Une procédure inquisitoire

L’article 226-3 du Code de l’action sociale et des familles traite de la fameuse information préoccupante, premier stade d’une inquisition qui risque de mal tourner pour les familles.
Le terme inquisition est d’ailleurs bien celui qui convient car il ne s’agit pas ici d’opposer la version des représentants de l’ASE à celle des parents, mais de donner aux services du conseil départemental un pouvoir d’enquête et d’interprétation qui fait des sociaux des experts.

Là est le piège et il faut bien le comprendre pour saisir que la voix des sociaux a plus de poids que celle des parents. À ce stade coopèrent les services de l’ASE, sous la responsabilité du président du conseil départemental, les services du préfet et du procureur de la république qui sont associés pour centraliser les informations recueillies au sein de la CRIP (cellule de recueil des informations préoccupantes). On comprendra que dans ces conditions toute absence de coopération alléguée vraie ou fausse d’ailleurs permet de passer de l’information préoccupante au signalement et que le procureur suivra et enverra l’affaire au juge des enfants.

Qui sont ces sociaux « experts » ?

Mais alors qui sont ces sociaux « experts » qui ont le pouvoir de ruiner moralement et socialement des familles ? Quelles sont leurs compétences particulières pour exercer un tel pouvoir ? Qu’évaluent-ils exactement ? Que vont-ils fouiller ?

Les réponses se situent là encore dans les textes, plus particulièrement dans le décret n° 2016-1476 du 28 octobre 2016 et dans la loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant.
Elle nous informe que les sociaux chargés de cette enquête doivent être au moins deux généralement appartenant à l’ASE mais aussi à des services de santé.
Comme nous le rappelle une maman, s’il s’agit de procéder à une information préoccupante sur un enfant relevant d’un handicap, comme un trouble du spectre autistique, alors des experts ou services spécialisés disposant de connaissances spécifiques sur le handicap en question doivent intervenir. Faute de quoi une telle enquête sociale n’aurait aucun sens.

Les modalités de l’enquête sociale

D’abord toute la fratrie est l’objet de cette enquête sociale et pas seulement le mineur qui a fait l’objet de l’information préoccupante. Si des anciennes informations préoccupantes ont été émises, même classées, elles seront ressorties et réutilisées.

SMOKECette enquête doit être réalisée dans les trois mois. Elle porte sur le danger ou le risque de danger (et même l’absence de danger pourrait être un risque de danger) pour les droits fondamentaux de l’enfant. Cette notion fumeuse de droit fondamentaux de l’enfant contient le droit à une sphère privée, le droit à la participation entres autres. Rien que sur ces points un enfant dont les parents filtrent les éventuelles mauvaises relations ou imposent des sanctions par exemple pour addiction au téléphone portable ou refus d’investissement dans ses études, est un enfant en situation de danger.

Impressionnant, une telle conception est évidemment incompatible avec le droit et le devoir d’éducation des parents.

Des conceptions incompatibles avec la bien-traitance

Mais continuons, les sociaux enquêtent aussi sur l’état de santé, les conditions d’éducation, du développement, du bien-être de l’enfant.

Selon nos critères d’adultes équilibrés un enfant en souffrance dans l’institution scolaire subit une atteinte à son bien-être et le maintenir dans cette situation serait une maltraitance, pour les sociaux c’est le contraire : le travail à la maison est désociabilisant et ils en déduiront une atteinte au droit de l’enfant à maintenir des relations avec ses pairs.

Selon nos critères d’adultes équilibrés, une mineure qui a des relations sexuelles et fréquente le planning familial sans que nous en soyons informés porte atteinte à son bon développement de femme adulte en devenir, les relations qu’elle noue peuvent être toxiques et donc elle est en danger du fait d’institutions soutenues sur fonds publics. Pour les sociaux c’est le contraire, l’empêcher de céder à des poussées d’hormones porte atteinte à ses droits.

On peut ainsi continuer les exemples en mettant en cause une conception erronée de la bien-traitance qui favorise en réalité l’absence de toute contrainte normative sur nos enfants.

Le droit de véhiculer des ragots

Et quand bien même il ne s’agit pas d’opposer nos jugements de valeurs structurants à la bouillie conceptuelle des sociaux dont le résultat est visible dans la gestion de leurs foyers et l’avenir des enfants « éduqués » par leurs soins. Quand bien même nous partagerions certains principes éducatifs, le rapport social « n’a pas pour objet de déterminer la véracité des faits allégués ». C’est écrit noir sur blanc dans le décret et cela veut dire que même si un faux flagrant est inscrit dans le rapport eh bien ce n’est pas grave, on peut y mettre n’importe quoi et le sociaux n’a pas à prouver la véracité des éléments qu’il retient.

À partir de ce diagnostic établissant des situations de mise en danger qui seront détaillées, le rapport préconise donc des mesures plus ou moins contraignantes qui peuvent aller jusqu’au placement en foyer ou en famille d’accueil. Il est cependant prévu que l’avis du mineur et de ses parents soient pris en compte, ce qui suppose qu’il en existe une trace écrite dans le rapport.

Un rouleau compresseur difficile à contrer sauf à ce qu’enfants et parents soient soudés pour mettre en évidence leur bien-être en famille.

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commentaires
  1. […] Une nouvelle règlementation sur le recueil des informations préoccupantes […]

  2. Amelia Gay dit :

    😢

  3. Soaz Delanoe dit :

    Je retrouve ici l’inquisition dont ils ont fait preuve, ainsi que les jugements de valeur sur notre vie de famille. Que dire quand un (beau) jour, alors que vous menez une existence tout ce qu’il y a de plus normale avec vos enfants, avec les tracas du quotidien tout à fait normaux pour tout le monde, et auxquels on fait face courageusement et avec résultats positifs, en +, qu’un courrier du conseil dépt vous avertit que vous allez être évalués ? Par un organisme mandaté, duquel on ne sait rien, car une « IP » est lancée contre vous ? Et que dire, quand, longtemps après, vous apprenez que cette IP est lancée pour un RV non honoré dans un CMP pour votre enfant ? Et que le propre père de cet enfant, devant l’inutilité de ses propres signalements personnels à l’ASE, et même via les AS du CD (encore eux), a ENFIN réussi à être entendu par ce même CMP, et qui TOUS l’ont cru sur parole, ses mensonges, ses ignominies à l’encontre de moi la mère ? Les proies de choix pour les Sévices S. Il y avait deux bébés en parfaite santé à s’approprier, à m’arracher pour les mettre à l’adoption. Je n’avais jamais eu à me battre et à avoir eu aussi PEUR de toute ma vie. Ces gens sont des terroristes. Même si j’ai réussi à sauver mes enfants, je reste encore, 2 ans après la fin, dans l’angoisse du prochain courrier ou coup de téléphone fatal…

  4. Pineau Antonio dit :

    Bonjour

    Merci ….. Cela fait du bien de lire cela, mais quand vous dites cela a un juge pour enfant, et bien il s’en moque !!!!

    Je viens de vivre cela et c est très dure à vivre…

    De plus vous ne parlez pas, de l’intrusion des ASE dans les relations entre les parents jusqu’a détruire les couples . Juste pour Info, je viens de subir une mesure AEMO, d’un an reconduit pour six mois (dans ces six mois je n’ai vu l’educatrice que 2 fois) et la depuis le 8 février 2019 j attends le jugement de non reconduction et sans suite (c est a dire sans AED derrière l’AEMO)…

    Si un jour vous avez besoin d’un témoignage, je serais ravi de collaborer avec vous et même si vous avez besoin d’une personne sur le 17 vous pouvez me contacter

    Bien à vous.

    Antonio PINEAU

    Envoyé de l’ iPhone 6 + : Antonio PINEAU

    >

    • comitecedif dit :

      Oui c’est pour cela que des voies de recours sont proposées et malheureusement ne prospèrent pas toujours notamment dans des cas manifestes d’abus de pouvoir.
      Il existe maintenant plus de 400 articles et dans le lot nous parlons aussi d’instruments de rupture de la famille, notamment au sujet des visites médiatisées, mais nous avons pu citer des cas également dans lesquels des mères étaient d’autorité placées dans des centres mères-enfants sans pouvoir en ressortir avec leur progéniture. Plus généralement les intrusions dans les familles invitent les couples à se critiquer, à se séparer, à mettre en accusation un des parents ou encore à envenimer un début de conflit. Ces pratiques sont régulièrement dénoncées.
      Vous pouvez nous rejoindre bien sûr, en exposant affaires ou motivations à association.cedif@gmail.com

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