Reality show en institution

Publié: 07/08/2016 dans Affaires, Se(r)vices Sociaux
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Le dossier noir français pour le traitement des autistes est déjà bien chargé et participe à cette nécessaire correction que le public doit faire quant à la notion « France pays des droits de l’homme ».

La vidéosurveillance, dans quelles conditions ?

oeilQuelques lignes supplémentaires doivent cependant être consacrées à cette maltraitance institutionnelle. Il s’agit cette fois de dénoncer la  pratique de  vidéosurveillance permanente de jeunes et moins jeunes autistes telle que pratiquée dans le Maison d’accueil Vercors, située, comme son nom ne l’indique pas, en Seine et Marne.

A priori l’affaire n’est pas aussi choquante que bien des atteintes aux enfants et aux familles que nous avons l’habitude de dénoncer.

Mais regardons-y de plus près ne serait-ce que pour comprendre ce que cette pratique a de troublant concernant le respect de la dignité de tout être humain.

Ainsi, si la télésurveillance est encadrée c’est aux fins de ne pas porter atteinte de façon disproportionnée à l’intimité de la vie privée. La pratique d’enregistrement suppose donc une déclaration à la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) avec droit de consultation, de modification, de rectification, de suppression des images par les personnes filmées.

Pour autant on comprendra qu’un malfaiteur pris en flagrant délit ne devrait pas pouvoir mettre en cause le moyen de preuve, soit-il une caméra (http://ripostelaique.com/voleuse-de-sacoche-depose-plainte-contre-victime.html).

On ne sera pas non plus insensible à l’argument de protection des patients face à des risques d’épilepsie supposant une surveillance permanente. C’est là une justification mise en avant par un des éducateurs du centre.

Une incontestable atteinte à la dignité

Seulement voila, aucune remontée de crise épileptique  n’a jamais été répercutée par ses collègues occupés à visionner les séquences vidéo.

A fortiori les familles n’étaient pas informées de cette « mesure de précaution » et le foyer n’a jamais fait la moindre déclaration CNIL de ses moyens d’observation placés notamment dans les chambres.

Reste donc à connaître les véritables motifs de ce reality show permanent accessible à l’intégralité du personnel du centre.

Voyeurisme ? Certains ne manquaient pas de se moquer de certains passages exposant la vulnérabilité des patients comme le précise un des éducateurs.

Pour aller plus loin et voir la video réalisée par la maman :

http://www.leparisien.fr/societe/des-cameras-pour-espionner-des-autistes-29-06-2016-5923215.php

Un habituel constat

On a du mal à croire qu’un tel « fait divers » soit isolé.

On en retiendra cependant trois points :

  1. Les pensionnaires autistes d’un foyer ont moins de droits que les délinquants.
  2. Des faits passibles d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende ne sont pas sanctionnés et ne le seront éventuellement que si la pratique continue.
  3. Les parents qui dénoncent peuvent craindre des représailles.  
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commentaires
  1. Ashley "Cassandre" dit :

    Bonjour, la question que je me pose à la lecture de cet article est: comment la maman a-t-elle pu se procurer la vidéo? Par le biais d’un des éducateurs? Qui n’osera pas agir par (juste) crainte de représailles. Si la maman agit elle est assurée, comme j’imagine tous les parents qui se rendent compte des sévices faits à leur enfant placé, de ne plus avoir de visite ni aucune nouvelle, afin de « protéger » les « protecteurs de nos enfants ». Un problème récurrent, qui permet aux gens malsains de continuer sans être inquiétés. J’imagine qu’un « signalement » anonyme avec vidéo à l’appui au procureur ne donnera rien. De toutes les façons je crois que le pouvoir de l’ASE est tel qu’aucun magistrat n’osera s’y attaquer. Je crois qu’on en est là, pour notre plus grand malheur.
    Alors? A quand un « Nuremberg de l’ASE »? Après une guerre civile comme certains hommes politiques se plaisent à nous en manier le spectre afin de nous effrayer et nous détourner des vrais problèmes?

  2. Mag dit :

    Ce que je ne comprend pas c’est pourquoi cette établissement se justifie de pose de caméras affin d’intervenir en cas de crise d’épilepsie ? y’a t-il une majorité d’épileptique es ce un centre spécialisé je ne pense pas donc j’appel sa du voyeurisme

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