Une nouvelle affaire de viols en foyer

Publié: 10/10/2018 dans Affaires, Foyers de l'enfance
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Lieux de tous les dangers

Les affaires de viols en foyer ne sortent pas systématiquement dans les médias, mais une nouvelle affaire nous amène à poser cette question : où se font le plus souvent violer des mineurs dans ce pays ?

Certains professions attirent plus facilement les pervers, alors imaginez une profession qui consiste à s’occuper d’enfants enlevés à leur famille et dont les parents ont été disqualifiés dans leur autorité parentale qui ne sera jamais véritablement respectée.  Disons-le, les placements en familles d’accueil et en foyer exposent les gamins les plus vulnérables.

Il ne s’agit pas en disant cela de jeter l’anathème. Car des éducateurs d’enfants ne sont pas nécessairement les auteurs puisque ces lieux de vie mélangent aussi des victimes et des bourreaux mineurs en relation avec la justice des enfants. Pour autant il existe une lourde responsabilité qui pèse sur ceux qui pouvaient voir et n’ont pas vu, sur ceux qui pouvaient signaler toute violence de quelque nature qu’elle soit, et qui ne l’ont pas fait.

Des foyers devenus ingérables

Certains travailleurs sociaux nous ont contacté pour nous parler d’un métier impossible à exercer dans de bonnes conditions, précisant que même si les parents sont défaillants, les éducateurs ne le sont pas moins quand le foyer devient un lieu de violence ingérable. Et là ce n’est pas une question de moyens, mais de bon sens et qu’on ne nous vienne pas nous parler du droit des multi-récidivistes à être éduqués quand ce droit s’exerce dans la terreur.

Oui des foyers sont devenus ingérables, car les pauvres gosses subissent la loi des délinquants les plus endurcis qui sont mélangés avec eux. Le foyer devient alors une prison dont l’on s’évade quand on veut et où les pires salopards encore mineurs volent, rackettent, harcèlent, humilient voire violent d’autres gosses qui n’ont rien à faire là. Se rajoute à cela le problème des migrants isolés dont certains se déclarent mineurs à tout âge et dont le comportement peut faire problème.

Le pire est donc possible dans un foyer de mineurs et n’a-t-on pas touché le fond quand un mineur déclaré de 13 ans mis en foyer totaliserait à son passif pas moins de 22 viols sur une période de 4 ans, ce qui signifie qu’il aurait commencé à violer d’autres gosses à l’âge de 9 ans !

L’affaire de Valloires

C’est dans un lieu si bien décrit par le journal La Croix), à savoir une abbaye cistercienne du douzième siècle rachetée par l’Association de Valloires, sous la direction de Jean-Marie Cuminal,  qu’une telle affaire a été mise en lumière par les journalistes locaux. Les faits seraient donc produits  au sein d’un ancien édifice religieux transformé en Maison d’enfants à caractère social (MECS) accueillant 80 enfants, abritant également un Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP).

L’affaire a été rendue publique par Mickaël, le père de deux des gosses abusés qui a vu ses cinq enfants placés par l’ASE suite à un divorce tumultueux. Il a lui-même été appelé en avril 2018 par l’Association de Valloires qui lui a appris que sa fille de 8 ans et son fils avaient subi une agression sexuelle par le fait d’un autre mineur. En fait quinze autres jeunes auraient subi le violeur dans le cadre de leur placement.

Le 4 juin 2018, le parquet d’Amiens est bien plus précis pour qualifier les infractions justifiant de la mise en examen : il s’agit de rien de moins que d’atteintes sexuelles par violence, exhibition sexuelle, viol, tentatives de viol. Le violeur présumé qui avait été décrit par les éducateurs comme violent et ingérable (donc ingéré ?) a été retiré de l’abbaye pour être remis à la PJJ en liberté surveillée. Mais les enfants de Mickaël sont toujours à l’abbaye et le père dénonce les conséquences sur ses enfants qui vont mal et développent des problèmes comportementaux.

Mais comment peut-on être violeur à 9 ans ?!!!

L’enquête révèle de nouvelles victimes pendant les quatre ans durant lesquels le violeur présumé a vécu à l’abbaye de Valloires à Argoules, soit depuis qu’il avait l’âge de 9 ans seulement. De 15 victimes on passe donc à 18, puis à 22 …

Une maman d’Abbeville, Hélène Carpentier, a aussi souhaité médiatiser cette affaire de viols sur mineur car son fils Enzo en aurait aussi été la victime. Thierry Mampreso, un père s’est manifesté et dénonce les conditions du placement, pour lui ses quatre enfants n’auraient pas été agressés s’ils n’avaient pas été placés, il souligne l’ironie de la notion de placement pour protéger les enfants et appelle à la création d’un collectif de parents d’enfants victimes sur son compte facebook.

Le vice-président de l’Association de Valloires, André Jeanson, semble reconnaître la banalité de l’agression sexuelle entre mineurs placés et paraît imputer les faits à une reproduction familiale comme si la plupart des enfants placés avaient vécus dans l’inceste, ce qui est évidemment faux , ainsi il déclare à un journaliste de France 3 à propos des agressions sexuelles : « ça arrive de temps en temps. ll faut voir les enfants qui nous arrivent. Eux-mêmes sont des plaies vivantes d’agressions sexuelles mais les éducateurs sont rodés à ça ».

Visiblement le rodage a pris quatre ans dans cette affaire alors que l’établissement totalisait en 2015 250 employés et 11 millions d’euros de budget annuel, mais le président de l’association précise que nul ne s’était rendu compte de ce qui se passait. Le conseil départemental de la Somme ne peut donc que s’interroger d’autant que la responsabilité des enfants placés incombe à son président, une enquête administrative est donc lancée.

Les parents entendent bien faire payer les responsables et mobiliser les parents victimes pour poursuivre ceux qui n’auraient rien vu à plus de 22 reprises. Mais nous parlera-t-on encore d’un simple problème de moyens ?

Quels sacrilèges en tous les cas :

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commentaires
  1. Aude SUGAI dit :

    250 employés pour 80 enfants, et ils n’ont rien vu ? Et ils pensent que (presque) tous les enfants qui leur sont confiés sont issus de familles incestueuses ? Essaient-ils de connaître, d’aider les enfants qui leur sont « livrés »

  2. Amelia Gay dit :

    Des problèmes de moyens !!?? Non mais hé donc dans beaucoup de familles ya des manques de moyens financiers c’est pas pour autant qu’ils sont violés chez eux !!
    C’est inadmissible de dire qu’ils n ont rien su dire à cause de moyens financiers ‘
    N’ inporte quoi
    Ya toujourw des solutions

  3. Lorraine Barbe dit :

    C’est déjà heureux que les parents des enfants victimes aient été informés… En général ce genre de choses reste dans les murs de la prison. Parce que c’est bien une prison dans laquelle on met les enfants arrachés à leur famille, tandis que les autres vont et viennent à leur guise.
    Le violeur est en  » liberté surveillée » Récompensé pour ses actes.
    Les victimes même pas rendues à leur famille.
    Pour ma part je crois que ce pays est tellement malade, que la seule solution pour les familles est de le quitter. Définitivement

  4. galliaceltica dit :

    « Mais nous parlera-t-on encore d’un simple problème de moyens ? »
    Mais oui, c’est fait…
    Dans un communiqué de presse du 16 octobre 2018, publié dans le Journal d’Abbeville du 16/10, la CGT « apporte son soutien aux familles » (ils n’ont pas pu étouffer l’affaire !) et…demande plus de moyens !
    « Il est plus qu’urgent et indispensable de dégager les moyens nécessaires pour une meilleure prise en compte des besoins humains et une prise en charge optimale de ces secteurs. Le département de la Somme, en tant que mandataire de l’État, se doit de répondre aux besoins des populations, et donc des enfants pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance »… et apporte son soutien au personnel du foyer.
    Ben voyons, quelle surprise…
    Par contre, nous aimerions savoir pour quel motif ces enfants ont été retirés à ce papa courageux, qui les réclame et les protège.
    Secret professionnel bien sûr…
    Que des pourris.

  5. L'impertinent de la raie publique dit :

    A se demander si la négligence n’est pas un principe de gestion pour obtenir des créations d’emplois ? Selon Sud cgt et tutti quanti, combien faut-il de travailleurs sociaux pour changer une ampoule ? Et leur nombre double-t-il s’lls sont syndiqués

  6. steribox44 dit :

    Ce n’est pas de la protection de l’enfance , mais de la mise en danger délibéré de nos enfants , et vue que les juges prennent pour argent comptant toutes les âneries qu’ils peuvent débiter , on a du soucis à ce faire , souvent ils sont plus nocifs pour les enfants placés que leurs parents ne pouvaient , ne peuvent l’être , c’est une honte et un scandale et rien ne change , cherchent ils à volontairement détruire la vie de ces enfants , de nos enfants ? c’est à croire que oui !!!

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