Loin des yeux

rien
Photo interdite d’un enfant qui se laisse mourir de désespoir

La photo terrible d’un enfant syrien mort sur une plage en Turquie émeut le monde sur la situation des migrants.

Comment rester indifférent face à la photo d’un enfant noyé dont le corps est échoué sur le sable ? Comment ne pas compatir à la détresse de ces enfants déplacés ?

Une simple photo opportunément prise par un photographe circule dans les rédactions. Elle fait le tour du monde pour s’afficher à la une des principaux journaux, nul ne veut rater le scoop pour illustrer un débat et s’adresser aux lecteurs que nous sommes.

Une photo pour faire basculer l’opinion publique alertée par les conséquences d’une migration massive, et voila que les gouvernants annoncent des mesures qu’ils n’envisageaient pas la veille dans un contexte peu propice à l’accueil des migrants.

Des mesures très coûteuses, et dont les effets seront à long terme, sont prises dans l’urgence. Le jour même, Hollande et Merkel annoncent à l’Europe que l’acceuil des migrants devient obligatoire.

Sans nul doute la photo de femmes martyrisées, d’enfants exécutés par des fous fanatiques bouleverserait de la même façon l’opinion publique et nous précipiterait à agir autrement. Mais ces photos aucun journaliste n’était là pour les prendre sur le théâtre des opérations.

 Nous savons que des massacres sont perpétrés mais nous ne voyons pas, nul besoin alors pour nos gouvernants d’agir puisque l’horreur n’est pas exposée à nos yeux et à nos consciences sélectives.

L’horreur se situe au-delà de nos frontières, mais nos gouvernants peuvent quelquefois s’emparer de la question puisque les photos n’ont pas de nationalité, elles circulent. Mais l’horreur peut aussi se situer à l’intérieur de nos frontières. Nous en recevons au CEDIF de nombreux témoignages, quelquefois des photos mais pas de celles qui sont diffusées en première page des journaux.

Le lecteur de la presse quotidienne, le téléspectateur n’a pas encore vu au Vingt Heures, des enfants anéantis par un placement se laissant mourir dans un foyer avant d’errer hagards sédatés et réduits à l’état de légume.

Le lecteur, le téléspectateur n’a pas non plus vu la photo d’enfants hurlant dans la salle d’un tribunal alors qu’on les arrache à leurs parents pour les placer. Rien non plus sur ces enfants victimes de pervers sexuels dans un foyer alors qu’ils viennent de se faire violer. 

Pas de débats dans des émissions en prime time sur l’effet produit sur les téléspectateur par ces images insoutenables, on n’en parlera pas plus à l’école si ce n’est pour dire que la « protection de l’enfance » porte bien son nom.

De telles photos seraient d’ailleurs rapidement interdites pour atteinte à la dignité des martyrs du sévice public.

Le malheur touche en France, en Suisse, des familles entières, il pousse des enfants vers le néant, mais ce n’est pas un malheur correct, pas celui que des journalistes osent montrer.

Pas encore !

Quel journaliste aurait donc le courage de surprendre le néant, le désespoir le plus terrible sur le visage d’un enfant, qui osera en faire sa une ?
De telles malheurs existent, nous en avons été les témoins au CEDIF pour avoir entendu dans un tribunal les cris d’un enfant qu’on arrachait à des bras aimant, nous avons entendu ses cris, nous avons vu l’étendue du la désespérance dans ses larmes. Ce cri là nous ne l’avons jamais entendu ailleurs, il n’a rien à voir avec celui de l’enfant qui pleure lors de la rentrée des classes ou qui fait un caprice.

Croyez donc aussi que si vous entendiez et voyez à la télévision une telle horreur, aucun gouvernement ne tiendrait plus d’une journée sans agir face à la colère et l’émotion de l’opinion publique.

Les Français ont peur … de la justice ! (mis à jour juin 2020)

De mauvais sondages

Alors que la justice est censée protéger et réparer les torts, un sondage CSA du 05 février 2006 pour Le Parisien/Aujourd’hui en France révélait aussi que 65 % des français affirmaient avoir peur de la justice.
Quant à l’opinion que les Français en ont, un sondage TNS Sofres d’octobre 2009 pour France Info/ France 2/Le Parisien Aujourd’hui en France et Elephant&Cie, nous apprend que pour 59 % des Français la justice fonctionne assez mal ou très mal. Ce pourcentage passe à 62 % dans un sondage « L’Express » de 2019 alors que seulement 47 % des Français estiment que nos magistrats sont neutres et impartiaux.

Pour Philippe Bilger : « Le mur des cons  a fracturé la confiance dans la justice ».

On peut aussi comprendre ce manque de confiance de par les nombreuses casseroles d’une certaine magistrature, en voici quelques-unes parmi tant d’autres :

 Des casseroles plus ou moins médiatiques

 Voleurs

· TGI de Marseille dans les années 90, quelques magistrats « empruntent » les objets saisis et entreposés au greffe, mise à la retraite d’office d’un d’entre eux et mutation des autres indélicats.

– 2003, le premier substitut de Bobigny, Jean-Louis Voirain, incarcéré pour blanchiment d’argent.

· Une juge d’instruction du tribunal de Versailles est surprise en train de voler des dessous féminins dans une grande surface. La magistrate aurait pu échapper à toute poursuite à condition de régler le montant de la marchandise. Ce à quoi elle s’est refusée, sous prétexte qu’elle était juge d’instruction. Elle est aujourd’hui juge aux affaires familiales dans une autre juridiction de banlieue…

– 2011, un magistrat du palais de justice de Paris dérobe, sous les « yeux » d’une caméra de surveillance, l’horloge Empire du bureau du Président de la Cour de Cassation.

Escrocs sur les bords

· Pierre Pichoff, rétrogradé en 1997 par le Conseil Supérieur de la Magistrature. Devenu depuis vice-président du TGI de Béthune, il est mis en examen en janvier 2011 pour une nouvelle affaire de corruption passive, trafic d’influence, escroquerie.

– Patrick Keil, substitut du procureur de Carcassonne puis de Montpellier monnaie à des mis en examen des informations sur des procédures en cours, il est condamné en 2012 pour corruption passive et violation du secret professionnel.

 Déséquilibrés

· Octobre 2003, Philippe Zamour, magistrat du tribunal d’Angoulême mis en examen pour exhibition sexuelle et placé sous contrôle judiciaire après s’être masturbé au cours d’une audience. Il bénéficie d’un non-lieu pour raison médicale.

· 2003, Tribunal correctionnel de Lyon : un magistrat assesseur dans un état d’ébriété avancé urine dans une poubelle en pleine audience.

Pervers

· 2001, Francis Carle, juge au TGI de Grenoble, ancien juge des enfants, prenait des photographies de mineures torse-nu, mais aussi de femmes nues dans l’enceinte du tribunal.

· 2003, le substitut général près la cour d’appel de Versailles et membre du CSM, ainsi qu’ex président de l’USM, Michel Joudrel, mis en examen pour participation à un réseau d’échange d’images pédophiles sur internet.

· Le Canard Enchaîné du 11 avril 2007, sous le titre « Enquête sous les robes des magistrats » raconte comment dans l’île de la Réunion le doyen des juges d’instructions, Francis Catalano, échangeait des faveurs judiciaires contre des faveurs en nature. Il avait monnayé les faveurs sexuelles de mères de jeunes détenus en échange de permis de visite. Le juge avait aussi eu une aventure avec la compagne d’une personne mise en examen par lui-même… compagne qui était partie civile dans un dossier qu’il instruisait.

– Toujours selon le Canard Enchainé, un ancien président de la Cour d’appel de Paris est pris sur le fait de propositions obscènes à un mineur à la piscine de Cachan.

· Bernard Constantin, juge au TGI de Chambery, violeur de deux fillettes, mis à la retraite d’office et condamné à 10 mois de prison avec sursis. Pour les même faits l’abbé Bisset a pris 18 ans de prison ferme.

· Le Canard Enchaîné dans son numéro 4004 du 23 juillet 1997 évoque le JDE de Tours Philippe Chenet, qui pratiquait lui-même des fouilles à corps avec déshabillage partiel ou intégrale de mineurs dans les salles d’archive. À titre de sanction il devient vice président du TGI d’Arras et continue ses fonctions de directeur de colonie de vacances il y commettra deux agressions sexuelles sur mineurs qui finiront par le rattraper.

– Le Canard encore informe de la saisie d’une liste de clients de vidéos pédopornographiques dont 71 noms qui correspondraient à des magistrats auraient été expurgés.

– 2020 un juge dijonnais, premier vice-président du tribunal, propose sur un site libertin des partouses avec sa fille de 12 ans et sa femme également juge, le site libertin le balance.

 Négligents

· Jean-Claude Bonnal, tueur multi-récidiviste, exécuteur de policiers, remis en liberté sur simple contrôle judiciaire en décembre 2000.

· Disparus de l’Yonne, victimes du tueur pervers Emile Louis et de vingt ans de classements sans suite par les procureurs successifs d’Auxerre.

· Anne Lorraine Schmitt et tant d’autres, victimes de pervers relâchés sans contrôle judiciaire. Son père Philippe Schmitt est moqué de façon grossière sur le « Mur des Cons » du Syndicat de la Magistrature.

· Février 2010, face à des libération intempestive de trafiquants, les syndicats de police dénoncent la décision de « Liberator », un magistrat de Créteil. Synergie officiers parle de «la politique nihiliste de quelques magistrats œuvrant contre tout ce qui représente l’Etat de droit». Le Snop renchérit : «La sécurité dans les départements franciliens ne peut être prise en otage par un exercice aléatoire de la justice

· Décembre 2010, un voyou qui a agressé à l’arme blanche un jeune homme à Bobigny, lui perforant les poumons, a été remis en liberté par un juge.

 Une justice à deux vitesses ?

Lorsque les magistrats sont sanctionnés par leurs pairs, ils sont très rarement révoqués. De 1988 à 2003, on comptabilise seulement 8 révocations (dont une en 2002 et une en 2003) et 9 mises à la retraite d’office.

La plupart du temps, les fautes commises sont sanctionnées par une mutation d’office, accompagnée ou non d’un abaissement d’échelon.
Entre 1988 et 2003, on a enregistré 37 déplacements d’office et 4 abaissements d’échelon.

Tant de pouvoirs et si peu de contrôles, on comprend la peur des Français …