Exactions de l’ASE : l’obligation de sanction du président du conseil général

 André Vallini ne répond pas au CEDIF …

Dans notre lettre ouverte à André Vallini, président du conseil général de l’Isère, nous défendions le projet, malheureusement avorté, consistant en des suppressions de postes de travailleurs sociaux et plaidions pour toutes mesures alternatives aux placements.

Nous n’avons cependant pas reçu de réponse à cette lettre. Une absence de courtoisie tout à fait déplorable, d’autant que la situation des familles en Isère n’est pas franchement plus favorable que celle que nous connaissons dans d’autres département, voire pire.

… Une famille sollicite donc sa réponse 

La situation faite par les services de l’ASE à la famille Delvarre nous amènera à la soutenir et à appuyer leur manifestation devant les locaux du conseil général, une nouvelle manifestation nationale soutenue par SOS Parents Abusés donnera lieu à un rendez-vous avec Brigitte Périllié, chargée de la famille et de l’enfance en danger au conseil général de l’Isère, ceci en présence de la presse.

C’était l’occasion pour les journalistes présents, pour la famille Delvarre, de revenir notamment sur les principes d’une défense de mesures alternatives au placement sur lesquels nous attendions encore la réponse d’André Vallini.

Paroles, paroles …

Brigitte Périllié se montrera alors conciliante, semblant soutenir la volonté des parents d’enfants placés à exercer leurs prérogatives parentales. La disqualification des familles par les services de l’ASE serait donc reconnue et dénoncée.

Brigitte Périllié s’engagera en paroles à réformer l’ASE dans les mois et les années qui viennent pour favoriser l’accompagnement parental plutôt que les placements.

Plus de moyens pour l’ASE = plus de familles disloquées

Il faut dire que les placements sont favorisés par le Conseil général de l’Isère, le développement de l’interventionnisme social dans le sillage de la loi de 2007 sur la protection de l’enfance ne réserve pas ce dispositif aux seuls véritables maltraitances qui les justifient. Effectivement, il suffit de suspecter un dysfonctionnement réel ou non d’une famille pour le résoudre en placements. ’

Un principe dans la droite ligne des syndicats de travailleurs sociaux au nom de la préservation des postes. Brigitte Périllié le fonde d’ailleurs par les moyens financiers importants dont dispose le département de l’Isère et donc l’ASE.  Expliquant qu’a contrario les départements dans l’incapacité financière de développer des places collectives favorisaient le maintien dans les familles tant que cela était possible.

Une piste que Brigitte Périllié considère plus humaine et qui devrait constituer un axe de la réforme de la protection de l’enfance en Isère. Cette même réforme qui avait mis les travailleurs sociaux dans la rue en mars 2013 et dont nous parlions dans notre lettre.

On attend les nécessaires coups de pied au cul
On attend les nécessaires coups de pied au cul
Des actes et des sanctions sont exigés

Nous avons donc là des réponses à ce que nous demandions, mais ce sont des actes que nous attendons désormais.

Sans attendre une réforme, il appartient aux chefs des exécutifs départementaux de faire face à leurs responsabilités.

Des actes disons nous !

Ainsi, alors même que la famille Delvarre évoque des mensonges calomnieux énoncés par le lieu de vie  et repris par les travailleurs sociaux dans leurs rapports,  la plainte n’est pas la seule solution pour sévir surtout du fait que de telles plaintes sont souvent classées et nécessitent de passer par la voie civile avec tous les frais que cela entraîne.

Pourtant des rapports calomnieux, on en trouve dans de nombreuses affaires.

Les familles réclament donc d’abord la sanction disciplinaire. Il ne saurait être ignoré qu’un responsable hiérarchique convaincu des indélicatesses d’un subordonné enquêteur social doit le dénoncer et le sanctionner ; à défaut il devient son complice.

Comme le rappelle un directeur territorial de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse :

« Concernant l’excès de pouvoir au sein de la Protection de l’Enfance, c’est au Président du Conseil Général, via son directeur Enfance Famille, de mettre de l’ordre dans ses troupes. En effet la loi du 5 mars 2007 confère au Président du Conseil Général le suivi en matière d’assistance éducative et de protection de l’enfance ; mission qu’il exerce lui-même grâce à ses services de l’Aide Sociale à l’Enfance ou par le biais d’associations habilitées dont il a toute latitude de retirer l’habilitation si le travail n’est pas fait correctement (et il sera suivi en cela par la Protection Judiciaire de la Jeunesse, ministère de la Justice). » 

 

 

Pour la suppression de postes dans les foyers

Lenfant abandonnéettre ouverte du CEDIF à André VALLINI, président du Conseil Général de l’Isère

 Monsieur le Président du Conseil Général,

Nous tenions à prendre contact avec vous afin de nous exprimer au nom de ces enfants et de ces parents aux prises avec l’institution prétendument consacrée à la protection de l’enfance.

Du fait même de notre objet social et des témoignages qui nous sont fournis, du fait de nos expériences, nous ne pouvons rester insensibles aux pressions exercées par l’intersyndicale des professions du social et par Réseau 38 pour la sauvegarde d’emplois au prix de l’avenir de nos enfants.

Les mots ne suffisent pas à exprimer notre indignation face à la volonté de récupération des parents et des enfants par cette intersyndicale qui ose des calicots portant un tel message offensant : « Pas de plan social dans le social, familles délaissées, enfants maltraités par le Conseil Général ».

Maltraités par le Conseil Général car vous aviez pris la courageuse initiative de supprimer des postes dans les foyers. Parents comme enfants ne pouvaient qu’applaudir ce signal en faveur d’une conception plus humaine de la protection de l’enfance.

Car et c’est un fait, des familles sont délaissées, des enfants sont maltraités. Mais pas par des suppressions de postes en foyer.

Des familles sont délaissées, des enfants sont maltraités quand des décisions de justice ne sont pas appliquées sous le prétexte fallacieux de manques de moyen pour les visites.

Les familles sont délaissées et même insultées, niées dans leur parentalité par de nombreux travailleurs sociaux ; les familles sont éclatées lorsque ces mêmes travailleurs sociaux déclenchent, exacerbent des conflits familiaux.

Nos enfants sont maltraités lorsque les travailleurs sociaux dénigrent les parents, les calomnient par voie de rapports sociaux. Ils sont maltraités lorsque de «douces violences» sont perpétrées dans ces lieux peu sécurisants, lorsque des baffes tombent et que des séances de  pompes sont improvisées dans la boue, que des douches froides sont infligées et pire encore…

Pierre Naves de l’IGAS avait dit qu’un placement sur deux ne se justifiait pas.

Philippe Séguin, président de la Cour des Comptes avait relevé l’absence de contrôle effectif des foyers .

Nous-mêmes, lorsque nous dénonçons de gravissimes atteintes réalisées en foyer sur des mineurs comme dans l’affaire du CDEF  Villepinte , devons censurer des commentaires aussi effarants que celui-ci : « Connaissez-vous les conditions dans lesquelles travaillent les équipes ? Et connaissez vous les problématiques des enfants accueillis ? Mais la maltraitance envers les travailleurs sociaux ça on en parle pas par contre. Alors oui peut être que maltraitance il y a eu, encore que définir le terme exacte des maltraitances seraient judicieux. »

Un commentaire qui relativise le terme de maltraitances pour des coups, des tortures morales sur des enfants, nos enfants ! Qui tendrait même à considérer que de telles pratiques sont banales du fait d’un prétendu manque de moyens !

Alors que signifie ce « enfants maltraités par le Conseil Général » au sujet de la suppression de 300 places et 180 postes dans les foyers ? Est-ce une menace de banaliser les maltraitances en cas de baisse des effectifs ?

Une telle attitude est indigne, il faut évidemment favoriser toute solution alternative aux placements sauf cas de parents monstrueux.

Nous vous appelons donc, au nom des enfants, des parents à tenir bon et à résister au lobby des travailleurs sociaux pour mener à bien une véritable politique de défense des enfants.

Avec toute notre cordialité,

André Vallini n’a pas trouvé bon de nous répondre ? Qu’à cela ne tienne, nous sommes allés chercher sa réponse.