Affaire Jambu ou Témoignage, mode d’emploi (2)

À l’occasion de l’article témoignage, mode d’emploi, nous insistions sur le nécessité de faire la différence entre un témoignage crédible et un autre qui serait manifestement calomnieux.

Nous avions repris pour cela le témoignage d’une personne mal-intentionnée et avions indiqué les éléments qui démontraient l’absence de crédibilité de son témoignage.

Ainsi la fausse témoin produisant des mises en cause calomnieuses relatait des événements qu’elle ne pouvait avoir constaté. Elle procédait à des descriptions qu’elle ne pouvait  qu’avoir inventé, mentionnait des éléments fantasmés relevant de l’intimité relativement à des personnes qui n’étaient pas de ses relations. De surcroît, elle suscitait des témoignages de sa famille, alors que les témoins ne connaissant pas les mis en cause. Elle se situait dans un conflit d’intérêt et une volonté de vengeance.

Pourtant les sévices sociaux vont corroborer et le procureur refusera de poursuivre les calomnies, aussi incroyables soient-elles.

Il est tout aussi incroyable, qu’un témoignage, vrai celui-là et validé par notre grille de lecture, ait causé de graves ennuis à la personne qui témoignait aux fins de sauver sa nièce.

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Voici donc l’histoire de ce témoignage à partir d’un entretien avec Laurence Jambu, la témoin.

CEDIF : Bonjour, nous souhaitons parler de votre témoignage au sujet de votre nièce, nous vous remercions d’abord de bien vouloir vous présenter brièvement pour nos lecteurs.

Laurence : Bonjour, j’ai 55 ans, je vis près de Rennes et suis mère de cinq enfants et grand-mère de bientôt 6 petits-enfants. La famille est une valeur en laquelle je crois, et c’est au nom de sa défense que je suis adhérente au CEDIF. J’ai toujours voulu faire en sorte que les miens vivent heureux, dans l’harmonie. Malheureusement nous avons des épreuve et la principale fut de sauver ma nièce par alliance, Karine, qui est aussi ma fille de cœur.

CEDIF : Justement l’instruction de l’affaire de votre nièce est terminée et nous pouvons dire que dès son plus jeune âge, elle a fait l’objet de viols à répétition. Comment avez-vous pu apprendre la réalité des faits ?

Laurence : Ma nièce semblait souffrir d’une situation vécue dont elle avait du mal à s’ouvrir, elle vivait dans un état de délaissement et de saleté, nous savions qu’elle avait vécu des moments terribles sous le même toit qu’un pédophile récidiviste. Elle était terrifiée, ne pouvait en parler jusqu’à ce qu’elle me fit des confidences en 2009. Ce qu’elle va me dire alors est terrible, je savais que quelque chose n’allait pas, mais de là à comprendre cette descente en enfer… Ce que me confiait ma nièce c’était la souffrance d’un traumatisme, celui d’atteintes sexuelles, de sodomies subies depuis l’âge de 5 ans ! Je n’ai pas réussi à rester sereine face à ce lourd secret révélé. Qui aurait pu ne rien dire ?

CEDIF : Vous connaissiez donc bien les parents de Karine qui sont votre beau-frère et son épouse. Pensez-vous que les parents étaient conscients de ce qui se passait dans leur foyer ?.

Laurence : Oui je les connaissais, nos relations n’étaient pas mauvaises. Mon mari et moi étions  assez proches, c’ est ainsi qu’il est devenu le parrain de cette petite et j’avais pu aider mon beau-frère à maîtriser la lecture et l’écriture, j’ai appris cependant de la bouche de ma belle-sœur une nouvelle terrible : elle avait été condamnée pour infanticide sur sa première fille. Pour autant, et en dépit de l’horreur que m’a inspirée cette révélation, contrairement à la fausse témoin que vous présentez dans votre précédent article, je n’avais aucun compte personnel à régler. Je connaissais les personnes en question et j’ai pu vérifier la réalité des faits. Pas de on-dits, des éléments solides et étayés, mais aussi des constations médicales sur ma nièce.

Je savais que la personne qu’ils hébergeait avaient eu des ennuis avec la justice, il s’agissait d’un pédophile condamné pour des abus sexuels sur ses enfants. Je connaissais la promiscuité dans laquelle cette famille vivait, les propos sexualisés. J’ai donc dénoncé les faits avant même que ma nièce ne me fasse ses révélations. Ce dont j’ai témoigné avait aussi fait l’objet de dénonciations auprès de mes belles-sœurs, du maire, des services sociaux, de la justice. Je ne m’étais pas inquiétée seule puisque des voisins avaient déjà tiré la sonnette d’alarme. Nul n’en a tenu compte et les services de l’État m’ont poursuivi pour dénonciation calomnieuse !

CEDIF : Si nous comprenons bien il y a deux poids deux mesures. Dans une affaire de témoignage bidon qui va jeter une enfant entre les mains d’une secte à l’étranger, les services de l’ASE, de la PJJ, du procureur ne trouvent rien à redire. Alors que dans l’affaire de votre nièce, votre témoignage qui relève d’éléments notoires à l’encontre notamment d’une génitrice infanticide, et qui avait pour but de sauver votre nièce vous valent des poursuites et le maintien de votre nièce entre les mains du violeur !

Laurence : Oui dans le cas que vous citez ainsi que dans celui de ma nièce, les actions mises en place ont conduit à ce que deux enfants soient remis ou mis entre les mains de prédateurs. Pourtant comme vous le dîtes il n’est pas difficile de distinguer un témoignage valable d’un témoignage calomnieux. Mais dans ces deux situations il fallait donner du grain à moudre à l’ASE, qui après avoir émis deux signalements sans effet lors des un an et cinq ans de ma nièce, avait fini par envoyer des travailleurs sociaux qui prenaient le thé avec ses tourmenteurs alors même qu’elle continuait à être violée.

Les services de l’ASE m’ont très lourdement chargée, voulaient me faire passer pour folle et ont réalisé des rapports remplis de faux en écritures pour lesquels une instruction judiciaire est actuellement en cours. La volonté des services de l’ASE était d’éloigner Karine de ses protecteurs à tous prix.

CEDIF : La justice a-t-elle joué son rôle ?

lettre rappel a loi karine

Laurence : Il est difficile de reconnaître les erreurs commises. Dans un premier temps la justice a donné raison à l’ASE. Mais face à l’inertie des uns et des autres, il fallait bien que je sois traitée comme une emmerdeuse pour m’obstiner à demander la protection de ma nièce.

J’ai donc été poursuivie pour dénonciation calomnieuse, mise en garde à vue en août 2005. J’ai été convoquée devant la déléguée du parquet, laquelle m’a obligée à rédiger une lettre d’excuses au violeur et aux parents mais aussi à m’excuser d’avoir perturbé la justice.  Je devais donc me rétracter et m’engager à ne plus jamais dénoncer les parents de ma nièce ! Accepter le sort de ma nièce, acquiescer face à l’inacceptable, ne plus en parler. Et j’avoue, c’est terrible, j’ai eu le désir de tout abandonner après une telle humiliation. Surtout que si je ne m’exécutais pas on m’a clairement dit que mon petit garçon de 5 ans serait placé le soir même. J’ai alors signé ces mots que l’on m’a inspiré.

CEDIF : Mais en 2009 le doute n’était plus permis.

Laurence : Face à l’évidence, aux révélations de ma nièce à la directrice de  son école, la justice a opéré un revirement car elle sait aujourd’hui l’intérêt de Karine est de rester avec nous. Mais il faudra 11 ans entre le premier signalement et le retrait de Karine de ses parents maltraitants. La justice ne s’est pas excusée.

Nous avons donc obtenu, mon mari et moi l’autorité parentale. Mais alors que Karine était suivie par les sociaux de sa naissance à ses 12 ans, et qu’à 12 ans elle ne savait pratiquement ni lire ni écrire, elle est aujourd’hui en classe de première et pourra passer son bac. Oui je tiens à le dire parce qu’un jour une assistante sociale m’a dit que de son côté on pensait que ma nièce était débile. C’est n’importe quoi, et quand bien même les handicapés méritent-ils d’être violés par le premier Emile Louis qui passe ? Quant aux parents de ma nièce, ils sont la lie de la société et pourtant ils ne sont pas poursuivis.

CEDIF : Les services de l’ASE ont tout de même procédé à des signalements en leur temps comme vous le précisez.

Laurence : Oui, c’est vrai, mais en 2009 alors que j’avais fait part des révélations de ma nièce, leur réponse a consisté à menacer de placement mon fils qui avait désormais 10 ans. Cette même année, comme par hasard, ma fille cadette a été accusée de maltraitances avec interventions des services de la PMI, visites d’une assistante sociale.

CEDIF : Le chantage revient donc pour vous faire taire. Mais si vous n’aviez pas eu le courage d’aller jusqu’au bout en dépit de l’épreuve de la garde à vue, que serait devenue votre nièce ?

Laurence : Morte. Elle n’aurait pas pu survivre, ce n’est pas moi qui le dit, c’est un constat unanime.

CEDIF : Vous vous êtes engagée à nos côtés, que dites vous à ceux qui osent prétendre que le CEDIF protège davantage les parents que les enfants ?

Laurence : C’est faux, certes la parentalité peut-être à certains moments difficile à assumer, mais c’est parce que l’on massacre les familles, j’ai du aussi me battre pour que Karine vive avec nous et non en foyer. Cela ils ont eu du mal à l’accepter, ma nièce ne servira pas à assurer revenus et emplois aux services de l’ASE.

Mise à jour 2020 : Laurence et Karine publient leur témoignage dans un livre « Signalements » publié aux éditions Ring. Le violeur de Karine a été condamné à 30 ans de prison et l’état français a été, une première, condamné pour déni de justice. Pour autant rien ne dit que de tels faits ne se reproduisent pas actuellement. Le CEDIF peut s’énorgueillir d’avoir participé à ce résultat…

Sauvez vos enfants

Cher Madame, Chère Monsieur,

Avez-vous déjà lu le magazine du Conseil Général du Cher ? Avez-vous remarqué que l’on y parle souvent de la famille, que la dernière parution contenait un prospectus avec un numéro d’appel pour le fil ? Savez-vous ce que c’est ? Vous pensez sans doute en le lisant qu’il s’agit d’une simple aide ponctuelle pour les parents débordés par leurs responsabilités.

Eh bien, pas du tout !

Le fil permet de répertorier plus de « familles à problèmes » pour lesquelles des interventions d’assistantes sociales pourront aller jusqu’au placement des enfants en foyer. Donc, il s’agit là d’une façon de se rabattre des usagers pour créer des postes, des emplois, pour séparer des familles, produire des larmes et du malheur.

Révoltant non ? Pourtant ce n’est que l’arbre qui cache la forêt.

Savez-vous Monsieur, Madame, que les services du Conseil Général recueillent tous les jours des dénonciations dont une bonne partie sont malveillantes notamment suite à des règlements de compte familiaux (grands-parents en conflits avec leurs enfants, couples séparés, divorcés) ou de toute autre nature (voisins envieux, collègues hypocrites), suite encore à des mouvements d’humeur d’adolescents. Que ces services ne sont pas capables de distinguer les véritables abus, maltraitances, des signalements malveillants.

Savez-vous, Monsieur, Madame, qu’alors que vous lisez ce texte des enfants martyrs sont ignorés des services sociaux, leurs bourreaux sachant déménager au bon moment. Mais que d’autres enfants sont placés sans justification dans ces centres d’apprentissage de la délinquance que sont les foyers (selon le Fil d’Ariane, un placement sur deux serait injustifiés).

Oui vous avez bien lu, un placement sur deux n’est pas justifié. Ce qui veut dire qu’un enfant sur deux aurait dû être remis à sa famille ou encore ne jamais lui avoir été enlevé. Imaginez vous ce que doit ressentir un enfant arraché à sa famille à la sortie de l’école, emmené par des éducateurs pour être conduit dans un lieu froid et hostile comme un foyer.

Imaginez la peur de votre fils ou de votre fille séparé de vous, en face d’adolescents en proie à des crises de fureur, l’imaginez vous éventuellement violenté, racketté ? Pensez un peu à ces mères, à ces pères qui ne peuvent parler sans témoin à leur enfant, que ce soit au téléphone ou dans des parloirs à l’occasion de ce que les services sociaux appellent des visites médiatisées. A l’humiliation de passer pour maltraitants devant un juge des enfants, à vous faire insulter, calomnier par des éducateurs, des avocats, des magistrats.

Mais ce n’est pas possible, vous pensez cela n’arrive pas par hasard. Vous pensez que cela ne peut pas vous arriver à vous. Vous pensez être garantis contre un arbitraire qui pourrait briser votre famille. Nous le pensions tous et pourtant.

Il suffit qu’une assistante sociale de secteur fasse un signalement sur dénonciation de quelqu’un qui vous veut du mal, ou encore qu’elle se saisisse elle-même en considérant que votre enfant n’est pas comme les autres, qu’il n’aime pas le football ou le rap, qu’il soit un peu trop élitiste, mieux éduqué, pas assez dans le moule, politiquement incorrect, que sais je…. Il suffit en fait de rien du tout pour que le cauchemar commence.

Mais il y a des garanties pensez-vous, le Conseil Général doit au moins faire une enquête sociale si les faits signalés restent anodins.

Ah oui bien sûr, il existe une procédure à suivre qui est censée garantir contre les bavures. Mais, et je suis sûr que vous ne le saviez pas, rien n’oblige les Conseils Généraux à suivre ces procédures.

En effet le Tribunal Administratif d’Orléans, pour ne citer qu’un seul exemple parmi tant d’autres, a reconnu dernièrement la validité d’un signalement au procureur sans la moindre enquête sociale. Qu’est ce que cela veut dire ?

Tout simplement que sans le moindre élément, sans la moindre enquête vous pouvez perdre votre enfant tout en étant un parent modèle, et cela nous sommes bien placés pour le savoir.

Vous ne nous croyez-pas ? Alors appelez le fil et vous verrez ?

Mais pourquoi feraient-ils cela ?

L’enlèvement des enfants par ce qu’il convient d’appeler les sévices sociaux permet de créer des emplois d’éducateurs, d’assistances sociales, de faire du chiffre qui justifie l’attribution de budgets plus importants, la non-réduction d’effectifs pléthoriques, voire la création de nouveaux postes. Il permet également de participer à la déresponsabilisation de la famille, une institution haïe car jugée bourgeoise par les professionnels très orientés de l’aide à l’enfance.

Alors jetez le fil et écoutez plutôt nos histoires de parents maltraités par les sé(r)vices sociaux.

Ce que nous avons à vous apprendre est édifiant…

Xavier Collet

Un extrait du reportage « Jamais sans ma mère » diffusé par France 2 (Envoyé Spécial du 7 juin 2007)

[http://www.dailymotion.com/swf/video/x41akp?autoPlay=0]

Près de 136 000 enfants sont actuellement placés dans des foyers ou des familles d’accueil, séparés de leurs parents. Contrairement à ce que l’on imagine, les enfants battus ou ceux victimes d’abus sexuels ne représentent qu’une petite partie des enfants placés, à peine 20 %. Ainsi que le reconnait l’inspecteur général des affaires sociales, la moitié (68 000) des placements d’enfants en institutions ou en familles d’accueil pourrait être évité. En d’autres termes, 68 000 drames familiaux pourraient être évités !

Commentaires (6)

1. SOS Parents Abusés – Le 20/01/2011 à 00:06

Méthode digne de la seconde guerre mondial, ou la dénonciation de son voisin était un geste citoyen, et ou l’on fichais sur des listes le soit disant paria, comme j’ai coutume a le dire, plus de 70 ans on passé et rien n’a changé.

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2. SIRIEIX – Le 20/01/2011 à 08:09

L’article cite le fil, conseil général du Cher. Question dénonciation on peut ratisser plus large encore, au niveau national. Personnellement, j’ai signalé des enfants en danger du fait de l’assistante maternelle de placement, à l’ONED, au 119. Personne n’a bougé le petit doigt, et pour cause, mes signalements ont attéris directement sur les bureaux du Conseil Général ! Le maltraitant non secourant prévenu des signalements par des rabatteurs ! petite soupe en famille, on mixe les enfants et on les avale tout crus… J’affirme que le 119 et l’oned est de collusion avec les services sociaux pour « dénicher » de l’argent public et non pas pour secourir des familles ou des enfants en danger. Et que l’on vienne me prouver le contraire, je ne souhaite que cela CQFD

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3. CEDIF – Le 20/01/2011 à 21:09

Oui Sirieix, ce que vous dites ne nous étonnes pas et il faut déballer leurs agissements au grand public, le dernier numéro du jouornal du Conseil Général du Cher consacre un dossier rien que sur le « fil ». Le contenu est édifiant, je prendrai le temps de vous en faire part.

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4. ANONYME – Le 20/01/2011 à 22:18

Le 119 confie les signalements aux services sociaux

Aucun sérieux, une magouille qui brise les familles et détruit les enfants

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5. Daniel – Le 21/01/2011 à 09:24

« la dénonciation serais un devoir républicain » ?

Quel différence entre « délation » et « dénonciation »… cela peut vous rappeler une autre époque… peut être? 1940…

« Si la délation est condamnable car se faisant au détriment de gens honnêtes, la dénonciation serai devoir républicain prévu dans la loi et permettant de lutter contre les délinquants ». BRAVO !!

La grande Guerre permis l’envoi de trois millions de lettres de délation entre 1940 et 1945, en zone occupée comme en zone non occupée, aux services de l’armée allemande. ET AUJOURD’HUI ON NOUS PARLE DE DEVOIR ?? RIEN N’A CHANGE, LES FRANÇAIS ON DÉJÀ OUBLIE.

Chaque année 140000 enfants déportés de leurs familles et placés a l’ASE, grâce au devoir citoyen.

Je ne cautionnerais JAMAIS CES METHODES !!!

Il y a d’autre solution, mais faut il le vouloir.

Je suis contre tout genre de maltraitance, parental et institutionnel, mais comme dans tout, l’abus guette, sous prétexte d’honnêteté, ou chacun veux ce faire bonne conscience, ou désir juste de vengeance ??

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6. ONG: » SAUVONS LES ENFANTS PLACéS MALTRAITéS ! – Le 21/01/2011 à 10:19

Il FAUT une Révolution des Gamins,des Placés,un Nuremberg des ASE-Gestapètes.75 000 enfants RAFLéS en France en 2011,,qui le sait? qui le dénonce??Etat Térorist abject.

Fran Bré du Cantal http://KANTAL.over-blog.com

Dernière mise à jour de cette page le 28/01/2011