Permis d’ignominie ?

Publié: 23/03/2017 dans Magistrature

Un havre de tranquillité   

Misy-Sur-Yonne, petit village tranquille au sud-est de la Seine-et-Marne semble être l’endroit idéal pour se ressourcer, décompresser, évoluer paisiblement avec ses enfants.

C’est là que Pascal et Claire A, 45 et 47 an choisissent de s’installer en 2006. Ils y achètent un joli pavillon au fond d’une impasse avec beaucoup d’espace et une piscine.

Outre leurs enfants qui ont grandi, d’autres plus jeunes vont les rejoindre, c’est que le couple est assistant familial, ce que l’on appelle aussi une famille d’accueil.

Un dévouement au service de la profession

assautcDevenir assistant familial c’est travailler pour le département et plus précisément pour et avec l’ASE en assurant « l’éducation » d’enfants retirés à leur famille naturelle.

Il paraît que ce n’est pas pour de l’argent que l’on fait ce métier, mais pour l’intérêt supérieur de l’enfant et lui assurer un avenir qui avait mal commencé. Enfin c’est ce que nous disent les assistantes familiales qui viennent troller le facebook du CEDIF, c’est ce que précise aussi l’ASSAF 77, crée le 6 novembre 2009 par Pascal et Claire A afin « d’aider et former les assistants familiaux tant dans leurs obligations journalières que dans leurs obligations professionnelles ».   

Le couple en question veut donc faire école non seulement auprès des très nombreux enfants qui lui sont confiés mais auprès de toute la profession dans toute la Seine et Marne. Il se veut relais des préoccupations des assistants familiaux notamment auprès de l’ASE, de quoi s’assurer une position solide auprès des collègues.

Il est vrai que la profession est exposée puisqu’un certain nombre de familles d’accueil ont des relations pour le moins difficiles avec les familles naturelles, lesquelles leur reprochent souvent de ne pas respecter leur autorité parentale. Il fallait donc bien une association pour défendre les assistants familiaux jusqu’aux procédures judiciaires si nécessaire.

La sonnette d’alarme résonnait en vain

Mais à y regarder de plus près le couple exemplaire ne serait pas si lisse. Des adolescents placés se sont plaints dès le début, des maltraitances sont évoquées, notamment de nature sexuelle ainsi qu’en témoignera Kévin, une fois devenu adulte dans « Le Parisien » . Le témoignage est dur, il parle de viol …

On ne sait pas d’enfants et de familles se sont plaints de ce qu’ils vivaient, mais en 2010 ce sont des travailleurs sociaux qui s’inquiètent et font part de soupçons de pédophilie. Cela n’ira pas plus loin, il semblerait que l’ASE n’ait pas jugé bon de signaler aux autorités judiciaires.

Les familles naturelles ne sont pas écoutées, on sait comment cela se passe, il ne faut pas trop se plaindre si on ne veut pas que le lien soit coupé.

Il faudra 10 ans !

Pour autant les reproches s’accumulent, les enfants continuent à être placés dans cette famille en extension où cohabitent 6, 7, 8 enfants en dépit des recommandations officielles sur la question. Deux plaintes sont déposées en 2015 pour violences physiques avec l’habituel classement sans suite. Mais le 3 août 2016 une nouvelle plainte déposée par un adolescent devenu majeur inquiète et mène enfin à une enquête pendant laquelle les mineurs sont placés ailleurs. La famille d’accueil, furieuse, crie à la diffamation et demande la protection fonctionnelle, en clair exige que le conseil général poursuive le plaignant pour diffamation et comme le conseil général ne bouge pas, les accueillants intentent une action auprès du tribunal administratif pour exiger d’être protégés !

Le 8 mars 2017, les éléments recueillis sont suffisamment lourds : Pascal A est arrêté et mis en examen pour abus sexuels sur mineurs, son épouse reconnaît avoir assisté à des viols à l’encontre des jeunes placés à leur domicile. Le nombre de victimes se chiffrerait à plus d’une quinzaine.

Avec le recul l’exemplarité affichée par ce couple d’accueillant vient maculer la réputation de toute la profession insuffisamment contrôlée selon un voisin qui parlait d’un « père » d’accueil violent et de jeunes qui envoyaient des bouteilles de whisky dans son jardin. Un vrai foyer quoi !

Si les faits sont avérés, nous aurions là des éducateurs éduquant aux perversions entre viols, alcool et conditionnement psychologique puisque des mineurs auraient affirmé avoir été consentants. L’horreur, quand on pense que certains alors étaient victimes et complices de viols et n’auraient peut-être jamais dû être placés.

Restent des questions : que deviendront les enfants placés dans cette famille, qui paiera les dégâts et le conseil départemental peut-il prétendre ne pas avoir été informé des plaintes et réactions des familles d’enfants victimes ?

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commentaires
  1. delvarre dit :

    SCANDALEUSE FRANCE !

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