Articles Tagués ‘pédophilie’

Voila la question posée par le député de Genève, Marc Falquet avec les éléments fondant cette interrogation.

Examinons donc les faits

L’affaire en question date du 8 janvier 2002, une enseignante de l’institut Jacques Dalcroze avait alors recueilli la parole d’une élève de 11 ans qui se refusait à retourner chez elle, se plaignant d’avoir subi des attouchements dans le cadre familial.

L’enseignante procède alors à un signalement qui parvient au service de la protection des mineurs et là, rien ne se passe …  ah si, peut-être un suivi selon le sous-directeur du service, un suivi pendant lequel la fillette continue à subir des agressions sexuelles de la part de son beau-père et du cousin de celui-ci.  Et elle n’en sera pas la seule victime.

Mais le service de la protection des mineurs est alerté, la belle affaire que voila !

Trois ans de malheurs

 spmi21Le temps passe et le calvaire continue pendant un an, deux ans, presque trois ans.

Nous sommes alors le 10 décembre 2004. Ce jour-là, le beau-père de l’enfant se rend directement au service de la protection des mineurs pour dénoncer des actes de pédocriminalité commis par son cousin.

La mère des enfants vient le même jour effectuer la même démarche contre le cousin qu’elle accuse d’atteintes sexuelles sur ses deux filles. Elle précise que ce cousin a été déjà inquiété pour des faits de pédocriminalité.

Seulement voila, tout n’est pas dit car c’est bien l’époux qui avait fait l’objet d’un signalement tombé à la trappe.

Comment dire ?

On ne saurait faire l’économie d’une enquête et le sous-directeur de la protection des mineurs ne peut se dispenser de saisir le procureur général.

Seulement voila, il est nécessaire de préciser le contexte de la saisine. Il faut donc mentionner des antériorités, la famille est-elle connue des services sociaux ?

Effectivement elle l’est puisque la mère a demandé une mesure de protection en novembre 2004, quant à un signalement antérieur, une suspicion d’attouchements, un suivi … comment dire ?!

De l’enfumage en milieu non hostile

Le sous-directeur a dû s’ébouriffer les faux-cils pour trouver les formulations adéquates afin de prévenir le procureur général.

Son courrier dans lequel son identité apparaît constitue donc un exercice d’équilibriste (voir lettre), 12 jours se sont écoulés depuis l’intervention de la famille, 3 ans presque jours pour jours depuis que la fillette a révélé ce qu’elle subissait. 3 ans pendant lesquels les pédocriminels ont pu faire d’elle, puis sa sœur leurs victimes sexuelles.

Cette lettre fait d’abord état de la dénonciation des faits de pédocriminalité du 10 décembre 2004, et du conseil donné aux plaignants de prendre contact avec la brigade des mœurs. On aurait pu penser qu’une telle démarche aurait pu être réalisée par le service, mais passons …

Dans une seconde partie il est fait mention du premier signalement réalisé en 2002 auprès du service de protection des mineurs, c’est là que la tournure employée est savoureuse :

«  Une autre information à également prendre en compte,  plus ancienne celle-là et qui apparemment  n’a pas fait l’objet d’une dénonciation auprès de votre instance : »

Les questions sans réponses du député Falquet

Face à une telle situation, le député Falquet interroge encore :

« Relevons que lorsque le pédophile et sa femme sont venus dénoncer le cousin, l’assistant social s’est contenté de leur remettre les coordonnées de la brigade des moeurs ????

Cet assistant social a-t-il vu à ce moment-là dans les dossiers du SPMi que le plaignant avait fait l’objet d’une dénonciation pour pédophilie trois ans plut tôt et que rien n’avait été entrepris pour protéger la fillette ? 

Qu’a-t-il fait ? 

Ce Service se nomme bien: « service de protection des mineurs» et non «service de protection des pédophiles ».  

… . Que dire d’une Direction qui est payée pour s’occuper de la protection de nos enfants et qui laisse des pervers en abuser ?  

Qui nous dit que cette même Direction n’a pas étouffé d’autres affaires similaires ?

Qui nous dit que cette direction ne va pas étouffer de futures affaires de pédophilie ? 

Le député Falquet attendait donc des réponses précises à ces questions et à d’autres encore qui figurent précisément dans sa question écrite.

La parole est à Ponce Pilate

Jean MaraisLa réponse est une plaisanterie habituelle des institutions étatiques, il vaut son pesant de cacahouètes et démontre une fois de plus que l’Etat n’a pas pour fonction de défendre le peuple mais d’assurer une domination sur ce même peuple par sévices publics interposés. D’autres affaires en France nous ont d’ailleurs prouvé que le sort d’enfants violés ne dérangeait pas plus que cela ceux qui se prétendent nos dirigeants.

Voici donc la réponse scandaleuse du conseil d’Etat de Genève :

« Le Conseil d’Etat déplore vivement qu’un député condamne ainsi un service de l’Etat avant même que réponse soit donnée à sa question. Il déplore vivement, aussi, les propos tenus vis-à-vis d’un collaborateur de ce service, membre de sa direction, et particulièrement respecté.

Sur le fond des affaires complexes citées dans cette question, le Conseil d’Etat ne saurait détailler des faits qui remontent parfois à plus de dix ans sans enfreindre le secret de fonction. » 

Pour le reste un sous-fifre fera office de bouc-émissaire : « ce collaborateur n’a pas respecté la procédure interne l’obligeant de signaler à sa hiérarchie les déclarations de maltraitance ou d’abus. Il a quitté le service en 2004. »

En gros, le sous-directeur oublieux est particulièrement respecté par le Conseil d’Etat alors que le député fait l’objet de sa vive réprobation. Une inversion des valeurs tout à fait intolérable d’autant que le sous-directeur a déposé plainte contre le député et contre l’association PMES  qui l’a bien justement mis en cause.

La protection des mineurs ose la plainte

Cette plainte ne sera pas inutile si elle se transforme en le procès du service de la protection des mineurs et qu’elle se focalise sur la personnalité de son sous-directeur, les dirigeants de l’exécutif genevois ne manqueraient pas alors d’être éclaboussés.

Du sordide au ridicule

Voyons donc ce que nous pouvons trouver au titre d’une nécessaire enquête.

C’est le journal satirique Vigousse qui fuite une mise en pratique de la théorie du genre  :

 « Pour décompresser sans doute, un cadre du SPMi serait réputé pour se travestir en femme dans certains salons de massage ; tiens, c’est le même qui, durant trois ans, n’avait rien entrepris après qu’une affaire de pédophilie a été dénoncée au SPMi… On dira que

sa vie sexuelle ne regarde que lui. Certes, mais s’il s’agissait d’un père de famille pris dans les mailles du SPMi, que diraient les rapports fournis aux juges ? » 

L’affaire sombre donc du sordide au ridicule, en cas de procès public on ne peut donc que conseiller au plaignant d’éviter les robes noires trop strictes ou l’hermine, de peur de le confondre avec le personnel de justice.

Allons un peu plus loin sur le blog d’Henri Damien nous y découvrons que le Grand conseil de Genève reprend sans vérifier les propos du service de la protection des mineurs puisque le sous-fifre limogé n’est même pas un fusible crédible dans la mesure où il existe encore un bureau à son nom au service de protection des mineurs !

Polisse et populisme

Pas de profil bas au service de la protection des mineurs, interviewé par le site « citoyen » jet d’encre ; le sous-directeur vogue sur la vague du film « Polisse » consacré à la Brigade française de la Protection des Mineurs pour nous proposer sa grille de lecture de la maltraitance des enfants.

Précisons au passage que le film évoque des cas de pédocriminalités traités dans l’urgence (c’est-à-dire en moins de trois ans).

Là-dessus, l’émule genevoise de Polisse nous propose une politique sociétale de prévention de la maltraitance sur mineurs. Il s’agirait donc de limiter les écarts « sur le plan socio-économique entre les moins et les plus fortunés », c’est bien connu on peut toujours avoir l’excuse d’être pauvre pour maltraiter ses enfants. Voila déjà une vision gaucho-bobo que l’on retrouve souvent et qui fonde le placement d’enfants de milieu peu favorisés pour leur bien et celui de leurs parents !. Il faudrait aussi lutter contre « un populisme qui mène à l’exclusion, elle-même forme de violence importante ». Le populisme encore un terme gaucho-bobo qui permet de mépriser ceux qui prennent le parti de peuple contre celui des institutions qui prétendent le représenter.

Nous sommes au CEDIF des populistes et fiers de l’être car nous avons cessé de croire que nos représentants voulaient notre bien. Mais, à ce titre, nous serions tous suspects pour le sous-directeur de la protection des mineurs, tous suspects de véhiculer une mauvaise éducation justifiant que l’on nous enlève nos enfants.

Car ne nous y trompons pas, ceux qui tolèrent voire soutiennent les pratiques les plus immondes sont aussi ceux qui nous jugent et nous sanctionnent, qui imposent de nouvelles formes d’éducation dont les parents sont exclus.

Oui on connait cela en France, mais me direz-vous pourquoi désespérez des institutions quant il se trouve encore des députés comme Marc Falquet pour défendre l’intérêt du peuple ?

« Si je trouve à Sodome cinquante justes au milieu de la ville, je pardonnerai à tout ce lieu, à cause d’eux. »

Vous marquez là un point et Genève sera sauvée s’il s’y trouve encore un juste, nous n’avons pas trouvé à ce jour son équivalent en France.

Reportage sur la disparition de Stan, une conférence de presse est organisée et des miliants de la cause anti-pédocriminelle se réunissent en soutien et exigent la vérité :

Au sujet de la conférence de presse voir : http://enfantsjustice.wordpress.com/2012/10/15/invitation-a-la-conference-de-presse-sur-la-disparition-de-stan-maillaud-ce-sam-20-octobre-a-amancey/

Pour plus d’informations, consultez : http://smrrr.wordpress.com/2012/10/04/sos-stan-maillaud-mon-compagnon-disparu-apres-un-probleme-avec-les-gendarmes/#comment-2999

La DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales), ancêtre de l’ASE, avait désigné le Coral comme un de ces « lieux de vie » vers lesquels elle a pu orienter un public de pré-délinquants, d’autistes, de trisomiques et d’handicapés mentaux légers. Le Coral, c’est aussi une expérience d’une collaboration qui débute en 1976 et qui a impliqué des travailleurs sociaux de la protection de l’enfance soucieux de nouveaux modes de gestion pédagogique et thérapeutiques.

Intégré aux néo-ruraux anti-enfermement, les "lieux de vie" sont un mouvement qui a sa revue appelée « Possible » et plusieurs centres appartenant au Collectif des Réseaux Alternatifs (CRA), le Coral est conçu comme une expérience porteuse de libération, celle d’éducateurs « progressistes »  menés par Claude Sigala, également président du CRA. Là bas, on récupère tous les jeunes et on les soigne en considérant que la délinquance, la toxicomanie, la déficience mentale, ce sont des maladies.

Malade aussi un adolescent de 17 ans qui viole à mort un enfant de 11 ans en 1979. Un meurtre sexuel au Coral, une absence de surveillance, rien de plus. Vraiment ?

Toujours est-il qu’au secrétariat d’Etat à la famille, le Coral et le CRA en général sont très bien vus, il est question de les intégrer à la DDASS, un dossier à ce sujet est remis à Georgina Dufoix. Mais les pratiques du Coral vont aussi enthousiasmer un public interlope attiré par le retour à la nature et le rejet de toute décence, on ne semble donc pas soigner la pédophilie au Coral. Il se dira d’ailleurs de plus en plus que des personnalités aient fait de cette  communauté autogérée, installée à Aimargues dans le Gard, un lieu de villégiature et débauche pour des pulsions contre-nature. On entendra aussi parler de pensionnaires fugueurs recueillis dans les environs, leurs récits sont particulièrement évocateurs, enfin alertés, des parents portent plainte pour actes pédophiles.

Le 13 octobre 1982, la gendarmerie fait une descente au Coral. Le juge Michel Salzmann décide d’y inculper l’éducateur fondateur du lieu de vie, Claude Sigala, un autre éducateur, Jean-Noël Bardy, mais aussi le médecin psychiatre, Alain Chiapello.  Ultérieurement c’est un professeur d’université, René Schérer, favorable à l’abaissement de l’âge du consentement aux relations sexuelles, qui est inquiété. Puis, un éducateur stagiaire, Jean-Claude Krief en fonction entre noël 1981 et février 1982, est aussi arrêté pour une affaire délinquance économique. Mais il a des révélations à produire sur des pratiques bien plus graves que ses petites escroqueries.

Jean-Claude Krief parle d’une pédagogie à base de pédophilie, d’enfants confiés par les services sociaux et objets de pratiques immondes, ainsi que  d’un trafic de photos pornograpiques mettant en scène des enfants. D’ailleurs des pédocriminels seraient invités à se « défouler » sur les handicapés mentaux qui leur sont « confiés ».

L’éducateur Jean-Noël Bardy s’explique,  il reconnaît des activités sexuelles avec une pensionnaire, ajoutant que « cette liberté sexuelle faisait partie d’une thérapeutique nouvelle ».

La honte, l’horreur, les enfants pris à leurs parents surtout si ils sont handicapés, voila des proies idéales pour les théoriciens des thérapies sexuelles. Tout le réseau des lieux de vie est inquiété, le directeur de la revue Possible détient d’ailleurs sa collection de photos pédocriminelles.

Plus de 300 personnalités sont citées dans le monde artistique, judiciaire, politique, journalistique, certains sont même mis en en examen, leur point commun : ce sont des personnalités de l’ère Mitterrand.

Mais, pour le pouvoir en place, l’affaire va trop loin. Comme le dira le capitaine Paul Barril, subordonné du Commandant Prouteau, créateur de la cellule anti-terroriste de l’Elysée, en audience publique le 29 avril 1997 : « Je me rappelle qu’on nous avait alerté pour stopper l’enquête sur le réseau pédophile « Coral » à cause des personnalités mises en cause. »

Jean-Claude Krief, qui accusait précisément des personnalités est présenté comme mythomane, il rétracte une partie de ses accusations en novembre 1982. Michel Krief, son frère, est accusé d’être un maître chanteur des politiques. On le retrouvera mort, suicide bien entendu.

Le courageux juge Salzmann dérange, on essaie de le dessaisir pour ce qu’il aurait violé le contrôle judiciaire de Jean-Claude Krief en le laissant aller vérifier en compagnie policière la  présence d’enfants du Coral sur un fichier de photos pédocriminelles au Pays-Bas. Une démarche gênante visiblement, voila que l’on parle du fichier Zandvoort.

Aucune personnalité ne sera condamné, Claude Sigala prendra 3 ans de prison avec un an de sursis pour « attentats à la pudeur sans violence sur mineur de moins de 15 ans. » Il échappera à l’emprisonnement en appel et évoquera un complot politique qui visait le « mode de vie libertaire et autogestionnaire », ben voyons.

On se demande bien si, dans l’affaire du Coral, le pire n’est pas encore à venir puisque le viol des innocents n’a pas été suffisant pour inspirer l’horreur et la condamnation unanime du modèle Coral.

Pour les éducateurs nostalgiques, le Coral c’était un retour aux communauté de village, contre la ville consommatrice et tous les lieux d’enfermements qu’il s’agisse des asiles psychiatriques mais aussi de la famille, notion bourgeoise sur laquelle il convient de cracher !

Le Coral c’est aussi une autre conception de l’enfance qui fait peur et pour laquelle Claude Sigala possède de solides soutiens chez des éducateurs qu’il avait su mobiliser, il précise d’ailleurs qu’en 1982, « il y avait eu une mobilisation intéressante, ça avait remué pas mal de gens conscients du boulot que nous faisions : des parents, des travailleurs sociaux, des individus, des comités de soutien d’un peu partout… »

Le 17 avril 1986, il se confiera lors d’un interview pour le journal d’extrême-gauche « Le Monde Libertaire », sans rien renier de ses principes qui font encore école aujourd’hui : « Et, pour l’opinion publique, ça a été le procès de la pédophilie.
Là aussi, il y aurait beaucoup de choses à dire ; dans la pédophilie, tout n’est pas à mettre dans de sombres histoires perverses, il faudrait y réfléchir et faire un débat de fond. »

Effarant !

Mais encore : « voir dans la pédophilie l’individu qui traque l’enfant pour se le payer est une image réductrice peu ancrée et qui ne correspond qu’à un cas de figure que je crois extrêmement rare. Je ne suis d’aucune manière défenseur de ces pervers-là. Ce qui me semble le plus fréquent, ce sont des personnes qui aiment les enfants, en leur donnant la dimension de la liberté. L’enfant a besoin d’Amour. Aimer, faut-il le redire, n’est pas posséder, c’est au contraire rendre l’autre heureux ».

Révoltant !

Ce son de cloche, il continuait à le propager tout en déplorant d’être moins entendu en 1986 dans sa défense des lieux alternatifs lors de ses interventions dans des écoles d’éducateurs. Il analyse donc l’échec temporaire de son expérience, un simple alea dans ce qu’il convient de définir comme une lutte contre les institutions bourgeoises capitalistes :

 « Nous sommes dans le creux de la vague, et c’est grave car un lieu de vie ce n’est pas un individu, une tête : cela n’a une valeur que si c’est politique, que si cela rentre dans le champ social.
Il faut reconnaître notre erreur et celle du mouvement alternatif en général : nous n’avons pas été capables de nous organiser. Il y a là des problèmes d’individualités, de rivalités, de non-rencontres avec les autres alternatives. Le mouvement alternatif en France n’est pas capable de fonctionner de façon politique, organisationnelle. Même par rapport à notre procès, qui est quelque chose d’infime dans le contexte actuel, j’ai la sensation que dans les lieux de vie, on n’est pas sur la même longueur d’onde et ça c’est dommage. » 

Mais il y croit encore :

« Nous avons le projet de faire de nouvelles rencontres nationales des lieux de vie, afin d’analyser tous ces problèmes et de nous organiser, sur ce qu’est un lieu, par rapport au pouvoir et à la continuité de ces tentatives. Cette rencontre aurait lieu en septembre. J’écris aussi un livre là-dessus, il me permet de m’exprimer, d’analyser ce qui se passe et il pourrait être un support pour rencontrer des gens. En effet, c’est la priorité que je me suis donnée pour le moment : rencontrer, informer le maximum de personnes.
Je me tiens à la disposition des groupes, comités, etc…, qui voudraient organiser une rencontre, une conférence, sur les lieux de vie, l’alternative… »

Et malheureusement il avait bien raison d’y croire : 10 ans après les projets alternatifs se multiplient et les pouvoirs publics y participent. L’association Coral se reconstitue donc en 1992, l’enthousiasme de ses soutiens se manifeste bruyamment. Sigala est une star, il joue son propre rôle au cinéma dans le film « Visiblement je vous aime » , titre de son livre écrit en 1979. Le film sera sélectionné pour le festival de Cannes de 2005.

On a décidément rien compris, rien appris, tout est permis au nom d’expériences « alternatives » à la famille.

Mais attendez, il y a pire encore dans « Lien social, l’hebdomadaire du social fait par et pour les travailleurs sociaux »

Sous le titre : « les lieux de vie : de l’utopie à la reconnaissance institutionnelle », l’hebdomadaire des travailleurs sociaux remarque que les lieux de vie, dont le Coral fut un modèle emblématique, « voient leur spécificité respectée et intègrent de plein droit le dispositif de l’action médico-sociale ». On parle bien là du modèle post soixante-huitard des CRA de Claude Sigala, avec le rassemblement, selon les termes cités « autour de valeurs comme le partage, l’amour, la fête ».

Ce modèle est donc bien intégré à l’action médico-sociale par la loi de 2002-2 et son décret d’application de décembre 2004. Certes on pourrait concevoir que les lieux de vie puissent permettre une solution intermédiaire entre l’enfermement du foyer et la famille d’accueil, mais le modèle tel qu’il a été conçu avec l’absence de repère d’autorité et la promiscuité revendiquée est une aberration qu’il convient de condamner, surtout lorsque son promoteur reste Claude Sigala qui se réclame encore « de l’expérience révolutionnaire des lieux de vie (qui) allait faire tâche d’huile et transformer la société ».  Claude Sigala est présent et consulté aux côtés de ceux qui supportent son parrainage tout en se revendiquant de l’aide sociale à l’enfance.

Mais de quelle aide sociale à l’enfance parle-t-on dans ce pays ? Que font ils des enfants enlevés et confiés à des pervers dont les convictions et appétits n’ont pas changés ?

Voila donc ce que l’on lit dans le journal des travailleurs sociaux, de ces pseudos révolutionnaires de la pouponnière collectiviste auxquels les lois donnent les moyens de disposer de nos enfants et des éléments les plus faibles de notre société.

Voila donc sur Internet, ceux qui font de la publicité pour les conférences de Claude Sigala : http://luttennord.wordpress.com/2009/03/31/conference-debat-sur-les-lieux-de-vie-avec-claude-sigala-mercredi-1er-avril-a-18h30-a-l%E2%80%99ees/

Nous ne pouvons pas accepter que la situation se pourrisse davantage. Vous avez envie de vomir vous aussi alors lisez ce voeux écoeurant  :

Le sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXI siècle d’en aborder les rivages…"

Jack Lang, Gay Pied, le 31 décembre 1991.

Nous y sommes … presque, mais nous ne le tolérerons pas !!!

Jean-Marie Calise, né en 1950 est de ces éducateurs qui inspirent la confiance. Un de ces prédateurs qui sévissent dans les foyers pour mineurs où l’on place bien souvent de façon abusive.

Échappant à des risques familiaux réels ou fantasmés, six garçons et une fille de 7 à 10 ans n’échapperont pas, eux, à cet éducateur pour enfants en difficulté. Ils seront tout simplement violés. Il y aurait eu d’autres victimes encore, mais on ne parle pas trop de cela dans les foyers, on y a la pudeur mal placée de l’étouffoir.

D’ailleurs les services du Conseil Général ne sont jamais responsables, la faute à pas de chance ou plutôt aux parents qui ont fait que la collectivité a été obligée de mettre leurs enfants entre les mains de pervers grouillant dans les services de la protection de l’enfance. .

Cette fois cependant, l’éducateur ne passe pas entre les mailles du filet et comparaissant devant les assises à Versailles, il écopera de 10 ans de prison dont il en effectuera 6.

La rééducation de l’éducateur est rapide, sorti fin 1988, le voila formateur pour futurs directeurs de centres de vacances.

On ne connaît pas grand-chose des petits trucs d’éducateur qu’il inculquait, on peut espérer que certaines considérations n’en étaient pas partie intégrantes, telle cette profession de foi dans laquelle, en vieux soixante-huitard, il précise avoir pensé que « la pédophilie était quelque chose de beau », on en connaît d’autres de sa génération qui ont d’ailleurs écrit à ce sujet.

Vraiment un aussi "excellent professionnel" a forcément une expérience à partager. Il passe alors de la théorie au retour à la pratique  pour intégrer la colonie de vacances des œuvres sociales d’EDF à Saint-Lunaire, dans les Côtes d’Armor, en qualité de directeur adjoint. Il ne manque pas de violer un garçonnet de 10 ans en juillet 1991, profitant de l’introversion de l’enfant pour s’en faire le « protecteur ». Sa façon à lui de gérer les jeunes en difficulté comme il le fera de nouveau en mars 1992 avec, à la clé, une condamnation à 15 ans en 1997 pour viol  aux assises d’Amiens.

Entamant une nouvelle étape de son tourisme judiciaire, il sera condamné à nouveau à 15 ans par les assises de Rennes pour ses activités pédophile au sein des œuvres tellement sociales d’EDF. Mais ce 15 septembre 2011, cette condamnation le laisse sortir libre puisque les deux peines de 15 ans ont été confondues.

Fera-t-il valoir ses droits à la retraite de pédophile où une nouvelle mission de sévice public lui sera-t-elle proposée ?

Un pédophile meurtrier au sein de la protection de l’enfance

L’affaire Émile Louis, au-delà d’être l’affaire d’un tueur pédophile pervers, est avant tout une affaire qui met en accusation des institutions de la protection de l’enfance et révèle un véritable fiasco judiciaire. Ce point n’a peut-être pas suffisamment été mis en évidence et il convient donc de l’éclairer. 

Sa vie, Émile Louis la commence à la DDASS (ASE), abandonné à l’âge de un mois et placé dans une famille d’accueil.

Il se marie avec Simone Delagneau, « mère d’accueil » pour la DDASS. Il a déjà alors été mis en cause pour des affaires de mœurs sur des mineures, mais bénéficiera de leurs classements.

Les occasions de récidiver seront mises à profit, le pervers travaille pour les services de la protection de l’enfance de l’Yonne en tant que chauffeur de bus. Il a alors la quarantaine et c’est à ce moment qu’il commence à tuer, tout du moins selon les informations actuellement disponibles.

Sa première ou l’une des premières victimes est Jacqueline Weiss, placée chez lui et sa femme.

De 1977 à 1979, il massacrera après sévices de jeunes handicapées en familles d’accueil. Celles-là même qu’il conduit en semaine à l’Institut Médico-Éducatif d’Auxerre en qualité de chauffeur employé par l’Association pour l’aide aux adultes et jeunes handicapés (APAJH). Ces jeunes filles se feront connaître sous la dénomination des disparues de l’Yonne : Madeleine Dejust, Christine Marlot, Chantal Gras, Martine Renault, Françoise et Bernadette Lemoine, deux d’entre elles sont mineures et âgées de 16 ans lors de leur disparition, les autres sont à peine majeures et sous tutelle.

Nageant comme un  poisson dans l’eau de la protection de l’enfance, l’ogre s’installera avec sa maîtresse Gilberte Lemenorel, employée par le département comme famille d’accueil.

Il change de foyer mais pas de pratique puisqu’il violera et assassinera Sylviane Lesage-Durant, une mineure placée auprès de sa nouvelle femme.

Là, heureusement, les choses commencent à se gâter pour Émile Louis, le corps de Sylviane est retrouvé puis identifié en juillet 1981. C’est à cette époque que les langues se délient puisque trois jeunes filles placées par les services de la protection de l’enfance chez sa femme  témoignent de pratiques sadiques à caractère sexuel exercées sur elle par cet affreux bonhomme alors qu’elles avaient entre 10 et 14 ans. Une autre, Anne-Marie
racontera : « Quand j’avais 15 ans, il m’a violé dans sa cabane. J’ai pas pu en parler. J’étais une fille de l’Assistance publique et puis je me sentais sale. Les autres filles, quand je leur ai dit, elles ont répondu qu’il ne fallait pas que je fasse tant d’histoires parce qu’elles y étaient toutes passées. »

Le monstre de la DDASS avoue, puis se rétracte, là encore les faits sont appuyés par de solides preuves.

Émile Louis écopera donc d’un séjour à l’ombre pour attentats à la pudeur aggravé de 1983 à 1987, il bénéficiera cependant d’un non lieu pour le meurtre de Sylviane après une période de préventive.

L’impossible enquête de l’héroïque adjudant Jambert

Pourtant si il existe bien une personne qui a des lourdes suspicions étayées c’est l’adjudant de gendarmerie Christian Jambert. Il est sur l’affaire depuis 1981 et a bien l’intention de prouver les crimes commis.
Son enquête obstinée le conduira à ne négliger aucune piste dans la vie d’Émile Louis. Il fouille donc les archives de l’APAJH dans lesquelles il découvre qu’il n’y a pas que Martine Renault qui a disparu, en effet d’autres handicapées placées à l’Institut Médico-Associatif d’Auxerre ne portent que la mention « fugue » sur leur dossier ! Il vérifie que quatre d’entre elles habitaient le même village et connaissaient Émile Louis, des témoignages indiqueront que celui-ci adoptait aussi avec elles un comportement pour le moins suspect. L’adjudant Jambert remet donc un solide dossier d’enquêtes sur cette affaire dans l’affaire au parquet d’Auxerre en 1984, mais ce rapport ne suscite aucun intérêt et finit par se perdre dans un placard.

Après 16 années d’enquête, oui vous avez bien lu, 16 années ! Christian Jambert doit enfin être entendu par un juge d’instruction, mais il se suicide mystérieusement le 4 août 1997– très mystérieusement et d’une manière peu probable – deux semaines avant d’être auditionné.

L’ADHY au nom des famille et de la justice

Dans l’intervalle s’était constituée l’Association de Défense des Handicapées de l’Yonne (ADHY) à l’initiative de Pierre Monnoir et d’une ancienne cuisinière de l’Institut Médico-Éducatif d’Auxerre, Jeanne Beaufumé.

L’ADHY, ainsi que l’émission de télévision « Perdu de Vue » de Jacques Pradel prendront une part décisive dans la recherche de la vérité sur les victimes handicapées d’Émile Louis. Victimes dont on ne veut toujours rien savoir puisque le procureur Cazals d’Auxerre classe les plaintes des familles, lesquels sont contraintes de se porter partie civile et se heurtent ensuite à une ordonnance
de refus d’informer pour « faits trop anciens ». Le parcours d’obstacle imposé par les magistrats dans la poursuite de la justice est décidément dissuasif, d’autres auraient abandonné, mais les familles font appel de ce refus auprès de la cour d’Appel de Paris. Et là enfin l’affaire commence à être instruite. Nous sommes le 7 mai 1997, les crimes datent de presque 20 ans et Christian Jambert va se suicider de deux balles dont chacun aurait dû le tuer une fois !

Il faut féliciter à titre posthume l’héroïque Christian Jambert et l’ADHY pour ce travail mené au nom de la justice et constater que la véritable famille de ces petites handicapées était elle-même placée et ne savait même pas que leurs sœurs avaient « fugué » d’où la plainte très tardive déposée par la famille.

La coupable complaisance de la protection de l’enfance

Toute cette affaire agace les professionnels de la protection de l’enfance d’autant que les familles d’accueil n’ont pas réagi aux disparitions de leurs protégés, sauf en ce qui concerne la disparition de Martine Renault, 16 ans lors des faits.

Pour l’APAJH, laquelle gère 8 foyers pour handicapés dans l’Yonne, la situation pourrait aussi s’avérer délicate :  Nicole Charrier, au lieu de soutenir son chauffeur aurait dû porter plainte ou ne serait-ce que prévenir les autorités de façon officielle.

Mais la maison-mère de l’Institut Médico-Éducatif d’Auxerre a d’autres casseroles au fondement puisque Pierre Charrier, époux de Nicole sera condamné en 1992 à 6 ans de prison pour avoir été surpris en 1989 par une patrouille de police municipale en train de violer une pensionnaire de sa femme à l’arrière de sa voiture. L’APAJH ne trouvera alors rien de mieux à faire que de soutenir le mari violeur lors de son procès, quant à Nathalie, la victime handicapée, elle sera maintenue dans le foyer de Nicole Charrier !

Le scandale n’est pas mince, il faut souligner que l’APAJH a été créée par Pierre Charrier dans les années 70 et est dirigée par sa femme, Nicole Charrier. Cette association dédiée à la protection de l’enfance gère un budget de 80 millions de francs de l’époque et est le deuxième employeur de la ville d’Auxerre avec un effectif de 350 salariés. De là à penser qu’il n’aurait pas fallu trop embêter le couple Charrier il n’y a qu’un pas …

L’ADHY ne l’entendra cependant pas de cette oreille car l’affaire des disparues de l’Yonne n’est pas terminée.

L’association de défense des familles cherche donc des témoignages et elle en trouve, ainsi Bernadette Petitcollot, ancienne éducatrice de l’APAJH a beaucoup de choses à dire sur les comportements particuliers des responsables du foyer Guette-Soleil qui ont exercé à l’Institut Médico-Éducatif d’Auxerre. Elle désignera notamment Nicole Chartier qui aurait montrée « ses seins et ses fesses  à une enfant handicapée qui, effrayée, est partie en courant», elle évoque également les nombreuses allusions sexuelles de l’encadrement, le fait que les handicapés étaient sollicitées pour évoquer leurs relations intimes. Elle signalera aussi au procureur d’Auxerre en 1994 une fellation dont a été victime un des pensionnaires déficient mental et qui vaudra au plaignant le transfert dans un autre foyer avec retrait de sa plainte.

Il suffisait donc de parler … Suite à un rapport de l’IGAS le préfet de l’Yonne fera fermer les établissements de l’APAJH pour «des faits et des comportements d’une particulière gravité risquant de compromettre la santé et le bien-être physique des personnes qui y sont accueillies».

Les menaces d’Émile Louis

Pour en revenir à l’affaire Émile Louis, celui-ci toujours chauffeur de bus, est interpellé le 14 décembre 2000. Pensant échapper à toute peine par
la prescription des crimes commis depuis plus de 10 ans et évoquant ses protections haut placées, il ne s’inquiète pas trop.

Il finit cependant par avouer, reviendra sur ses aveux, pour expliquer ensuite avoir été possédé par le démon et entrer dans des délires ésotériques, il menace de livrer de mystérieux commanditaires si on ne le sort pas de là …

Il est condamné à perpétuité en novembre 2004 avec peine de sûreté de 18 ans, peine confirmée en appel en juin 2006, il purge aujourd’hui sa peine au pénitencier d’Ensisheim.

Émile Louis n’a rien dit sur ses réseaux, il existe pourtant d’autres affaires dans l’Auxerrois qui laissent supposer l’existence d’un groupe important de pédophiles sadiques en liaison avec la protection de l’enfance.  Il suffit d’ailleurs de creuser un peu sur l’affaire des torturées d’Appoigny.

La justice mise en examen ?

Le rapport de 24 pages de l’Inspection des Services Judiciaires (ISJ) sur l’affaire Émile Louis évoque une « succession de négligences », un « manque de rigueur », une « passivité surprenante du parquet d’Auxerre », les procureurs René Mayer puis Jacques Cazals ne sont pas épargnés, l’un pour avoir négligé l’enquête de l’adjudant Jambert, l’autre pour sa rapidité au classement.

Aujourd’hui fondamentalement tout a-t-il vraiment changé ?

La question mérite d’être posée, en effet des affaires Émile Louis il peut bien y en avoir eu d’autres dont on n’a jamais entendu parler. C’est en effet proprement miraculeux que cette affaire là ait pu sortir et elle ne le doit qu’à des personnalités fortes et obstinées par la justice comme Christian Jambert, l’équipe de l’ADHY et certainement aussi le courage de Jacques Pradel

Xavier Collet, à partir de nombreuses sources dont l’enquête de
Christophe Deloire et Anne-Cécile Sanchez pour le journal le Point du 22-29
décembre 2000.

Au-delà de l’affaire Outreau et de la désacralisation de la parole de l’enfant, ce sont les "expertises de femmes de ménage" et le couple juge-expert qui sont ici remis en cause par Paul Bensussan lors de la commission parlementaire ad hoc.

Une video à écouter avec attention donc :

Le Village d’enfants de Villabé (Essonne) appartenant à la Fondation Mouvement pour les Villages d’Enfants, aurait eu aussi depuis 14 mois son animateur-éducateur pédophile.

Agé de 29 ans, il avouera avoir commis entre mars et mai 2011, des agression sexuelles sur au moins cinq mineurs de 10 à 14 ans.

Une de ses victimes âgée, un garçon de 12 ans, a rapporté les faits à ses parents qui ont porté plainte pour viol sur enfant au commissariat, ce qui a permis à quatre autres victimes de se manifester.

Un coup de filet inattendu quant on sait ce que vaut la parole de parents présumés maltraitants auprès d’un procureur de la république.

Le présumé pédophile présenté comme un éducateur au « CV parfait », diplômé d’une licence de l’éducation et possédant une expérience d’encadrement des enfants, a été placé en garde à vue le 23 mai 2011, puis mis en examen par un juge d’instruction après être passé aux aveux.

Face à cette très mauvaise publicité pour la médiatique Fondation, celle-ci a décidé de se porter partie civile contre son éducateur. Elle a réagi en disant sa peine pour les enfants et leurs familles. On peut apprécier que les familles aient été associées à ces condoléances quand on sait que bien souvent les parents d’enfants placés – dont certains abusivement comme le confirme l’Inspection Générale des Affaires Sociales – ne sont jamais informés des exactions subies par leurs enfants et ne peuvent donc se porter partie civile.

Les radios, TV et journaux n’auront pas la précaution de cette précision, France Inter, Metro et bien d’autres diront que ces enfants étaient placés par l’Aide Sociale à l’Enfance parce qu’ils étaient victimes de maltraitance ou de négligences graves, une façon de dédouaner d’avance la responsabilité des services sociaux tant il est vrai que des familles mal calibrées selon les canons particuliers des travailleurs sociaux ne retrouveront même pas leurs enfants brisés par le déchirement de la séparation puis par un viol en institution.

Dans cette affaire, les victimes sont de jeunes garçons et d’autres pourraient aussi être concernés parmi les 55 pensionnaires de 2 à 18 ans dont 5 à 6 enfants étaient une semaine sur deux pris en charge intégralement par l’éducateur.

Un éducateur qui sera, on l’espère, jugé avec la sévérité nécessaire, mais il n’est pas le seul coupable. En effet nous aurons l’occasion de nous intéresser aux nombreux cas de pédophilie en foyer.