Ils mettent nos enfants entre Parent’aise

On devrait peut-être organiser un palmarès du département le plus prompt à ficher les familles, à appâter les parents naïfs pour les séparer de leurs enfants, voire à envoyer une gamine dans une secte en Suisse ou proposer une carrière à un éducateur pédophile.

À ce petit jeu de l’ignominie je proposerais bien un candidat, mais je suis prêt à considérer d’autres départements compétiteurs.

J’examine donc ici la candidature du Conseil général du Cher qui se signale par le fichage des parents de maternelle (https://comitecedif.wordpress.com/2011/08/30/fichage-familial-des-la-maternelle-ce-que-les-parents-du-cher-doivent-savoir/). Une action très en amont pour repérer de la chair à placement.

Le Conseil général du Cher c’est aussi l’approche douce avec l’action Parent’aise (https://comitecedif.wordpress.com/2012/09/09/dabord-je-minscris-a-la-bibli/) dans le style recueil de confidences qui peuvent toujours servir à mettre en place une AEMO. Le stade ultérieur cela pourrait être « l’espace ressources familles » présenté dans le magazine du Conseil général du Cher de juillet-août 2012. L’action mise en place est encore en amont et est développée sous prétexte de prévention de la maltraitance. Elle semble surtout s’adresser à des parents vulnérables, déjà ébranlés par leur capacité à assumer leur parentalité, victimes justement de cet Etat-Providence déresponsabilisant.

La cible est donc ce public vulnérable, plus particulièrement lorsqu’il vient d’être touché par un coup du sort. L’article faisant la promotion de ces structures semble tendre la main aux parents « d’adolescents en crise », aux couples qui se séparent, à ceux qui ont été touchés par un deuil, qui sont malades, qui se retrouvent au chômage, à ceux dont les enfants fuguent, se droguent… Bref, comme il l’est encore dit, aux familles qui se retrouvent dans l’impasse.

Autrement dit à ces familles qui auront nécessairement affaire aux sé®vices de l’ASE.

Eh oui, ils sont dans l’impasse donc des mesures doivent être mises en place. On a ici l’impression que sous une approche bienveillante, il s’agit de prévenir les familles en leur disant : nous interviendrons dans vos vies si vous connaissez des difficultés alors autant vous livrer avant que nous soyons obligés de venir vous chercher.

Une fois que l’on se confie à ces assistantes de service social, justifiant ainsi leurs heures de services, difficiles de leur reprendre ces heures qui permettent le maintien de leur emploi, il faut aller au bout de leurs « thérapies ».

Voici d’ailleurs une de leurs phrases qui fait froid dans le dos : « l’espace ressources familles a permis de traiter 60 situations sur Bourges en 2011 : « Même s’il y a parfois des familles qui décrochent, ça fonctionne plutôt bien », poursuit Catherine Parillaud. »

Mais c’est quoi des familles qui décrochent de ce dispositif et en quoi le fait d’avoir décroché indique a contrario que le dispositif ne se serait pas bien passé ? Autrement dit qu’ont eu à subir les familles qui décrochent alors qu’elles auraient révélé ce que les assistantes sociales considèrent comme une impasse ? Qu’est-ce qui est arrivé à leurs enfants, peuvent-ils encore les voir ? Sont-ils placés dans un foyer, dans une famille d’accueil ?

Quant à ceux qui ne décrochent pas que se passe-t-il pour eux ? On apprend que l’ensemble de la famille doit s’entretenir avec une équipe d’assistantes sociales selon la « philosophie de l’approche systémique ». Une philosophie c’est un bien grand mot, l’approche systémique en entretien a tout d’une recherche inquisitoriale dans laquelle l’ensemble des éléments de la vie sociale des parents et des enfants est décortiquée en considérant que le moindre problème, aussi anodin puisse-t-il paraître, a des répercussions énormes sur la relation familiale.

On comprendra qu’à travers une telle approche, nous avons tous des problèmes dans notre relation avec nos enfants ou nos parents et que l’on devrait donc tous être suivis par une assistante sociale !

Ceux qui ne décrochent pas ne voient donc jamais leur problème définitivement résolu. Certes, un problème ponctuel disparu peut mettre fin aux consultations, mais si cela s’est bien passé on y retournera, jusqu’à ce que cela se passe mal.

Ainsi nous est livré le témoignage de Luisa, 14 ans, entrée en conflit avec sa maman car elle a été mise au collège de Vierzon alors qu’elle voulait aller au collège de Bourges. Vous imaginez le drame ???!!! Finalement il aura fallu 8 mois d’entretiens pour que l’adolescente accepte de rester au collège de Vierzon. Si c’était le seul témoignage exemplaire qui méritait d’être raconté, on imagine mal ce qu’ont pu être les 60 autres situations traitées.

Luisa en tout cas est contente, elle a expliqué à Catherine Parillaud que depuis qu’elle l’a vu « c’est mieux à la maison ». Pour une simple histoire de collège où elle ne voulait pas aller, et alors que ses parents ne pouvaient même pas lui imposer ce choix ( !!), Luisa aurait-elle pu se plaindre de maltraitance à la maison ?

La réponse appartient je crois à Ulrik R qui, pour la même raison, a pris contact avec des assistantes sociales du Conseil général du Cher et a pu obtenir le placement de sa sœur en foyer ainsi que la possibilité de sortir du système scolaire sans le moindre diplôme.

D’abord je m’inscris à la bibli …

Le Conseil général ? Demain j’arrête …

Et après j’emmène mes enfants au foyer ?

Les placements ne prennent pas de vacances, Cher Magazine, le magazine du Conseil Général, en son numéro de juillet-août 2012, vante ses assistantes sociales.

Plusieurs dispositifs « d’aide à la parentalité » sont mis en place et exposés à notre lecture. Entre tous ces dispositifs généreusement déployés, on peut se mettre à  douter de la réalité de ces fameux sous-effectifs flagrants dont se plaignent les syndicats d’assistants de service social !!!

L’un de ces dispositifs appelé « Action Parent’aise », sous-titré « Pour les Parents » a l’air très bien a priori pour les non-informés.

Mais lisons donc ce que nous en dit ce Cher Magazine :

« Chaque 3e lundi du mois de 14h à 16h, Christine Colin, assistante sociale, et Amandine Venot, psychologue, proposent un soutien à la parentalité à l’antenne de la maison des solidarités de Sancoins. Ce service permet à des parents de se rencontrer, d’échanger, de se faire accompagner. « Les parents se sentent parfois seuls face à des difficultés d’éducation, ils rencontrent alors d’autres parents qui vivent la même chose ». Le temps d’un café, chacun est invité à participer à cette action conviviale. Une maman témoigne : « Je n’avais jamais pensé emmener mes enfants à la bibliothèque, depuis j’ai fait le pas ». L’action reprend le 17 septembre. »        

Résumons donc :  le contribuable paie des cafés et 2 heures du temps de deux agents du Conseil général du Cher, ceci  afin que des parents en difficulté face à l’éducation de leurs enfants soient mis en confiance et s’épanchent.

Un budget visiblement bien employé puisque le témoignage le plus fort pour mettre en avant ce « soutien à la parentalité » (sic), est celui d’une maman qui a appris qu’elle pouvait emmener ses enfants à la bibliothèque. Wow !!! Je suis impressionné de l’efficacité du dispositif, le conseil donné me laisse positivement sur le cul !!!

Mais témoignages pour témoignages, les bénévoles du CEDIF peuvent faire part également de ce que des parents leur ont confié. On ne nous a pas parlé de l’idée géniale qui leur aurait été donnée d’inscrire leurs enfants à la bibliothèque, de traverser dans les passages cloutés ou de s’acheter une nouvelle brosse à dents tous les trois mois.

 Non, des parents nous ont parlé de leurs confidences à une assistante sociale, parce que :

–         leur ado, en phobie scolaire, ne voulait plus aller à l’école ;

–         un de leur enfant ennuyait ses cadets ;

–         la rupture de leur couple les avait conduit à une dépression ;

–         leur jeune-enfant en maternelle pleurait quand maman partait ;

–         face à une surcharge pondérale du petit dernier, ils ne savaient que faire.

Et face à ces confidences un signalement pour information préoccupante avait été rempli dont le motif pouvait être « absence de toute autorité sur les enfants », « incapacité de protection », « surprotection » et autres conneries.

À vrai dire les cas d’ouverture d’AEMO voire de placements suite à de simples demandes d’aide ponctuelle sont une des premières causes de dissolution familiale.

Pensez-y quand on vous invitera à une réunion confession entre familles autour d’un café. Il existe tant de personnes qui pourraient véritablement vous aider face à de tels problèmes : amis, familles ou vrais professionnels.