Enfants placés : avenir en danger

L’Inspection Générale des Affaires Sociales remet périodiquement un rapport sur la prise en charge des enfants et adolescents par les services sociaux.

Le ton est nécessairement policé mais à travers de nombreuses on peut lire des constats accablants et des préconisations.

Évidemment l’IGAS n’est pas le CEDIF, on ne peut donc s’attendre à de véritables analyses sociétales, néanmoins à partir des constats recensés, il est possible de préciser nos propres travaux sur l’état des services sociaux à la jeunesse en France.

Le premier constat en introduction est assez révélateur.
Ainsi, pour l’IGAS, les travailleurs sociaux spécialisés dans la protection de l’enfance (juges – cités également -, services de la PJJ, services de l’ASE …) ou intervenant dans des structures dédiées aux jeunes (établissements scolaires, mission locales, …) ne mettent pas en place un projet de vie individuel pour les jeunes, ils se réfugient derrière la complexité des cas pour les adresser à des spécialistes (formateurs, pédo-psychiatres, …) ou à des structures d’accueil (centres médico-sociaux, de santé, internats, …).

De fait les interventions sur les jeunes en grande difficulté sont peu concertées, le secret professionnel servant de prétexte au non-partage des informations entre intervenants.

À notre sens le secret professionnel est souvent violé, mais plus généralement on assisterait là à une volonté de conserver de l’information pour asseoir ses prérogatives, de là à parler d’une rivalité entre les différents services dédiés à la protection de l’enfance …

L’IGAS précise encore qu’il existe rarement de diagnostic sur l’état du jeune, les objectifs des interventions sont peu précis. En conséquence l’évolution de l’état du jeune n’est pas évaluée et donc il est impossible de dire si l’intervention est efficace et nécessite d’être modifiée.

En gros, on navigue à vue et sans aucune cohérence.

Ceci est bien confirmé par la suite du propos.

Les jeunes pris en charge sont trop souvent changés de lieu de résidence et suivent des parcours anarchiques, ils sont soumis à des projets éducatifs successifs sans que des objectifs repérables soient donnés à ces projets, ils sont trop souvent dirigés vers des familles d’accueil, des foyers
ou font l’objet d’AEMO alors que des mesures intermédiaires moins lourdes seraient mieux adaptées à leurs besoins. Enfin les coûts des dispositifs peu utiles auxquels ils sont soumis sont très importants.

 Parmi les exemples cités de tels parcours, celui d’un enfant placé en maison d’enfants à l’âge de 5 ans, puis mis en famille d’accueil à 11 ans, envoyé ensuite en foyer de 13 à 14 ans. Le foyer ne lui convenant pas, il est jusqu’à ses 15 ans ballotté d’établissements en établissements pour des périodes allant de 3 jours à 3 mois, puis en centre éducatif renforcé. À 17 ans, il se retrouve incarcéré pendant 3 mois, retourne en centre éducatif fermé, est pris en charge pour des soins psychiatriques !!!

On pourrait donc se demander si une famille pourrait faire pire en dehors de cas relevant du pénal  ?

La conclusion pourrait se trouver dans cette phrase du rapport (page 90) :
« dans beaucoup de cas, l’intervention sociale ne permet pas le retour à un équilibre personnel, à des liens familiaux épanouissants et formateurs et à une réussite scolaire ou à une insertion professionnelle durable. »

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commentaires
  1. ninjablanc dit :

    j’ai envoyé des mails à l’IGAS !! jamais de réponses
    effectivement ils se cantonnent à des rapports ! souvent édifiants contre les services sociaux
    mais bon voila ! un peu comme la cour des comptes ! on s’indigne ( hein le vieux !) on accable mais on fait l’autruche ! donc voila une proposition : création d’une commission de magistrats de TS mais aussi de parents et de personnes totalement inépendantes pouvant controler sanctionner( s’il y a fautes) et évaluer toutes les personnes travaillant à l’Aide Sociale à l’Enfance ! merde c’est pas compliquée !!!!

  2. La conclusion pourrait se trouver dans cette phrase du rapport (page 90) :
    « dans beaucoup de cas, l’intervention sociale ne permet pas le retour à un équilibre personnel, à des liens familiaux épanouissants et formateurs et à une réussite scolaire ou à une insertion professionnelle durable. »

    Je peux ajouter dans ………..la page 91 du dit rapport :
    que cette conclusion est à l’image des éducateurs des services sociaux, personnellement déséquilibrés, certe à des degrés plus ou moins élevés, pour trouver, un épanouissement de substitution par le biais d’une consommation importante et régulière de cannabis. Il est également à préciser que ces mêmes éducateurs sont dans l’impossibilté de donner la moindre formation, ayant été eux-mêmes en échec scolaire chronique et tout au plus titulaires, par piston, du BAFA .
    Au terme d’une formation assidue (5 heures à faire tourner les « tafs ») ils sont projetés « experts » de l’aide à l’enfance, par le Président du Conseil Général, en personne, afin de promouvoir un style bien particulier d’éducation :  » SAS » (Sex And Sex)

    • lilou dit :

      Juste a titre d’info, les educateurs spécialisés travaillant a l’ASE ont tous sans exception un bac+2 (il leur faut ainsi passer le bac, puis apres passer un concour d’entrée dans une école et enfin apres 2 ans d’etudes passer les examens pour obtenir leur diplome).
      Donc bon, dire qu’ils ont été en echec scolaire toute leur vie et ont uniquement un bafa en poche c’est un peu leger pour critiquer un systeme…

  3. SIRIEIX dit :

    Sévices Sociaux et Tortionnaires Sociaux devrait-on les nommer… En effet, mon constat depuis que j’interviens dans les dossiers à moi confiés, est qu’aucun projet pour l’enfant ne voit le jour, entendu même en audience, des éducs/référents affirmer que PERSONNE n’est capable de le mettre en place ce fameux Projet Pour l’Enfant, les juges ignorent, dans leur grande majorité, en quoi cela consiste. Résultat : des enfants, des jeunes, ballotés sans but, sans projet, sans avenir. A force les pouvoirs publics vont réduire les budgets et les familles pourront s’entendre dire (comme aujourd’hui d’ailleurs) : « Les fonds sont épuisés, débrouillez-vous ».

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