychosynthèse s’intègre aussi à cette thérapie afin de modifier des traits de personnalités qui posent problème.

Oui vous avez bien lu, les praticiens du dialogue par les couleurs entendent modifier des traits de personnalités de leurs patients, d’enfants, d’adolescents.

Une thérapie dangereuse pour les patients

Il convient d’abord d’insister sur le fait que le dialogue par les couleurs n’est pas une thérapie reconnue par les psychiatres et psychologues, elle n’a jamais été validée ou reconnue par les autorités publiques.

Aucun clinicien ne pratique cette thérapie, et donc les thérapeutes autoproclamés ne sont pas détenteurs de diplômes en psychologie clinique.

De surcroît les thérapeutes autoproclamés appartiennent au réseau Huber dont la maison mère IPEI se donne deux appellations: “Institut de psychologie astrologique” mais aussi “Institut pour l’Exploration de l’Humain”. Leur but avoué est une transformation de l’humanité, selon Bruno Huber lui-même. Ceci n’est pas pour inspirer confiance quant aux thérapeutes de ce réseau.

Pourtant la confiance en son thérapeute est primordiale face à une thérapie aussi dangereuse que celle-ci.

En effet aussi charlatanesque que paraissent les fondements du dialogue par les couleurs, il n’en demeure pas moins qu’en pratique il passe par l’abandon chez le patient de tout mécanisme de contrôle. Potentiellement, cette thérapie est donc une technique de modelage de la personnalité très puissante et d’autant plus redoutable qu’elle est utilisée par des thérapeutes peu fiables.

Ainsi les effets du dialogue par les couleurs peuvent se révéler dévastateurs sur la personnalité et les souvenirs conscients du patient (faux souvenirs induits) surtout lorsque l’approche centrée sur la personne et l’hypnose éricksonienne permettent de faire verbaliser ce que le thérapeute transmet à l’inconscient du patient.

Cette thérapie est donc susceptible de générer des ruptures familiales, de permettre des atteintes sexuelles sur la personne des patients ou encore des abus de faiblesse par mise sous sujétion.

Elle est d’autant plus insidieuse qu’une personne peut être mise sous sujétion à distance sans que l’entourage ne puisse comprendre l’origine d’un changement de personnalité.

Article écrit en collaboration

La chasse aux destructeurs de famille est ouverte

La victime de trop

Les patients ainsi abusés ne sont pourtant pas des cervelles de moineaux et sont de tous âges et de toutes catégories sociales. Mais quelquefois la victime de telles thérapies est la victime de trop, celle qu’il n’aurait pas fallu viser.

Si pour une certaine « thérapeute par les couleurs » cette victime de trop était sa propre belle-fille, pour l’humanothérapeute Benoît Yang Ting et sa femme complice, la victime est une avocate du nom de Maître Sophie Poirot.

Maître Sophie Poirot entrera en analyse sur les conseils de son père. C’est ainsi qu’elle croisera le chemin de cette sorte de thérapeute holistique qui  et commencera un cycle de consultations pour surmonter un viol dont elle aurait été victime dans l’enfance. Ce souvenir refoulé aurait été la source de son mal-être qui n’avait rien d’imaginaire. Voila qui justifie de la mise en place d’un traitement lourd à base de stages intensifs et autres séances individuelles pour un total de 238 000 euros.

Seulement voila, un beau jour l’avocate comprendra n’avoir jamais subi ce dont elle pensait se souvenir après être passée entre les mains de Benoît, l’humanothérapeute tripoteur.

La mise sous emprise

Tripoteur oui, et même plus, car si sa patiente n’a pas subi de viol avant de le rencontrer, elle consentira sous emprise à des relations sexuelles avec Benoît Y T après avoir dû revivre des souffrances de viol nue sur un divan de psychothérapeute. On ne sait pas ce que faisait Madame Benoît pendant ce temps.

Évidemment, persuadée d’actes de pédophilie de son père à son endroit, Maître Sophie Poirot va rompre tout lien avec sa famille, mais aussi avec ses amis qui s’étonnent de son comportement. L’emprise peut alors se resserrer par son isolement.

Mais comment a-t-elle pu s’en sortir, puisque comme elle le dit elle-même : « Vous finissez par croire tout ce qu’il vous dit. Une fois que le mécanisme de l’emprise se met en place, vous ne pouvez plus dire non. » ?

Opération Rescue

Il a fallu qu’un homme la sorte de sa torpeur et ose faire face aux menaces, ce qui est finalement arrivée en 2001, alors que le cauchemar avait commencé en 1993, soit 12 ans auparavant ! Cet homme qui l’a extraite des griffes de Benoît Y T lui avait fait réaliser que tous les patients du psy Benoît avaient les mêmes souvenirs de viol. Son sauveur est devenu son mari et celui qui l’épaulera dans l’œuvre de dénonciation de la dérive sectaire dont elle a été la proie. Après des déconvenues judiciaires, il lui faudra encore des années pour que le gourou se retrouve en correctionnelle, accusé d’abus de faiblesse avec complicité de son épouse. Eh c’est que chez ces gens là les saloperies se commettent en couple !

Le courage de l’avocate et de son mari permettront aussi à d’autres langues de se délier : Bernard Toucheboeuf, consultant en management, dira avoir dépensé 750 000 euros en thérapie avec le même Benoît pour avoir vu dans sa vie fœtale l’aiguille à tricoter que sa mère avait introduit dans son utérus pour tenter de le tuer. Le consultant en question racontera aussi que l’humanothérapeute escroc – pléonasme – avait brisé sa famille en le séparant d’abord de ses parents qui l’auraient maltraité dans son enfance. Puis, à partir du moment ou il mettra en doute la parole du gourou, soit 23 ans après, c’est sa femme et sa fille qu’il perdra. Ainsi, son épouse  témoignera en faveur de Benoît Y T et obtiendra la garde de sa fille qu’elle a remis entre les mains du « thérapeute », devinez alors de quoi se souvient la jeune fille ? D’autres victimes se manifestent, malheureusement la prescription des trois ans en matière de délits les empêche d’agir sinon comme simples témoins.

Les modes usuels de défense des endoctrinants 

Évidemment le gourou, bien qu’absent, et son épouse démentent les accusations « atroces et calomnieuses ». Sa femme met en valeur la satisfaction d’autres patients ainsi que leur volonté de n’agir que pour leur bien. Pardi !

Ils utilisent également le procédé d’inversion accusatoire typique des endoctrinants, puisqu’ils s’en prennent au mari de leur victime qui aurait monté tout le monde contre eux. Ce serait d’ailleurs à s’interroger s’ils ne l’accusent pas lui d’avoir monté sa secte ! Ca s’est déjà vu d’ailleurs.

Benoît Y T produit ses témoins de moralité, parmi lesquels un sénateur apparenté socialiste qui vante son engagement social, un psychiatre hospitalier qui n’a rien contre les séances à poil sur les divans.

On imagine déjà la plaidoirie des avocats du couple Benoît  Y T : “Les élucubrations développées par Monsieur et Madame Poirot devant le Juge concernant le fait que Monsieur Benoît Y T aurait “envouté” Sophie afin de lui soutirer de l’argent  … sont d’un ridicule affligent (sic) et pathétique et n’ont été émises par le mari et le père que pour éviter de réfléchir sur leurs propres responsabilités quant au mal être …!!!”

Même si ceci n’est pas dit au mot près on connaît le refrain. La suite consiste à utiliser des précédents contre les accusateurs, les avocats de Benoît Y T  ont ainsi rappelé qu’il avait obtenu un non-lieu dans une procédure antérieure, la justice est souvent mal informée sur la nature de telles phénomènes. Ce qui justifie d’ailleurs lors des audiences, la présence de Maître Jougla, ancien avocat qui se dévoue à la contradiction et au dévoilement des endoctrinants : "Le faux souvenir … permet à un nouveau système de valeurs de se mettre en place et de remplacer l’antérieur."

Une jurisprudence attendue

Cette fois les magistrats ne semblent pas disposés à se laisser abuser eux aussi, pour le parquet, la procureure  Felici n’hésite pas à parler d’une « couple maléfique » comme on en connaît d’autres, et requiert 18 mois de prison avec sursis et 12 mois de prison avec sursis pour sa femme, outre 100 000 euros d’amendes.

Espérons donc pour ce 12 juin 2012 une condamnation qui fera jurisprudence et comme le précise Claude Delpech de l’AFSI (Association Faux Souvenirs Induits) : "Quelle que soit l’issue du procès, nous avons déjà gagné une chose: la médiatisation autour de ce procès a permis de faire connaître cette pratique. Peut-être que certaines personnes manipulées ou leurs familles pourront se reconnaître dans les témoignages parus dans la presse et s’en sortir."

On pense bien sûr à l’affaire Iacono, mais pas seulement.

Xavier Collet

50 000 enfants au moins sont touchés 

Un entretien de Georges Fenech, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) avec l’Agence France Presse en date d’octobre 2010, situait entre 50 000 et 60 000 le nombre d’enfants touchés par des dérives sectaires.

Quel rôle pour la protection de l’enfance ?

A priori on pourrait penser que ce problème-là est de nature à fournir de nouvelles opportunités d’interventions de la si mal-nommée protection de l’enfance.

Les maltraitances notamment psychologiques vécues dans un milieu sectaire pourraient nécessairement justifier des mesures de prise en charge des enfants par les Conseils généraux.

Mais encore faut-il que ces maltraitances soient suffisamment graves. En effet, face aux séquelles subies par les enfants dans le cadre de placements, il faut bien réfléchir et définir la gravité d’une dérive.

Certaines sont effectivement tragiques et portent atteinte à l’intimité de l’enfant ou à sa survie notamment par des régimes carencés ou le refus de soin. De tels actes ne surviennent pas seulement dans le cadre de communautés fermées, mais de plus en plus souvent dans des dérives thérapeutiques autour de la kinésiologie, de l’instinctothérapie, de la psychosynthèse.  Dérives qui se développement notamment dans le sillage du new age et du chamanisme.

Ainsi des enfants peuvent être soumis à des jeûnes drastiques, à des transes après prise de substances, être embrigadés contre une partie de leur famille par l’usage de faux souvenirs induits. Il faut en effet savoir que certains « psychothérapeutes» prétendent pouvoir agir sur l’inconscient de leur patient (dialogue par les couleurs : http://www.info-sectes.ch/secte-astropsycholoqie-huber.htm#expertise).

Que peuvent faire les services de la protection de l’enfance dans de telles situations surtout lorsqu’une pédopsychologue rattachée à l’ASE avoue ne pas savoir ce qu’est la MIVILUDES tout en étant très ouverte à des thérapies par l’art sans en soupçonner certaines dérives ?

De la perméabilité des structures institutionnelles de l’enfance …

Soyons clairs, les pires sectes endoctrinantes n’ont pas grand-chose à craindre de l’ASE qui préférera plutôt s’intéresser à des parents qui font l’école à la maison tout en laissant tranquilles certains « éducateurs ». Précisément, de ces éducateurs qui exercent au sein même de l’éducation nationale pour proposer des spectacles musicaux dans les petites écoles, des séances de contes chamaniques ou pour les lycéens des méthodes de relaxation face au stress des examens.

Les enfants sont « un public vulnérable et une cible privilégiée des mouvements à caractère sectaire », comme le rappelle la MIVILUDES et ceci « qu’ils vivent avec leurs parents eux-mêmes adeptes  qu’ils subissent l’influence de thérapeutes ou de formateurs aux méthodes dangereuses pour leur santé physique ou mentale ».

Des parents peuvent ainsi devenir la cible de mouvements endoctrinants par l’intermédiaire de leurs enfants tombés sous l’influence d’une personne rencontrée à l’école, éducateur ou enfant d’adeptes, ou même de personnels exerçant en foyers.

Après tout, les lieux de vie du type Coral ne sont-ils pas des lieux où se créent, se maintiennent et s’exploitent des états de sujétion conduisant à des dommages pour les enfants et leur famille ? (http://comitecedif.wordpress.com/2012/01/14/coral-limmonde-rehabilitation/)

Les parents ciblés peuvent ensuite adhérer ou au contraire rejeter et dénoncer les atteintes réalisées sur leurs enfants, c’est alors qu’ils peuvent être l’objet de dénonciations imaginaires dont vont s’emparer les services de la protection de l’enfance.

… à leur instrumentalisation au service des sectes 

Il arrive aussi quelquefois que le parent sectaire utilise les ressources de son groupe pour isoler l’enfant du parent non sectaire et comme nous le rappelle Maître Line N’Kaoua, ce sera le plus souvent le parent sectaire qui se verra remettre la garde de son enfant.

Il est donc faux de penser que la mise en cause des dérives sectaires est pain béni pour l’ASE et la machine judiciaire des ruptures familiales.

Si effectivement, des dénonciations abusives peuvent prospérer sur ce terrain, ce n’est pas non plus à coup sûr dans le sens que l’on croit, tant les adeptes de mouvements sectaires structurés possèdent de relais et accusent en général leurs contradicteurs des dommages qu’ils font eux-mêmes subir aux enfants.

On parle là d’inversion accusatoire.

En clair, il n’est pas rare de rencontrer des adeptes de sectes organiser un procès en sorcellerie contre ceux qui n’en sont pas.

Même sur de simples accusations de maltraitance, la machine sectaire est tellement redoutable qu’elle peut élaborer des stratégies accusatoires particulièrement crédibles, il suffit pour cela de s’aider des bons relais et de relever quelques vulnérabilités.

Le parent qui dénoncera la machination, s’il parvient à la décrypter, sera considéré comme paranoïaque ou incapable de reconnaître ses responsabilités. En effet les services sociaux se satisfont souvent de dénonciations crédibles, et bien préparées elles le sont nécessairement, pour estimer une mise en danger de l’enfant.

 Les magistrats de l’enfance, de leur côté, utilisent le rasoir d’Ockham, principe selon lequel « les hypothèses les plus simples sont les plus vraisemblables ». Ceci les amène à décider en fonction d’éléments crédibles  simples donc à ne pas donner foi à des arguments plus complexes de l’ordre de la manipulation subie. Le parent de bonne foi s’enfonce donc en se justifiant, après tout un dossier doit se traiter rapidement.

Le manipulateur profite donc de sa manipulation, ce qui ne vaut d’ailleurs pas seulement en matière de dérives sectaires.

Une prise de conscience nécessaire

Loin d’être des gêneurs, les institutions françaises ont donc servi les prétentions des gourous de toute espèce dont certains possèdent même leurs réseaux au sein de chargés d’éducation et de protection de l’enfance.

Nous n’en sommes heureusement pas au même point que dans le canton de Zürich (http://www.hebdo.ch/la_suisse_paradis_des_sectes_24971_.html) où les sectaires ont pignon sur rue, ouvrent leurs cabinets de psychothérapeutes, proposent leurs méthodes dans les écoles, y projettent leurs films (http://www.info-sectes.ch/secte-ramtha.htm#2) et obtiennent la complaisance coupable des autorités.

Mais nous en prenions le chemin, il est donc  heureux que la MIVILUDES tire le signal d’alarme et que ce message soit interprété correctement.

Le ménage à réaliser se situe en partie au cœur de nos institutions qu’il s’agisse de remettre en cause certaines pratiques douteuses développées en leurs seins par des groupes sectaires ou encore  d’acquérir la capacité de distinguer les manipulations dans une querelle de garde d’enfant.

L’avenir nous dira si l’heureuse initiative de la MIVILUDES permettra d’agir à ce niveau, dans le sens d’une moralisation de la protection de l’enfance.

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Récapitulatif

Nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer par deux fois sur l’injustice criante faite à Christian Iacono cela au nom du peuple français. Nous avons voulu considérer qu’à travers les épreuves de cet homme c’est le système judiciaire français tout entier qui refusait de remettre en cause ses dysfonctionnements.

Gabriel Iacono, son petit-fils était revenu sur ses accusations de pédophilie à l’égard de son grand-père, avec le recul son injonction, disons plutôt conseil pour ne pas avoir trop d’ennuis,  prend tout son sens : « Je me suis lavé des erreurs que j’ai pu commettre. C’est désormais à la justice de faire son travail et de reconnaître les siennes». 

Conseil qui ne sera pas vraiment suivi d’effet, la chose ayant été jugée sur le fond en première, seconde instance et sans erreur sur le droit.

La procédure vous dis-je !

Le respect du contradictoire, le double degré de juridiction, l’examen quant à l’application de la loi, voila qui doit assurer la justesse des décisions judiciaires. La procédure, toute la procédure, rien que la procédure au nom de la manifestation de la vérité. La rétractation de l’accusation après que justice soit dite ne devrait en rien entacher l’autorité de la chose jugée : l’homme est faillible, pas la procédure !

Kafka a pu ces mots dans le Procès et nous savons comment le livre se termine.

Heureusement me direz-vous, nous avons appris la bonne nouvelle ce jour même, 27 mars 2012, de la mise en liberté de Christian Iacono au 5 avril prochain, c’est qu’un déménagement cela se prépare …

L’arrêt d’appel libérant l’ancien maire de Vence ne vient que confirmer l’ordonnance du juge d’application des peines attaquée par le parquet. La justice ne reconnaît donc pas l’innocence de Christian Iacono et ne lui accorde qu’une liberté conditionnelle qui n’est qu’une façon d’exécuter sa peine.

Si pour nous l’innocence de Christian ne fait pas l’ombre d’un doute, la justice le considère toujours comme le violeur de son petit-fils et croire encore à la justice en ce pays c’est vouloir prouver qu’elle a tort.

Si cela nous est possible, il faudra bien l’aider à établir une telle preuve alors même que nul ne l’accuse désormais.

L’aider c’est mettre en évidence le complot dont cet élu a été la victime.

Au risque de nous répéter :

« Les manipulations dans cette affaire auraient dû inciter la justice à participer à l’élucidation de l’affaire dans l’affaire : qui a bien pu essayer d’abattre le maire de Vence en utilisant ce qui semble bien être un travail sur la mémoire par des techniques psycho-thérapeutiques ? En effet Gabriel Iacono n’a pas été violé par son grand-père, mais c’était bien ce qu’on a voulu lui faire croire, pourquoi ??? »

La réponse se trouve certainement dans la mémoire manipulée du petit-fils, elle met en lumière un phénomène provoqué par des psychothérapeutes criminels provoquant ce qu’il convient de nommer des faux souvenirs induits (http://www.psyvig.com/default_page.php?menu=35&page=1). La justice américaine a d’ailleurs récemment reconnu la responsabilité de praticiens dans des ruptures familiales comme dans l’affaire Johnson contre le Rogers Memorial Hospital  (http://www.psyfmfrance.fr/documents/verdict_wisconsin.pdf).

Ce phénomène ne doit pas être invoqué à tort et à travers pour nier de véritables atteintes sur la personne d’enfants, dont au pire des viols, cependant il est indéniable que des thérapeutes développent ce genre d’accusation pas nécessairement désintéressées comme justement dans le cas du maire de Vence.

Ainsi faire la part entre vrais et faux souvenirs implique une vigilance accrue concernant certaines pratiques thérapeutiques qui, loin de relever de l’anodine charlatanerie, sont de redoutables méthodes d’emprise permettant de toucher à l’inconscient du patient.

Les manipulateurs de la mémoire

La lettre mensuelle de l’UNADFI dans son numéro de mars 2012 mentionne d’ailleurs que la MIVILUDES prend très au sérieux les risques posés par certains thérapeutes :

La Miviludes travaille actuellement à la rédaction d’un guide destiné aux praticiens de la santé, pour les aider à identifier les pratiques douteuses et à agir « utilement en cas de doute ». (…) L’article évoque également « la prise en charge psychologique » par certains mouvements ou pseudo-thérapeutes qui finissent par convaincre les patients qu’ils ont refoulé des souvenirs d’abus sexuels. Ces faux souvenirs induits conduisent à de fausses accusations et à des ruptures familiales.
(…) Lors d’une interview, Hervé Machi, secrétaire général de la Miviludes, signale que le secteur de la santé représente 25 % de l’ensemble des signalements et que ce pourcentage est en augmentation constante. La Miviludes observe une multiplication du nombre de pseudo-thérapeutes « qui parviennent à mettre des malades sous emprise mentale».

On attend que la justice tienne compte des travaux réalisés par les professionnels de la lutte anti-secte et comprenne mieux ce que le petit-fils exprime. 

Et puisqu’il sera bien nécessaire d’illustrer ; lisez un peu ce que suit : http://www.info-sectes.ch/dialogue-par-les-couleurs.htm et vous comprendrez ce dont certains psychothérapeutes sont capables.

Les manipulations mentales ne sont pas a priori l’objet premier de nos interrogations au CEDIF dans la mesure où notre objet est avant tout de poser le principe de subsidiarité en faveur des familles, c’est-à-dire de défendre l’institution familiale chaque fois que ses prérogatives sont remises en cause et plus particulièrement face aux services de l’État.

Cependant nous sommes de plus en plus souvent sollicités par des familles détruites suite à des manipulations exercées sur un de leurs membres et/ou à l’occasion de séparation et de divorce qui se passent mal et au cours desquels les enfants sont déchirés.

Il appartient aux adultes de savoir ménager les enfants dans de telles situations et de penser avant tout à leur bonheur, seulement voila tous les parents ne sont pas dévoués à ce bonheur et l’enfant peut devenir l’otage d’un conflit parental surtout lorsque les services de l’État s’en mêlent et s’emmêlent .

Les cas les plus graves qui nous ont été soumis et pour lesquels il est difficile d’apporter des témoignages factuels – nous le ferons néanmoins prochainement car il importe de dénoncer les auteurs de tels faits – sont ceux dans lesquels les enfants ont été victimes de manipulations mentales opérées par des « thérapeutes » bien souvent issus de mouvances sectaires.

Dans de telles situations le parent manipulateur obtient tout ce qu’il veut auprès des services sociaux puis dans le cadre de jugements réalisés sur la foi de rapports socio-éducatifs aberrants. Selon Maître Line N’Kaoua, face à ces exactions, les services sociaux et les experts favorisent le parent manipulateur. Nous pouvons rajouter que les enquêteurs vont au plus simple et cela faute d’être capables de décrypter un abus de faiblesse sur mineur de ce type.

Selon l’AFSI (Association contre les Faux Souvenirs Induits), la manipulation mentale peut aller jusqu’à créer de toutes pièces des faux souvenirs  égatifs effaçant les vrais souvenirs positifs. Ce syndrome des FSI (faux souvenirs induits) apparaît brusquement suite à une « thérapie ». Les victimes de telles manipulations sont donc d’abord les patients puis ceux qu’ils accusent en croyant de bonne foi à la réalité de ces faux souvenirs qui peuvent être des souvenirs de maltraitance voire même de viols.

Si aux USA les FSI sont reconnus et les manipulateurs punis, en France ce n’est pas vraiment le cas alors plus de 300 familles brisées ont été reconnues victimes de telles pratiques.