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Quand la Charente Libre s’intéresse à l’ASE 

La question de la protection de l’enfance a été évoquée le 11 novembre 2016 par le journal La Charente Libre à l’occasion de la visite de la ministre Laurence Rossignol à une assise départementale de l’ASE .

Celle-ci était venue  pour faire la promotion de sa réforme de la protection de l’enfance qu’elle présente ainsi au journal : « Il ne s’agit plus de concevoir la protection de l’enfance en fonction des défaillances parentales ou des droits des parents, mais à partir des besoins de l’enfant identifiés à la fois par les parents et les professionnels. Et d’utiliser davantage les nouveaux savoir-faire que nous avons en matière de psychologie et de construction de l’enfant ».

Ce que La Charente Libre présente sous le chapeau « Partir des besoins de l’enfant ».

Plus de placements ? C’est positif !

Nos lecteurs informés ont compris qu’il s’agissait là de besoins tels qu’ils sont évalués par la galaxie ASE et que la nouveauté consistait à mettre les parents sous tutelle en matière de parentalité, mais nous avons déjà évoqué cette réforme dans nos articles.

La Charente Libre cite ensuite les chiffres de l’ASE pour le département, notant une hausse de 10 % des placements en 2015 (991 enfants). Des chiffres qui s’expliquent en partie par la hausse de l’émission d’informations préoccupantes, « c’est positif, cela veut dire que le maillage de détection de ces dangers est de plus en plus fin » se félicite Gaëlle Lefrère, responsable de la « maison des solidarités ».  Tellement positif d’ailleurs que  l’on peut augmenter le budget de l’ASE aux frais des contribuables.

Les recours à l’ASE s’amplifient donc, d’ailleurs, interrogée par la rédaction du journal Laurence Rossignol encourage cette tendance : « Ce qui m’a choquée au cours de mes consultations, c’est la dimension anxiogène que l’aide sociale à l’enfance (ASE) a sur les parents. Pour eux, dès que les services débarquent dans leur vie c’est synonyme de placement. Et c’est souvent vrai, parce que les parents n’ont pas osé faire appel aux professionnels assez tôt, et que quand ils interviennent, il n’y a plus d’autres solutions possibles. »     

Les avantages des placements selon La Charente Libre

nain gueulardLa lecture de la suite de l’article nous montre que c’est plutôt sympa d’être placé : les enfants peuvent profiter de pas mal d’activités.

Une éducatrice nous parle de la sortie pêche très positive puisque selon elle : les assistants familiaux, les parents pouvaient y échanger ensemble dans un climat convivial. Quant aux fratries elles avaient là la possibilité de se retrouver, car l’une des trois enfants de la sortie a pu y rencontrer ses frères placés dans une famille d’accueil. Tiens, il paraît pourtant que l’on ne sépare pas les fratries ?  

La Charente Libre ménage bonne presse à cette convivialité de façade : « Une bonne idée qui pourrait essaimer ailleurs dans le département. Mises en place depuis 2011, les journées « pêche » ont déjà fait le bonheur de 150 enfants. » Oui le bonheur des enfants placés !

Les parents interrogés

Mais il faut aussi écouter les parents pour éviter la tonalité publireportage.

Une maman voit ses arguments repris sous le titre « On n’est pas assez écoutés » : « Maman de trois enfants placés depuis deux ans, dont une souffrant de handicap, Karine Bidot estime que les parents ne sont pas assez associés aux décisions concernant leurs enfants. « Parfois les enfants sont malades, ils reçoivent des soins, et nous alors que nous avons toujours l’autorité parentale, ne sommes pas toujours avertis. On n’est pas assez écoutés alors que personne ne connaît nos enfants autant que nous. Ma fille, par exemple, fait des réactions quand un chien la lèche, des oedèmes de Quincke qui peuvent être graves, et on l’a placé dans une famille d’accueil où il y a un chien. Heureusement que  j’ai pu en parler avec l’assistante familiale, qui évite les contacts. » »

Maelle, 30 ans, témoigne aussi, son bébé de trois mois a fait des convulsions et il existe une suspicion de syndrome du bébé secoué. Elle dément avoir secoué son bébé et attend l’expertise médicale, mais en attendant le bébé lui a été retiré. Elle comprend cette démarche de protection de l’enfant, qui ne la comprendrait pas ? Elle considère aussi que son bébé évolue bien actuellement dans le cadre du placement. Le problème pour elle ne vient donc pas de l’ASE mais de la justice qui tarde pour l’expertise.

Décryptage du « reportage »

Qu’avons-nous finalement dans cet article qui entend mener le débat sur l’ASE en interrogeant les intervenants sociaux, la ministre et les parents ?

  • Une ministre qui réforme pour mieux répondre aux besoins de l’enfant ;
  • Une ASE qui n’est pas suffisamment sollicitée par les parents eux-mêmes ;
  • Des placements lors desquels des sorties sont organisées avec des parents dans un climat convivial  ;
  • Quelques parents qui se plaignent mais trouvent des solutions avec les intervenants sociaux : finalement rien de grave si la justice faisait son travail.

Voila donc l’impression que veut donner ce « reportage », c’est que quand il s’agit de dire des vérités les rédactions régionales font bien vite marche arrière (voir autre article presse).

Comment un tel reportage a-t-il pu être mené et donne-t-il véritablement la parole aux parents, nous avons essayé d’en savoir davantage en demandant à Madame Bidot comment son témoignage avait été recueilli et si il a été pris dans son intégralité ou non.

Madame Bidot nous a fait savoir qu’elle pensait demander un droit de réponse car son témoignage n’a pas été pris dans son intégralité, elle avait en effet des mises en cause grave de l’ASE à produire que la journaliste a ignoré. Pourtant la journaliste en question lui avait promis que l’article, qu’elle n’a pu lire avant sa publication, serait impartial. Madame Bidot se sent trahie dans sa confiance.

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