Un livre à ne pas rater pour comprendre jusqu'où ils peuvent aller

Un livre à ne pas rater pour comprendre jusqu’où ils peuvent aller.

Qu’est ce que l’hormone de croissance ?

La somatotropine, plus connue sous l’appellation d’hormone de croissance, est secrétée par l’hypophyse, une glande située dans le cerveau.

Chez certains enfants l’hypophyse ne fonctionne pas correctement et occasionne un manque de somatotropine, donc une croissance ralentie. C’est ainsi que l’on explique des problèmes de nanisme non génétique et que l’on a cru pouvoir faire grandir des enfants « trop petits » à condition d’injecter l’hormone de croissance avant la puberté.

Un produit tiré de cadavres

Seulement voila, où trouver l’hormone de croissance ?

Dans les années 1980, une seule source existait : l’hypophyse des cadavres. La somatotropine en était extraite, réduite en poudre et enfin diluée pour être injectée aux enfants.

Mais ce qui semblait être ignoré alors c’est que le prion de la maladie de Creutzfeldt-Jakob pouvait être présent dans la somatotropine engendrant ce que l’on appelait pour le bétail la maladie de la « vache folle ».

Pourtant, dès 1981, le célébre professeur Montagnier indiquait que :

 « la technique de purification (de l’hypophyse des cadavres) ne comprend aucune étape qui puisse inactiver un virus même moyennement résistant. »

Il aurait peut-être fallu l’écouter et prendre les mesures nécessaires. Mais non, lentement la maladie s’est développée chez des enfants infectés entre 1983 et 1985.

Le premier cas de déclenchement de la maladie apparaît en France sur un enfant en 1989, puis les cas se multiplient pour décroître à partir de 2005. Le décompte macabre fait apparaître que 119 personnes sont décédés de cette maladie dans d’atroces souffrances, de cinq à plus de vingt ans après le traitement sachant que la durée d’incubation peut durer jusqu’à 30 ans.

C’est d’ailleurs en France que la majorité des victimes ont été recensées et pour cause … le trafic d’hypophyses, commissions à la clé était une affaire qui relevait de l’État et non de laboratoires privés. Même un journal de gauche comme Libération  le reconnait :

« Souvent critiquées pour leur souci de rentabilité, les firmes pharmaceutiques ont connu, ce matin, leur heure de gloire. Et pour cause. Dans cette affaire, pas un laboratoire industriel dans le monde produisant de l’hormone de croissance n’a eu à souffrir de cas de contamination. » 

La sonnette d’alarme est en panne

Le procès de l’hormone de croissance a débuté en 2009 alors qu’un premier enfant venait de décéder parmi les 1 698 autres traités dont nul ne peut être encore certain de ne pas déclarer cette maladie incurable et mortelle !

Sont mis en cause un certain nombre de décideurs dont le biochimiste Fernand Dray, ancien directeur d ’un laboratoire de recherche de l’Institut Pasteur et la pédiatre Elisabeth Mugnier, en charge de la collecte des hypophyses dans les morgues. Ils doivent répondre du chef d’accusation d’homicides involontaires.

Cette afaire ressemble comme deux goutes d’eau à celle du sang contaminé : pour l’hormone de croissance aussi des organismes publics ont, jusqu’en 1986, écoulé des stocks contaminés sans tenir compte de l’avis des experts qui préconisaient l’inactivation des prions par un traitement approprié.

Soulignons au passage que des sociétés pharmaceutiques privées étrangères avaient pris la peine de détruire tous les stocks dès 1985. Les autorités sanitaires américaines suivies de la plupart de celles des pays européens avaient interdit l’utilisation d’hypophyses de cadavres. Rien de tout cela en France puisque c’est bien connu les nuages toxiques et autres épidémies sont stoppés aux frontières.

D’ailleurs le 7 mai 1985, Jacques Dangoumau, directeur de la pharmacie et du médicament au ministère de la santé, écrit :

« La qualité du système mis au point en France, la nature des produits utilisés, les garanties offertes par leur contrôle, la gravité du handicap traité justifiaient de ne pas interrompre le très remarquable travail réalisé par l’association France-Hypophyse , en liaison avec la Pharmacie centrale et la Commission nationale de l’hormone de croissance. »

Le rapport de l’IGAS de 1982 révélait pourtant les conditions de collecte sur les cadavres : des employés de morgue pouvaient se faire payer toute collecte et s’acharnaient sur des cerveaux pour prélever des hypophyses avec des moyens de fortune tels que des tuyaux de chauffage central … On imagine le spectacle.

Quant à la traçabilité permettant de s’assurer de la qualité des hypophyses, elle relève de la plaisanterie puisque même les décédés de maladies cérébrales vont y perdre leur hypophyse.

Un procès qui dure encore

L’association des victimes de l’hormone de croissance, menée par la courageuse et pugnace Jeanne Goerrian, ainsi que des parents déposent plainte suite aux décès de leurs enfants. Dans le box des prévenus on trouve des pédiatres, biologistes et pharmaciens ayant récolté, transformé, diffusé ou prescrit l’hormone mortelle.

Mais un problème de taille se pose : les registres relatifs à l’écoulement des lots entre 1982 et 1986 ont été malencontreusement détruits. Oups …

Le tribunal correctionnel de Paris relaxe les six prévenus considérant qu’ils n’avaient pas conscience d’exposer à un danger, mais il prononce des condamnations au civil à des dommages et intérêts.

L’ensemble des protagonistes font appel et un non lieu général rendu le 5 mai 2011. Même les dommages et intérêts tombent, la cour ne voit aucune faute, aucune négligence indemnisable.

Pour en arriver là, la Cour d’appel adopte le raisonnement suivant : la poudre d’hormone produite ne relève pas de la législation concernant les médicaments, il s’agit d’un principe actif et la notion de bonne pratique de fabrication en laboratoire n’a été imposée pour les principes actifs qu’à partir de 1998. Or comme les laboratoires de l’unité de radio-immunologie produisant cette poudre d’hormone ne sont pas des laboratoires pharmaceutiques, mais des laboratoires de recherche, on ne saurait condamner les prévenus.

Évidemment la distinction est oiseuse pour les victimes.

La Cour de cassation est donc saisie et statue. Son arrêt du 7 janvier 2014 considère que même si les principes actifs ne sont pas des médicaments, ils entrent dans la composition de médicaments à administrer à des êtres humains et doivent donc être produits par des laboratoires pharmaceutiques. La responsabilité civile des prévenus est donc encourue, on n’attendait pas moins. Rendez vous à la cour d’appel de Paris qui devra rejuger sur le fond.

Une hormone de croissance synthétique … sans risque cette fois ?

En est-ce donc fini de l’hormone de croissance ?

Non, car elle est toujours administrée à plus de 6 000 enfants en France pour un coût allant de 5 000 à 12 000 euros par enfant.

Plus question de recycler des hormones de personnes décédées, puisque désormais elle est produite sous une forme synthétique produite en laboratoire.

Plus aucun risque nous disent les médecins à condition de surveiller le diabète …

Oui, enfin, sauf qu’il a été constaté une surmortalité des patients traités dans leur enfance par des hormones de croissance synthétique  selon l’étude épidémiologique SAGHE portant sur 7 000 individus. Le risque de tumeurs osseuses, d’hémorragies et d’accidents vasculaires cérébraux serait augmenté par l’administration de somatotropine de synthèse.

Les médecins ont voulu expliquer ce risque accru par un surdosage dont ont surtout pâti les « enfants plus petits ».

Voila donc qui justifierait que l’administration de l’hormone soit réservée aux hôpitaux et non dans un cadre familial. De quoi perturber davantage les enfants, surtout si l’opposition a un tel traitement vaut un signalement aux parents. 

Mais en-est -on arrivé à ce point au nom d’une normalisation sanitaire et du principe Rossignol selon lequel ils peuvent disposer de nos enfants ?

commentaires
  1. dela dit :

    Enquête sur l’Aide Sociale à l’Enfance et cet univers opaque où la loi du silence règne. Pendant deux ans, les journalistes Alexandra Riguet et Pauline Legrand ont cherché à comprendre ce système et ses problèmes. En 2011, plus de 7,5 milliards d’euros de l’argent des contribuables ont servi à cette structure. Mais les drames et les contrôles des établissements ou des familles chargés de cette protection de l’enfance restent nombreux.faits divers se multiplient : un directeur d’association touchant notamment plus de 9000 euros de salaire, en plus des milliers d’euros de frais personnels pris sur le budget de fonctionnement, ou encore un pédophile, déjà condamné, engagé comme veilleur de nuit d’un foyer hébergeant des mineurs. Les manques et l’inexistence de

    2014 : Enfants en souffrance..la honte
    En France , l’ Aide Sociale de l’enfance ne veut pas que l’on voit que l’on sache
    Documentaire 2014 : Enfants en souffrance..la honte

    merci de faire circuler

    • comitecedif dit :

      Le reportage dénonce ce qui mérite de l’être, mais fait l’impasse sur les placements abusifs et donne la parole au professeur Maurice Berger, dont les théories sont une catastrophe. C’est dommage.
      D’autant que nous avions parlé de cas de placements abusifs avec la journaliste. Pour le reste, le reportage est suivi d’un débat assez immonde qui est une tentative de récupération de l’ASE;

  2. Une mère dit :

    merci de parler de ce crime d’Etat dans lequel, une fois encore la justice décide qu’il n’y a pas de coupable, comme si le sort et le hasard étaient les seuls responsables de la mort de nos enfants. Il faut le rappeler, des fonctionnaires sont responsables de la mort d’enfants innocents, ce n’est pas la première fois que cela arrive et ça continue en parfaite impunité. Voila donc cet Etat qui est censé nous protéger et qui nous le fait payer au prix fort.

  3. Nathalie Busuttil dit :

    La barbarie s enrichie et trouve chez lenfant de tres bons cobaye

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s