Articles Tagués ‘Tristane Banon’

 En France, la tendance dominante consiste à disculper DSK d’emblée, sous les couverts de présomption d’innocence, sauf que la femme de chambre, bien qu’elle soit considérée par sa direction, ne connaît pas ce genre de sollicitude. Ne parlons pas d’une  Christine Boutin qui de toute façon ne croît pas au 11 septembre, mais de tous ceux qui de Tapie à Dray en passant par une certaine fan qui parle de complot international ne professent pas un mot sur la femme de chambre.

Parce que en France les choses se sont inversées depuis longtemps : c’est la victime qui est en quelque sorte coupable, jusqu’à restaurer une pensée que l’on croyait révolue tant elle fut réactionnaire : cette femme l’a sûrement bien cherchée, trop jolie peut-être, jupe courte de son uniforme  Sofitel sans doute pour aguicher le client ; certaines jeunes femmes à NY sont d’ailleurs des actrices en attente parce qu’il n’est pas honteux aux USA de faire un « job »de ce genre le temps que la chance et/ou le talent vous sourit enfin. En France c’est ledit coupable qui est devenu l’axe essentiel du droit, pas du tout la victime considérée plutôt comme l’un des éléments du  « système » un stimulus sans plus en ce sens où par exemple DSK serait victime de la société hédoniste hyper-consommatrice qui pousse, dérègle ; la femme de chambre n’étant que l’étincelle qui met le feu : c’est donc DSK la victime CQFD, voilà la triste réalité d’une bonne part de la justice française et de son droit.

La chauffeuse de bus à Marseille qui avait connu l’incendie de son véhicule et la mort d’une jeune fille brûlée avait témoignée lors d’une de ses
dernières tentatives de suicide qu’elle avait appris que les accusés avaient eu le droit à tous les accompagnements alors qu’elle était restée seule avec ces images affreuses.

Voilà la réalité d’une certaine justice française, et aussi d’une certaine conception féodale du droit de cuissage dans laquelle une femme de chambre n’est rien d’autre qu’un morceau que l’on prend, même s’il ne veut pas…

Si DSK a droit à la présomption d’innocence, cette femme de chambre aussi, ce qui n’est visiblement pas le cas en France, et cela reflète bien l’état élevé dans lequel se trouve aujourd’hui la justice (alors que les Américains ne sont que puritains), la classe politique et médiatique dans son ensemble en France (y compris Bernard Debré qui confond libertinage et crime) ne peut que juger avec mépris cette méconnaissance yankee.

Lucien Samir Ouhlabib

Pour soutenir Nafissatou Diallo : http://www.mesopinions.com/Pour-la-defense-de-Nafissatou-Diallo–victime-presumee-de-DSK-petition-petitions-6de3872dce88aef92d813a3ac58cd535.html

Notre ami Lucien Samir Ouhlabib évoque d’autres réactions des politiques français :

Incroyable ! Mais en même temps très attendu : alors que les faits établis s’accumulent, et la victime « supposée » n’aurait pas arrêté de pleurer dit son frère), les socialistes remettent en cause le système judiciaire américain : en « défaillance » clame Badinter, « infernal » répond en écho Chevènement, « lynchage » surenchérit, Lang, tandis que Guigou se sent « heureuse » de ne pas avoir le même système « barbare » ajoute un Alain Gérard Slama sur RTL; bref, les commentateurs et les politiques aimeraient que la France devienne la Corée du Nord en matière de couverture médiatique, et que le système américain défende plutôt les supposés coupables que les supposés victimes puisque en définitive n’est-ce pas « la »société qui est la seule fautive ? Qui suscite en effet le crime sinon elle disent certains (depuis la fin du 19 ème siècle en réalité) ?  Les termes « victime », « coupable » étant de plus en plus interchangeables, comme moments systémiques. On voit pourtant bien en quoi ces affirmations, qui ont pignon sur rue en France, sont réfutés par les faits, en particulier celui-ci, où nul ne peut dire que la victime n’en était pas une en ce que son non serait un oui en puissance comme savent le manier les dialecticiens vulgaires, ces vieux réactionnaires en réalité.

Et tous ces gens aimeraient bien en effet que le système judiciaire américain marche aussi mal que le système judiciaire français : ils se battent pour une telle inégalité, celle où les coupables sont accompagnés, réhabilités, axe désormais essentiel du droit, tandis que les victimes sont laissées à leur condition, de fait, de dommages collatéraux entre les réductions de peine, les récidives, et les libérations sans conditions.

Cette affaire est en fait symptomatique à plus d’un titre de la faillite d’un système politico-médiatique et judiciaire français organisant le silence à défaut d’en dire la vérité.

Des précédents dans l’affaire DSK sur fond d’Omerta :

Pour aller encore plus loin dans ces précédents : http://www.trafic-justice.com/SITENE17/VEREUX/politiques/sexus.htm