La mise en adoption des enfants placés, un aveu d’échec

Publié: 11/06/2018 dans Contre-attaques, Interpellations, Placements abusifs, Se(r)vices Sociaux
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antigoneAntigone, adhérente au CEDIF et exerçant des responsabilités au sein de l’ASE a souhaité aborder pour nous les conséquences de la réformes Meunier-Dini (relative à la protection de l’enfance) sur la nouvelle pratique d’adoption des enfants placés. 

C’est notre conversation avec Antigone dont nous vous faisons ici part. Nous n’y cachons pas nos inquiétudes sur la dégradation de la situation de l’enfance qui en découle. 

Empathie zéro

Si l’ASE n’est pas réformable c’est  qu’elle a en ses gènes la rupture du lien familial et  qu’elle ne sait faire naître l’empathie chez ses agents à l’égard des parents et des enfants confiés.

Mais si l’ASE ne sait pas faire « ce qui est bon pour eux », c’est-à-dire ne sait pas s’occuper des enfants des autres y compris dans les cas où la famille d’un nourrisson est gravement défaillante, alors oui, précise Antigone, dans un tel cas de figure c’est une famille adoptive qu’il faut trouver à ce nourrisson. 

Seulement c’est aux sociaux de prouver que les parents ne sont pas capables d’élever leur enfant, car à sa maturité l’enfant voudra savoir et ce qu’il ne peut pas entendre c’est le fait d’avoir été abandonné sans autres explications que celles généralement données : – ta mère était mauvaise, ton père aussi… D’où l’écrasante responsabilité de ceux qui produiront un certificat de délaissement et qui auront à répondre de toute approximation.

Un constat d’échec de l’ASE

L’adoption c’est donc le constat d’échec des sociaux, incapables de s’occuper correctement des enfants placés et inaptes à maintenir le lien familial .  Eh oui, au lieu de sauver la profession, la loi Meunier-Dini consacre l’échec des sociaux sans prendre les mesures qui s’imposent. La loi n’est pas appliquée puisque les sociaux ne mettent pas tout en œuvre pour restaurer le lien parental. Pour cela il ne faudrait pas que les mesures mises en place dépassent six mois, que les sociaux acceptent de se remettre en cause quant à leurs pratiques et leurs exigences incompatibles avec bon nombre de situations familiales. s

Lors de cet échange, Antigone relève d’ailleurs que beaucoup de familles dont les enfants sont placés ont, elles-mêmes, un parcours ASE. Mais alors qu’a donc fait l’ASE de ces enfants sous sa responsabilité pour les juger incapables de parentalité ? Seraient-ce les enfants de ces enfants placés qu’une intervenante sociale évoque en disant « on sait très vite qu’ils ne retourneront jamais chez leurs parents », ou parlerait-elle d’enfants de criminels. Antigone a vérifié que les sociaux jugeaient hâtivement et constate que ceux qui prétendent développer des incitations à la parentalité ne précisent pas les dispositifs mis en place en pratique mais se contentent de se lamenter sur le manque de moyens sans exercer leur fonction dignement.

L’ASE est maltraitante

L’échec de l’ASE intervient donc bien en amont de cette reconnaissance poussant à l’adoption. L’échec c’est de conduire à de telles situations par des actes de maltraitances conduisant à la disqualification des familles et l’humiliation des enfants : « maltraitance dans la façon de s’adresser aux familles, de leur donner des leçons, de les menacer, de cacher l’existence d’abus sexuels, de détourner de fonds, de perpétrer des violences psychologiques en foyers comme en famille d’accueil ! » précise Antigone.

Elle ajoute que les enfants placés ne sont pas aimés : « interdit d’aimer, ce n’est pas professionnel ! Un enfant ne peut pas s’épanouir sans être aimé ! Attention, l’aimer professionnellement, car il faut aimer notre métier qui est avant tout celui de réunir les familles (…) combien de témoignages de famille et d’enfants prouvent que le travail d’accompagnement ne s’est pas fait correctement ? Pourquoi sont-ils si peu médiatisés, pourquoi en travail social se tient-on par la barbichette ? Etrange, non ? Je suis encore et pour toujours, je crois, très sensible à ce qu’un humain peut faire subir à l’un de ses pairs, les actualités nous le montrent. J’ai dans ma carrière observé des collègues (qui ne me portent pas dans leur cœur), je ne pouvais m’empêcher de les transporter dans notre si triste histoire des camps de concentration et je me disais, que feraient-ils là-bas si ils avaient leur statut actuel ? Mieux vaut ne pas répondre… »

Désormais des adoptions abusives …

Puisqu’il est question désormais de faire adopter le plus tôt possible pour limiter les traumatismes de l’enfant au sein de l’ASE, dont d’étudier tous les 6 mois une possibilité d’adoption des enfants de moins de deux ans, on peut penser que les sociaux seront fortement amenés à interpréter des situations à leur sauce. Antigone s’étonne du terme de « projet de vie » pour des enfants inaptes à y jouer un rôle actif, effectivement quelqu’un décidera pour cet enfant dans des situations que les sociaux qualifient eux-mêmes d’impasse. Mais qu’est ce qu’une impasse au juste : une situation d’affrontements entre les parents avec la trop habituelle rupture des relations organisées par les sociaux à titre de rétorsion ? La suspension des droits de visite qui permettrait ensuite de justifier une adoption ?

Maintenant oui, il existe bien de véritables cas de délaissement, mais il existe aussi une famille élargie bien souvent. Pour Antigone, ce délaissement réel suppose que des actions pluridisciplinaires aient été menées et n’aient pas obtenu de résultat, mais si rien n’a été fait, que l’enfant a été maintenu dans l’isolement parental, que le lien a été rompu par les sociaux alors l’enfant est cette fois délaissé par une institution qui est financée pour l’aider à retrouver sa famille.

Enfin jouer la corde sensible de façon orientée en présentant d’un côté l’enfant qui souffre d’avoir été maltraité dans sa famille et l’adoptant qui a de l’amour à donner, c’est ignorer une grande partie des réalités. L’enfant placé l’est le plus souvent pour une question qui ne relève pas de la maltraitance, en outre, comme le souligne Antigone « la maltraitance en institution et autres services de l’ASE existe aussi, elle inspire peu de compassion de la part des ordonnateurs en travail social qui constatent que ça ne fonctionne pas. »

Donc ADOPTER mais pourquoi, sinon pour faire échapper l’enfant à la maltraitance institutionnelle finalement reconnue implicitement ? La solution n’aurait-elle pas été de ne pas commencer à placer ?

Mais ADOPTER c’est dans la logique politique une façon de répondre favorablement au lobby des adoptants et d’alléger le fardeau des 6 milliards d’euros versés aux ASE sur la poche des contribuables sans pour autant protéger les enfants. Un bon calcul à priori, oui mais une bombe à retardement quand les adoptants seront taxés d’être des « voleurs d’enfants » alors que des parents biologiques retrouverons leurs enfants devenus majeurs, lesquels diront leur avoir été raflés sans justification aucune.

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commentaires
  1. Claudine THENOT dit :

    Ah comme je suis en colère contre ces gens là .soi disant qui ont fait des études dans le social .mais ne comprennent rien sur le terrain .et les 6 milliards ( pour qui .pour Quoi )j espère qu’il n’y aura pas de détournement d argent. Que l on saura dans quelques années ???? Et les enfants dans tout ça .j arrête la.cela me rempli de peine et de haine

    • comitecedif dit :

      Claudine, ceux qui ont décidé de ces politiques et qui siègent désormais au conseil national de la protection de l’enfance, savent très bien ce qu’ils font. Sauf que l’intérêt de l’enfant n’a pas grand chose à voir dans tout cela, par contre la mise sous tutelle de l’institution familiale avec mesures coercitives à la clé est bien leur objectif.

  2. Contre les pervers de l'ASE dit :

    Satanistes de corrompus de fonctionnaires de l’ase! Un jour, vos enfants vous demanderont: « Qu’as-tu fait pendant les rafles d’enfants par l’état? »… Vous n’aurez pas de face à afficher. Soyez maudits et infligés de toutes maladies stérilisantes et mortifères.

  3. SAINT-REMY Daniel dit :

    dur constat et de plus très douloureux!
    On pourrait presque considérer cela comme un crime contre l’humanité; c’est de la déportation.
    L’enfant en rupture familiale devient une marchandise soumise à « l’offre et la demande »
    Il y a tant de demandeurs adoptaants et pas assez d’enfants à adopter; voilà donc une solution à
    ce manque.
    J’espère seulement que les responsables de cette forfaiture comparaissent un jour devant les tribunaux.
    Un peu de courage « Messieurs-Dames » de la politique.
    Daniel SAINT-REMY

    • comitecedif dit :

      Les arcanes de l’adoption internationale ne sont pas simples, on a vu les saloperies de l’arche de Zoé. Le placement pour adoption n’est pas tant dans une logique d’offre et de demande, sur ce point il aurait suffi d’infléchir l’adoption internationale ou d’encourager les naissances sous X, nous le voyons surtout comme une pression supplémentaire des « anti familialistes » mais aussi comme une menace nouvelle face à des parents qui n’accepteraient pas de collaborer avec l’ASE. C’est bien là une mesure de nature punitive. Certes il existe de vrais délaissements et l’adoption peut vraiment se comprendre sauf si le délaissement est la conséquence de l’ingérence étatique dans les familles.

  4. Andrew Sloan dit :

    Michael Bakunin (nihiliste) a cherché, « le déchaînement de ce qu’on appelle aujourd’hui les passions mauvaises et la destruction de ce qu’on appelle l’ordre public », et a fait la déclaration, toujours identifiée au nihilisme: « Faisons confiance à l’esprit éternel qui détruit et anéantit seulement parce que c’est la source insondable et éternellement créative de toute la vie la passion pour la destruction est aussi une passion créatrice!

    Nous sommes dans ce territoire avec le système de garde d’enfants.

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