Doit-on éduquer les enfants à se défier de leurs parents ?

Publié: 26/08/2013 dans Contre-attaques, Interpellations
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La question est d’importance et elle est évoquée dans le sillage de terribles affaires de maltraitances mortelles sur enfants.

Retour sur la tragédie Marina

Anne Tursz, pédiatre, revient sur l’affaire Marina à travers son blog.

Elle aussi met clairement en évidence l’absence de suivi sérieux des maltraitances pourtant signalées de Marina, le calvaire d’une petite fille qui la mènera à la mort sous les coups de ses géniteurs.

Anne Tursz ne va pas dans le sens du déni de responsabilité des services de l’ASE puisqu’elle ose parler de meurtriers par omission. En tant que professionnelle de l’enfance, c’est tout à son honneur.

Cependant une fois le constat terrible établi, constat qui devrait donner lieu à consensus et qui aurait dû mener à la condamnation de l’institution dite de la « protection de l’enfance » ; il faut encore comprendre comment nous en sommes arrivés là.

Le comprendre car malheureusement le cas Marina n’est pas unique.

Un dogme familialiste en France ?

Les causes qu’Anne Tursz souhaite mettre en évidence sont d’ordre sociétale et reposeraient sur les « dogmes » selon lesquels :

–         la famille est naturellement bonne ;

–         l’intérêt des familles prime sur celui de l’enfant.

En allant un peu plus loin, une interview d’Anne Tursz pour le magazine « Valeurs Mutualistes » en son numéro 268 de septembre/octobre 2010, nous éclaire sur ses conceptions. Elle y dénonçait la « démolition » de l’éducation nationale et de la médecine scolaire (pourtant premier budget de l’Etat par son poids dans la dépense publique) et poursuivait ainsi : 

 « Au collège, les élèves ont accès à l’éducation à la sexualité. Pourquoi ne pas y adjoindre l’éducation à la parentalité ? Cela permettrait d’expliquer aux jeunes les difficultés qu’ils vont rencontrer plus tard. Il y a une très forte pression sociale poussant à faire des enfants, mais il faut expliquer que ce n’est pas une obligation ! »

 Familles, attention danger !

Cette déclaration montre à l’évidence que l’affaire Marina sert à la démonstration de cette pédiatre et lui permet d’illustrer par l’horreur sa conception selon laquelle bien des parents seraient à l’image des géniteurs de Marina du fait d’une pression sociale qui les conduit à engendrer sans avoir compris les responsabilités de la parentalité.

Malheureusement sur ce point encore, elle n’a pas tout à fait tort. Il n’est pas certain cependant que nous nous entendions si nous devions pousser un peu plus loin le raisonnement.

Quelle est donc cette pression sociale qui nous pousse à enfanter ?

La prise en charge sociale de l’enfance avec un dispositif d’allocations familiales très favorable à partir du troisième enfant ainsi que d’autres dispositifs qui imposent désormais une prise en charge de plus en plus précoce de l’enfant par le système éducatif (la maternelle à deux ans) et de plus en plus longue (réforme des rythmes scolaires) ?

Non, ce n’est certainement pas ce que veut dire Anne Tursz puisqu’au contraire elle propose un encadrement plus complet de l’enfant à travers les structures scolaires.

Une formation des jeunes à la parentalité
Le rôle de l'école dans le système soviétique

Le rôle de l’école dans le système soviétique

Un encadrement qui permettrait de faire comprendre aux jeunes que faire des enfants n’est pas une obligation suite à une éducation à la parentalité.

Cette éducation devrait notamment permettre de faire tomber le « dogme » selon lequel « la famille est naturellement bonne » et remettre en cause la notion selon laquelle l’intérêt des familles prime celui de l’enfant.

Un tel enseignement au collège pourrait laisser des traces importantes chez nos jeunes, surtout à un âge où l’on s’affirme contre ses parents, le fameux « âge ingrat », celui où le discours permettant d’opposer les enfants aux familles passerait le mieux.

Nous ne pensons pas qu’il existe en France  un dogme selon lequel la famille est naturellement bonne, sinon il faudra nous expliquer pourquoi la proportion de mesures prises en matière de « protection de l’enfance » est chez nous plus élevée que dans tous les autres pays européens.

Nous ne pensons pas non plus qu’il soit souhaitable d’éduquer à la parentalité et que l’on puisse éventuellement délivrer un permis d’Etat d’enfanter comme on donne un permis de conduire après examen, ce qui n’est pas une obligation ne doit pas devenir un privilège consenti.

Le contrôle social au service d’un dogme anti-familles

Le remède peut quelquefois être pire que le mal et donner ainsi prétexte au contrôle social et à la création de nouveaux postes de travailleurs sociaux destinés à exercer ce contrôle, en l’occurrence ici des professeurs de parentalité…

Éviter que des Marina décèdent encore demain entre les mains de leurs géniteurs ne consiste pas à présumer que tout parent est un enfanticide en puissance, non.

Éviter que des Marina décèdent encore demain suppose que la « protection de l’enfance » fasse le véritable travail pour lequel nous la payons grassement. Elle en avait largement les moyens dans l’affaire Marina, comme le rappelle aussi Anne Tursz, mais faute de sanction, faute de moralisation de la profession des travailleurs sociaux, tout flicage des parents sera vain et ne servira que les intérêts de ceux qui veulent placer et conditionner nos enfants au rejet de l’institution familiale.

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commentaires
  1. b dit :

    comment l’ase n’ont pas ètè poursuivie dans le dossier marina pour non assistance a enfant en danger les services sociaux sont des monstre des meurtrier couvert par l’ètat français cette petite fille et morte en martyre devant les yeux de profèssionel qui ètè payer pour la protéger donc ils mérite une condannation ou mème d’aller a la case prison

  2. TERRIOU Bruno dit :

    Encore une preuve de la « fracture sociale » en France, « on » empêche un parent trop protecteur invoquant qu’une relation a la limite du fusionnelle peut émettre un doute, en invoquant des risques de carences éducatives. Soit.

    Mais «on » laisse bon train aux « Maltraitances infantiles » deux poids, deux mesures dans une société soit disant équilibrée.

    Alors que le clientélisme de ces pseudos services de la protection de l’enfance, s’attache à rechercher leurs clients potentiels, au sein de la classe sociale la plus défavorisée, avez-vous déjà vu les enfants d’un magistrat être soumis à la protection de l’enfance ? C’est ainsi que je relève de cette « fracture sociale »

    • comitecedif dit :

      Non, on n’a pas vu d’enfants de magistrats placés, par contre des enfants d’ingénieurs, de cadres supérieurs il y en a et pas mal. Les causes des placements sont diverses selon les origines sociales mais ils trouvent toujours un prétexte.
      La fracture sociale existe bien entre ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qui le subissent et paient.
      En gros il existe une guerre sociale entre les détenteurs du pouvoir d’Etat et ceux sur le dos desquels ils vivent.

  3. brunet dit :

    nous devrions pouvoir penser que tout fonctionnaire fait son travail pour faire progresser la collectivité , il n en est rien au contraire on régresse on massacre des enfants au nom du conflit parental nous avons des juges qui recopient le rapport de la se et qui se prend pour un psy et qui sans nul doute avec leur pensées anti famille nous détruisent nos enfants
    justice ou es tu ,?
    que fais tu?
    je suis le grand méchant loup dit le président du conseil général ,je vais te manger mon enfant pour avoir plus de subventions et de caisse noire qui sais l automne arrive je vais sans doute aller à la chasse avec le procureur en tous les cas à rennes c est comme celà

    • TERRIOU Bruno dit :

      Bonsoir ce n’est pas propre a Rennes

      Le retrait de l’enfant à sa famille doit être considéré comme une mesure de dernier recours qui devrait être, dans la mesure du possible, temporaire et de la durée la plus courte possible. Les décisions de retrait devraient être régulièrement réexaminées et le retour de l’enfant auprès de ses parents, une fois que les problèmes à l’origine de la décision de retrait ont été résolus ou ont disparu, devrait se faire dans l’intérêt supérieur de l’enfant (résolution 64/142)

      Mais au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant, d’entrée de jeu les institutions auront prééminence sur les familles, ou la « Justice » s’attachera à creuser des fossés en n’négligeant « l’égalité des armes » et incitant à « l’exclusion parentale »

      L’exclusion parentale consiste à éliminer un ou plusieurs parents (mère, père, grands-parents, frère, sœur, etc…) de la vie d’un enfant… Cette attitude aberrante vise à détruire les souvenirs, l’image et la place d’un ou des parents ….

    • TERRIOU Bruno dit :

      Malgré et Conformément à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, qui est certainement la convention la plus négligée en France….. Où la France est pourtant signataire.

      Article 9 : 1. Les États parties veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré…..

      3. Les États parties respectent le droit de l’enfant séparé de ses deux parents ou de l’un d’eux d’entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents…………

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