Articles Tagués ‘innocent en prison’

Il s’agit d’une affaire terrible : le petit Gabriel Iacono, âgé de 9 ans, accuse son papy de l’avoir violé à répétition dans sa maison de Vence  (Alpes-Maritimes) quand il avait entre 5 et 8 ans.

Nous sommes en l’an 2000, des expertises médicales sont réalisées et évoquent des cicatrices corroborant des suspicions de sévices sexuels. Quant aux déclarations de l’enfant, elles sont crédibles et cohérentes selon les experts.

Le grand-père accusé est Christian Iacono, maire de Vence, il dément les accusations et évoque ses mauvaises relations avec son fils Philippe, père de Gabriel, le différend familial était certes profond et propice à des manipulations. Gabriel répond que son seul regret est que son grand-père n’avoue pas. En avril 2009 le couperet tombe, Christian Iacono est condamné à 9 années de prison par la Cour d’Assises d’Aix en Provence.

Il fait appel de ce jugement qui sera confirmé en février 2011, il se pourvoit alors en cassation.

Entre-temps, le 11 mai 2011, le petit-fils a 20 ans, il écrit dans Nice Matin pour révéler l’innocence de son grand-père après avoir envoyé un courrier au parquet de Grasse afin d’expliquer que son grand-père ne lui a jamais rien fait. Gabriel s’explique :  « J’y croyais vraiment. Et puis j’ai pris du recul et de la maturité. Dès la fin du second procès, j’ai commencé à me poser des questions. Cela a mis trois mois pour mûrir». Le jeune homme pense avoir vraiment été abusé et revoit fréquemment cette scène dans sa tête sans pouvoir identifier le violeur, il ajoute qu’une fois avoir mis le pied dans la machine judiciaire on a tendance à toujours répéter la même chose.

Gabriel lance , ce qui avec le recul apparaît comme un vrai défi : « Je me suis lavé des erreurs que j’ai pu commettre. C’est désormais à la justice de faire son travail et de reconnaître les siennes».

Le grand-père, âgé de 75 ans, peut alors retrouver la liberté. Mais une liberté sous contrôle judiciaire sans le droit de quitter Vence ni de rencontrer son petit-fils. Il attend donc le résultat de son pourvoi en cassation, mais comme la Cour d’Appel a bien jugé et appliqué le droit (à ce qu’il paraît), ce pourvoi est rejeté en novembre 2011.

Innocent Christian Iacono doit donc se constituer prisonnier le 9 janvier 2012 devant l’établissement pénitentiaire de Grasse. Que le petit-fils fasse part de cette déception vis-à-vis de la façon dont la justice réagit, qu’il dise la vérité ne compte donc pas : « Je m’aperçois en fin de compte que j’ai mis dix ans à mentir et il va falloir peut-être que je mette encore dix ans pour démentir »

Non, ce qui importe c’est que la justice ne se déjuge pas.

Ce sera donc à la commission de révision des condamnations pénales de dire si le grand-père est un pédocriminel quoi qu’en dise le petit-fils.

 C’est ainsi que fonctionne la justice en France et cela à moins à voir avec une question de moyens financiers qu’une question de moyens intellectuels.

Pour en savoir plus et se joindre au Comité de Soutien à Christian Iacono : http://affaireiacono.com/