Savoir parler comme un travailleur social

Le principe de la langue de bois

Le sketch vers lequel nous vous renvoyons a le mérite de faire réfléchir.

La langue de bois tenue par l’auteur et la construction de cette langue de bois nous rappellent évidemment la logorrhée creuse des travailleurs sociaux de la protection de l’enfance, mais aussi de n’importe quel peigne-cul, chargé de mission payé par les contribuables ou du cadre militant d’attac ou de la fsu, du syndicaliste professionnel.

Des mots qui ne veulent rien dire autour de leurs thèmes favoris, employés pour justifier la mise sous tutelle de l’individu et des familles par les tenants du tout État et des sévices publics.

Bon évidemment je dois aussi vous dire que l’auteur de cette démonstration a de la bouteille, il a tout de même osé pondre un « Rapport sur l’éducation populaire ou le travail de la culture dans la transformation sociale et politique » pour Marie-Georges Buffet.

C’est dire s’il sait de quoi il parle…

Travaux Pratiques

Votre mission, cher lecteur, consiste donc à regarder attentivement ce sketch et à reproduire chez vous l’exercice avec de petits cartons sur lesquels vous allez inscrire les termes suivants, il vous est possible de transformer adjectif en substantif et vice versa  :

  • mettre en cause
  • débat
  • sécuriser
  • logique pénale
  • autorité
  • objectif
  • apprendre
  • la parole
  • l’institution
  • les professionnels
  • recherche
  • compréhension
  • légitimité
  • principe
  • sanction

Le corrigé de l’ANAS …

Vous voulez la solution ? Eh bien notre ami Eric nous l’a trouvé dans  la cinquième proposition de l’ANAS, ce lobby des travailleurs sociaux qui n’est pas ressorti indemne de la terrible affaire Marina et qui devait nous pondre d’insipides solutions d’amélioration de la protection de l’enfance.

Vous comprendrez que cet exercice de langue de bois ne veut strictement rien dire mais est tout à fait conforme à l’exercice auquel nous nous prêtons, nul doute que l’ANAS a mélangé les petits cartons et les a retrouvés dans l’ordre suivant pour composer cette cinquième proposition  :

« Enfin, dans l’objectif de mieux comprendre en cas de drame tel que celui de la petite Marina par exemple, nous proposons d’ouvrir un débat sur l’établissement d’un principe de non-sanction et de recherche compréhensive pour mieux apprendre. En effet, il nous apparaît important de « sécuriser la possibilité de la parole pour que nous soyons sûrs que les professionnels puissent s’exprimer sans crainte, non pas pour mettre en cause ou se mettre en cause, mais pour permettre de progresser si besoin. » Par ailleurs, il nous semble « nécessaire d’avoir recours à une autorité indépendante de l’institution concernée par une affaire dramatique pour en garantir la légitimité, se situant hors d’une logique pénale et intervenant dans un cadre sécurisé (d’où l’importance du principe de non-sanction à définir et inscrire dans les textes). »

… et le nôtre

Le problème étant que l’exercice était là un peu lourd et que certains termes des cartons ont été utilisés plusieurs fois, preuve de la pauvreté sémantique d’une proposition complètement incompréhensible.

Faisons donc mieux en imprimant un sens à nos mots et après avoir remélangé les petits cartons.

Voila ce que cela donne  :

La légitimité des professionnels de l’action sociale doit être mise en cause face à leur incapacité à transmettre correctement la parole des victimes ; face également aux propos diffamatoires qui sont souvent les leurs et qui ont pour résultat de dissoudre des familles sans rien apprendre de leurs erreurs. Au-delà, l’absence d’une logique pénale visant à appliquer le principe d’une sanction face à de tels comportements, est de nature à remettre en cause l’institution. Nous ne ferons pas l’épagne d’un tel débat ni d’une recherche des responsabilités destinées à aider à la compréhension de  ce qu’est devenu la protection de l’enfance dans ce pays. Il s’agit là de rien de moins que d’assurer la réalisation de notre objectif qui est de sécuriser les familles face à des abus d‘autorité porteurs de risques d’enlèvement de leurs enfants.