J’aurais trop honte qu’on pense que c’est mon fils !

Le harcèlement sur Internet, et plus particulièrement sur facebook, on en parle beaucoup dans l’actualité avec des cas dramatiques d’enfants, d’adolescents harcelés à l’ école, sur les réseaux sociaux et jusque sur leur portable. Certains d’entre eux vont jusqu’à mettre fin à leurs jours !

Une fonctionnaire de l’ASE se moque d’un enfant placé sur son mur facebook
moche
La travailleuse sociale avait visiblement une bonne image d’elle-même et son miroir aussi.

Nous n’avions pas encore assisté à la dénonciation d’adultes qui organisent un tel harcèlement, et pourtant de telles ignominies existent dans un contexte pas si éloigné du harcèlement scolaire.

Tenez par exemple, comme rien ne nous étonne plus du côté de la mal nommée « aide sociale à l’enfance », on peut (enfin pouvait) trouver sur le mur facebook d’une éducatrice spécialisée et en mode public des commentaires pour le moins déplacés sur le pauvre gosse dont elle s’occupait.

L’assistante sociale, se prenant pour une artiste, se livre quelquefois à des slams pathétiques sur lesquels elle faisait réagir ses quelques relations.

Mais c’est son univers professionnel qui lui donne une importance dont sa petite personne est vide.

En effet, aussi médiocre soit-elle, la travailleuse sociale exerce son art dans les rapports éducatifs. Elle se rehausse à ses propres par l’usage de sa plume dyslexique et assassine, enterrant une famille de ses slams fangeux participant ainsi à un placement abusif tout à fait dramatique que la vacuité de sa personne.

L’artiste ratée de l’écriture s’épand auprès de qui veut bien la lire, et visiblement les rapports qu’elle rédige pour l’ASE ne lui suffisent pas. Elle fait des heures supplémentaires en développant pour son public tout le mépris qu’elle ressent à l’égard de ses protégés.

Elle le fait sur un mode qu’elle veut drôle, cherchant à descendre par clavier interposé le périple Paris Rodez d’un jeune qu’elle emmène dans un foyer.

Lâche tes coms !

Les copines de l’assistante sociale commentent en langage plus ou moins SMS, et elle relance dans le style « lâchez vos coms », comme l’adolescente attardée de 45 ans qu’elle est. Voila ce que cela donne  :

Birant

Vous aurez compris que les noms des intervenants ont été modifiés, en effet l’éducatrice à l’origine de ces traits humiliants a été signalée auprès de sa direction et n’a pas manqué de faire disparaître ses commentaires puis son profil à ce qu’il semble. Il ne faudrait donc pas en vouloir à ses nombreux homonymes.

Il n’en reste pas moins que la démarche consistant à raconter sa vie professionnelle sous l’angle particulier de la moquerie à l’égard des enfants qui n’ont pas demandé à subir sa compagnie témoigne d’un état d’esprit tout à fait malsain.

Beaucoup de réflexions sont particulièrement vexatoires, du type : « j’aurais trop honte qu’on pense que c’est mon fils ! »

20 ans de travail social et ce n’est pas fini

Birant 2Renseignements pris ce cas n’est pas isolé, nombre d’éducateurs et quelquefois de familles d’accueil passent leur temps à se gausser de leurs protégés et à raconter des anecdotes toutes plus stupides et stigmatisantes les unes que les autres.

Jusqu’aux dernières nouvelles cette travailleuse sociale est toujours en fonction et sévit depuis plus de 20 ans après des études en sanitaire et social et un diplôme d’assistante sociale. Elle participe donc à la mission de l’ASE qui est notamment d’apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique aux mineurs qui lui sont confiés !

Nous vous invitons à être vigilants concernant des propos tenus à l’encontre d’enfants placés, les réseaux sociaux sont une mine d’information permettant de se renseigner sur les personnes qui ont charge de ces enfants.

N’hésitez pas à nous signaler tout dérapage incontrôlé.

Guet-apens en foyer maternel

La main tendue des « sociaux » est rarement désintéressée, pour cette jeune mère l’épreuve sera terrible. Elle a souhaité livrer son témoignage au CEDIF afin d’alerter sur ce qu’il lui est arrivé dans un  foyer maternel, mettant en évidence les méthodes utilisées avec la complicité de médecins. hospitaliers 

Sans la solidarité de toute la famille, l’intelligence et la préconstitution de preuves face aux sociaux, sans le recours à un expert courageux et indépendant, la maman et son fils étaient perdus ! Ce témoignage c’est donc aussi une leçon qui passe en revue la bonne façon de réagir face aux sociaux pour s’en sortir et contre-attaquer.

Une main tendue

Nous sommes en 2011, j’ai 18 ans, je suis en classe de première et je viens de découvrir que je suis enceinte. L’assistante sociale chargée de mon dossier à la maternité parle à mes parents et à moi-même d’un contrat accueil volontaire avec un centre maternel. Je pourrais alors bénéficier d’un appartement autonome, d’un soutien psychologique pour accueillir cette grossesse inattendue, d’une aide scolaire pour passer mon bac et d’une crèche pour la garde de mon bébé.

Mes parents et moi acceptons cette aide, sans méfiance.

Je suis admise en terminale, je passe le bac de français. Je n’ai aucun souci avec les éducateurs qui trouvent que tout va très bien entre moi et mon fils que j’adore.

Début 2012, je renouvelle mon contrat d’accueil pour 6 mois supplémentaires.

Le foyer maternité d’où l’on s’enfuit 

Bientôt un an au centre, la fin de l’année scolaire et le bac.  Mais mon fils est de plus  en plus souvent malade à la crèche où sévissent en permanence des épidémies de gastro-entérite. Les jeunes mères doivent suivre leurs cours, alors la crèche admet les enfants même  malades malgré le règlement. Il n’y a pas d’infirmerie pour les isoler alors ils se contaminent les uns et les autres.

Les relations deviennent plus tendues entre le foyer et mes parents. Ils font remarquer aux gestionnaires du foyer qu’il n’est pas normal que mon fils soit malade chaque fois qu’il rentre de la crèche, ils soupçonnent un manque d’hygiène.  Mes parents songent aussi que je pourrais revenir à la maison puisque le foyer ne m’apporte en réalité aucune aide matérielle,  je dois tout assumer dans mon appartement en plus de mes cours. C’est ma famille qui m’aide.

Un jour, des filles de l’internat me préviennent  de me méfier des éducateurs, elles m’avertissent qu’il y a beaucoup d’histoires bizarres de mères qui quittent le foyer avec leur enfant brusquement et sans avertir. 

barreaLe cauchemar se précise

Avril 2012, je m’organise entre les cours, mon fils malade, la vie seule en appartement et les révisions du bac. La directrice de la crèche me convoque  avec mon éducatrice, elle veut renforcer le planning de crèche en proposant 3 nuits en plus pour mon fils. Je m’y oppose.

La directrice me répond alors :   On dirait que tu te sers comme excuse que ton fils est malade pour le garder le plus souvent avec toi, tu as peur de quoi  « un placement » ? Je ne sais même pas à l’époque ce que c’est…

Moi : Un placement ? Pourquoi vous dites ça ? Non c’est juste que quand il guérit et qu’après je le remets à la crèche et il retombe malade, de plus les enfants malades ne sont normalement pas acceptés en crèche.

La directrice : Si, pour toi on peut l’accepter maintenant, de toute façon, tous les enfants sont malades donc un de plus …

Je persiste dans mon refus. J’annonce que j’ai effectué une demande de logement HLM, ce qui révèle mon souhait de départ. Je viens de les prévenir, je n’aurais pas dû.

La toile d’araignée se tisse

Mon fils a 9 mois, il est dans la période où les enfants supportent mal la séparation d’avec leur maman  et il résiste tant qu’il peut au sommeil pour rester avec moi…Je dois le coucher malgré lui quand il est épuisé et  parfois le laisser pleurer avant qu’il ne s’endorme. Un jour après la sieste, je découvre que dans son agitation, il a tourné dans son lit et  s’est cogné la tête aux barreaux du fond. Il a deux rangées parallèles de petits bleus de chaque côté du front. Inquiète je le signale à mon éducatrice qui me rassure jugeant les bleus  anodins. Elle m’encourage à le déposer à la crèche le lendemain comme d’habitude.

Mais le lendemain après avoir expliqué comment il s’est fait ça, une nounou arrivée en remplacement appelle SOS médecins en urgence, sans prendre l’avis de mon éducatrice. Ils décident d’hospitaliser mon fils alors qu’il va très bien, que les bleus ont plus de 24 h et sont à peine visibles. Ils me menacent de la police si je ne l’emmène pas à l’hôpital, soi-disant pour faire un scanner !

Les mamans du foyer sont repérées

Au CHU, les choses se passent mal. Je suis traitée avec beaucoup d’agressivité et de mépris parce que je suis une maman du Foyer. Les médecins  refusent de faire une radio ou, un scanner. Une infirmière rate le prélèvement sanguin et fait perdre beaucoup de sang à mon bébé déjà stressé de toute cette agitation. Ils me le gardent 48 h de plus pour refaire le bilan raté.

Un prétexte, puisque le pédiatre rédige une information préoccupante et me convoque à la « Cellule enfants en danger » en juin, en pleine période des épreuves du bac.

Pourtant mon fils ne présente aucun signe de maltraitance, son bilan est bon, tout prouve que les bleus proviennent des barreaux du lit. Nous sortons de là épuisés, traumatisés  physiquement et psychologiquement.

Je continue de préparer mon départ du foyer en cherchant une nourrice.

Ils ne nous laisseront jamais partir !

Mon fils ne va presque plus à la crèche et je suis la plupart du temps chez mes parents.

Cela n’est pas apprécié.

Je laisse tout de même pour une dernière fois mon fils à la crèche le 22 mai 2012, je le dépose à 9 h du matin, il est prévu qu’il y reste jusqu’au lendemain matin. Á 18 h, la crèche  m’annonce le passage de SOS Médecins car mon fils a une otite, et « une trace de morsure ». L’enfant est transféré au CHU.

19 h 30 : Arrivée à l’hôpital, le personnel m’interdit d’entrer en salle d’examen, je me repère aux cris de mon fils, j’entre dans la salle  et constate qu’il n’a pas de fièvre mais un hématome en forme de morsure à la limite de la couche. On ne voit que la trace d’une seule mâchoire. La morsure est encore rouge et la peau irritée autour.

L’interne nous annonce que mon fils va être hospitalisé « pour son otite ». Ma mère qui m’a rejointe s’y oppose calmement, car une otite n’est pas un motif d’hospitalisation.  Elle ajoute qu’une morsure de crèche n’est pas non plus un motif.  Le médecin de garde  entre en disant :  » nous pensons qu’il s’agit d’une morsure d’adulte » et nous indique qu’il nous est impossible de quitter l’hôpital avec l’enfant.

C’est tellement invraisemblable, la morsure est minuscule, rouge vif,  et découverte après 7 h de crèche…Nous pensons tout de suite à réunir des preuves et  nous commençons à prendre des photos en gros plan de la morsure.

À ce moment, le CHU ne prend aucune photo, n’effectue aucune mesure,  ne fait pas de prélèvement  ADN sur la trace.

Ils veulent me prendre mon fils

C’est seulement le lendemain que  je suis informée que le motif réel d’hospitalisation de mon fils est  la morsure. On me dit que le procureur de la République va être saisi, que le placement de l’enfant est demandé  et qu’il va y avoir une enquête.

Enfin… première mesure de la trace de la morsure. Mesure très rapide par le chef pédiatre assisté de l’interne de la veille au soir, il exige que je sois seule avec lui dans la pièce. N’ayant pas vu correctement la façon dont il mesurait, je lui redemande de recommencer sous mes yeux. Il devient nerveux, rougit, ses mains tremblent : il mesure la morsure en diagonale au niveau des extrémités qui sont asymétriques, avec un mètre de chantier et annonce : « 3,5cm, c’est une morsure d’adulte »…Je lui fais remarquer  qu’il ne mesure pas au bon endroit, il me répond que la mesure sera la même, en diagonale à l’extrémité de la morsure ou dans l’espace inter canines et part énervé. …

Depuis la veille au soir, nous avons fait des recherches : il faut respecter des protocoles scientifiques internationaux très précis pour l’expertise des traces de morsures. En particulier, la taille d’une morsure se mesure entre les canines. A partir de 3 cm, c‘est une morsure humaine avec une probabilité de morsure adulte. Moins de 3 cm : morsure d’enfant. Des photos doivent être prises pendant les mesures. La trace doit être abondamment et précisément photographiée et comparée avec un moulage de la mâchoire des suspects.

AUCUNE DE CES REGLES NE SERA RESPECTEE,  NI PAR LES MEDECINS DU CHU NI PAR L EXPERT MEDECIN LEGISTE NOMME PAR LE PROCUREUR qui conclut également le lendemain à une morsure d’adulte sans avoir respecté la moindre règle d’expertise.

Nous ne réclamons rien, de crainte qu’une expertise menée selon les règles ne soit falsifiée, tant il est évident que TOUT EST DÉCIDÉ À L’AVANCE.

Je tente de porter plainte contre la crèche mais  je suis éconduite deux fois. Finalement comme le CHU a saisi le procureur, la brigade des mineurs me reçoit ainsi que mon compagnon  dans le cadre d’une audition.

Votre enfant appartient désormais à l’ASE !
asemajesté
Au royaume des enfants enlevés, l’ASE est reine et omnipotente…

Le 24 mai, les pédiatres m’avertissent que le procureur a délivré une ordonnance de placement de l’enfant qui est confié au CHU dans un premier temps, puis il sera placé en famille d’accueil ou en institution. Les visites de la mère sont restreintes à des visites de jour médiatisées.

On me dit « l’enfant n’est plus votre enfant, c’est l’enfant de l’ASE ! »

L’ordonnance de placement ne m’est pas notifiée. Elle ne m’est même pas lue ou montrée.

Comme il n’y a pas de personnel disponible, je suis autorisée à rester seule avec mon enfant, mais je fais l’objet d’une surveillance constante. Je suis rapidement mise en isolement dans une chambre seule de crainte que je ne communique avec les autres parents.

Mon enfant hurle de tristesse chaque soir quand je pars. Alors qu’il est revenu à une parfaite santé, il reste enfermé dans une chambre pendant 11 jours. A 11 mois il a subi : un examen du fond de l’œil, une échographie complète de tous les organes, 13 clichés (et sans doute plus) de radiographie du crâne et du squelette (attaché sur une planche pendant 45 minutes), une scintigraphie osseuse avec injection de produit radioactif après pose d’un cathéter (ligoté 1h 30 sur une planche de métal).

Son père à été expulsé de l’hôpital, sa grand-mère également, ainsi que son grand-père. Tous sont interdits de visite auprès de l’enfant, alors que l’ordonnance ne restreint que les visites de la mère… 

Je suis presque chaque jour convoquée à des interrogatoires par la pédiatre en présence d’internes, de psy divers… jusqu’à 6 personnes en face de moi ! La pédiatre déclare  organiser ces réunions pour m’évaluer et voir si je ne mens pas aux questions qu’on me pose.  De guerre lasse, je déclare que je refuse de parler avec elle d’autre chose que de la santé de mon fils et que si elle veut aborder un autre sujet, je viendrai avec mon avocat. Elle me répond « pourquoi avez-vous un avocat ? De toute façon les avocats sont interdits à l’hôpital »

Exemple de dialogue au dernier rendez-vous :

Pédiatres (très énervées): « Tous les examens sont normaux,  vous en pensez quoi ? « 

Moi : « Je ne suis pas étonnée qu’ils soient normaux je ne maltraite pas mon enfant, si ils n’étaient pas normaux j’irai porter plainte contre la crèche… »

Pédiatres (de plus en plus énervées)   » Vous n’êtes pas étonnée ? Comment ça ? Expliquez-moi votre raisonnement… »

Moi : «  Je n’ai plus rien à vous dire je ne maltraite pas mon enfant, son père ne le maltraite pas, ma famille ne le maltraite pas. Passez-lui un scanner tant qu’on y est »

C’est fini, ils me l’ont placé en famille d’accueil  !

Vendredi 2 juin 2012, dixième jour d’hospitalisation, il est 14 h, je suis en rendez-vous avec la pédiatre et la psychiatre pour attendre au téléphone l’appel de la responsable de l’ASE.

La psychiatre :  » ce temps de séparation avec votre enfant vous permettra de réfléchir aux choses que vous avez faites ou pas, à l’entourage peut- être dangereux de votre enfant »

Moi : « Attendez vous faite des suppositions sur ma famille et mon conjoint ? Vous êtes une psychiatre, vos suppositions sont inacceptables ! »

La responsable de l’ASE  m’annonce le placement de mon fils en famille d’accueil dans un lieu tenu secret dans l’attente de l’audience devant le juge des enfants.

Je m’effondre en pleurs, la pédiatre et psychiatre sont gênées et me font passer vite dans le couloir en me demandant d être discrète, sans doute pour ne pas affoler les autres parents. J’ai regretté ensuite de ne pas avoir hurlé à tue-tête qu’elles me volaient mon enfant !

Le placement durera 11 jours. Durant ces 11 jours, je ne verrai mon fils qu’une heure, quelques jours avant l’audience dans le cadre d’une visite médiatisée.

La responsable de l’ASE me téléphonera une fois, pour me donner des nouvelles mensongères de mon fils, prétendant que l’enfant s’amusait très bien dans sa famille d’accueil !

La nourrice me tiendra un discours exactement contraire lors de la restitution de l’enfant : il a beaucoup pleuré, fait des cauchemars toutes les nuits.

En face du juge des enfants

12 juin 2012, c’est ma première audience devant la juge des enfants.

Je me défends toute seule face à la juge, à la responsable de l’ASE, au directeur du foyer maternité. Je sens les services sociaux agressifs, ils avancent mensonges sur mensonges sur ma famille et moi afin que le placement soit prolongé. Mon éducatrice n’a plus de couleurs, elle est grise…mais n’a rien à dire !

J’apprends avec stupéfaction que les bleus d’avril dus aux barreaux du lit, sont devenus pour la police « des traces de doigts » !

J’en sais suffisamment maintenant sur ce genre d’affaires pour savoir que si je ne sort pas mon fils de leurs griffes tout de suite, ils ne me le rendront peut-être jamais.

Mon avocate ne dit rien, les deux autres avocates contactées avant l’audience ne m’ont plus données de nouvelles. Elle gagne uniquement ses substantiels honoraires en remettant à la juge une liasse de témoignages de moralité que mes parents ont recueillis auprès de notre famille et de nos amis pendant les dix jours précédents. Elle ne fait rien de plus !

Au grand dépit de l’ASE, la juge met son jugement en délibéré jusqu’à l’après-midi pour étudier le dossier remis par mon avocate et décide de restituer l’enfant dès le lendemain, le 13 juin ! Quel bonheur !

Quelques jours plus tard, je reçois un avis de classement par le procureur de la plainte pénale du CHU contre X pour faits de maltraitance.

Puis ensuite, l’ordonnance de la JDE. C’est une horreur, Mais j’ai mon enfant !  Toutes les accusations de l’ASE et du CHU sont reprises sans recul. Il n’est fait aucune mention des témoignages produits, de mes arguments. Je suis sauvée essentiellement par le rapport très honnête (oui, ça existe !)  de l’éducatrice présente à la visite médiatisée qui souligne la qualité de ma relation avec mon fils.

L’épée de Damoclès

L’enfant reste avec moi tant que je respecte les mesures :

Suivi AEMO, MJIE, CMP, obligation d’un suivi psychiatrique  personnel (ça c’est illégal !).

Obligation « d’accomplir les démarches » pour réintégration d’un centre maternel.

Ils ne me lâchent pas, me conservent un passif et peuvent reprendre mon fils à tout moment, je dois donc faire preuve de duplicité.

Je  saurai suivre les instructions à la lettre, jouer sur les mots et « accomplir les démarches » … sans y aller !  C’est une assignation à résidence alors que je suis majeure !

Interdiction pour mon compagnon de rencontrer mon enfant.

Avec de telles charges, je sais que je ne pourrai reprendre mes études.

Au moins je vais neutraliser la PMI, je mets donc en place un suivi mensuel pour mon fils avec notre médecin de famille.

Dernière audience devant la juge 

Mon suivi AEMO et la MJIE se passent bien, avec une expertise psychologique très positive, et des avis pour l’arrêt de toutes les mesures, en accord avec la psychiatre du CMP, la psychologue du foyer Croix Rouge, à qui j’ai tout raconté et annoncé que je ne viendrai jamais !

Nous avons la chance d’avoir affaire à des professionnelles compétentes et honnêtes.

Je réside chez mes parents et la qualité de l’environnement social dont elles sont sans doute peu familières,  les a sûrement  incitées à la prudence dans leurs conclusions, ne sachant pas où elles mettraient les pieds si elles persévéraient dans les errements du CHU…

Elles  rendent des rapports en ma faveur et en celle de ma famille et laissent planer quelques suspicions sur le foyer pour jeunes mères.

Juin 2013 : la juge me propose par courrier la fin des mesures et le classement du dossier, sans tenir audience.

Je refuse et demande une audience, car je veux que ma nouvelle avocate qui me soutient (enfin) depuis un an produise les deux expertises scientifiques dont je n’ai parlé à personne jusque là.

Les expertises ont été faites à ma demande par un spécialiste en identification criminelle et concluent en toute certitude que cette trace morsure ne peut en aucun cas  correspondre à ma dentition ou à celle de mon compagnon et qu’elle n’est pas celle d’un adulte mais d’un enfant de 2 ans ou 3 ans.  L’expertise et les autres productions de mon avocate font sensation…Mon avocate annonce que nous irons au pénal !

Comment je m’en suis sortie

Je suis allée consulter moi-même mon dossier au greffe avant chaque audience, et j’ai noté le maximum de choses.

Dès que j’ai récupéré mon fils, j’ai demandé communication de l’intégralité des dossiers médicaux du CHU, celui de ma grossesse, puis des deux hospitalisations de mon fils.

J’ai demandé l’ORIGINAL sous format dématérialisé des photos prises par le CHU (hématomes au front et morsure).

J’ai également demandé le dossier médical de mon fils à SOS Médecins.

Avec ma mère et mon avocate, nous avons  littéralement « épluché » ligne à ligne ces documents, ce qui nous a permis de retracer exactement la chronologie des faits, de découvrir de nombreux mensonges du corps médical, de la crèche, des contradictions d’un document à l’autre.

Ce travail nous a permis de préparer à l’avance des documents destinés à contredire auprès de l’enquêtrice les différents mensonges de l’ASE, du foyer maternel ou du CHU.

Ainsi, avec ma famille, nous avons méticuleusement contredit auprès de l’enquêtrice, pièces à l’appui et calmement, tous les mensonges du foyer et du CHU.

Mon avocate a demandé le dossier du procureur et l’a aussi passé au peigne fin. La comparaison de ce dossier judiciaire et du dossier médical a mis en évidence les falsifications des éléments transmis par les médecins au procureur puis au juge des enfants pour obtenir le placement, Et aussi les mensonges du personnel de la crèche du foyer.  

Je ne peux pas en dire plus maintenant, car ce sont des éléments que j’utiliserai dans le cadre de notre plainte avec constitution de partie civile.

Pendant les mesures, nous avons vérifié la légalité de chaque point de l’ordonnance, pour connaître ma marge de manœuvre.

J’ai confirmé tous mes rendez-vous par courrier recommandé, pour garder des preuves de ma « coopération » aux mesures.

 Avec ma famille, nous avons préparé soigneusement chaque rendez-vous, puis noté après ce qui s’était dit. Nous nous sommes gardés de toute critique, de toute agressivité, chaque mot a été pesé…

Enfin, le plus important, dès le début à l’hôpital, nous nous sommes méfiées, nous avons cherché à recueillir des preuves en faisant des photos, de la trace de morsure, du dossier médical dans la chambre et des vidéos pour attester du comportement de l’enfant.

Nous avons fait des recherches sur les aspects médicaux, juridiques et préparé pour nous et les avocats toute une masse de documentation sur les points soulevés. Ceci nous a permis lors de l’enquête d’avancer des arguments solides : ex des bleus sur le front d’un enfant qui se déplace à 4 pattes, NE DOIVENT PAS ETRE CONSIDÉRÉES COMME UN SIGNE DE MALTRAITANCE en l’absence de tout autre hématome ou signe clinique…

Enfin, nous sommes entrés en contacts avec des experts auprès des Cour d’Appel  en odontologie, spécialistes de l’identification criminelle (extérieurs à notre région par précaution). Choqués par l’affaire, mais pas surpris…Deux ont accepté de travailler avec nous.

L’un a pu réaliser dans le cadre d’une société privée, des expertises de haut niveau à partir de nos photos (faites avec un téléphone portable et très bonnes) et celles du CHU (prises avec un énorme appareil professionnel et qui ne valent rien !) des moulages dentaires que nous avons faits. L’autre se met en réserve pour réaliser une contre-expertise, dans le cas où elle serait demandée dans le cadre de la plainte avec constitution de partie civile que je prépare.

Mes plus sincères remerciements au CEDIF  en espérant que cela puisse aider d ‘autre famille et leur donner de l’espoir.

Les révélations d’une travailleuse sociale

 Profession : travailleur social

Je suis une travailleuse sociale et je souhaite faire part de mon expérience au CEDIF, à travers mon récit vous pourrez vous rendre compte que la situation qui est faite aux familles est bien celle que vous décrivez, voire pire encore.

Je voulais aider les plus faibles

J’ai débuté ma carrière dans le social en 1989 en tant qu’aide médico-psychologique (AMP), ce profil de formation autorise essentiellement des interventions auprès d’un public handicapé. Selon le handicap la formation nous instruit sur les méthodes d’accompagnement, la finalité visant le bien être et le respect de la personne. J’ai toujours agit normalement avec les autres, à savoir : aider les plus faibles. C’est naturellement que je me suis dirigée vers les métiers du social.

Ma première expérience dans le handicap me permet à ce jour de différencier l’accompagnement des personnes : le handicap subit moins d’abus que l’ASE.

La maltraitance existe dans le handicap mais elle est reconnue et des actions sont mises en place pour corriger les fautes professionnelles. Dès le début de ma carrière je me suis opposée à toutes formes de maltraitances, j’ai commis des erreurs dues à la fatigue, un manque de savoir et de connaissances des pathologies de type psychiatrique qui nous placent dans des situations complexes et qui font peur. Cependant, je me suis toujours « dénoncée », si je puis dire et excusée auprès des personnes et leurs parents en mentionnant qu’ils avaient le droit de porter plainte si mes arguments leurs semblaient futiles.

Ceux qui aiment leur métier et ceux qui s’aiment tout simplement

 Ainsi de 1989 à 2002 je travaille avec un public handicapé, je change d’établissement, j’y retrouve les mêmes difficultés, des collègues qui aiment leur métier et d’autres qui s’aiment tout simplement. Les équipes sont formées d’AMP, moniteurs éducateurs et éducateurs spécialisés. L’AMP étant considéré comme inférieur aux autres.

Cette infériorité ne me dérangeait pas, j’ai toujours aimé être au plus près des personnes que j’accompagne, je me suis formée durant ces années de pratique : écrits professionnels, équithérapie, prévenir l’épuisement en relation d’aide, j’ai beaucoup lu et toujours cherché à comprendre les comportements des personnes, surtout pour convaincre les têtes bien pensantes que chacun a les mêmes droits et qu’il est important de ne pas faire à l’autre ce que nous n’aimerions pas qu’il nous fasse.

J’ai eu peu de contact avec les assistantes sociales à cette époque, elles s’occupent de l’administratif et des prestations, cependant il est vrai que n’étant pas sur le terrain, elles sont pour ainsi dire attachées à la Direction et de fait se donnent sans doute une importance de supériorité, certaines supervisent les admissions mais rien de comparable avec l’ASE.

Pour résumer le monde du handicap bénéficie plus étroitement des lois qui les protègent, rien n’est idéal mais ils sont reconnus et défendus, les Directions sanctionnent la maltraitance.

Du handicap à l’ASE : plongée dans la quatrième dimension du travail social
Dame ASE
DAME ASE COMME TU AS DE GRANDES DENTS

Ce que nous recevons comme information par les médias est malheureusement vrai, bon nombres de travailleurs sociaux sont maltraitants, cela ne vient pas du contenu de la formation, cela vient du paradoxe entre ce contenu et l’impossibilité de mettre à l’œuvre ces savoirs sur le terrain car les stagiaires se confrontent aux anciens qui n’ont pas envie de changer leurs « bonnes » habitudes.…….

Ainsi pour se faire une place il faut être solide et ne pas contrarier le référent de stage, en général…..

En 2002, j’obtiens un poste au conseil général, ASE. Je suis monitrice éducatrice, j’accompagne des adolescents placés. OUPS !!!!!!!

Très vite je suis en désaccord avec la responsable et l’équipe, les ados sont violents en permanence, ce n’est pas normal. Je m’intéresse de près à leur parcours, je demande à changer le règlement qui n’est pas adapté, j’encourage les nouveaux collègues et stagiaires à mener ce travail avec moi, je participe à des formations, je retransmets ces savoirs en réunion, je suis vigilante aux réactions mal traitantes. Rarement un ado s’est montré violent gratuitement, c’est toujours «  à cause de » et c’est sur ces causes que nous devons travailler.

L’enfant appartient à l’institution dans laquelle il est placé

Là, je côtoie les AS, elle sont référentes des ados, tout transite par la MDS (Maison des Solidarités), nous sommes tenus de les informer de tout, les écrits réalisés pour les audiences arrivent sur leur bureau, rien n’est vraiment modifié, elles se calquent sur ceux des établissements et les écrits ne sont pas souvent positifs.

En établissement, les parents sont inexistants, ils signent des documents qui sont censés les protéger et protéger leurs enfants.

Une fois placé, l’enfant appartient à l’institution qui en même temps veut s’en débarrasser quand il perturbe la pause café (excusez-moi les collègues mais ce sont des années de constats !!!).

Il doit se plier au règlement, sa vie est bouleversée. Non seulement il est retiré de sa famille, certes pour des raisons qui peuvent quelquefois se justifier, mais en plus, il est contraint de suivre le mouvement du groupe et la collectivité.

Son monde change radicalement, il perd tous ses repères.

PS : qu’un lecteur du métier me prouve le contraire…

La susceptibilité de l’assistante sociale

Le rôle des assistantes sociales (AS) diffère de celui de l’éducateur, la formation également, l’AS a gardé une position haute (lecture intéressante sur leur position dans un article nommé « regard sur cinquante ans de travail social : J.TREMETIN, lien social n°824, janvier 2007), nous devons souvent aller dans son sens, cependant elle a la responsabilité d’environ 50 dossiers et il n’est pas difficile, selon la situation de lui faire entendre notre point de vue.

Le plus difficile est de ne pas mentionner qu’à un moment donné elle n’a pas fait correctement son travail, même avec la plus grande délicatesse, l’AS le prendra très mal.

Personnellement je ne travaillerai jamais en Maison des solidarités, il est impossible d’aider dignement des personnes en difficultés quand des quotas de dossiers priment sur la qualité des actions, IMPOSSIBLE…

Le foyer, un « no parent land »

En établissement, pas de place pour les parents, ils sont dépossédés de tout,   c’est « all inclusive », certains apprécient que leurs enfants soient logés, nourris, blanchis et éduqués, ils ne comprennent pas en général pourquoi le placement perdure alors qu’ils ont tout pour être heureux !!!!

Les enfants se rebellent, la plupart refusent le placement. Ils ne l’acceptent que si l’échéance est respectée et qu’un retour est programmé.

Durant ce temps, la famille rencontre l’AS qui doit induire un changement chez les parents afin que les enfants rentrent dans de bonnes conditions. Mais elles n’ont pas le temps et les éducateurs n’ont pas mission à sortir de l’établissement pour mener un travail parents/enfants.

C’est ainsi que perdure le placement, l’enfant ne comprend plus et devient de plus en plus soumis ou agressif, personne ne comprend pourquoi « ils ne sont pas sages », bon sang, ils ont tout pour être heureux : séparés de leur mauvais parents, rythme de vie du style cinq fruits et légumes par jour, lever, repas, coucher, tout est contrôlé pour leur bien être, pas trop de bonbons, pas de coca ou peu, des activités, des chambres impeccables qu’ils doivent absolument nettoyer et ne plus y entrer pour ne pas les salir, des vêtements choisis par les éducateurs, du pratique et c’est l’argent de l’État entendent-ils parfois !

L’enfant crie, mais personne ne l’entend

Ah le côté matériel de la situation occupe beaucoup, c’est  l’essentiel : la  raison du placement. La venue des troubles du comportement est peu élaborée, ainsi les enfants restent avec leur souffrance initiale, les parents n’ont pas compris pourquoi leurs enfants sont placés et pourquoi ils ne sont pas non plus « sages » dans l’établissement. L’enfant tente de crier sa souffrance, de dire ce qu’il subit : humiliations, rejet, insultes, coups mais personne ne l’entend.

« On se dit par exemple qu’il mérite d’être aidé, que c’est justement de votre aide dont il a besoin et qu’il se montrera à coup sûr profondément reconnaissant, attaché, soumis en réponse au moindre secours, c’est avec de telles imaginations qu’on dispose des nécessiteux comme d’une propriété, de même que c’est par ce désir de posséder qu’on se montre bienfaisant et secourable », Paul Fustier, parole de Nietzche, p 47.

J’ai toujours « bondit » sur ces pratiques, j’ai dénoncé mais là encore pas de réelle prise de conscience par la hiérarchie, je suis identifiée comme trop gentille, « tu ne peux pas sauver tout le monde, il faut prendre de la distance, tu t’impliques trop, tu ne fais pas confiance à tes collègues », j’ai même entendu de ma hiérarchie «  je m’inquiète pour toi, tu as des visions », cette même personne s’est acharnée sur un enfant qui est maintenant placé en Belgique…

Trop impliquée donc mutée

De fait, je suis mutée au service jeune majeur, hors de l’établissement. Je n’ai qu’un collègue, bien ancré dans ses pratiques « ancestrales », bien évidemment je provoque le changement, difficile les premiers temps, le binôme fonctionne ensuite très bien.

Nous travaillons sur la problématique initiale qui pour aucun d’entre eux n’a pas été élaborée, ces jeunes traînent leur fardeau de placement depuis des années. Ils parlent de leur souffrance en institution, en famille d’accueil, chez eux, tous souhaitent comprendre leur parcours. Les AS, toujours débordées nous laissent carte blanche, le projet est bien ficelé et difficilement rejetable, plus question de menacer les jeunes majeurs d’être virés si ils ne sont pas sages…

De 2007 à 2011, les jeunes majeurs trouvent en majorité un emploi, comme quoi c’est possible. Mais pas sans mal car Dame chef cherche des failles, enfin dit-elle, ils ont trop de liberté, trop de moyens, vous êtes trop gentils……

Comme je l’envoie balader, elle use d’autres stratégies et me déplace dans un service où je vais intervenir dans les familles. Le service jeune majeur est bousillé !!! à la demande de Dame chef, perverse narcissique qui n’a pu me faire obéir. Le pouvoir entre de telles mains est une horreur.

Les pires, les plus insensibles, feront carrière

Pour moi toujours le même refrain, trop de gentillesse, pas de recul…

Bien évidemment je ne traverse pas ces années sans peine, quelques états dépressifs, du pain béni pour les pervers.

Mais je remonte toujours en selle, je fais de la formation, je m’aperçois que les étudiants sont saints en arrivant, au retour de stage, ils sont choqués des pratiques, je les informe des recours, ils sont reçus par le centre de formation et l’établissement et menacés gentiment de ne pas avoir une bonne note, ben oui ils sont aussi trop gentils !!!

D’autres sont insensibles, ceux là auront leur diplôme, ben oui eux ils ont déjà pris la bonne distance. Les autres aussi mais ils sont déjà abîmés en début de carrière.

J’ai fait de la formation 4 années, j’ai changé ma stratégie et j’ai armé les étudiants à déjouer les pièges, j’en parle car je démissionne des centres avec les quels je travaille, non pas que ce n’est pas intéressant mais j’ai besoin de temps pour mener d’autres missions.

Dans les familles

Continuons…. Je suis actuellement intervenante à domicile, mon rêve : enfin agir là ou le problème se pose. En lien direct avec les AS, je découvre ce qui est fait dans les familles avant le placement ou pour un retour accompagné en famille. Belle perspective, coût fortement réduit, assez de temps pour mener à bien ma mission.

De nombreuses mesures d’accompagnement sont proposées aux familles, administratives ou judiciaires, je me rends compte que les familles sont mécontentes de ces prestations et ça, depuis le début, soit en 2011. Elles se plaignent du peu d’interventions, une à deux fois par mois, et de la façon dont les professionnels s’adressent à elles.

La mienne est simple et naturelle, pas de jugement, du respect, une confiance et le travail s’enclenche. Forte de mon expérience je dépanne les collègues qui ont trop de mesures, j’ai déjà calculé le temps qu’elles pouvaient accorder aux familles, il se résume à 20 minutes par mois, certes mais pas utile d’être désagréable et de placer les enfants parce que les parents vous harcèlent de coups de téléphone.

Ils veulent transformer les parents

Ces parents, extraordinaires, souvent, car à leur place je serai devenue dingue, sont toutefois prêts à renouer des liens avec le social, ils se remettent en cause, évoluent, comprennent leurs faiblesses et leur influence sur leurs enfants, ça marche en général. Sauf que certains professionnels se sentent investis d’une mission : celle de rendre ces parents comme ils voudraient qu’ils soient, dès lors leur attitude dérange les parents, ils me réclament et là : entretien avec la hiérarchie, trop de si trop de là…

« Un professionnel en renonçant exceptionnellement à l’asymétrie du lien se dévoile dans sa simple humanité ; il se montre un Homme ordinaire qui renonce à être plus ou à être supérieur, ou à être en position dominante, Fustier p104. » 

Mes rapports sont corrigés 

Je m’enlise, je fais tout simplement mon travail, les familles savent que je ne suis que de passage, ma hiérarchie pense que «  je m’appelle Rémi et je suis sans famille », que je fais alliance avec les parents contre l’ASE, c’est désespérant de travailler avec des personnes aussi peu instruites dans leur domaine.

Mes rapports sont corrigés, il ne reflètent plus la réalité, les parents sont accusés à tort, les enfants sont retirés sans préavis parfois, c’est l’horreur.

Nous avons étudiés les besoins fondamentaux de l’enfant, la séparation est un traumatisme, d’autant qu’ils ne sont pas souvent aimés ailleurs, ben oui on peut pas, la distance.

C’est le travail social sous l’emprise de la purification : «  une purification qui insiste sur le service rendu en tant que tel, sur son caractère objectif (j’ajoute : les prix de journées), si l’on peut dire éliminer les impuretés de l’affect que produit le lien au profit d’une asepsie du service sans débordements. », Fustier p 65. 

Conseil général ou cancer généralisé ?

Je ne suis pas étonnée des chiffres de placement qui n’ont pas lieu d’être, un parent dit du conseil général que c’est le cancer généralisé, je suis d’accord.

Merde nous sommes formés pour aider, pour maintenir la famille debout, pourquoi, dans quel but retirer des enfants ou ne pas les rendre ?

L’argent, les postes, c’est comme cela que ça fonctionne et pourtant si les établissements laissent la place aux interventions à domicile, ça coûte environ 60 euros par jour et par enfant au lieu de centaines d’euros.

Sans lieux de placements, les chefs ou collègues qui ont le placement facile se trouveraient ennuyés et laisseraient les enfants chez eux avec des intervenants à domicile.

Mais il faut des structures d’accueil car il existe des parents qui n’ont pas la capacité d’assumer leurs responsabilités et qui ne sont pas prêts de l’acquérir.

Je serai d’ailleurs curieuse de savoir quels parents peuvent devenir les enfants placés qui ont parfois subi pire que chez eux, facile de dire qu’ils reproduisent, il reproduisent quoi, la maltraitance de leurs parents ou celle des institutions ?

Attention je ne dis pas que nous ne servons à rien, nous les travailleurs sociaux, la misère sera toujours présente, la planète des bisounours n’existe pas !

Seulement si vous en avez marre de payer de impôts pour les cas sociaux faîtes votre job correctement, n’ayez pas peur du chômage, malheureusement, on n’y sera jamais au chômage, ben non ça voudrait dire que nous aurions trouvé la planète des bisounours.

Allez quoi, réagissez si vous vivez la même chose que moi en tant que travailleurs sociaux. Faisons comme les parents, l’union fait la force, pensez à vos enfants et dîtes comment vous réagiriez si c’était vos enfants que l’on traitait comme cela. 

Alors est ce que j’aime mon métier ? OUI, c’est le plus beau du monde, je croise des regards qui valent de l’or, oui j’aime les gens, oui j’ai de la compassion pour le genre humain, non je ne suis pas fataliste, tout le monde a droit à l’erreur et n’oubliez pas chers collègues, vous ne faîtes pas de bénévolat, vous avez un contrat de travail qui stipule vos obligations, vous êtes rémunérés pour aider pas pour détruire, pensez vous qu’il existe, le jugement dernier ?

PS : si vous bondissez à la lecture de mes propos, questionnez vous, il n’y a que deux choix possibles :

Me rejoindre pour ne plus vivre ces injustices quotidiennes

Vous identifier comme bourreau d’enfants.

Une autre peut-être : si j’ai faux, prouvez le contraire, pas d’éternels refrains sur la difficulté de notre emploi, des horreurs que l’on voient…. ça on le sait, on a choisi ce métier et il n’y a pas de travailleurs sociaux chez Harry Potter !

Les juges des enfants à l’écoute des assistantes sociales

Passons au JE : très honnêtement, je n’ai jamais eu de peine à obtenir une main levée, à condition que mes rapports ne soient pas modifiés par ma hiérarchie en accord avec l’ASE.

Par contre si je révèle des anomalies, je ne peux rien faire, je suis parfois évincée de l’audience, la majorité l’emporte.

Je ne peux contacter directement le juge, les AS oui, il serait important que les éducateurs qui suivent de près la mesure soient entendus avec les parents et ou l’enfant avant l’audience.

Tous les juges pour enfants que j’ai côtoyé s’appuient sur les rapports, pourquoi ils ne suivraient pas ce que préconisent les professionnels ? A la lecture de certains rapports, le placement en urgence est sa seule alternative.

C’est le système qui doit changer, il serait à mon sens plus judicieux que le JE s’appuie sur une audience avec les parents et les enfants et qu’il ordonne aux travailleurs sociaux des directives de changement avec un calendrier signé par les parents et les professionnels pour vérifier le temps passé en famille.

Fatale tentation

Réduction d'effectifs au purgatoire
Réduction d’effectifs au purgatoire

Le purgatoire est surpeuplé et il est convenu d’y faire de la place faute de pouvoir augmenter ses capacités d’accueil.

Christiane Taubira, en charge de ce dossier, propose aux résidents un deal tout à fait particulier : descendre direction les flammes de l’enfer ou monter au paradis.

Trois candidats ayant manqué de très peu l’enfer sont prêts à tenter leur chance. De leur vivant ils étaient respectivement assistante sociale, avocat stagiaire et juge pour enfants blanchi sous le harnais.

Tata Taubira les réunit et leur annonce :

« Voila je vous renvoie sur terre, vous serez soumis à la tentation, si vous y succombez vous vous volatiliserez et vlan vous irez en enfer. J’ai pour vous deux allers simple vers l’enfer, celle ou celui de vous trois qui résistera le plus longtemps ira au paradis. »     

Nos trois candidats, testant la nouvelle politique du purgatoire, se retrouvent donc ensemble sur terre à bord d’un hummer roulant à un train d’enfer sur un air de « highway to hell».

Au volant, l’assistante sociale, remontée à bloc, prend un sens interdit et percute violemment un véhicule familial.

L’assistante sociale, l’avocat stagiaire et le juge pour enfants descendent du hummer.

Ils constatent alors que les parents sont grièvement blessés et que la petite fille à l’arrière s’en sort avec quelques ecchymoses .

Soulagée l’assistante sociale prend la main de la petite fille et lui dit : « Soit heureuse ma chérie, tu es désormais entre les mains de l’Aide Sociale à l’Enfance, quelle chance tu as ! »

C’est alors que l’assistante sociale se volatilise.

L’avocat stagiaire prend l’initiative de porter secours aux parents et relève leur identité, du portefeuille du père tombe une carte bancaire avec le code inscrit sur un bristol. De vilaines idées viennent à l’esprit du jeune stagiaire quant à l’utilisation possible de la trouvaille.

Prêt à succomber à la tentation, il se baisse pour ramasser la carte bancaire et reste en cette position plusieurs secondes en tentant de se contrôler.

C’est alors que le juge pour enfant se volatilise.

Désignation d’un avocat pour votre enfant

Votre enfant est placé en foyer, en famille d’accueil, il a vécu des faits de nature à le mettre en danger

Vous n’avez pas perdu l’autorité parentale, la protection de votre enfant reste de votre responsabilité puisqu’il apparaît que celui-ci est en danger là où il est.

Comment apporter cette protection.

1. D’abord s’assurer de la parole de votre enfant, les services sociaux et la justice pourront considérer qu’il peut faire l’objet de pressions de votre part pour rendre la situation de rupture encore plus radicale. Donc vérifier que votre enfant ne varie pas dans ce qu’il dit et si sa version est fluctuante, il faut s’inquiéter des pressions qu’il pourrait subir dans le foyer ou dans la famille, à moins qu’il n’affabule.

2. Recueillir les faits très précisément en notant les éléments de danger, les atteintes, les risques, les personnes à mettre en cause. Si d’autres enfants sont en danger le préciser en essayant d’obtenir des témoignages (ce n’est pas facile), enregistrez votre enfant si nécessaire.

3. Si la communication est difficile, que vous ne pouvez pas lui parler sans témoin, écrivez lui pour lui faire raconter en retour de courrier. Quoiqu’il en soit et même sans élément de danger, il faut mettre en place une correspondance régulière et comparer les lettres qui peuvent témoigner d’un malaise vécu, d’un changement d’attitude. L’étude de l’écrit sera de toute façon importante pour laisser une trace dans une procédure, donc même si la communication orale peut se faire, demandez lui d’écrire ce qui s’est passé avec ses propres mots. Surtout ne pas lui faire réinterpréter, c’est la parole seule de l’enfant qui compte.

4. Si les services du Conseil Général proposent de régler le problème que vous avez soulevé et vous conseillent de ne pas plus en parler avec votre enfant sous prétexte de l’épargner, soyez certain qu’ils veulent étouffer l’affaire. Faites leur croire que vous coopérez et n’hésitez pas à saisir en même temps les autorités judiciaires. Pour cela demandez la désignation d’un avocat pour votre enfant afin qu’il soit assisté pour être entendu par le JDE sur l’affaire. L’avocat désigné pourra aussi envisager l’opportunité d’une plainte que vous serez amené à porter en son nom. Attention, l’avocat de votre enfant n’est pas votre avocat, il ne peut agir qu’en conseil de votre enfant.

Modèle de lettre pour saisine d’un avocat pour votre enfant

A adresser à : Monsieur le Bâtonnier, ordre des avocats, Palais de Justice, « adresse du TGI compétent »

Objet : Demande de désignation d’un avocat

« Je m’appelle « nom, prénoms de l’enfant », né le « date de naissance » à « lieu de naissance », demeurant « adresse de l’enfant en précisant la vôtre et celle de l’endroit où il est »

Je souhaite qu’un avocat me soit désigné (ou être assisté de Maître X) afin d’être entendu par : le JDE, les autorités judiciaires pour des faits graves.

D’avance, je vous en remercie

« Lieu, date »

Signature de l’enfant

ATTENTION : beaucoup trop souvent les avocats vont dans le sens des services sociaux. En effet, l’enfant est entendu par l’avocat en compagnie de l’éducateur référent, lequel peut intervenir pour préciser « ce que l’enfant veut dire ». Il faut le savoir et demander à votre enfant, s’il n’a pas été monté contre vous, qu’il insiste pour être entendu seul. Le mieux est encore de lui faire désigner un avocat de confiance alerté des agissements traditionnels.

Pour aller plus loin