microtrLa Nouvelle République défend l’ASE

Dans une nouvelle rubrique qu’il faudrait appeler « On n’a pas tout compris, mais visiblement eux non plus ».  Un ou une journaliste de « La Nouvelle République Indre et Loire » a cru devoir titre un de ses articles du 6 décembre 2016 « Aide sociale à l’enfance : des attaques outrancières ». http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2016/12/08/Aide-sociale-a-l-enfance-des-attaques-outrancieres-2930568

Avec un titre pareil il devait être question de présenter l’ASE comme une victime. Une assertion qui ne laisse pas d’étonner quand on est informé de la question. Un peu de distanciation de la part des journalistes aurait été apprécié, ne serait-ce qu’au nom de la qualité de l’information, mais bon les chartes déontologiques sont une chose et la pratique journalistique de la presse-papier une autre.

On peut donc retenir sans aller plus loin que le titre que la rédaction du journal considère que l’ASE a été injustement mise en cause. C’est d’ailleurs ainsi que commence l’article « De graves accusations portées par une association contre l’exclusion parentale lors d’une manifestation ont provoqué des réactions indignées. »

Information ou com ? 

Toute le reste ressemblait plus à un droit de réponse des sociaux qu’à un véritable article. Pour en avoir le cœur net, il suffisait de faire une petite recherche sur le net à partir de l’association citée « Ensemble contre l’exclusion parentale », une association dont nous n’avions pas connaissance au CEDIF.

Bingo, il y a bien eu un article au sujet d’une manifestation de cette association (http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2016/11/18/Elle-milite-contre-l-exclusion-parentale-2907028). L’article était honnête et la porte-parole de l’association s’y exprimait. Nous y retrouvons un certain nombre d’éléments que nous mettons en évidence dans nos colonnes, ainsi que cette croyance un peu naïve en la capacité d’obtenir des résultats par ces fameux faux alors que le droit de diffamer des sociaux a bien été affirmé.

Il aura donc fallu une quinzaine de jours pour que « La Nouvelle République » joue les procureurs à l’encontre de l’interviewée en reprenant des éléments cités lors de l’interview réalisée par … la même « Nouvelle République ». Une attitude que l’on ne peut que difficilement s’expliquer, sauf à l’éclairer par des pressions « indignées » dont des sociaux seraient à l’initiative.

Il est fait reproche dans ce « droit de réponse » qui ne dit pas son nom, et qui est donc repris sans la moindre précaution par la rédaction du journal local comme s’il s’agissait d’une information (aïe pour la déontologie), que l’association citée aurait tenu des propos diffamatoires.

Un journal publie des informations qu’il juge ensuite diffamatoires !!!

Le journal formule donc des accusations graves contre une association et semble en appeler à des poursuites pour diffamation.

Qu’est-il reproché exactement à cette association ?

D’avoir annoncé que la prise en charge d’un enfant revient à 2 000 euros alors qu’un placement en foyer coûterait 7 000 euros par mois. Elle en déduit un bénéfice réalisé par l’ASE pour le placement des enfants. Un « connaisseur du secteur de la protection de l’enfance » a répondu dans son « droit de réponse qui ne dit pas son nom » (ni le nom du connaisseur d’ailleurs), que ces chiffres seraient totalement fantaisistes.

Si « La Nouvelle République » avait eu besoin de recueillir l’avis de connaisseurs de la protection de l’enfance sans citer sa source, ce n’est pas auprès des sociaux qu’elle aurait dû s’adresser mais en effectuant le travail d’investigation que nous avons pu mener notamment sur le financement de l’ASE pour le département de l’Isère, un département témoin assez représentatif.

Pour l’Indre et Loire, l’accusation de chiffres fantaisistes est démentie par l’accusateur lui-même puisque, sans rire, les 7 000 euros par mois pour un placement en foyer deviennent 6 500 euros. Wow, voila bien qui méritait un droit de réponse !

Combien coûte un enfant ?

2 000 euros par mois, voila ce que coûte un enfant, le travailleur social indigné n’en disconvient pas non plus. Sauf qu’il confond frais d’entretien d’un enfant et placement dans une famille. Seulement voila, tous  les enfants de ce pays ne sont pas encore placés et tous les parents ne sont pas des employés du département. 2 000 euros par mois c’est un peu excessif sauf pour le mois de décembre !

On ne comprend donc pas tellement où ce « connaisseur » de travailleur social veut en venir, si ce n’est qu’il a dû être choqué par le terme imagé « bénéfice ».

L’économie pour les nuls

Pour reprendre l’économiste Jean-Baptiste Say et sa loi des débouchés, histoire de faire un petit cours aux journalistes et sociaux, la création d’un service (en l’occurrence le placement des enfants) créé un flux de revenus qui n’existerait pas en l’absence de placement. Des flux que nous nous proposons au CEDIF de diviser très largement afin de mettre au chômage certains « connaisseurs ».

Mais à la différence de la loi des débouchés, les revenus crées par les placements d’enfants ne servent pas à acheter des services de placement puisque ce sont les contribuables qui paient les sociaux. Eh oui, c’est ça la logique publique du financement des placements.

Mais arrêtons là ce petit cours, je pense bien que l’on a compris que l’accusation de diffamation à l’égard de la porte-parole associative est elle-même diffamatoire.

Des mots qui fâchent

Une autre réaction d’un éducateur consiste à s’offusquer du terme « trafic d’enfants », là ce sont les mots qui fâchent, mais bon prince il ne demande pas des poursuites car de tels mots ne peuvent avoir été dit « que par une personne qui souffre », qui tombe « dans ce type de réaction car elle ne comprend pas qu’on lui retire son enfant ».

Voilà encore une sortie pleine d’une humanité de façade mais qui laisse pantois.

Les sociaux pensent-ils véritablement que de telles analyses ne proviennent que des familles victimes de placements abusifs ?

Soyons sérieux, d’abord il est normal qu’une personne ne comprenne pas qu’on lui retire son enfant si le placement est abusif comme c’est trop souvent le cas ainsi que le précisait Pierre Naves de l’IGAS. Ensuite pour faire ce constat il suffit d’une simple étude sociologique, les experts qui ont condamné le fonctionnement de l’ASE ne sont pas à ce que nous sachions des victimes du placement de leurs enfants. 

Enfin et toujours dans l’émotionnel « comment peut-on imaginer qu’un magistrat soit insensible à l’idée de séparer un enfant de ses parents ? »

Pour remonter le niveau du débat à ce sujet, voici un rapport de la Cour des comptes qui parle des juges des enfants et de leurs habitudes de travail . Pour le reste on pourrait parler de la spécificité du rôle des sociaux dans la procédure devant le juge des enfants et poser à notre tour la question : « comment peut-on s’imaginer que des sociaux puissent instruire à charge et à décharge quand ils doivent se prononcer sur des mesures qu’ils mettront eux-mêmes en place ? »

Voilà donc pour les méthodes journalistiques et un petit conseil que l’on suit à la lettre au CEDIF : tout contact avec un journaliste se fait par un écrit même s’il s’agit d’un interview, nous n’avons jamais dérogé à cette règle. Bien sûr la plupart des journalistes mainstream n’aiment pas cela, mais qui les lit encore ?

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commentaires
  1. michele bessieres dit :

    bonjour je tient a vous dire que ce battre contre l ASE c est ce battre contre un mur moi etant grand mére cela fait deux ans que l ase a fait interdire que je prennes ou je voyes ma petite fille qui a eue en octobre 2016 deux ans j ais arrétée de me battre en esperant toujours un jour que je verrais ma petite fille avant que je meure !la réalitée est la !

    ________________________________

    • comitecedif dit :

      Si vous vous battez seule contre l’ASE alors effectivement vos chances sont moindres, mais si vos adhérez à une section locale CEDIF alors vous aurez plus de chance de vous faire entendre.

  2. Michele,

    Sachez que je suis une MAMAN SOPLIEE de ses 2 fils par ses propres parents!, et ça fait désormais 16 ANS que je me bats…. Pour moi, ce n’est plus une question « seulement » de « lutte symbolique »!, mais surtout de VENGEANCE PERSONNELLE! (traduisez: J’EXIGE QUE JUSTICE NOUS SOIT RENDUE, A MOI ET MES 2 FILS!).

    Je me suis juré que j’irai jusqu’au bout, quitte à en mourir.

    Cordialement.

  3. Madeleine dit :

    Bonjour,
    Je voudrais ajouter une possibilité des juges qui feraient leur travail avec du coeur et une conscience, de se tromper en se basant aussi sur des rapports souvent nuls et faux de certains enquêteurs .

    Bonne Année à tous.

  4. pascal seguin dit :

    Mais finalement à quoi sert le juge s’il ne fait qu’entériner les rapports qui lui sont remis et qu’il est persuadé qu’ils sont exacts sans même vérifier puisqu’il leur fait entièrement confiance ! Imaginerait-on un juge d’instruction qui ne se fierait qu’aux rapports des policiers?

    • comitecedif dit :

      Disons que le juge n’entérine que dans 9 cas sur 10, la question que vous posez explique pourquoi le CEDIF demande une refonte complète du système de la protection de l’enfance qui toucherait aussi la magistrature.

  5. Ref dit :

    toute la juridiction JUGE POUR ENFANT est totalement caduque puisque c’est l’unique juridiction qui viole totalement le principe contradictoire ( alors que cette juridiction n’en a absolument pas le droit selon la constitution française qui impose le droit de défense et le contradictoire est l’unique droit de défense dans les procédures civils comme les Juge pour enfant !
    ( dans toutes les autres juridictions même pénal pour des affaires de crime le principe du contradictoire est obligatoire : c’est à dire que toutes les pièces de l’accusation doivent être remise à la personne accusée afin qu’elle puisse soit prouver le contraire ou faire des remarques ou juste en être informé si elle est coupable !)

    le principe contradictoire est imposé aux expertises même ordonnées par tous les juges , c’est à dire qu’une juge pour enfant qui exige un rapport des services sociaux ( ou rapport des psy !) devrait impérativement les transmettre aux intéressés qui peuvent faire des remarques écrites sur le document lui même : mettre des mentions comme diffamatoire, subjectif , preuve du contraire ci jointe!

    hors les juges pour enfant se sont créer un code de procédure qui ne les obligeraient pas à respecter le droit à la défense ! mais constitutionnellement leur code de procédure est totalement caduque en France puisqu’il viole le principe du droit à la défense .

    l’ignorance ou plutôt le rien à foutrisme des avocats fait que les juges pour enfant appliquent un code de dictature dans un état qui ose se prétendre avoir signé les droits de l’homme ( ils ne sont quasiment jamais appliqué c’est juste une hypocrisie !

    par contre avec des enregistrements et ou beaucoup de témoins ( ayant écouter les enregistrements ou accompagnant au rdv inimaginables des ces tortionnaires lobotomisés) lors des rdv ASE pour étouffer des scandales des juges cèdent à des familles .

  6. […] Voila donc l’impression que veut donner ce « reportage », c’est que quand il s’agit de dire des vérités les rédactions régionales font bien vite marche arrière (voir autre article presse). […]

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