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Une émission-com du gouvernement 

Montesquieu-10730592La chaîne parlementaire (LCP) relaie dans l’émission « Ça vous regarde » les dernières initiatives du gouvernement en matière familiale (http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde/282216-ca-vous-regarde).

Il ne fallait donc pas s’attendre à du bon.

Autour d’un animateur, le plateau réunit donc des débatteurs consensuels sous la férule de la ministre Laurence Rossignol, à savoir le retraité juge des enfants  Jean-Pierre Rosenczveig, Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, Edwige Antier de la « loi fessée ».

Le ton militant est donné d’emblée : soutien à Laurence Rossignol et indignation de ce que le conseil constitutionnel n’ait pas laissé passer la loi prévoyant de faire de la fessée un délit. Une simple question procédurale dira cependant la ministre …

La réalité des maltraitances dans les familles

Le leitmotiv du reportage est de présenter les cas d’enfants maltraités à mort par leurs parents afin de justifier les mesures prises par le gouvernement.

C’est sur le constat que nous sommes d’accord. Il existe des géniteurs qui sont des criminels et qui n’ont pas la moindre empathie pour leur progéniture. Ce sont évidemment des monstres.

Mais dans ces cas d’enfants martyrisés la responsabilité des sociaux n’est jamais mise en cause.

Le leitmotiv de l’émission n’est donc pas présenté comme un préalable à une nécessaire réflexion sur le fonctionnement de l’ASE mais à une extension du domaine du social au sein de l’institution familiale. C’est là l’argument de lois contre la maltraitance infantile et le reportage tend à faire croire que s’opposer à cette loi revient à approuver la maltraitance des enfants. Argument tout à fait inaudible dans la mesure où les interventions de l’ASE ne sont en général pas motivées par de véritables maltraitances et peuvent par contre conduire à la maltraitance véritable des enfants placés.

Parmi les mesures de cette loi, celles présentées de prime abord ne font pas débat, il n’est en effet pas question pour nous de contester la nécessité de l’allongement du délai de prescription des crimes sexuels sur mineurs. Il conviendrait même d’alourdir les peines et de sacraliser le corps de l’enfant face aux actions de ce même gouvernement qui encourage la mise en place d’un « droit à la sexualité » étendu aux mineurs.

Pas non plus question de contester les répercussions des violences sur les enfants, mais il faut d’abord poser le constat sans l’interpréter de façon plus ou moins fumeuse (attention donc aux faux souvenirs induits et à la suspicion généralisée de maltraitance pour des parents ayant été maltraités dans l’enfance).

Un fois le constat posé, il faut apporter des solutions qui vont au-delà du « y a qu’à, faut qu’on »  en envisageant les responsabilités de chacun.  

Il convient encre d’éviter de dire des bêtises en prétendant que les médecins qui signalent peuvent être poursuivis, il existe justement une loi d’irresponsabilité sur les signalements médicaux infondés.   

De la justice, pas du social !

Soyons clairs, la maltraitance, la vraie (et pas la fessée !), doit relever de la justice et non des sociaux.

Le tout social, consistant à déresponsabiliser les parents et à organiser un flicage à l’école ou chez les médecins comme le préconise encore une fois Rosenczveig, relève d’une loi des suspects complètement insupportable et est une porte ouverte à plus de mesures abusives et traumatisantes. 

Mais redonner le pouvoir à la justice d’intervenir seulement dans le champ restreint des seules maltraitances véritables suppose aussi en partie de s’interroger sur la formation des magistrats et des idéologies véhiculées dans le milieu dit des « professionnels de l’enfance ».   

Une véritable réforme ne peut être entreprise qu’en écartant des postes de pouvoir et de décision  les idéologues antifamilialistes.

On n’éduque pas à la bien-traitance sauf à penser que la famille est naturellement maltraitante.

On ne fait pas de la prévention par un principe de précaution qui conduit à enlever des enfants en les livrant à la jungle des foyers, mais en apportant une réponse pénale aux véritables cas de maltraitance qu’ils soient le fait de géniteurs ou de sociaux, en responsabilisant les intervenants sur le devenir à long terme des enfants placés.

Qui est responsable de la clochardisation d’un enfant placé abusivement dix ans auparavant et comment croire que la mesure éducative soit la seule réponse alors que dans l’immense majorité des cas elle se solde par un échec ? Qui est responsable quand un enfant est martyrisé alors qu’un suivi social existe ?

Quelle réponse aux cas d’enfants martyrs ?

Soyons un peu sérieux dans les débats si l’on s’intéresse sincèrement aux cas d’enfants martyrs. Des affaires Marina il y en a eu, et il continuera à y en avoir avec les lois antifamilialistes. En effet, de telles lois ne résoudront pas ces horreurs puisque seul le simple bon sens l’aurait permis.

L’association Innocence en Danger a bien fait la démonstration des manquements des sociaux : « Le décès de tous ces enfants aurait pu et aurait dû être évité. Innocence en Danger, partie civile pour Marina Sabatier, a assigné l’État en responsabilité pour faute lourde ; mais la justice a refusé de reconnaître ses propres erreurs ! Il s’agit là d’un message grave, irresponsable et criminogène pour les parents maltraitants, pour les responsables de la protection de l’enfance, de même que pour les acteurs du service public de la justice. Ne pas savoir reconnaître sa responsabilité, c’est entretenir l’indifférence portée aux enfants et priver d’effet les garanties de leur protection. »

Les lois liberticides n’apportent aucune sécurité supplémentaire aux enfants, elles créent une suspicion généralisée et infantilisent des adultes chargés de familles, ce qui est le moyen le plus sûr d’en faire de mauvais parents.

Soutien des parents, pas des géniteurs !

Quant à la question posée par l’animateur qui consiste en substance à demander s’il faut retirer des enfants maltraités à leurs parents et rompre le lien définitivement, la réponse ne vient pas clairement.

Chacun y va de ses propres termes en donnant l’impression qu’on ne retire que des enfants lourdement maltraités. Voilà encore un spectacle qui relève de la propagande, bien évidemment un enfant martyrisé doit être retiré du milieu de ses géniteurs (le mot parent ne convient pas ici), bien évidemment le lien doit être rompu définitivement. Mais la réalité c’est que la grande majorité des enfants retirés à leurs parents et dont le lien est sciemment rompu NE SONT PAS DES ENFANTS MALTRAITÉS !!!!

Une réponse idéologique inefficace et dangereuse 

La mobilisation autour du plan de Laurence Rossignol a donc quelque chose d’indécent puisqu’elle instrumentalise un constat au bénéficie d’une option qui n’est absolument pas trans-courant contrairement à ce que dit le débat et que soulignent quelques idiots utiles dits de « droite ».

En réalité le projet est évidemment politique puisqu’il est borgne et ne voit dans les maltraitances que l’institution familiale ignorant la situation des enfants placés et la réalité des mesures éducatives.

Il est politique car il correspond à une volonté d’étendre le domaine d’intervention de l’État là où la solidarité familiale se suffisait.

Le projet porté déjà par la loi Meunier-Dini au prétexte de prévention de la maltraitance (cas nous le répétons, minoritaire dans les interventions de l’ASE) répondait à une volonté de lutter contre le familialisme, présenté comme un « repli » des individus sur leur cercle familial. L’inspiration du projet est donc collectiviste faisant de l’enfant non pas la fille ou le fils de ses parents, mais l’élément de base de la collectivité entendue au sens étatique et devant être modelé par l’État.

Voilà donc la véritable inspiration du projet : un projet collectiviste donc authentiquement de gauche, répondant aux besoins du lobby des sociaux, de leurs syndicats et associations,  afin de développer leurs activités, donc les postes et budgets mis à disposition sans aucune responsabilisation. 

Les enfants martyrs valaient beaucoup mieux que cela.

Nul n'y échappera, pas même vous.

Nul n’y échappera, pas même vous.

Détecter les enfants à trois ans ?

L’article date de novembre 2010 sous la plume du célèbre juge des enfants Jean-Pierre Rosenczveig (http://jprosen.blog.lemonde.fr/2010/11/03/detecter-les-enfants-criminels-a-3-ans-403), éminence pensante de tout ce qui peut concerner l’enfance et la famille à gauche et plus particulièrement au parti socialiste. 

Sous le titre « détecter les enfants criminels à 3 ans ? », il entendait participer au débat passionné concernant le rapport Bockel sur la prévention de la délinquance. Il a la prudence de ne pas anticiper sur son contenu et se pose en sage averti plutôt qu’en vain polémiste, prenant de la hauteur face au débat concernant le repérage des futurs délinquants dès la maternelle. 

C’est entendu et cela fait consensus, le rapport de l’INSERM de 2005 s’inquiétant des troubles de comportement des très jeunes enfants et en tirant des conclusions quant à la délinquance, était pour le moins maladroit. D’aucuns pensent qu’il pouvait être instrumentalisé afin de développer un contrôle social donc des familles dès la maternelle. La gauche n’avait pas manqué de crier au tout sécuritaire et de fasciser Sarkozy.

Les prétextes du contrôle social

Mais quand on sait d’où vient l’attaque, l’hypocrisie est confondante et les mauvais sentiments se donnent des excuses. Car entre une droite étatiste et une gauche qui l’est plus encore, la différence tient surtout aux raisons invoquées pour augmenter le nombre de fonctionnaires du contrôle social. La gauche sous la plume de Rosenczveig l’emporte à ce jeu-là l’air de ne pas y toucher. Mais voyons un peu comment il procède, cela devrait nous indiquer à quelle sauce Hollande va manger les familles. 

Donc le repérage des enfants violents ce n’est pas bien, comme l’écrit Rosenczveig :

« Il faut reconnaitre qu’il est difficile d’entendre que dès 2 ou 3 ans on doit pouvoir repérer, détecter dit-on, les enfants appelés à être demain délinquants, sinon criminels. » 

Mais ce qui est surtout rejeté là ce n’est pas le principe même du fichage, mais le déterminisme :

« Aucun déterminisme scientifiquement démontré ne peut soutenir qu’un très jeune enfant présentant des troubles du comportement sera demain inéluctablement un délinquant ».

On peut rejeter certes l’un et l’autre au nom de la libre détermination, mais Rosenczveig s’engouffre tout de même dans le dépistage des violences de maternelle :

« Allons plus loin : sans actes de violence j’avance que nombre de très jeunes enfants sont en souffrance du fait d’être délaissés ou mal accompagnés par leurs proches, par leurs parents ou par les dispositifs qui devraient les avoir en charge. Personnellement j’ai proposé de longue date d’introduire du social dans l’école primaire pour venir en aide aux enfants en difficulté et au-delà faire une offre de service aux parents de ces enfants. »

Le flicage social de la gauche

Et voilà nous y sommes, il faut aller plus loin que le dépistage il faut fliquer mais socialement. Ceux qui ont eu affaire à l’ASE savent en quoi consiste cette offre de service aux parents. Si ce n’était pas suffisamment clair Rosenczveig en rajoute une couche :

« les parents de tels enfants doivent faire la démarchage de rencontrer les services sociaux, sinon ce sont des parents suspects : « On peut penser que ces parents, à condition d’être lucides, peuvent aller voir d’eux-mêmes les services sociaux. » 

La bonne conscience de gauche en rajoute ensuite dans le mépris des pauvres :

« Dans les milieux populaires, on ne sait pas faire et on se méfie des services sociaux qui ont la réputation de retirer les enfants. Disons-le clairement les services sociaux n’ont pas toujours bonne presse – c’est même un euphémisme – quand on s’attache à la représentation qu’en donnent les médias et les téléfilms. Il faut donc reprendre ici le célèbre « Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère ira-t-a toi ». »

Si vous n’allez pas à l’Aide Social à l’Enfance, l’Aide Sociale à l’Enfance ira à vous

Autrement dit si les parents ne viennent pas demander de l’aide à l’ASE, l’ASE ira s’inviter chez eux, et vu la façon dont Rosenczveig considère ceux qui se méfient de l’ASE on s’attend à des rapports salés sur fond d’accusations de paranoïa pour retirer les enfants. 

Aucun enfant ne doit donc échapper à la vigilance normalisatrice de l’ASE au nom d’un comportement socialement idéal de l’enfant dès le plus jeune âge. Rosenczveig revient d’ailleurs sur la circulaire de ses amis :

« Nous le disions dans la circulaire sur l’enfance maltraitée de 1983 » qui proposait d’installer partout ce que nous appelons désormais l’ASE : « quasiment tous les enfants de France fréquentent deux grands carrefours. Celui de la santé à travers les médecins privés et l’hôpital public et celui l’école. C’est dans ces carrefours qu’il faut implanter du social comme on a su implanter des services de proximité dans le métro. » 

Le projet est en effet cohérent avec notamment la répression de l’école à la maison et la volonté de rendre la maternelle obligatoire, il consiste à mettre sous surveillance tous les enfants de ce pays afin de les normaliser, et de normaliser aussi à travers eux ces familles mal calibrées qu’ils jugent à problème. Là encore c’est dit :

« Cyniquement, le jeune enfant identifié en souffrance à l’école doit être un prétexte d’avancer une aide à la famille et aux parents souvent déboussolés. Ne faudrait-il pas d’ailleurs parler d’aide sociale aux familles, plutôt qu’à l’enfance sachant que l’enfant fait la famille. » 

Une aide sociale que nous n’aurons bien évidemment pas le droit de refuser et qui expose à craindre pour l’avenir de nos enfants dans ce pays si nous les laissons faire. 

 

Lire aussi : Le Cher n’a pas attendu Hollande pour commencer le fichage

Fichage des familles : une pratique socialiste ?

La représentante du candidat socialiste s’exprime sur le protection de l’enfance : discours convenu, règlement de compte politicien, argument intenable relatif à la paupérisation de la profession, paille et poutre …

Madame Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande et secrétaire nationale en charge des questions de société s’exprime en cette qualité sur la problématique de la protection de l’enfance. D’autres intervenants sont invités et en premier lieu Jean-Pierre Rosenczveig dont nous connaissons les positions (https://comitecedif.wordpress.com/2012/01/08/jean-pierre-rosenczveig-sur-ladoption-denfants-places/).

La video qui en a été tirée doit nécessairement nous amener à nous prononcer au titre d’association consacrée à la défense de l’institution familiale, d’autant que Madame Vallaud-Belkacem connaît ou pourrait connaître nos positions pour avoir reçu notre rapport sur la protection de l’enfance.

Elle critique d’abord, et à bon droit, le fait que la problématique de la délinquance chez les jeunes puisse être confondue avec celle de la protection de l’enfance en danger. Nous nous sommes déjà exprimés dans le même sens (https://comitecedif.wordpress.com/2011/04/05/mineurs-delinquants/) pour dénoncer notamment le placement de mineurs délinquants avec des mineurs privés (à tort ou à raison) de leurs parents.

Il semblait pourtant que les adversaires de la séparation de ces deux catégories se trouvent parmi les amis politique de Madame Vallaud-Belkacem à en lire les pétitions pour la suppression des Centres Éducatifs fermés.Il serait donc positif que la secrétaire nationale du PS puisse avoir évolué sur ce point pour rejoindre notre position.

Madame Vallaud-Belkacem se sert cependant de cet argument de la nécessaire séparation des problématiques délinquance et mineur en péril, pour dénoncer le dépistage précoce de la délinquance dans les écoles, mesure un moment proposée par le gouvernement.

Une telle mesure, si elle avait dû être mise en place, aurait permis de créer de nouveaux postes pour la protection de l’enfance et de nouvelles places en foyer.

Vu les zones de non-droit que constituent de nombreux foyers, on doute de l’efficacité d’une telle mesure sur la diminution de la délinquance.

La délinquance suppose donc d’autres solutions, pas celle-là. Nous ne serons pas nécessairement d’accord sur les solutions, elle ne sera pas forcément d’accord avec notre analyse. Mais ce qui importe c’est d’en arriver au même constat.

Constat que l’école n’a pas à s’adonner au fichage des familles.

Constat à géométrie variable cependant chez les socialistes et sur lequel la secrétaire nationale, porte-parole du candidat socialiste, aurait dû réfléchir avant de faire un procès politique.

Rappelons donc à Madame Vallaud-Belkacem qu’il existe effectivement dans ce pays des mesures de fichage des familles dans les écoles organisées notamment par le Conseil général du Cher, que les enseignants dès la petite section de maternelle sont priés de jouer les indicateurs et ont la possibilité de régler leurs comptes par l’intermédiaire d’un questionnaire occulte. (https://comitecedif.wordpress.com/2011/08/30/fichage-familial-des-la-maternelle-ce-que-les-parents-du-cher-doivent-savoir/)

Précisons que ces éléments font l’objet d’un traitement qui peut permettre aussi d’alimenter le fichier d’informations préoccupantes, première étape d’une mesure de protection de l’enfance avec des conséquences que l’on connaît.

Précisons encore à Madame Vallaud-Belkacem que le Conseil général du Cher est dirigé par une majorité socialiste-communiste, donc que c’est bien la gauche qui s’adonne à des pratiques de fichage, de par ses fonctions la secrétaire nationale PS pourrait mettre fin à cette pratique, mais figurez vous qu’elle existe toujours !

Double discours ?

Le double-discours consisterait à faire passer le fichage au nom de la prévention des situations qui doit intervenir « le plus en amont possible » et dès le plus jeune âge (à la maternité ? Oups cela se fait déjà), comme le dit Madame Vallaud-Belkacem. On a là du mal à la suivre dans ce qui semble être une incohérence au nom du tout social déresponsabilisant, quoi qu’elle en dise.

Pour clarifier nous exigeons donc des actes : que la secrétaire nationale du PS en charge des questions de société mette fin au fichage de ses camarades de parti du Cher. Et cela sans distinction entre bon fichage socialiste bien réel dans son application, et mauvais fichage sarkozyste virtuel.

Nous attendons des gages donc.

Ensuite, nous aurons à débattre, mais pas sur le mode politicien du « Y a qu’a, faut qu’on » ou créons de nouveaux « sé®vices publics ». Pas non plus sur le mode : « les pauvres travailleurs sociaux n’ont pas suffisamment de moyens financiers », non, ils en ont trop.

Plus largement, la question n’est pas budgétaire, elle relève d’abord de la qualité des prestations et donc de la moralisation de la profession de travailleur social.