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Le dérive des familles anticipée par Tocqueville

Le dérive des familles anticipée par Tocqueville

La banalisation des mesures éducatives est permise par la loi

Un article de la Dépêche nous avait été signalé comme digne d’intérêt en ce qu’il illustre la banalisation de la mise en place de mesures éducatives depuis quelques années. Une banalisation que permet notamment la loi de 2007 étendant le spectre d’intervention des services de la protection de l’enfance.

L’article en question donne la parole à la juge des enfants d’Albi, Madame Ratinaud, appelée à commenter le phénomène de forte croissance du nombre de dossiers judiciaires qui lui était soumis (pas moins de 45 % de hausse en deux ans). Une explosion qui ne tient pas compte de la multiplication des mesures administratives mises en place directement par l’ASE avec l’accord des parents, mais voila c’est là une toute autre affaire sur laquelle il y aurait beaucoup à dire.

Ainsi rien que pour 2013, plus de 500 dossiers relatifs à des mineurs en danger sont passés par la juge des enfants d’Albi dont les 4/5ème ne relèvent pas de faits de délinquance, mais de signalements émanant bien souvent d’assistantes sociales, de l’éducation nationale, de l’entourage.

Contrairement à ce que l’on peut penser à travers les messages habituellement véhiculés par les travailleurs sociaux et les media complaisants, ces enfants en proie à des mesures judiciaires ne sont pas, pour la plupart, des enfants martyrs. En décortiquant un rapport de l’ONED nous avions bien mis ce fait en évidence, mais cela passe mieux dans les journaux  quand c’est la juge qui le dit :

 « .La maltraitance physique, heureusement reste minoritaire. On a surtout des cas de carences éducatives, des parents qui n’arrivent pas à donner un cadre à leurs enfants et du coup ils font des bêtises à l’école. Le juge des enfants est également de plus en plus sollicité après les séparations, avec des enfants qui sont parfois pris en otage dans les conflits des parents et ce sont les mineurs qui «trinquent». »

Évidemment la notion de cadre éducatif est subjective et à contextualiser puisqu’un parent qui a des difficultés à imposer des limites sera étiqueté comme «défaillant ou incapable de cadrer », alors que celui qui a fixé des règles sera alors mis sur la sellette comme « psycho-rigide » voire maltraitant ne serait-ce que psychologiquement.

Une loi qui profite de la déresponsabilisation des parents pour porter des coups inouïs à l’institution familiale

Le flou qui prévaut en ce qui concerne le « bon cadrage » et la multiplication des champs d’intervention de l’ASE semble donc bien expliquer que de plus en plus de familles soient dans le collimateur.

La faute en incombre à l’interventionnisme des travailleurs sociaux désireux de justifier leurs postes et budgets, mais les parents déresponsabilisés sont aussi en partie responsables de cette situation. En effet, dupes le plus souvent, ils accepteront une mesure administrative qui se transformera en mesure judiciaire dès qu’ils n’y adhèrent plus. De surcroît, la conflictualité parentale notamment lors de divorce, donne l’occasion de règlements de compte pour des questions de résidence, de pensions alimentaires, ou d’ego en souffrance.

Cependant il y a pire et nous donnerons le mot de la fin à la juge qui a bien pris conscience d’une réalité sociologique terrible :

« Mais il y a également plus de signalements. À une certaine époque, ces problèmes restaient dans le huis clos familial mais aujourd’hui la société saisit plus facilement le juge pour régler les conflits familiaux. »

C’est bien sur ce point que le rôle de l’ASE révèle un profond malaise dans notre société : la déresponsabilisation de la famille qui abdique ses prérogatives au bénéfice de l’État.  Nous avons fait ce constat il y a longtemps en reprennant l’incontournable analyse de Tocqueville.

Combattre la déresponsabilisation des familles voila bien le coeur de l’action du CEDIF.

La table ronde : une intelligence vachement artificielle.

La table ronde : une intelligence vachement artificielle.

La table ronde est désolée

Dans un premier volet nous vous avions déjà détaillé l’attitude tout à fait particulière de la commission relative aux internements administratifs

Rappelez vous la réponse qui avait été faite pour des demandes trop actuelle de familles brisées par les exactions des sévices sociaux suisses :

«   Merci pour votre courriel. Nous sommes désolés des épreuves que traverse la famille xxx. Le délégué aux victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance n’est malheureusement pas la bonne autorité pour traiter de votre cas. En effet, le délégué est l’interlocuteur pour toutes les personnes ayant fait l’objet de mesures de coercition dans la période allant jusqu’à 1981, date de l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions du Code civil sur la privation de liberté à des fins d’assistance. La Table ronde, mise sur pied après la cérémonie de commémoration que vous évoquez, réalise un travail de mémoire sur le passé et n’émet pas de directives fédérales concernant les victimes actuelles de mesures de coercition (pour en savoir plus : www.fszm.ch). » 

Évidemment une telle réponse méritait une réplique qui a été adressée en lettre ouverte, nous ne pouvons que vous en restituer des extraits en insistant sur leur intérêt d’un point de vue qui relève de la sociologie de l’action publique, à ce titre, familles comme chercheurs ne pourront être qu’intéressés, concernés par les véritables motifs de la mise en place de la commission d’aide aux victimes de « mesures de coercition à des fins d’assistance ». 

Au CEDIF, nous avons bien compris que cette commission n’a qu’un but de propagande, celui de faire croire que l’État sait reconnaître et admettre ses erreurs, que les horreurs d’hier sont révolus. Mais tout cela relève du faux puisqu’il se révèle que la mauvaise foi fait partie prenante des sources de cette commission, lisez plutôt.

La barbarie sur enfants : c’est aussi maintenant ! 

« Au moment où vous m’écrivez, mon amie Madame Babel-Andrieux m’apprend que son fils souffre de l’apparition d’un neurofibrome sur une jambe qu’il croyait saine.

Son autre jambe était atteinte et ses parents ont pu la soigner convenablement. Ceci jusqu’à ce qu’il soit enlevé avec ses trois autres frères par les services prétendument dédiés à la protection de l’enfance. Il a alors rechuté.

Cet enfant s’appelle Aurélien, il a neuf ans, sa maladie est très grave, sans ses parents son moral est au plus bas (…). Le canton de Genève est entièrement responsable de cette situation, il commet là un crime dont pour le moins les séquelles marqueront à vie cet enfant.

La mamie des enfants est  décédée du chagrin qui a touché sa famille, sa volonté à l’agonie était de pouvoir parler, voir ses petits-enfants, cela lui a été refusé par les services rapteurs.

Madame Babel-Andrieux a décidé de dénoncer ces agressions étatiques caractérisées contre sa famille.

Qui siège à la table ronde ? 

D’autres citoyens suisses en font de même, ils se sont retrouvés à Genève pour dénoncer les internements administratifs tout en mettant en évidence que les crimes d’État n’ont pas cessé.

Quelle surprise ce fut alors pour Madame Babel Andrieux de rencontrer au milieu de ce rassemblement, un des bourreaux de ses enfants. Cet être fait d’ailleurs partie de la table-ronde pour les victimes, quelle ironie n’est ce pas !

C’est donc au moment où cette famille me fait connaître en détails les atrocités que lui font subir les services de l’État que je reçois tardivement la réponse à mon mail.

Les larmes de crocodile 

Un mail qui me confirme dans mes suspicions à l’ endroit de la sincérité du remords étatique.

Comme je le disais dans mon précédent envoi les larmes de crocodile semblent tenir pour vous d’une seconde nature puisque dans vos écrits vous incarnez un État qui persiste et signe, oubliant toute dimension humaine. 

En effet, vous vous « excusez sincèrement » de ne pas avoir réagi à mon premier mail, vous « êtes désolés » (…)  Mais évidemment tous ces faits ne vous concernent pas puisqu’ils ont lieu après 1981, qu’ils se déroulent actuellement comme surviennent jours après jours de nouveaux traumatismes pour les enfants (…)

Mais vous allez me répéter que certes tout n’est pas parfait et m’ indiquer un site ou une adresse mail que toutes les victimes connaissent déjà.

Voila donc pour la condescendance de façade, car vous ne pourrez vous empêcher de rajouter diplomatiquement que vous vous demandez pourquoi je vous ennuie avec tous ces détails d’enfants que l’on saccage, de familles que l’on assassine, de statistiques trop actuelles quoi !

Pour les atrocités actuelles le guichet n’ouvrira qu’en 2060, prière de patienter !  

Oui je sais, je me suis trompé de guichet, je n’ai pas rempli le bon formulaire.

Il suffit bien sûr de m’adresser à ceux que vous m’indiquez : ceux-là même qui diffament (…)

Je sens cependant votre agacement face à ces horreurs trop actuelles.

Est-ce que je m’adresse à un être humain Madame Mauerhofer ou à un programme informatique (avant 1981 je traite, après 1981 j’évacue et j’insère une formule type) ?

Les pires atrocités sont commises par des instruments déshumanisés (…), les pires atrocités ne vous concernent pas tant qu’elles sont commises avant 1981. Et ceux qui les commettaient avant 1981 sont à votre image, ils appliquaient avec un zèle sadique ou indifférent les instructions des autorités.

Mais enterrons le présent et venons-en à qui concerne votre programmation.

Erreurs ? Non, crimes ! 

Je vous parle donc là d’éléments antérieur à 1981, en reprenant vos termes :

« Les travaux de la Table ronde portent sur un travail de mémoire et de réparation. Nous espérons que les faits dévoilés par celui-ci préviendront d’autres erreurs qui pourraient être commises par les autorités

Ce que vous appelez des erreurs commises par les autorités ne sont pas des erreurs mais des crimes, à moins que votre administration ait une finalité révisionniste. 

Par ce simple  MOT vous confirmez d’ailleurs la raison d’être de votre structure ad hoc : étouffer le scandale quitte à faire payer des citoyens suisses qui n’ont aucun part de responsabilité dans des crimes commis par des fonctionnaires identifiables. Il y a des noms derrière les horreurs commises que décrit Madame Ursula Müller-Biondi, Monsieur Weil, Madame Gächter, nous sommes tout à fait capables de les citer.

Pour le deuxième élément de votre réponse, lisez plus haut Madame Mauerhoffer, dans tous ces malheurs que je vous relate vous trouverez une raison à l’ironie de vos propos ; parmi ceux qui siègent à cette table ronde, se trouvent des personnes qui devraient avoir à répondre de crimes contre des familles ! Là encore il est possible d’en citer au moins un (…)

Dans le lot nous pouvons aussi rajouter ceux qui commettent les mêmes atrocités aujourd’hui.

Le plus grande drame pour le  gens qui travaillent au service de l’État n’est pas tant les exactions commis à l’encontre de l’enfance, ils battent leur plein, non votre drame c’est la révélation des internements administratifs de par leurs répercussions sur la crédibilité des différents cantons.  

Croyez-moi, tant que justice ne sera pas rendu aux victimes, à toutes les victimes, celles d’hier comme d’aujourd’hui, tant que les ordures qui perpétuent ces crimes (des erreurs ???!!!!) n’auront pas été nommément désignés et punis ainsi que contraints à rembourser leurs victimes, alors le feu ne s’éteindra pas et vos efforts pour cacher la nature des sévices publics suisse ne sera que dérisoire. »

Intelligence artificielle

Nous reprenons évidemment pour le CEDIF l’intégralité des propos qui sont tenus dans cette lettre ouverte et nous accueillons toute personne qui aura d’autres noms à nous révéler.

Mais attendez, ce n’est pas fini, cette lettre ouverte a eu une réponse :

« Monsieur, Nous prenons connaissance de vos propos et de votre colère vis-à-vis des autorités. La Table ronde intègrera dans ses réflexions les critiques formulées envers le système actuel. Meilleures salutations,“

Eh oui le programme informatique « Table ronde » gère tout, y compris les réponses types et le foutage de gueule.

La vidéo « Dear Future Mom » (chère future maman) rallume en France le bien répugnant débat de l’eugénisme, non pas du fait de la vidéo elle-même, mais du très surprenant avis d’une autorité administrative.

Cette vidéo présente la lettre d’une maman qui a appris que le bébé qu’elle portait était trisomique. La maman a peur des conséquences : cet enfant doit-elle le laisser naître au risque qu’il soit un fardeau pour elle et pour la société toute sa vie durant ?

Des enfants trisomiques répondent à la lettre, expriment leur joie de vivre ; Ils lui expliquent en toutes les langues que cet enfant pourra l’aimer, qu’il pourra mener une existence autonome, et puis ce bébé qu’elle porte en elle c’est son enfant. Des mamans viennent alors serrer leurs petits dans leurs bras.

La vidéo est véritablement émouvante, le message passe très bien sauf peut-être la censure.

On ne peut donc pas comprendre la réaction du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui a fait savoir aux chaînes de télévision que « Dear Future Mom » ne représentait ni un message consensuel ni un message d’intérêt général, qu’il n’avait pas sa place dans un écran publicitaire, et qu’il s’agit de ne pas troubler la conscience des femmes qui, dans le respect de la loi, ont fait des choix de vie personnelle différents.

Un parti pris révoltant alors que le spot était émis par des associations, fondations qui se battent contre le syndrome de Down, responsable de la trisomie, qu’il s’agit de porter un regard différent et non stigmatisant sur les enfants atteints de ce syndrome.

Face à cela, le CSA ne voit qu’une remise en cause du choix personnel d’avoir recours à un avortement.

Si l’avortement relève d’un dispositif prévu par la loi comme d’autres dispositifs sur lesquels  chacun pourra avoir son opinion et être amené à faire ses choix personnels, une possibilité ne relève pas d’une obligation.

Il faut avoir du courage pour donner la vie à un enfant trisomique, comme il faut avoir du courage pour se dévouer à la cause de ces enfants, comme enfin il faut avoir du courage pour se dévouer à la cause de tous ces enfants, toutes ces familles abîmées par l’Etat.

Les solutions de facilité consistent à se laisser dicter ses choix par la pensée que l’État veut dominante sous la pression des lobbies qui considèrent que toute vie ne mérite pas d’être vécue.

Car là est bien la position de l’État avec en arrière plan le contrôle des populations.

Si l’État affirmait sa neutralité en la matière il ne pourrait pas d’un côté présenter l’avortement comme un choix personnel tout en considérant que le droit de s’exprimer contre l’anéantissement d’un fœtus trisomique ne relève plus de la liberté d’expression.

Jean-Marie Le Méné a répondu pour la Fondation Jérôme Le Jeune que le CSA «  se tait devant l’eugénisme. Il refuse de poser une limite à cette folie inédite dans l’histoire qu’est l’extermination quasi complète – par compassion fallacieuse – d’une population stigmatisée par son génome. Non seulement les trisomiques n’ont plus le droit de vivre, mais on n’a même plus le droit d’en parler. »

Sept jeunes trisomiques ont donc saisi le Conseil d’État contre l’attitude du CSA pour excès de pouvoir, considérant qu’on leur interdit ainsi la liberté de parole, et de fait il s’agit bien de cela.

Véronique, maman d’un bébé trisomique a été choquée par la réaction du CSA, une administration, une de plus, que nous payons sans approuver son attitude.

Avec un peu de recul rappelons que les réactions institutionnelles sous la pression de lobbies rappellent les préceptes de l’hygiène sociale à la sauce suédoise. Le terme d’eugénisme n’est donc pas employé à tort puisque l’élimination de « certaines tares » était et continue donc à être préconisée au nom de « l’assainissement de la race humaine ». Cette pratique a été menée dans les faits par divers moyens : d’abord la stérilisation des « tarés », puis l’extermination de ceux-ci et surtout des enfants à travers l’Aktion T4, aujourd’hui une simple prise de sang permet de faire « passer » un fœtus « taré ».

Abject, surtout quand on n’a plus le droit d’exprimer son dégoût.

Xavier Collet

Dante

Lettre de Dante aux damnès de l’enfer

Ceci est un appel aux travailleurs sociaux : Pourriez –vous, par vos témoignages nous donner la clef de votre réussite avec vos enfants, votre couple, votre travail, tout ce qui fait que vous avez toujours les bonnes solutions ? Merci infiniment.

Dans l’attente, moi éducatrice spécialisée, en détournement d’écrits infondés, je n’ai pas de solution miracle car il n’en existe pas, jusqu’à preuve du contraire mais je peux essayer de vous apporter mon savoir et savoir faire surtout le savoir être qui permet de prendre de meilleures décisions dès lors qu’une famille dépend de notre bon vouloir.

PS : toute ressemblance avec des personnes ayant existées n’est pas fortuite, portez plainte si vous vous reconnaissais dans les faits de maltraitances et malfaçons, ainsi je n’aurai besoin d’aucunes preuves pour vous dénoncer, vous le ferez vous-même en interpellant la justice, ceci pour préciser que cet article s’adresse aux abuseurs d’enfants en tout genre !!!

Partons d’un constat : 50 pour cent des enfants placés ne devraient pas l’être dit Monsieur Naves de l’IGAS. Que pensez vous de ces chiffres ? 

Ce sont les assistantes sociales qui préconisent les placements, quels comptes leur demandez-vous de rendre face à cet échec ?

Je ne peux m’étendre sur ce chiffre car je connais les dommages irréversibles de bons nombres de placements, surtout s’ils sont non fondés, comment sortir ces chiffres sans sanctionner ? L’inspection générale, quand même….

À ce niveau, je veux bien mener un travail dans vos services, créer un document type avec vous qui, par ses questions ne laisserait la place qu’aux réponses pertinentes, celles qui organisent la mission des travailleurs sociaux et ne leur permettraient plus d’écrire des histoires aberrantes sur certains parents et certains enfants.

Ce n’est pas fini, 47 pour cent des enfants placés deviennent SDF ?  

C’est une évidence pour moi, j’ai 25 ans de pratique, les enfants placés sont rarement aimés, considérés et sans affection c’est une mort à petit feu….

Mais alors comment aimer les enfants que l’on accueille sans se substituer aux parents ?

Ne savez vous pas aimer sans pour autant laisser la place aux parents, ne savez vous pas qu’un enfant, un être humain ne peut se développer et devenir un homme sans affection ?

Ce n’est quand même pas difficile de reproduire en institution l’étayage parental tout en répétant sans cesse à l’enfant que nous sommes là pour aider ses parents à tout mettre en œuvre pour son retour, que nous sommes de passage dans sa vie, que nous allons l’aider à supporter l’absence et combler le vide parental par des visites, des appels ou l’aider à faire le deuil d’un parent abuseur, maltraitant ou que sais-je encore à partir du moment où la priorité c’est aider….. Savoir être s’il vous plaît….

Mon expérience avec les jeunes majeurs (je vais d’ailleurs demander leur accord ou mieux leur demander de rédiger un récit de vie sur leur placement) m’a montré que toutes les conditions sont réunies pour qu’ils deviennent SDF.

Prisonniers de l’institution depuis des années (parce rien n’est travaillé avec la famille durant ce temps ou presque rien pour ne pas déranger les âmes sensibles…), ils espèrent avec leur contrat jeune majeur, encore faut-il l’obtenir car il faut monter « patte blanche » !!!

Alors que nous savons que «  le renoncement à tout projet témoigne d’une étonnante capacité à s’adapter à un monde sans repères et que faire du projet un préalable à toute action c’est précisément n’avoir pas de répondant en tant qu’adulte, D. BONDU »

De foyers en famille d’accueil cet enfant, arrivé à 5 ans, ballotté, ne pouvant quitter sa violence pour se battre à cause oui à cause du placement aura peut être un contrat jeune majeur, sinon c’est la rue !!! Quand va-t-on interdire les placements de plus d’un an,  il y a un problème là, qu’est-ce qu’on fout ?? C’est pourtant simple, si l’enfant hurle sa souffrance du manque de ses parents, cessez de l’ignorer et de le punir ou de l’insulter, laissez le rentrer chez lui en vous assurant que ce qui était reproché aux parents a été travaillé, rendez leur leurs responsabilités, plutôt que de vous prendre pour ceux qui savent ce qui est bon pour eux !!! Ceux que nous accueillons pour des maltraitances graves n’ont pas ce comportement, lisez et relisez les rapports, entendez les parents et les enfants, ce ne sont quand même pas tous des menteurs.

Votre formation est-elle le reflet de vos pratiques ?

Notre formation est riche et suffisante pour faire notre travail, cependant sur le terrain peu réfléchissent, plus d’observations, plus de constats, plus d’analyse, le plus souvent le rapport final n’a plus rien à voir avec la demande initiale et difficile de revenir en arrière, pas de remise en cause pour les professionnels, ils ont raison !!!

Personnellement, je retiens les bases fondamentales de ma formation, pour accompagner des enfants le minimum est de connaître leur stade de développement, ainsi nous pouvons émettre des hypothèses pour améliorer leur développement, il est important de le faire avec les parents, première étape, c’est pour ça que nous sommes là, nous conseillons, nous faisons avec eux, cela ne veut pas dire ordonner sous la menace comme souvent…

Deuxième étape : ne pas leur demander ce que des enfants du même âge ne feraient pas chez eux, ils n’ont pas à être punis d’un dysfonctionnement parental, ne l’oubliez pas, penser à vos enfants et imaginer vous un instant ce qu’ils pourraient ressentir si demain ils seraient placés, ça fait froid dans le dos non ? Combien de placements pour divorce, décès, parents qui se battent, logement insalubre….. Ce ne sont pas des choses qui pourraient nous arriver ???

Dernière étape : je sais que le théâtre fait partit de la formation mais s’il vous plaît pour les comédies dramatiques inscrivez-vous à un cours, votre imagination débordante en sera comblée. Un problème, une solution, cessez de multiplier les problèmes, d’en créer parce que vous n’avez pas la situation en main, ce sont des êtres humains que vous détruisez !!!

Allez, j’exagère, prouvez nous que les personnes mineures que vous accompagnez ne sont pas obsédées par un retour en famille ?

Avez-vous la possibilité de dénoncer les abus ? 

Je vais vous parler en toute sincérité, oui je culpabilise de ne pas avoir dénoncé bons nombres d’abus, oui j’ai eu peur car je me suis retrouvée comme vous, les parents, soit j’obéis, soit ma vie est un enfer.

La loi nous protège entre guillemets, si on porte plainte, il faut changer de crémerie… Ca je l’ai compris bien vite, ce qui ne m’empêche pas de bondir sur ceux qui dérapent quand je le vois, on se méfie en ma présence…, je dérange, en tant de guerre, je serai exécutée☻☻☻ !!!

Votre syndicat a-t-il les moyens de soutenir les professionnels qui dénoncent les « malfaçons » ? 

Comme tout système bien « huilé » qu’est un établissement ou un service qui dépend du Conseil Général, le syndicat a peu de pouvoir face aux dirigeants et à leurs méthodes, si un syndicaliste se démarque, il sera promu et ainsi de suite, le personnel de ces entreprises sociales n’a qu’une idée en tête : garder son poste. Le carriérisme prime sur le collectif, attention je ne dis pas qu’ils n’ont pas essayé mais c’est tout simplement impossible d’affronter certains systèmes. Ceux qui s’y collent sont déprimés et seuls au monde !!!

Le métier de travailleur social octroie-t-il des privilèges ?  

Pour les professionnels de terrain, pas de privilège financier que ce soit dans le privé ou le public, les salaires évoluent selon des indices qui ne peuvent être modifiés. Pour tous les corps de métiers d’ailleurs, ça c’est dans l’absolu, ensuite chaque dirigeant peut s’octroyer des privilèges s’il n’est pas intègre, il dispose de sommes conséquentes en espèces, impossible de contrôler les dépenses, j’en connais une qui fait de fausses factures, fait ses courses sur le compte de l’établissement, garde les allocations des jeunes majeurs, leur retire des cautions, elles ne sont pas restituées, commande des articles en plus qui se retrouvent chez elle, tout cela je l’ai signalé à la Direction, je n’ai pas de réelles preuves mais j’y travaille…..

Quelle rancune doit se dire cette voleuse ? Ben oui, il ne fallait pas éveiller le sentiment de haine que je ne côtoyais jamais avant de croiser ta route !!! 

Par contre il n’a jamais été question de primes ou autres privilèges en fonction du nombre de placements, je vous en donne ma parole, mais si les lits sont vides en établissement, le budget baisse, alors quelque part il faut faire du chiffre… L’horreur !!!

Pourquoi des enfants en danger ne sont pas placés ? 

La difficulté ici est de définir le danger, pour les non- initiés, mes propos vont peut-être vous semblaient inadaptés aux normes de la société, ces normes sont un idéal, voire une utopie…

À mon sens le premier danger est le manque d’amour envers ses enfants, il peut s’expliquer par le fait de l’histoire des parents, seulement, il est à mon sens, le critère fondamental de l’enfant en danger. Bien évidemment, l’inceste est un crime, à exclure de l’amour dont je vous parle. Lire « les parents marchent sur la tête ». Les privations en tout genre et les coups portés (pas les « cliques ou la gifle qui part impulsivement) aux enfants, là je n’ai pas d’hésitation à demander le placement.

D’abord, il n’y a pas d’idéal d’éducation qui ne soit utopique, la vie est une somme de constructions qui se basent sur des modèles socioculturels que les travailleurs sociaux veulent uniformisés : être et faire comme eux car ce sont les meilleurs…..

Ensuite, c’est une question d’acceptation de la différence : milieu ; culture ; éducation ; valeurs. Nous sommes riches de nos racines, c’est le seul ancrage possible, riche, pauvre, intelligent, chancre, nous aspirons au bonheur. Le pauvre est heureux de rien, le riche est heureux de plus, le médium, dit classe moyenne est distinctif : heureux de sa condition pour l’un (celui qui est tendance pauvre) et envieux du riche pour l’autre.

Mon analyse est la suivante (pour mon corps de métier) :

L’envieux l’emporte sur la tendance pauvre, à la recherche de domination au détriment du matériel inaccessible, l’envieux va faire exploser son besoin de paraître pour ne pas disparaître car il survit grâce à l’importance qu’il se donne. Ainsi avoir le pouvoir sur les « miséreux » et décider de gérer leur vie et leur progéniture lui donne un sentiment de puissance, comme cette puissance n’est pas lucrative, ces envieux développent des stratégies d’actions si perverses que si vous avez la maladresse, par vos propos de réveiller leur position tellement basse, vous recevrez leurs coups les plus bas.

L’heureux de sa condition, la tendance pauvre, cherche à s’enrichir de son influence sur les oubliés du système, celui là est intègre et désintéressé mais il est en voie de disparition…

Ainsi, entre ces deux personnes, c’est l’heureux à tendance pauvre qui placera les enfants maltraités, l’envieux aura trop à faire à devoir prouver que les enfants sont maltraités, ce qui l’intéresse est la gloire sur personne démunie sans à avoir à se fatiguer et surtout sans prendre de risques !!!

Ainsi, mon expérience montre que les dossiers précédés de violences avérés des parents à l’encontre des travailleurs sociaux  sont ceux qui échappent le plus souvent aux placements, quand l’échéance tombe, les enfants sont tellement démolis que leur humanité est à jamais compromise.

Ensuite, toujours en fonction de mon expérience, les placements que je nommerais « faciles » sont en majorité ceux qui représentent les parents avec qui ont peut travailler car malgré leur douleur, une fois la décision prise, ils se plient aux exigences de réhabilitations pour récupérer leurs enfants (forme de chantage) car ils sont conscients de leur « handicap éducationnel » face à celui des placeurs qui excellent, je le rappelle, en éducation et en savoir de ce qui est mieux pour autrui. 

Pouvez-vous commenter la réaction des parents face aux placements de leurs enfants ?

Comme dit précédemment, il y a des crimes qui ne nécessitent aucun commentaire en matière de maltraitances à enfants. Et je précise que le tonton alcoolisé qui « attouche » sa nièce est une menace pour la société !!!

Comme tous parents, l’enlèvement de nos enfants est la pire chose qui puisse arriver, la réaction sera celle de parents qui ont vécu le drame du kidnapping, ensuite selon le service gardien, les parents vont se calmer car l’espoir de récupérer ce qui leur appartient : leur enfant, va avoir un impact positif sur les raisons de placement, et les professionnels qui ont la mesure, si ils sont intègres et remplissent leur mission d’aide, tout se passera bien.

Si au contraire les professionnels s’approprient les enfants pour des raisons qui leur appartiennent, les parents vont connaître l’enfer, s’énerver, insulter et la machine à broyer les familles va faire son job. Triste constat mais réalité.

Je ne sais pas si c’est de bon conseil mais cela peut être une solution : PARENTS : dès que votre enfant vous confie de la maltraitance ; allez déposer une plainte à la brigade des mineurs et donner copie de la plainte au service gardien qui est censé protéger votre enfant, leur force sera de renvoyer que ce n’est pas pour rien que l’on vous a retiré vos enfants, répondez alors que ce n’est pas à cet instant de la plainte que vous avez à prouver que vous êtes les bons parents de l’ASE mais que c’est votre devoir de signaler une maltraitance sur votre enfant confié à un service irréprochable en matière d’éducation et de ce qui est bon pour votre enfant.

À votre disposition,

Antigone

Un livre à ne pas rater pour comprendre jusqu'où ils peuvent aller

Un livre à ne pas rater pour comprendre jusqu’où ils peuvent aller.

Qu’est ce que l’hormone de croissance ?

La somatotropine, plus connue sous l’appellation d’hormone de croissance, est secrétée par l’hypophyse, une glande située dans le cerveau.

Chez certains enfants l’hypophyse ne fonctionne pas correctement et occasionne un manque de somatotropine, donc une croissance ralentie. C’est ainsi que l’on explique des problèmes de nanisme non génétique et que l’on a cru pouvoir faire grandir des enfants « trop petits » à condition d’injecter l’hormone de croissance avant la puberté.

Un produit tiré de cadavres

Seulement voila, où trouver l’hormone de croissance ?

Dans les années 1980, une seule source existait : l’hypophyse des cadavres. La somatotropine en était extraite, réduite en poudre et enfin diluée pour être injectée aux enfants.

Mais ce qui semblait être ignoré alors c’est que le prion de la maladie de Creutzfeldt-Jakob pouvait être présent dans la somatotropine engendrant ce que l’on appelait pour le bétail la maladie de la « vache folle ».

Pourtant, dès 1981, le célébre professeur Montagnier indiquait que :

 « la technique de purification (de l’hypophyse des cadavres) ne comprend aucune étape qui puisse inactiver un virus même moyennement résistant. »

Il aurait peut-être fallu l’écouter et prendre les mesures nécessaires. Mais non, lentement la maladie s’est développée chez des enfants infectés entre 1983 et 1985.

Le premier cas de déclenchement de la maladie apparaît en France sur un enfant en 1989, puis les cas se multiplient pour décroître à partir de 2005. Le décompte macabre fait apparaître que 119 personnes sont décédés de cette maladie dans d’atroces souffrances, de cinq à plus de vingt ans après le traitement sachant que la durée d’incubation peut durer jusqu’à 30 ans.

C’est d’ailleurs en France que la majorité des victimes ont été recensées et pour cause … le trafic d’hypophyses, commissions à la clé était une affaire qui relevait de l’État et non de laboratoires privés. Même un journal de gauche comme Libération  le reconnait :

« Souvent critiquées pour leur souci de rentabilité, les firmes pharmaceutiques ont connu, ce matin, leur heure de gloire. Et pour cause. Dans cette affaire, pas un laboratoire industriel dans le monde produisant de l’hormone de croissance n’a eu à souffrir de cas de contamination. » 

La sonnette d’alarme est en panne

Le procès de l’hormone de croissance a débuté en 2009 alors qu’un premier enfant venait de décéder parmi les 1 698 autres traités dont nul ne peut être encore certain de ne pas déclarer cette maladie incurable et mortelle !

Sont mis en cause un certain nombre de décideurs dont le biochimiste Fernand Dray, ancien directeur d ’un laboratoire de recherche de l’Institut Pasteur et la pédiatre Elisabeth Mugnier, en charge de la collecte des hypophyses dans les morgues. Ils doivent répondre du chef d’accusation d’homicides involontaires.

Cette afaire ressemble comme deux goutes d’eau à celle du sang contaminé : pour l’hormone de croissance aussi des organismes publics ont, jusqu’en 1986, écoulé des stocks contaminés sans tenir compte de l’avis des experts qui préconisaient l’inactivation des prions par un traitement approprié.

Soulignons au passage que des sociétés pharmaceutiques privées étrangères avaient pris la peine de détruire tous les stocks dès 1985. Les autorités sanitaires américaines suivies de la plupart de celles des pays européens avaient interdit l’utilisation d’hypophyses de cadavres. Rien de tout cela en France puisque c’est bien connu les nuages toxiques et autres épidémies sont stoppés aux frontières.

D’ailleurs le 7 mai 1985, Jacques Dangoumau, directeur de la pharmacie et du médicament au ministère de la santé, écrit :

« La qualité du système mis au point en France, la nature des produits utilisés, les garanties offertes par leur contrôle, la gravité du handicap traité justifiaient de ne pas interrompre le très remarquable travail réalisé par l’association France-Hypophyse , en liaison avec la Pharmacie centrale et la Commission nationale de l’hormone de croissance. »

Le rapport de l’IGAS de 1982 révélait pourtant les conditions de collecte sur les cadavres : des employés de morgue pouvaient se faire payer toute collecte et s’acharnaient sur des cerveaux pour prélever des hypophyses avec des moyens de fortune tels que des tuyaux de chauffage central … On imagine le spectacle.

Quant à la traçabilité permettant de s’assurer de la qualité des hypophyses, elle relève de la plaisanterie puisque même les décédés de maladies cérébrales vont y perdre leur hypophyse.

Un procès qui dure encore

L’association des victimes de l’hormone de croissance, menée par la courageuse et pugnace Jeanne Goerrian, ainsi que des parents déposent plainte suite aux décès de leurs enfants. Dans le box des prévenus on trouve des pédiatres, biologistes et pharmaciens ayant récolté, transformé, diffusé ou prescrit l’hormone mortelle.

Mais un problème de taille se pose : les registres relatifs à l’écoulement des lots entre 1982 et 1986 ont été malencontreusement détruits. Oups …

Le tribunal correctionnel de Paris relaxe les six prévenus considérant qu’ils n’avaient pas conscience d’exposer à un danger, mais il prononce des condamnations au civil à des dommages et intérêts.

L’ensemble des protagonistes font appel et un non lieu général rendu le 5 mai 2011. Même les dommages et intérêts tombent, la cour ne voit aucune faute, aucune négligence indemnisable.

Pour en arriver là, la Cour d’appel adopte le raisonnement suivant : la poudre d’hormone produite ne relève pas de la législation concernant les médicaments, il s’agit d’un principe actif et la notion de bonne pratique de fabrication en laboratoire n’a été imposée pour les principes actifs qu’à partir de 1998. Or comme les laboratoires de l’unité de radio-immunologie produisant cette poudre d’hormone ne sont pas des laboratoires pharmaceutiques, mais des laboratoires de recherche, on ne saurait condamner les prévenus.

Évidemment la distinction est oiseuse pour les victimes.

La Cour de cassation est donc saisie et statue. Son arrêt du 7 janvier 2014 considère que même si les principes actifs ne sont pas des médicaments, ils entrent dans la composition de médicaments à administrer à des êtres humains et doivent donc être produits par des laboratoires pharmaceutiques. La responsabilité civile des prévenus est donc encourue, on n’attendait pas moins. Rendez vous à la cour d’appel de Paris qui devra rejuger sur le fond.

Une hormone de croissance synthétique … sans risque cette fois ?

En est-ce donc fini de l’hormone de croissance ?

Non, car elle est toujours administrée à plus de 6 000 enfants en France pour un coût allant de 5 000 à 12 000 euros par enfant.

Plus question de recycler des hormones de personnes décédées, puisque désormais elle est produite sous une forme synthétique produite en laboratoire.

Plus aucun risque nous disent les médecins à condition de surveiller le diabète …

Oui, enfin, sauf qu’il a été constaté une surmortalité des patients traités dans leur enfance par des hormones de croissance synthétique  selon l’étude épidémiologique SAGHE portant sur 7 000 individus. Le risque de tumeurs osseuses, d’hémorragies et d’accidents vasculaires cérébraux serait augmenté par l’administration de somatotropine de synthèse.

Les médecins ont voulu expliquer ce risque accru par un surdosage dont ont surtout pâti les « enfants plus petits ».

Voila donc qui justifierait que l’administration de l’hormone soit réservée aux hôpitaux et non dans un cadre familial. De quoi perturber davantage les enfants, surtout si l’opposition a un tel traitement vaut un signalement aux parents. 

Mais en-est -on arrivé à ce point au nom d’une normalisation sanitaire et du principe Rossignol selon lequel ils peuvent disposer de nos enfants ?

fusiljauneUn sujet incontournable et à multiples facettes

Le Centre de Liaison d’Étude et de Formation (CLEF) organise les 7 et 8 novembre 2014 un colloque sur les sévices aux enfants.

Le principe d’un tel colloque est tout à fait conforme à l’objet du CEDIF, en effet la défense de l’institution familiale passe par celle de son membre le plus faible : l’enfant.

Le plus faible face à des géniteurs potentiellement abuseurs, mais aussi – et cela est malheureusement moins mis en évidence – face à l’État qui entend de plus en plus se substituer à la famille que ce soit dans le but d’endoctrinement des enfants autour de la fumeuse théorie du genre, l’éducation à la sexualité (entre autres exemples) mais aussi dans le cadre d’une normalisation éducative autour du non moins fumeux concept de la mise en danger de l’enfant selon la loi de 2007.

Les témoignages que nous recevons au CEDIF nous montrent que les enfants, les familles, subissent une maltraitance institutionnelle terrible qui est non seulement la conséquence d’une mise en accusation de l’institution familiale, mais aussi celle du corporatisme d’une profession dédiée à la mal-nommée « protection de l’enfance ».

Que l’on cesse de nous demander des preuves de cette maltraitance institutionnelle, il suffit de nous lire, seulement voila ces enfants, ces familles brisées semblent assez peu médiatiquement correcte. La notion de placement abusif n’est pas abordée dans les salles de réactions ou les colloques.

Différentes problématiques pour un même scandale

Les décideurs, les politiques, les élus ont reçu notre rapport sur la protection de l’enfance. Les organisateurs de colloques seraient bien inspirés de reprendre les points que nous avons développés.

Les problématiques que nous abordons ne sont cependant pas celles qui apparaissent dans le colloque du CLEF aussi intéressant soit-il.

Ainsi la présentation de ce colloque met en avant l’ONED qui est censé intervenir sur les chiffres de la maltraitance de l’enfance : « C’est l’Observatoire National de l’Enfance en Danger (Oned) qui fera le point sur les derniers chiffres disponibles en France. Ensuite nous reprendrons la description clinique des enfants réellement maltraités car il s’agit de la responsabilité de tout citoyen, et surtout de tout professionnel de l’enfance, d’être capable de repérer qu’un enfant peut être victime de son environnement le plus proche, que ce soit sa famille ou les adultes qui en ont la charge.« 

Serait-ce à dire que cet « environnement le plus proche » comprend aussi des travailleurs sociaux, « professionnel de l’enfance » ? Rien de moins évident ici surtout lorsque l’on sait que l’ONED est présidée par une présidente de conseil général dans un département où les services de l’ASE sont loin d’être exemplaires. Rappelons au passage que cette présidente de conseil général comme n’importe laquelle de ses collègues est responsable de ce qui se fait dans son département au nom de la protection de l’enfance…

Il semblerait qu’aucune des problématiques amenées par le CEDIF ne seront d’ailleurs abordées, pour la plupart des participants à ce colloque le CEDIF »n’est pas correct » !

Procès d’intention ?

Pas du tout, il suffit pour cela de lire le formulaire d’inscription.

Il y est demandé les coordonnées du responsable formation, de l’organisme collecteur et le numéro RPPS et ADELI. En réalité ce colloque est une formation de deux jours financée au prix de 300 euros déjeuners non compris au titre des plans de formations des « professionnels de l’enfance », autrement dit ce colloque s’adresse aux fonctionnaires du conseil général, de la fonction publique de la justice, aux infirmières, psychologues de l’éducation nationale ; aux personnels des foyers de l’enfance et PMI, aux associations satellites de l’ASE, …le tout payé indirectement par le contribuable. Les secteurs cibles de ce colloque sont d’ailleurs mentionnés dans le dépliant.

Il suffit de faire le tour de table des intervenants pour se rendre compte que la question de la maltraitance institutionnelle telle que nous la posons, n’est pas abordée.

Ce colloque aborde cependant la maltraitance aux enfants sous un angle apparemment culturel puisqu’il y est question de la maltraitance en France, mais aussi en Afrique. La maltraitance est appréhendée également dans sa dimension pédocriminelle. Pour cela les deux principaux intervenants sont des experts auprès de la cour d’appel de Versailles et de Rennes spécialisés en pédiatrie.

La première matinée donne lieu à des exposés sur les lésions des enfants, dont lésions gynécologiques avec une discussion sur la réception de la parole des enfants en justice (1), qui mieux que notre responsable Bretagne pouvait s’exprimer sur ce sujet et les ratages de la justice et de l’ASE face à une enfant violée pendant des années ?

L’après-midi donne lieu à une réflexion sur la réforme de 2007 et le suivi du signalement, sur ces points nous avons consacré des centaines de pages, non-entendues par les travailleurs sociaux.

La seconde journée sous la direction du responsable de « Réseau Africain éducation santé » s’attaque à la maltraitance africaine, le sujet terrible de l’excision y est abordé, avec témoignages et débats ainsi qu’une discussion sur l’éducation à la sexualité ( ?!°).

On notera parmi les participants une représentante du très militant pôle enfance du conseil général du Val de Marne, ainsi que la mairie de Paris.

Une thématique intéressante donc, mais aucun intervenant ou son de cloche en provenance d’associations liées à la défense de l’enfant et de la famille contre la maltraitance institutionnelle.

Dommage.

Une conception soixante-huitarde de l’enfance

Les pires théories gauchistes soixante-huitarde en matière d’éducation et d’enfance ressurgissent actuellement en France. Pour qu’une telle accusation n’en reste pas au niveau des mots, il faut savoir de quoi l’on parle.

Alors parlons un peu d’un projet d’éducation alternative répondant au nom poétique de « l’école en bateau ». Nous sommes en 1969 et Leonid Kameneff, psychothérapeute comme on en connaît aujourd’hui encore à la pelle entre statues de Bouddha et portraits de Guevara, lance son projet pédagogique. Il s’agit de créer un lieu de vie sans murs si ce n’est l’immensité des océans. Une école pour des jeunes de 9 à 16 ans. Avec son équipage soigneusement choisi selon ses critères, il va pouvoir embarquer des enfants et des adolescents pour des voyages au long cours. Pas de problèmes du côté de l’éducation nationale, puisque « l’école en bateau » devient une presque institution, connue et reconnue qui ne mettra la clé sous la porte qu’en 2002.

Le site consacré à l’école en bateau développe le paradigme de cette pédagogie « anti-autoritaire et égalitaire » partagée aussi dans certains lieux de vie soixante-huitards. L’enfant y est considéré comme un « être complet », « acteur de son éducation ». Voila qui parait bel et bien et qui implique, une responsabilité et une capacité de choix de l’enfant, la construction d’une société coopérative alternative d’enfants fondée sur la démocratie et l’expérimentation.

La liberté n’existe pas sans l’apprentissage de la responsabilité

Seulement voila, on n’ apprend pas à devenir responsable et à se protéger entre les mains d’adultes considérant les relations majeurs-mineurs comme relevant de libre choix exercés par les uns et les autres. Sur les trois bateaux de l’école, la nudité pourra donc être encouragée et les relations sexuelles non proscrites autour de séances de masturbation collective et de massages qui finissent mal.

Rappelons une vérité d’évidence : l’enfant a besoin pour se construire de la protection de sa famille avec tous les interdits que cela peut supposer, n’en déplaise à ceux qui entendant exercer une emprise sans entrave en prétextant la liberté de choix de sa victime.

Le pédagogue ne doit pas être un gourou ou un violeur, il n’a pas tous les droits sur des victimes qu’il prétend consentantes.

Au milieu de l’océan nul ne t’entend

Pendant toutes ces années, dans l’école sans murs, en plein milieu de l’océan, les enfants pouvaient crier, pleurer, appeler à l’aide, nul ne les entendait. Il était toujours possible ensuite de les « psychothérapeutiser » pour leur expliquer qu’il ne s’agissait que de jeux sexuels comme le dira Kameneff devant la cour d’assises de Paris en mars 2013, n’avouant au pire que des gestes répréhensibles et s’indignant que « des choses qui paraissaient normales à l’époque, éducatives, sont regardées aujourd’hui avec suspicion … »

Interrogé par le juge Laurent quant à son attirance physique pour les enfants, Kameneff, psychothérapeute pour enfants, répond par de glaçantes généralités en considérant l’existence d’une attirance entre parents et enfants dont les limites seraient difficiles à fixer !

Cette attirance Kameneff la qualifie de tendresse et d’affection réciproque, considérant que ce même sentiment peut aller un peu plus loin, mais que pour lui c’était seulement de l’affection. Ainsi pour Kameneff de tels penchants seraient tout à fait naturels, il n’appelle pas cela de la pédophilie car selon sa définition le pédophile « se fiche de l’enfant », ne nourrit aucune affection ou sentiment amoureux. Alors que lui exprime son intérêt pour l’enfant par des jeux que l’on peut qualifier d’atteintes sexuelles sur mineurs, mais qui relèvent pour Kameneff d’affection !

En émettant une telle conviction, on comprend mieux que pour les post-soixante-huitards toute critique de ce qui n’est rien d’autre que de la pédocriminalité ne peut être proférée que par des psychorigides.

Sur la terre ferme, nul n’entend davantage les victimes

Difficile de croire qu’il aura fallu attendre plus de vingt ans de pratique « affectueuses » pour comprendre le programme pédagogique de Kameneff qui ne semblait pas avoir posé de problèmes en 1969.

Dans un tel contexte il en aura fallu du courage aux onze victimes aujourd’hui âgées de 34 à 47 ans, qui ont osé demander jusqu’au bout justice des viols et agressions sexuelles subies lors des voyages pédagogique de « l’école en bateau ».

La première plainte date de 1994, Leonid Kameneff avait alors reconnu des relations intimes avec un jeune élève, mais ce dernier s’est rétracté en parlant de simples massages.

Une autre plainte est déposée ultérieurement, mais l’instruction traîne en longueur et décourage ainsi certains plaignants. Il faudra donc que les victimes poursuivent l’État pour faute lourde et obtiennent ainsi gain de cause puisque le tribunal de grande instance de Paris condamne en février 2012 l’État pour déni de justice du fait de ses 17 ans d’enquêtes qui n’avaient pas abouties. 250 000 euros sont versés aux victimes pour dédommagement du déni de justice, mais c’est malheureusement les contribuables et non les instructeurs fautifs qui ont payé !

Le calvaire judiciaire n’allait pas s’arrêter là puisque Kameneff, arrêté au Venezuela (paradis des travailleurs sociaux), n’avouera que les crimes prescrits. Les victimes n’ont eu pour seule ressource que de se porter partie civile.

Il aura donc fallu encore des années après la fin de cette triste expérience pédagogico-pédocriminelle pour que Kameneff et ses complices répondent publiquement de leurs actes. Kameneff a aujourd’hui 76 ans, il avait la trentaine lors des viols !